Daniel-Charles Trudaine
| Président Académie des sciences | |
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| Président Académie des sciences | |
| Intendant des finances | |
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| Intendant de la généralité de Riom | |
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(à 66 ans) |
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Le Grand Trudaine |
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Daniel-Charles Trudaine, né le à Paris (paroisse Saint-Nicolas-de-Champs) et mort le à Paris (même paroisse), est un administrateur français. Intendant des finances, il a principalement œuvré dans le développement du corps des ponts et chaussées (1747) et du réseau routier français[1].
Il est aussi connu par l'atlas dit « Atlas de Trudaine » qu'il a laissé, l'un des plus précis concernant les routes et paysages de la fin du XVIIIe siècle, établi de 1745 à 1780 pour les Ponts et Chaussées[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Issu de la famille Trudaine, Daniel-Charles Trudaine, est le fils de Charles Trudaine (1660-1721), prévôt des marchands de Paris célèbre pour sa droiture et son intégrité, et de Renée Madeleine de Rambouillet de la Sablière (1680-1746). Il naît le rue du Parc-Royal à Paris et est baptisé le même jour en l'église Saint-Nicolas-des-Champs[3]
Après avoir occupé les charges de conseiller au Parlement de Paris (1721), maître des requêtes (1727), d'intendant de la généralité de Riom de 1730 à 1734[4], il est nommé en 1734 intendant des Finances. Il est choisi en 1743 par le contrôleur général Philibert Orry pour diriger, en qualité d'intendant des finances, le service des ponts et chaussées[1].
Son premier soin est de créer à Paris un bureau de dessinateurs chargés de réunir et de rapporter les plans des grandes routes, dont le contrôleur général Orry avait prescrit l'exécution en 1738[1].

Ces plans, dessinés à l’échelle d'une ligne pour dix toises, et accompagnés de tableaux détaillés, se trouvent encore dans plusieurs bureaux d'ingénieurs et sont remarquables par le soin avec lequel ils ont été dressés[1].
En 1743, il est nommé membre honoraire de l'Académie royale des sciences et, l'année suivante, directeur de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1769. Il succède ainsi à la tête des ponts et chaussées à Henri François de Paule Lefèvre d'Ormesson.
En 1747, Daniel-Charles Trudaine fonde l'École royale des ponts et chaussées, avec à sa tête Jean-Rodolphe Perronet, ingénieur de la généralité d'Alençon. Tous deux mettent en place en 1750 un corps d'ingénieurs des Ponts et Chaussées[5]
Perronet travailla aussi sur les aménagements du parc et du château de Montigny et y mena des expériences scientifiques[6].
En 1749, il est nommé Directeur du commerce, fonction considérable puisqu'il gouverne l'ensemble des intendants du commerce de France. Dans cette fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort, il s'efforce de promouvoir le libéralisme économique[7]. Son fils Jean Charles Philibert Trudaine de Montigny lui succèdera de 1769 à 1777.
En 1744, Trudaine est nommé conseiller d'État, puis en 1756 membre du Conseil royal des Finances[8].
On doit à Trudaine d’avoir encouragé de nombreuses missions en France ou à l’étranger, notamment en Italie celles de Jacques Vaucanson (1742), Jean Antoine Nollet (1749) et Desmarets (1765).
En tant qu'administrateur des ponts et chaussées, Trudaine, économiste éclairé, fait réaliser plusieurs milliers de kilomètres de routes royales (actuelles routes nationales) reliant Paris aux frontières et aux principaux ports de mer. Ce réseau routier est alors considéré comme l'un des meilleurs d'Europe : routes aussi rectilignes que possible, tracées « de clocher à clocher », d'une largeur de 60 pieds, soit 19,40 mètres, bordées d'arbres fournis par les pépinières royales et de fossés entretenus par les riverains.
C'est lui qui décide de la construction de la Place royale de Reims. Il a aussi mis le pied à l'étrier de Jean-Pierre-François Guillot-Duhamel et Gabriel Jars, deux jeunes ingénieurs qui perfectionnent la technique métallurgique et minière après des voyages à l'étranger.
Après son père, il fut seigneur de Montigny-Lencoup[9], où il séjournait, près de l'abbaye de Preuilly, dans une demeure entourée d'un parc pourvu de bassins et de canaux[10]. Il créa à Montigny plusieurs ateliers, de filature, tissage, magnanerie, poterie, tuilerie, four à chaux, propres à procurer des emplois aux habitants[11].
Son intendance incluant les pépinières royales, il se vit offrir en 1734 par le botaniste Antoine de Jussieu l'un des deux jeunes plants de cèdre du Liban qu'il avait obtenus en Angleterre. Jussieu planta l'un des deux à Paris, au Jardin des Plantes, où il est toujours visible ; l'autre fut planté dans le parc du château de Montigny[11], où il fut renversé par une tempête, en 1935[12].
Il meurt en , âgé de soixante-six ans, à Paris dans son hôtel qu'il avait hérité de ses parents, rue des Vieilles Audriettes[13]. Il est inhumé dans le choeur de l'église Saint-Nicolas-des-Champs[14].
Son fils, Jean-Charles-Philibert Trudaine de Montigny, lui succède à la tête de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées.
