François-Auguste Fauveau de Frénilly

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François-Auguste Fauveau de Frénilly
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Pair de France
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Activités

François-Auguste, baron Fauveau de Frénilly, né à Paris le 14 novembre 1768 et mort à Gratz (Autriche) le , est un poète, mémorialiste et pair de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

Fils du Frédéric-Auguste Fauveau de Frénilly et de Charlotte-Pauline-Victoire Chastelain, sa famille, de vieille noblesse, était liée avec tous « les beaux esprits » du temps, et, à l'âge de neuf ans, il fut présenté à Voltaire.

Il ne quitta pas la France pendant la Révolution française, défendit les Tuileries, le 10 août 1792, dans le bataillon royaliste des Filles-Saint-Thomas, se retira en province pendant la Terreur, et revint à Paris après le 9 thermidor, pour recueillir les débris d'une fortune considérable.

Il retrouva bientôt les survivants de la société littéraire, un moment dispersée, et se lia particulièrement avec la célèbre Mme d'Houdetot, qui essayait de se reformer « un salon ». En même temps, M. de Frénilly s'occupait d'agriculture dans son château et domaine de Bourneville (commune de Marolles, Oise), où il développa l'un des trois premiers troupeaux de moutons mérinos[1] importés eu France sous l'intendance de M. de Trudaine : un autre de ces troupeaux ; avait été donné à Daubenton, à Montbard ; et le troisième au comte de Barbançois, en Berry. M. de Frénilly vécut ainsi pendant la durée de l'Empire (auquel il s'opposait), et, aux Cent-Jours, se rendit en Angleterre, où il publia une brochure qui eut du retentissement : Considérations sur une année de l'histoire de France.

Restauration française[modifier | modifier le code]

À la seconde Restauration, des souvenirs de famille et une certaine communauté de vues valurent à M. de Frénilly l'intimité du comte d'Artois. De concert avec le docteur John Stoddart (en), directeur du Times, M. de Frénilly fonda le Correspondant, revue anglo-française peu après remplacée par la revue exclusivement française Le Conservateur (1818-1820, remplacé par Le Défenseur qui ne connaît cependant pas le même succès), qu'il créa avec Chateaubriand, de Bonald, Lamennais, etc. Sur l'initiative de Chateaubriand, le Conservateur disparut en plein succès lors de la chute du ministère Decazes ().

Le , M. de Frénilly fut choisi comme candidat à la députation par les royalistes du 4e arrondissement électoral de la Loire-Inférieure[2] (aujourd'hui Loire-Atlantique) (Savenay), et fut élu[3] député contre M. Huet de Coëtlisan. Réélu[4], le , Il siégea à droite, et fut un des fermes soutiens du ministère Villèle. Membre de la commission de l'adresse en 1822, il fut chargé, avec M. de Bonald, de sa rédaction ; rapporteur du budget en 1824, il lutta pour faire reconnaître à la Chambre des députés le droit d'initiative dans le vote des crédits. Nommé conseiller d'État en , il fut encore membre de la commission du budget en 1825, et, en 1826, membre de la commission de l'adresse qu'il rédigea avec le comte de Vaublanc. Cette même année, un discours sur les affaires de Saint-Domingue lui valut les félicitations personnelles de Charles X.

Appelé à la Chambre des pairs le 5 novembre 1827, M. de Frénilly se rangea dans l'opposition royaliste contre le ministère Martignac, et attaqua le cabinet, dans la séance du 12 juin 1828, lors de la discussion de la nouvelle loi électorale.

Peu après il fut placé dans la non-activité du conseil d'État, et y fut inutilement rappelé à l'activité, deux ans plus tard, dans les fameuses ordonnances de juillet 1830. Il fut inquiété un moment à cette occasion ; puis il se retira en Autriche près du roi exilé, et y reprit avec ardeur les études historiques et littéraires dont la politique active l'avait un peu détourné ; il assembla alors des matériaux considérables pour une Histoire parlementaire d'Angleterre, restée inachevée.

De son mariage avec Alexandrine de Saint-Preulx, il laissa un fils, marié en Autriche et mort sans postérité, et une fille qui épousa M. Camille de Rarécourt de La Vallée, marquis de Pimodan, gentilhomme de la chambre de Charles X.

Il serait l'inventeur du mot « individualisme ». Élu député de Loire-Inférieure 1823 à 1827, il s'est exprimé sur les questions de finances et de liberté de la presse. Il publia également des poésies et une traduction de l'Arioste.

Le roi Louis XVIII le surnommait « Frénésie ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Outre divers opuscules politiques, on a de lui des poésies et une traduction en vers de l'Arioste (Paris, 1833).

Ses mémoires ont été publiées : Mémoires, 1768-1828 : souvenirs d'un ultra-royaliste / Baron de Frénilly ; introd. et notes de Frédéric d'Agay (L'Histoire en mémoires, Paris : Perrin, 1987, 486 p.)

