Gábor Szegő

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Gábor Szegő (hongrois : [ˈɡaːbor ˈsɛɡøː]), né le 20 janvier 1895 à Kunhegyes en Autriche-Hongrie (aujourd'hui Hongrie) et mort le 7 août 1985 à Palo Alto en Californie, est un mathématicien hongrois, spécialiste en analyse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Szegő est né dans une famille juive ; ses parents étaient Adolf Szegő et Hermina Neuman[1]. Il a épousé la chimiste Anna Elisabeth Neményi en 1919 ; ils ont eu deux enfants.

En 1912, il commença des études en physique mathématique à l'université de Budapest, avec des séjours d'été dans les universités de Berlin puis de Göttingen, où il assista entre autres aux cours de Frobenius, Schwarz, Friedrich Schottky (de), puis de Hilbert, Landau et Haar. À Budapest, il fut instruit principalement par Fejér, Beke (hu), Kürschák (de) et Bauer[2] et fit la connaissance de ses futurs collaborateurs, George Pólya et Michael Fekete.

Ses études furent interrompues en 1915 par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il servit dans l'infanterie, l'artillerie et la force aérienne, où il rencontra Richard von Mises.

À quinze ans, le jeune John von Neumann, reconnu comme un mathématicien prodige, fut envoyé étudier le calcul différentiel et intégral auprès de Szegő. À leur première rencontre, Szegő, surpris par le talent mathématique de von Neumann et sa rapidité, en fut ému aux larmes[3]. Par la suite, Szegő se rendit chez les von Neumann deux fois par semaine pour faire travailler John. Certaines des solutions instantanées de von Neumann aux problèmes d'analyse posés par Szegő, écrites par l'adolescent sur le papier à en-tête de son père, sont maintenant exposées aux Archives von Neumann de Budapest[4].

En 1918, Szegő reçut un doctorat de l'université de Vienne pour son travail sur les déterminants de Toeplitz[5],[6]. Il obtint en 1921 son habilitation de l'université de Berlin, où il collabora avec von Mises et Schur. Il resta Privatdozent à Berlin jusqu'à sa nomination à l'université de Königsberg en 1926, comme successeur de Knopp.

Suite aux conditions de travail insupportables durant le régime nazi, il se réfugia en 1934 aux États-Unis et trouva en 1936 un poste temporaire à l'université Washington à Saint-Louis (Missouri). Il fut nommé en 1938 professeur au département de mathématiques de l'université Stanford, qu'il contribua à mettre en place, jusqu'à sa retraite en 1966. Parmi ses étudiants de thèse figurent Paul C. Rosenbloom (en) et Joseph L. Ullman (en)[5].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Szegő fut l'un des principaux analystes de sa génération et fit des contributions fondamentales à la théorie des matrices de Toeplitz et des polynômes orthogonaux. Il a écrit plus de 130 articles, dans diverses langues. Chacun de ses quatre livres, dont certains sont coécrits, est devenu un classique dans le domaine qu'il couvre. Sa monographie Orthogonal polynomials, publiée en 1939, contient une grande part de ses recherches et a eu une influence profonde dans beaucoup de domaines des mathématiques appliquées, incluant la physique théorique, les processus stochastiques et l'analyse numérique.

Sélection de publications[modifier | modifier le code]

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Gábor Szegő a reçu de nombreux honneurs de son vivant, parmi lesquels :

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gábor Szegő » (voir la liste des auteurs).
  1. (hu) Szegő Gábor matematikusról sur le site de Kunhegyes
  2. (en) Tünde Kántor-Varga, « Biographies », dans A Panorama of Hungarian Mathematics in the Twentieth Century, Bolyai Society (lire en ligne), p. 563-607 : voir les biographies de Bauer Mihály et Beke Manó
  3. (en) John Impagliazzo, James Glimm et Isadore Manuel Singer, The Legacy of John von Neumann, AMS, (ISBN 0-8218-4219-6, lire en ligne)
  4. (en) Norman Macrae (en), John Von Neumann: The Scientific Genius Who Pioneered the Modern Computer, AMS, (lire en ligne), p. 70
  5. a et b (en) « Gábor Szegő », sur le site du Mathematics Genealogy Project
  6. (en) Memorial resolution, Gábor Szegő (1895 – 1985), Stanford Historical Society
  7. (en) J. Shohat (en), « Szegő on Jacobi Polynomials », Bull. Amer. Math. Soc., vol. 41, no 3,‎ , p. 165-169 (lire en ligne)
  8. (en) J. Shohat, « Review: Gabor Szegő: Orthogonal Polynomials », Bull. Amer. Math. Soc., vol. 46, no 7,‎ , p. 583-587 (lire en ligne)
  9. (en) F. Spitzer, « Review: Ulf Grenander and Gabor Szegő, Toeplitz forms and their applications », Bull. Amer. Math. Soc., vol. 65, no 2,‎ , p. 97-101 (lire en ligne)
  10. Le nombre d'Erdős de Szegő est donc 1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]