L'atlas de Trudaine
[modifier | modifier le code]Après sa nomination à la direction des Ponts et Chaussées, Daniel Charles Trudaine décharge les ingénieurs de la tâche du dessin en créant à Paris un bureau des dessinateurs, à la tête duquel il nomme en 1747 Jean-Rodolphe Perronet. Ce dernier organise et dirige la procédure d'élaboration des 2349 cartes qui seront exécutées au 1/8500e. Certaines cartes comportent, de surcroit, en annexe les plans des ouvrages d'art réalisés ou à réaliser[15].
L'Atlas Trudaine, beaucoup plus précis pour la représentation des routes que la carte de Cassini, présente la caractéristique de contenir non seulement les routes existantes, mais tous les projets routiers de l'époque. Toute la France n'a cependant pas été cartographiée : seules 22 généralités des pays d'élections régies par des intendants l'ont été[16]. Ce travail n'a pas été étendu aux pays d'états (Bourgogne, Provence, Languedoc et Bretagne) ni aux pays d'imposition conquis par Louis XIV, sauf pour la généralité de Metz (3 atlas) et le Hainaut-Cambrésis (trois atlas aussi[17]) qui ont fait l'objet d'une cartographie détaillée.
Cet atlas constitue une documentation historique précieuse et très recherchée sur les paysages français[15].
Effigies
[modifier | modifier le code]- Un buste de lui, sculpté dans le marbre en 1767 par Jean-Baptiste Lemoyne, est au Musée du Louvre[18], ainsi que son piédestal[19]. Ce buste fut exposé au Salon de 1767[19].
- Un autre buste de lui, sculpté en 1779, aussi en marbre, par Étienne Pierre Adrien Gois (photo ci-dessus), est conservé par le Musée Jacquemart-André, sur son site de l'Abbaye de Chaalis, à Fontaine-Chaalis[20].
Mariage et descendance
[modifier | modifier le code]Daniel Charles Trudaine épouse à Paris en 1727 Marie-Marguerite Chauvin (1711-1734), fille de Michel Chauvin, conseiller au Parlement de Paris, et de Marie Catherine de Bragelongne. Dont :
- Jeanne Madeleine Trudaine (1728-1737)
- Jean Charles Philibert Trudaine, seigneur de Montigny (1733-1777), marié en 1762 avec Anne Marie Rosalie Bouvard de Fourqueux ; leurs deux enfants seront les derniers représentants du nom de Trudaine, car ils meurent exécutés en par la Révolution, sans postérité légitime[21].
- Amable Charles Trudaine (1734-1748).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 F.-P.-H Tarbé de Saint-Hardouin (1884), Notices biographiques sur les ingénieurs des ponts et chaussées, p. 11
- ↑ Atlas Trudaine, Base Archim
- ↑ « Fichier:Acte de baptême de Trudaine.jpg — Wikipédia », sur commons.wikimedia.org, (consulté le )
- ↑ Michel Antoine, Louis XV, Fayard 1989, p. 326
- ↑ Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14, , p. 131-134 (lire en ligne)
- ↑ « Perronet et le château de Trudaine », sur heritage.ecoledesponts.fr, (consulté le )
- ↑ Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14, , p. 134 (lire en ligne)
- ↑ Michel Antoine, Le Gouvernement et l'Administration sous Louis XV - Dictionnaire biographique, Paris, Editions du CNRS, , 319 p., p. 239
- ↑ « Seine et Marne : cette grande famille est à l'origine de l'une des plus prestigieuses écoles de France », sur actu.fr, (consulté le )
- ↑ « L'Or bleu », abbayedepreuilly.fr (consulté le )
- 1 2 Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14, , p. 138 (lire en ligne)
- ↑ « Montigny-Lencoup - Histoire du village », sur montigny-lencoup.fr (consulté le )
- ↑ « Paris, Rue des Vieilles Haudriettes (domicile de Trudaine de Montigny) [Habitation] (France) | Inventaire Condorcet », sur www.inventaire-condorcet.com (consulté le )
- ↑ L'extrait des registres mortuaires le concernant figure aux Archives nationales, cote : AN/MC/ET/CXII/744
- 1 2 Stéphane Blond, « L'Atlas de Trudaine », sur histoire-image.org, (consulté le )
- ↑ « Atlas des routes de France dits atlas de Trudaine », sur archives.developpement-durable.gouv.fr, (consulté le )
- ↑ Exemple : les feuilles concernant le Hainaut-Cambrésis (téléchargement)
- ↑ « Daniel Charles Trudaine », sur collections.louvre.fr (consulté le )
- 1 2 « Piédestal du buste de Daniel Charles Trudaine », sur collections.louvre.fr (consulté le )
- ↑ « Buste de Daniel Charles de Trudaine », sur agorha.inha.fr (consulté le )
- ↑ Etienne Pattou, « Maison de Trudaine », sur racineshistoires.free.fr (consulté le )
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean-Paul Grandjean de Fouchy, Éloge de M. Trudaine, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - Année 1769, Imprimerie royale, Paris, 1772, p. 135-150 (lire en ligne)
- François-Pierre-H Tarbé de Saint-Hardouin, Notices biographiques sur les ingénieurs des ponts et chaussées depuis la création du corps, en 1716, jusqu'à nos jours, Paris, Librairie Polytechnique,
- Guy Arbellot, « La grande mutation des routes de France au XVIIIe siècle », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 28, no 3, , p. 765-791 (lire en ligne).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressources relatives à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Académie des sciences : Les membres du passé dont le nom commence par T
- Daniel-Charles Trudaine sur le site du ministère de la culture
- Notice biographique ENPC