Henri Rivière (artiste)

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Henri Rivière
Henri.riviere.jpg

Henri Rivière en 1935, photographié par Xavier Sébillot.

Naissance
Décès
(à 87 ans)
Sucy-en-Brie
Nom de naissance
Henri Benjamin Jean-Pierre Rivière
Nationalité
française
Activité
Mouvement

Henri Rivière, né en 1864 à Paris, mort en 1951 à Sucy-en-Brie, est un artiste peintre, graveur et illustrateur français.

Il commence sa carrière par le dessin (fortement inspiré par les œuvres de Gustave Doré) puis par la gravure en taille douce et spécifiquement l'eau-forte en 1882. Parallèlement il entame une carrière de metteur en scène et scénographe, en 1886, du théâtre d'ombres au cabaret du Chat noir, spectacles qu'il améliore par la création de décors en couleurs, très novateurs. Il assure la direction artistique jusqu'à la fermeture du Chat noir en 1897. Il se consacre ensuite exclusivement à la peinture et à la gravure et s'impose dans l'histoire de l'eau-forte, de l'estampe, de la gravure sur bois, de la lithographie et de l'aquarelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Rivière naît en 1864 à Paris. Par sa mère Henriette, il est le neveu d'Alphonse-Henri-Eugène Leroux (1831-1895), industriel de la chicorée à Orchies. Son père est mercier et originaire d'Ax-les-Thermes. Le jeune Rivière est formé en 1880 à l'art pictural chez le peintre d'histoire Émile Bin, puis livre des illustrations à différents journaux[Lesquelles ?]. En 1882, rencontrant Rodolphe Salis, il est nommé secrétaire de rédaction de la revue hebdomadaire du Chat noir. En 1886 il devient le responsable du projet de théâtre du Chat noir, qui ouvre ses portes au no 12 rue Victor-Massé en décembre 1887. Renouvelant le théâtre d'ombres, il crée le décor du spectacle La Tentation de Saint-Antoine, peint sur des plaques de verres colorisées en arrière-plan, alors que les personnages, découpés sur une feuille de zinc, paraissent en premier plan comme une ombre projetée par une lampe placée sous la scène, un peu en avant, envoyant ses rayons de biais. Il conçoit la mise en scène et tous les décors jusqu'à la fermeture du théâtre en 1897[1]. Outre La Tentation, il créée La Marche à l'étoile, mystère en 10 tableaux (1893), sur les poèmes et la musique de Georges Fragerolle, ainsi que L'Enfant prodigue, et une Sainte-Geneviève avec le même[2].

Par ailleurs, de 1885 à 1895, il séjourne tous les étés à Saint-Briac-sur-Mer, tout en parcourant d'autres lieux en Bretagne, toujours fasciné par la mer.

En 1888, Auguste Lepère crée avec Félix Bracquemond, Daniel Vierge et Tony Beltrand, la revue L'Estampe originale, afin d'intéresser les artistes et les amateurs aux nouveaux procédés et tendances de la gravure, notamment en couleur. Dans cette période où le japonisme a une grande influence sur les arts décoratifs, Henri Rivière réalise à partir de cette date, de 1888 à 1902, Les Trente-six vues de la Tour Eiffel[3]. En 1891, Valloton renouvelle également la gravure sur bois[4], avec Gauguin ou Émile Bernard et Toulouse-Lautrec révolutionne à son tour l'art de l'affiche, en dessinant celle destinée au célèbre cabaret ouvert en 1889, intitulée Moulin-Rouge - La Goulue, que suivra celle réalisée en 1894 par Alfons Mucha pour Sarah Bernhardt dans le rôle de Gismonda.

Il se marie en 1895 avec Eugénie Ley et habite au no 29 boulevard de Clichy à Paris. Le couple fait construire une maison à Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec, à l'embouchure du Trieux), et c'est là que se passent désormais les étés jusqu'en 1913. En 1912, à la mort de son frère Jules, il s'occupe de son neveu Georges-Henri Rivière, futur muséologue.

En 1917, Henri Rivière cesse de s'exprimer par l'estampe, et il utilise l'aquarelle, déjà un peu pratiquée depuis 1890 (il a peint environ un millier d'aquarelles). Il voyage beaucoup, passe la Seconde Guerre mondiale à Buis-les-Baronnies où son épouse meurt en 1943, devient aveugle en 1944, et dicte ses mémoires, publiés en 2004 sous le titre Les Détours du chemin.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le nombre de ses œuvres s'élève à plusieurs centaines.

Henri Rivière a commencé la gravure par la taille douce et spécifiquement l'eau-forte en 1882[5].

Eau-forte, aquatinte et pointe sèche[modifier | modifier le code]

Gravure sur bois à la méthode japonaise[modifier | modifier le code]

En 1888, il redécouvre de manière empirique cette méthode, devenant l'un des piliers du japonisme européen.

  • Les Trente-six Vues de la Tour Eiffel (1888-1902), série de planches réalisées et lithographiées en cinq tons, sa première planche étant « Le chantier de la Tour Eiffel »[7] ;
  • La Mer : études de vagues (1890-1892), forte influence japonisante, allusions à Hokusai, Hiroshige. Série d'une vingtaine d'œuvres ;
  • Paysages bretons (1890-1894), série d'une vingtaine d'œuvres.

