Mérinos

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Individu primé (Champion) de sa race à Sydney (Australie) en 1905 (lors du Sydney Sheep Show)
Troupeau de mérinos
Agrosylviculture et agropastoralisme, avec pacage de mérinos sous des pins (Pinus radiata) plantés vers en 1970

Le mérinos est une race ovine originaire d'Espagne élevée principalement pour sa laine.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le substantif masculin[1],[2],[3],[4],[5] « mérinos » est un emprunt[1],[2],[5] à l'espagnol merinos, masculin[5] pluriel[2] de l'adjectif merino. On accepte communément deux origines pour le mot espagnol[6] :

  • Merino viendrait du terme espagnol merindad désignant une parcelle de terre en Espagne médiévale. Le merino, l'inspecteur chargé de contrôler le terrain, était également chargé de recenser les moutons, et pourrait leur avoir légué son appellation.
  • Merino tirerait son origine du nom d'une tribu berbère, les Mérinides ou Bénî Marid (en castillan, Benimerines) qui vint au secours du royaume de Grenade durant les XIIIe et XIVe siècles.

Locution populaire[modifier | modifier le code]

"Laisse pisser le mérinos" est une locution populaire française qui peut se traduire: "laisse faire"[7].

Production lainière[modifier | modifier le code]

La race des mérinos est championne du monde de la production lainière.[réf. souhaitée]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Mérinos, de la race Don Pedro, fut importé d'Espagne en Amérique par Éleuthère Irénée du Pont de Nemours en avril 1801[8] à Wilmington, Delaware, où il a fondé la société qui deviendra la multinationale DuPont et qui élevait alors des moutons[9], en privilégiant la race merinos[8]. Le bélier espagnol a servi alors à féconder des brebis[10] et la laine cultivée à Wilmington s'est améliorée[10]. Les moutons seront ensuite transférés à Horn Point, sur les côtes sud du comté de Dorchester dans le Maryland[11].

Son père, Pierre Samuel du Pont de Nemours était le président de la commission nommée par le gouvernement français pour sélectionner les meilleurs mérinos d'Espagne et les ramener en France. Quatre d'entre eux furent envoyés aux États-Unis, dont un était destiné au président Thomas Jefferson, qui s'intéressait au développement du marché de la laine depuis 1794, car il souhaitait que le pays puisse résister à l'emprise du coton britannique, qui s'imposait partout grâce au succès des premiers entrepreneurs du coton britannique. Trois des quatre moutons périrent en route, mais le dernier rendit les services espérés.

Un citoyen de Boston, William Foster[12], en avait importé dès 1794 de Cadix[13].

En 1802, c'est un ami de Thomas Jefferson et de Pierre Samuel du Pont de Nemours, l'ambassadeur des États-Unis en France Robert Livingston qui importe deux moutons de l'école vétérinaire de Chalons vers sa propriété de l'Hudson, le capitaine du navire estimant avoir accompli un acte patriotique, car le mouton permettait de lutter contre l'Angleterre[14].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Comme chez le chien ou le porc qui sont des races ayant également subi de récentes et fortes pressions de sélection impliquant parfois la consanguinité de reproducteurs, le bélier mérinos est touché par des malformations congénitales susceptible d'affecter sa santé et sa fertilité (4 % des jeunes béliers mérinos sont touchés par des problèmes de non-descente de testicules (« cryptorchidie »)[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Entrée « Mérinos » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 1er septembre 2017].
  2. a, b et c Définitions lexicographiques et étymologiques de « mérinos » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 1er septembre 2017].
  3. Entrée « mérinos » des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 1er septembre 2017].
  4. Entrée « mérinos », dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. 3 : I – P, Paris, L. Hachette, , 1 vol., II-1396 p., gr. in-4o (32 cm) (OCLC 457498685, notice BnF no FRBNF30824717, SUDOC 005830079, lire en ligne [fac-similé]), p. 524, col. 1 et 2 (lire en ligne [fac-similé]) [consulté le 1er septembre 2017].
  5. a, b et c Entrée « mérinos », dans Alain Rey (dir.), Marianne Tomi, Tristan Hordé et Chantal Tanet, Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaires Le Robert, (réimpr. janvier 2011), 4e éd. (1re éd. février 1993), 1 vol., XIX-2614 p., 29 cm (ISBN 978-2-84902-646-5 et 978-2-84902-997-8, OCLC 757427895, notice BnF no FRBNF42302246, SUDOC 147764122, lire en ligne) [consulté le 1er septembre 2017].
  6. « Merino » dans (es) Joan Corominas et José A. Pascual, Diccionario Crítico Etimológico Castellano e Hispánico, Gredos, Madrid, vol. IV, 1989 (ISBN 8-4249-0066-9)
  7. expressio.fr
  8. a et b (en) John Beverley Riggs, A Guide to the Manuscripts in the Eleutherian Mills Historical Library, 1970 : extrait - Hagley Museum and Library [PDF]
  9. THE GARESCHE, DE BAUDUY, ANO DES CHAPELLES FAMILIES: HISTORY ANO GENEALOGY DE LAUNAY (Not authenticated) by DOROTHY GARESCHÉ HOLLAND, page 30
  10. a et b (en) John Leander Bishop, Edwin Troxell Freedley, et Edward Young, A history of American manufactures from 1608 to 1860, E. Young, 1868 - Page 87
  11. (en) Lower Choptank River Historic Site (voir archive)
  12. Fine wool sheep husbandry. (From Transac., New York state agric. soc.). Par Henry Stephens Randall, page 12
  13. (en) Henry Stephens Randall, The practical shepherd, Excelsior Publishing House, 1863 - Page 22
  14. Annual report / Ohio. State Board of Agriculture, page 486
  15. INRA, Comprendre les bases moléculaires de la cryptorchidie pour la prévenir., INRA, Jouy-en-Josace

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]