Front de libération du Jura

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Front de libération du Jura (FLJ)
Front de libération jurassien
Image illustrative de l’article Front de libération du Jura
Devise : « Le Jura parle français »
Image illustrative de l’article Front de libération du Jura

Idéologie indépendantisme envers le canton de Berne et rattachement du Jura bernois (Jura sud) au canton du Jura
Positionnement Politique Extrême gauche
Objectifs Création d'un canton du Jura et rassemblement avec le Jura bernois (Jura sud)
Statut Inactif
Fondation
Date de formation septembre 1962
Pays d'origine Drapeau de Suisse Suisse
Fondé par Marcel Boillat
Jean-Marie Joset
Dissolution
Date de dissolution 7 janvier 1993
Causes Mort d'un membre de l'organisation et création de l'Assemblée Interjurassienne (AIJ)
Actions
Mode opératoire Incendie, attentat à la bombe
Nombres d'attaques imputées 37
Victimes (morts, blessés) 1 membre de l'organisation
Zone d'opération Drapeau du canton de Berne Berne
Drapeau du canton du Jura Jura
Période d'activité
  • 3 septembre 1962 - 12 mars 1964
  • 5 mars 1965 - 5 juin 1969
  • 26 septembre 1982 - 7 janvier 1993
Organisation
Chefs principaux Marcel Boillat
Jean-Marie Joset
Membres Une dizaine[réf. nécessaire]
Composée de
  • Front de libération du Jura (FLJ),
  • Société de secours aux militants victimes de la lutte pour la patrie jurassienne (SSVJ),
  • Armée de libération du Jura (ALJ)
Sanctuaire Drapeau de la France France
Drapeau de l'Espagne Espagne
Groupe relié Rassemblement jurassien, Groupe Bélier
Répression
Nombre de prisonniers 5
Considéré comme terroriste par Drapeau de Suisse Suisse
Drapeau du canton de Berne Berne

Le Front de libération du Jura (FLJ) (ou Front de libération jurassien) est un groupe de lutte séparatiste jurassien, dans le cadre de la Question jurassienne, en Suisse. Son slogan était : "Le Jura parle français".

Les attentats du FLJ s'inscrivent dans une phase de durcissement du conflit jurassien qui a lieu dans les années 1960. Berne et les antiséparatistes interprètent le résultat de la votation de 1959 comme une légitimation claire de leur politique et adoptent donc une attitude toujours plus intransigeante face aux séparatistes. La manifestation des Rangiers (1964) va quant à elle porter définitivement le problème sur le plan national.

Historique[modifier | modifier le code]

1er FLJ (1962-1964)[modifier | modifier le code]

Le FLJ est fondé en 1962 par Marcel Boillat et Jean-Marie Joset. Ils sont rejoints plus tard par Pierre Dériaz. Jusqu'en 1964, ils commettront plusieurs attentats en rapport avec la Question jurassienne.

le FLJ s'est particulièrement fait remarquer par les incendies criminels de trois fermes franc-montagnardes, sur les territoires des communes des Genevez et de Lajoux. Quelques années plus tôt, ces domaines agricoles avaient été acquis par le Canton de Berne puis revendus à la Confédération. Le Département militaire envisageait alors dans un premier temps de transformer ces terrains en place d'exercice pour blindés puis en un centre pour chevaux de l'armée.

De fait, le FLJ ne comportait qu'un nombre très limité d'activistes - certainement moins d'une dizaine de personnes - mais, dans le contexte de la Question jurassienne, ces derniers bénéficiaient d'une très grande sympathie et sans doute de protections auprès d'une part importante de la population qui luttait alors pour l'autonomie de la partie francophone du Canton de Berne.

En 1964, le FLJ est démantelé : quatre jeunes séparatistes sont arrêtés, maintenus au secret durant presque deux mois, sans avocat. Le 25 mars 1964, l'arrestation des véritables auteurs des attentats permet la remise en liberté des « innocents de Courfaivre ». Le procès a lieu au Tribunal Fédéral à Lausanne (VD) du 14 mars 1966 au 18 mars 1966. Le 18 août 1966, Marcel Boillat est condamné à huit ans de prison, Jean-Marie Joset à sept et Pierre Dériaz à un an. Le 18 février 1967, Marcel Boillat s'évade de la prison de Crêtelongue (Sierre (VS)). Il se réfugie en Espagne où le général Franco lui octroie le statut de prisonnier politique.

Suite à l'ouverture du procès en mars 1964, Lucien Meyrat et Jean-Louis Mettler, tous deux de Moudon (VD), créent la Société de secours aux militants victimes de la lutte pour la patrie jurassienne (SSVJ). Leur action réside principalement en une récole de fonds pour régler les honoraires des avocats. Cette collecte se fera avec l'aide des sections du Rassemblement jurassien [1].

2e FLJ (1965-1969)[modifier | modifier le code]

Dès le mois de novembre 1965, une deuxième vague d'attentats a lieu, nommée 2e FLJ. Leurs auteurs en sont Jean-Baptiste Hennin et Imier Cattin. Ils sont arrêtés en juin 1966.

Le 16 octobre 1966, Jean-Baptiste Hennin s'évade de l'asile psychiatrique de Marsens (FR). Le 3 juillet 1967, la France refuse son extradition et lui accorde le statut de réfugié politique. Imier Cattin est lui condamné le 15 janvier 1969 à quatre ans et demi de prison [1].