Liste établie d'après le Catalogue collectif des bibliothèques de France 
  • Poésies. Paris Paris, Nicolle, Le Normant et Desenne, 1807, 230 pp., in-8°.
  • Fin du poème de la Révolution Française, Paris : Delaunay , 1814.
  • Considérations sur une année de l'histoire de France. Par M. de F., À Londres, A. B. Dulau, 1815 In-8°, VIII-168 pp. Réédité en 1815 à Paris, chez Chaumerot jeune.
  • Des Assemblées Représentatives, Par l'auteur des Considérations sur une année de l'histoire de France. À Paris, L. G. Michaud, 1816. In-8°, 272 pp.
  • Mémoire historique sur Fouché de Nantes, maintenant duc d'Otrante. Par un anglais. P., Delaunay, A. Égron, décembre 1815. In-8°, 64 pp.
  • Chambre des députés. Opinion de M. de Frémilly, député de la Loire-Inférieure sur l'impôt du sel... Séance du 16 avril 1822. [Paris] : Hacquart , [1822].
  • Chambre des députés. Session de 1823. Opinion de M. de Frenilly, député de la Loire-Inférieure, sur le budget de l'exercice de 1824. Séance du 15 avril 1823. [Paris] : Hacquart, [1823]
  • Rapport fait au nom de la Commission des Finances par M. de Frénilly, député du département de la Loire-Inférieure sur le projet de loi contenant le budget de l'exercice 1825 (dépenses). [Paris] : Hacquart, 1824
  • Chambre des députés. Session de 1824. Discours de M. de Frénilly... en réponse à M. Leclerc de Beaulieu sur le chapitre V du budget du Ministère des finances... Séance du 19 juillet 1824. [Paris] : Hacquart, [1824].
  • Chambre des députés. Session de 1824. Discours de M. de Frénilly... sur l'amendement proposé par M. Hay.... Séance du 14 juillet 1824. [Paris] : Hacquart, [1824].
  • Chambre des députés. Session de 1824. Discours de M. de Frénilly, sur le chapitre XVII du ministère de la Guerre... Séance du 16 juillet 1824. [Paris] : Hacquart, [1824].
  • Développements de l'amendement présenté par M. de Frénilly,... sur l'article 4 du projet de loi relatif aux indemnités à accorder aux émigrés. [5 mars 1825.]. Paris : impr. de A. Boucher (s. d.). In-8°, 14 p.
  • Développements de l'amendement présenté par M. De Frénilly, député de la Loire-Inférieure, sur l'article 4 du projet de loi relatif aux indemnités à accorder aux émigrés. (5 mars 1825). (Paris) imp. de A. Boucher (s. d.) in-8°, 39 p.
  • Chambre des Députés. Session de 1825. Opinion de M. de Frénilly, sur la dette publique et l'amortissement... Séance du 19 mars 1825. (Paris) : Impr. royale, 1825.
  • Chambre des Députés. Session de 1826. Changements dans l'amendement de M. de Frénilly, (Paris,) : Impr. royale, 1826, in-8°, 2 p.
  • Chambre des Députés. Session de 1826. Opinions prononcées par M. le Mis de Frénilly, député de la Loire-Inférieure, dans la discussion sur le projet de loi relatif à l'indemnité des colons de St-Domingue. Séance du 7 mars 1826. (Paris,) : Impr. de A. Boucher (s. d.), in-8°.
  • * Chambre des Députés. Session de 1827. Opinion de M. le Mis de Frénilly,... relative à la loi réglant la police de la presse... Séance du 15 février 1827
  • Chambre des Députés. Session de 1827. Discours de M. de Frénilly, sur l'article 16 du projet de loi sur la presse, prononcé dans la séance du 5 mars 1827. (Paris,) : impr. de A. Boucher (s. d.). In-8°, 7 p. Paris : impr. de A. Boucher (s. d.). In-8°, 23 p.
  • Chambre des Pairs. Séance du 21 juin 1828. Opinion de M. de Frénilly sur le projet de loi relatif aux listes électorales. (Paris : Impr. royale, 1828). In-8°, 12 p.
  • Chambre des Pairs. Séance du 22 juillet 1828. Opinion de M. de Frénilly sur le projet de loi relatif à l'interprétation des lois. (Paris : Impr. royale, 1828) In-8°, 16 p.
  • Chambre des Pairs. Séance du 29 mai 1828. Opinion de M. de Frénilly sur la résolution de la Chambre des Députés, relative à la réélection de ses membres qui auraient accepté des fonctions rétribuées. (Paris : Impr. royale, 1828). In-8°, 12 p.
  • Lettre de M. de Frénilly à M. de**, pair de France, sur le livre de M. l'abbé de La Mennais, intitulé : Des progrès de la Révolution et de la guerre contre l’Église. Paris : J.-J. Blaise , 1829. 62 p., 8°
  • Arioste L' / L'Arioste. Roland furieux, traduit en vers français par M. le baron de Frénilly (précédé d'un Aperçu. Paris, L.-G. Michaud, 1834.

Attribués à Fauveau de Frénilly :

  • Questions à l'ordre du jour, ou Quelques vérités à l'adresse des électeurs [Texte imprimé]. Par un électeur impartial (L.-G.-J.-M. Bénaben), Paris : impr. de Pillet aîné, 1827.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il évoque dans ses mémoires cet élevage de 2 troupeaux de 500 têtes débuté par Preaudeau de Chemilly, trésorier général de la maréchaussée, précédent propriétaire du château et premier époux de la femme du baron. Il y évoque les loups venant rôder autour du château et dévorant les mérinos à la suite de la raréfaction du gibier abattu par les révolutionnaires et aussi ses garde-chasses dont Lefort, octogénaire, qui a vu se succéder quatre propriétaires et a été dans sa jeunesse caporal des armées royales au siège de Berg op Zoom lors des guerres de Hollande.
  2. Fiche de François-Auguste Fauveau de Frénilly sur www.assembleenationale.fr
  3. Par 76 voix sur 116 votants et 180 inscrits, contre 13 voix à M. Huet de Coëtlisan.
  4. Par 121 voix sur 129 votants et 150 inscrits.

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