Théâtre d'ombres au Chat noir[modifier | modifier le code]

  • La Tentation de Saint-Antoine, féerie à grand spectacle en 2 actes et 40 tableaux , musique arrangée par Fragerolle et Albert Tinchant, première le 28 décembre 1887 — publié sous forme d'album chez Plon en 1887.
  • Phryne et Scènes grecques, à partir de 1888, sur une musique de Charles de Sivry[8].
  • La Marche à l'étoile, mystère en 10 tableaux, poèmes et musique de Georges Fragerolle, 1893 — publié sous forme d'album chez Enoch/Marpon & Flammarion en 1899[9].
  • L'Enfant prodigue, scène biblique en 7 tableaux, poèmes et musique de Fragerolle, 1895 — publié sous forme d'album chez Enoch/Flammarion.
  • Sainte-Geneviève, poème et musique de Claudius Blanc et de Léopold Dauphin, [s.d. ?][10].
  • Le Juif-errant, légende en 8 tableaux, musique de Georges Fragerolle, [s.d. ?].
  • Clairs de lune, féerie en 6 tableaux, poème et musique de Georges Fragerolle, [s.d. ?].

Lithographie[modifier | modifier le code]

Cette méthode lui a permis d'agrandir ses formats dès 1897.

  • Aspects de la nature (1897-1899)[11], collection destinée aux enfants publiée chez Larousse ;
  • Paysages parisiens (1900)[12] ;
  • Féerie des heures (1901-1902)[13] ;
  • Beaux pays de Bretagne (1914)[14].

Ouvrages illustrés par des œuvres d'Henri Rivière[modifier | modifier le code]

  • A. Melandri : Les Farfadets. Conte breton, illustrations d'Henri Rivière, Maison Quantin, 1886
  • La Tentation de Saint-Antoine : féerie, représentée pour la première fois au théâtre du Chat-Noir le 28 décembre 1887, musique de Albert Tinchant et Georges Fragerolle, Paris, Plon, 1887[15]
  • Le pardon de Sainte-Anne-la-Palud, 1892 ou 1893, Quimper, musée départemental breton
  • Sainte Geneviève, poème et musique de Claudius Blanc et de Léopold Dauphin, dessins de Henri Rivière, 1893[16]
  • La Marche à l'Étoile poème et musique de Georges Fragerolle, dessins de Henri Rivière, Flammarion, 1899, réédition 1902[17]
  • La Céramique dans l'art musulman. Recueil de cent planches en couleurs, Paris, E. Lévy, 1913
  • La Céramique dans l'art d'Extrême-Orient, Paris, Albert Lévy, 1923

Posthume :

Expositions[modifier | modifier le code]

Ses œuvres sont régulièrement exposées à la maison de la Chicorée d'Orchies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'association des Amis d'Henri Rivière.
  2. Les Amis d'Henri Rivière, présentation de lithographies tirées d'albums et renvoyant aux spectacles.
  3. L'anti-musée par Yann André Gourvennec, Les Trente-six vues de la Tour Eiffel, d'Henri Rivière, site antimuseum.online.fr
  4. The Great Wave: The Influence of Japanese Woodcuts on French Prints, Colta Feller Ives, 1980, p. 18 à 20, Metropolitan Museum of Art, site books.google.fr
  5. Cf. la revue Art & décoration, volume 39, p. 50,] Éd. Albert Lévy, 1921.
  6. « Iconographie Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme » sur le site de la BnF.
  7. http://unpointculture.com/2014/12/24/les-36-vues-de-la-tour-eiffel/ Unpointculture.com, [Les 36 vues de la Tour Eiffel]
  8. Le texte est consultable dans l'ouvrage Autour du Chat Noir de Maurice Donnay, consultable sur Gallica [1] Des ombres de cette saynète sont présentes sur [2]
  9. consultable sur Gallica : [3]
  10. Consultable sur Gallica : [4]
  11. NRP Collège, Des compétences pour lire et écrire la poésie - Mars 2014, p. 34
  12. Pierre Bonnard, The Graphic Art, p. 134
  13. Comité national de la gravure française, Nouvelles de l'estampe, Numéros 223 à 228, 2009, p. 54
  14. Artpric.com, L'entrée du port de Ploumanac'h (Le beaux pays de Bretagne, planche 17)
  15. Consultable sur Gallica.
  16. Consultable sur Gallica.
  17. Consultable sur Gallica.
  18. Voir Représentation de la tour Eiffel dans l'art et en ligne sur le site de l'anti-Musée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valérie Sueur-Hermel (s./dir.), Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme, Paris, Éditions de la BnF, 2009 (ISBN 9782717724318)
  • Claude-Jean Darmon, « Henri Rivière » dans Azart Magazine, n°40, septembre octobre 2009 (Part.I : « Henri Rivière, graveur et lithographe ») et n°41, novembre-décembre 2009 (Part.II : « Henri Rivière - Les eaux-fortes et gravures sur bois »)
  • Henri Rivière, Les Détours du chemin - Souvenirs notes & croquis, préface de Philippe Le Stum. Éditions Équinoxe, 2004 - (ISBN 9782841354337). Mémoires, avec choix d'illustrations par l'auteur.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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