3e dit Nouveau FLJ (1982-1993)[modifier | modifier le code]

En 1984, les actions du 3e dit Nouveau FLJ reprennent plus sporadiquement jusqu'en 1993, date à laquelle un jeune militant, Christophe Bader, explose avec sa bombe alors qu'il allait la déposer dans le centre-ville de Berne [1]. À la suite de cet événement, le Conseil fédéral, le Gouvernement bernois et le Gouvernement jurassien mettent sur pied une commission indépendante surnommée du nom de son président, M. Widmer, chargée d'établir une voie vers la résolution de la Question Jurassienne. Une année plus tard, le constat est clair : la division du Peuple Jurassien a constitué une erreur et la commission propose la réunification d'ici l'an 2000. Coup de théâtre en mars 1994, l'« Assemblée interjurassienne » est créée dans le but de résoudre la Question Jurassienne.

Considération[modifier | modifier le code]

Du côté antiséparatiste, la condamnation des attentats du FLJ est évidemment très forte. Le 9 septembre 1963, ils créent le « Comité jurassien de vigilance démocratique ». Ils ne cesseront par la suite d'accuser les leaders séparatistes d'être de connivence avec les membres du FLJ.

Du côté séparatiste, l'attitude est plus ambiguë. On s'efforce de récuser tout lien direct avec le FLJ et de réfuter toute responsabilité dans leurs actes mais on n'hésite pas à participer à la collecte de fonds en faveur des accusés. Par la suite, Roland Béguelin interviendra en personne à Paris en faveur de Jean-Baptiste Hennin. En 1987, après expiration du délai de prescription, Marcel Boillat effectue son premier retour en Suisse depuis son évasion : il est accueilli comme orateur à la tribune de la Fête du peuple. Cependant, il réside toujours et encore en Espagne et exerce des activités de peintre.

Listes des actions et des protagonistes[modifier | modifier le code]

Listes d’attentats revendiqués ou attribués au FLJ [2]

1er FLJ (1962-1964)[modifier | modifier le code]

  • 3 septembre 1962 : Détériorations et tags FLJ sur trois écussons Bernois et trois grands panneaux de signalisation à Aesch, Brislach, Lucelle, sur la sentinelle des Rangiers et dans la vallée de Delémont.
  • 4 septembre 1962 : Détériorations et tags FLJ sur deux panneaux de chantiers. La même nuit, des dégradations sont faites sur le monument historique de la Sentinelle des Rangiers.
  • 21 octobre 1962 : Incendie de la baraque militaire N°63 au lieu-dit «Les Auges».
  • 18 novembre 1962 : Nouveaux actes de vandalisme. (Détériorations et tags FLJ)
  • 28 février 1963 : Nouveaux actes de vandalisme à Courrendlin.
  • Entre le 2 et 6 mars 1963 : Nouveaux actes de vandalisme.
  • 26 mars 1963 : Incendie du baraquement militaire de Bourrignon.
  • 26 avril 1963 : Incendie de la ferme des «Joux Derrière» aux Franches-Montagnes.
  • 11 juillet 1963 : Vol d'un détonateur et d'une mèche à l’entreprise Laurent Membrez.
  • 12 juillet 1963 : Vol d’un drapeau bernois à Courtételle, place de la Gare.
  • 18 juillet 1963 : Incendie de la ferme «Sous-la-Côte».
  • 5 octobre 1963 : Attentat à l’explosif contre le chalet du Mont-Soleil.
  • 23 décembre 1963 : Attentat à l’explosif contre la scierie Houmard.
  • 27 février 1964 : Attentat à l’explosif sur la voie des CFF à Studen.
  • 12 mars 1964 : Attentat à l’explosif contre le bâtiment de la succursale de la Banque cantonale de Berne, à Delémont [3].

2e FLJ (1965)[modifier | modifier le code]

  • 5 mars 1965 : Cocktail Molotov contre un local de l’administration des impôts à Delémont.
  • 26 mars 1966 : deux pneus remplis de carburant sont jetés par une fenêtre dans l’Arsenal de Glovelier.
  • avril 1966 : incendie du restaurant du Mont-Crosin.
  • mai 1966 : incendie de l’hôtel du Cerf à Saignelégier.
  • X X, incendie au jeu de quilles « l’Aplaventriste » au Bémont.
  • 4 et 5 juin 1969 : incendie de la ferme « Bois-Rebetez-Dessous ».

3e dit Nouveau FLJ (1982-1993)[modifier | modifier le code]

  • 26 septembre 1982 : Un commando se réclamant d'une ALJ «Armée de libération du Jura» vole les urnes au bureau de vote de Vellerat.
  • 1er juin 1984 : La Sentinelle des Rangiers, plus connue sous le nom de «Fritz», s’écroule sous l’explosion d’une bombe.
  • 4 septembre 1985 : Tribunal du District de Moutier.
  • 13 octobre 1986 : Fontaine de la Justice dans la vieille ville de Berne.
  • 11 septembre 1987 : Incendie du dépôt de munitions des Reussilles.
  • 2 octobre 1987 : Dépôt de munitions à Tramelan.
  • X X, Scierie Houmard à Malleray.
  • X X, Le pont de Büren.
  • X X, La ferme du Dr Gehler.
  • X X, Ferme à Bassecourt.
  • X X, Ferme à Sur-le-Mont.
  • X X, Ferme à Courtételle.
  • 1992, École de Montbautier.
  • 7 janvier 1993 : Nydeggestalden à Berne. Christophe Bader, militant du Groupe Bélier, a été tué par l'explosion d'une bombe qu'il préparait.
  • 7 janvier 1993 : A 4h00, Explosion à la Grand-Rue, à Courtelary, Berne.

Membres[modifier | modifier le code]

  • Imier Cattin
  • Jean-Baptiste Hennin
  • Lucien Meyrat
  • Marcel Boillat
  • Pierre Dériaz
  • Jean-Marie Joset
  • Christophe Bader

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Boillat, Signé FLJ. Sans morts, l’émergence d’un Etat,
  • Collectif, Histoire et procès du Front de libération jurassien, Delémont, , 260 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]