Sentinelle des Rangiers

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La sentinelle des Rangiers, surnommée le Fritz, est une statue érigée à quelques centaines de mètres en contrebas du col des Rangiers le [1] pour célébrer le dixième anniversaire de la mobilisation de l'armée suisse, familièrement appelée la mob.

Symbolisme et histoire[modifier | modifier le code]

La statue tient son nom du fait qu'elle symbolisait la garde aux frontières de l'armée suisse pendant la Première Guerre mondiale sous la forme d'un fantassin baïonnette au canon faisant face aux belligérants.

De l'automne 1914 au 11 novembre 1918, le front qui courait depuis la mer du Nord s'était stabilisé à hauteur de Bonfol. La Confédération suisse, soucieuse de faire respecter sa neutralité et d'empêcher l'un ou l'autre belligérant de tourner le front en passant par le pays d'Ajoie, y concentra pendant plus de quatre ans des troupes qui édifièrent des retranchements de campagne.

La statue, sculptée en 1922-1924, est l'œuvre du sculpteur et peintre neuchâtelois Charles L'Eplattenier (1874-1946). Le monument fut érigé sur l'initiative de la Société jurassienne de Développement et grâce à une souscription nationale; il fut inauguré en 1924 (pour les 10 ans de la mobilisation de l’armée suisse à l’occasion de la Première Guerre mondiale) en présence du général suisse Ulrich Wille.

Certains indépendantistes jurassiens interprétèrent ce monument comme le symbole de la mainmise du canton de Berne, germanophone et protestant, sur les populations jurassiennes, majoritairement francophones et catholiques.

L'uniforme du soldat, bien que reproduisant fidèlement la tenue règlementaire suisse, ressemblait à celui des unités de maintien de l'ordre allemandes en particulier par le shako en cuir, d'où son surnom.

Contre-manifestation séparatiste et iconoclasme des Béliers[modifier | modifier le code]

Le 30 août 1964 déjà, la Sentinelle des Rangiers fut le témoin de l’effervescence séparatiste. Alors que la Suisse souhaitait célébrer au col des Rangiers les 50 ans de la Mobilisation générale de 1914, le Rassemblement jurassien (RJ) organisa une contre-manifestation. Le conseiller fédéral Paul Chaudet, ministre de l’armée, et Virgile Moine, membre du gouvernement bernois, furent malmenés par la foule, et la cérémonie tourna court.

Iconoclasme: La statue fut l'objet de manifestations hostiles ; elle fut tout d'abord vandalisée (en premier lieu par le FLJ) puis finalement renversée, une première fois en 1984 puis définitivement en 1989[2].

Le 24 septembre 2004, des membres cagoulés du Groupe Bélier (l’aile jeune et activiste du Rassemblement jurassien) ont en effet fracassé la tête de la célèbre Sentinelle des Rangiers en marge de la cérémonie officielle marquant le 25e anniversaire du canton du Jura à Delémont. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la tente abritant les 200 invités (de la Confédération et des cantons) du gouvernement jurassien et les ont copieusement hué et sifflé. Parmi ces derniers se trouvait le président de la Confédération (Joseph Deiss) qui venait d’affirmer que l'entrée en souveraineté du Jura il y a 25 ans était « un exemple de solution pacifique d'un problème de minorité ». Le président du gouvernement jurassien (Jean-François Roth) a, quant à lui, eu des mots très durs à l’encontre du Groupe Bélier. À ses yeux, rien ne justifiait une telle action[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « 31 août 1924 - Inauguration du monument La Sentinelle des Rangiers », sur retrotrame.ch (consulté le 18 juin 2009)
  2. « Le «Fritz», victime du conflit jurassien », sur tsr.ch (consulté le 18 juin 2009)
  3. « Les activistes jurassiens gâchent la fête », sur swissinfo.ch (consulté le 2 août 2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]