Forteresse de Fenestrelle

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45° 01′ 47″ N 7° 03′ 38″ E / 45.02972, 7.06056

Plan-relief de la forteresse de Fenestrelle.
Plan-relief du fort Mutin.
Vue depuis Pecquerel via Pra Catinat (Val Chisone)

La forteresse de Fenestrelle est la plus vaste forteresse d’Europe avec 1 300 000 m2, construite de 1728 à 1850. Située entre 1 800 et 2 435 m d’altitude, elle bloque sur 3 km de large la vallée de Fenestrelle (le Val Cluson) acquise en 1713 par le royaume de Piémont-Sardaigne.

Fenestrelle est cédée par la France au Piémont par le traité d'Utrecht (1713). La vallée n’est alors fortifiée que par le fort Mutin, datant du XVIIe siècle, et jugé bon pour la démolition par Vauban en 1701[1].

Pour défendre sa nouvelle acquisition, Victor-Amédée II confie la construction d’un fort à Ignazio Giuseppe Bertola. Il construit le fort Delle Valli, à 1 800 m. Trois autres fort sont ajoutés en cent vingt ans : le fort Charles-Albert au point le plus bas, le fort San Carlo, et le fort de Tre Denti. Les travaux s’achèvent en 1850 par le démantèlement du fort Mutin.

Ces forts sont reliés sur une longueur de 3 km par des murailles et un long couloir abritant un escalier de 4 000 marches[2].

Forteresse de Fenestrelle.
Plaque commémorative en l'honneur des victimes des Deux-Siciles à l'intérieur du fort.

Essentiellement dissuasive, la forteresse de Fenestrelle n’a jamais eu à soutenir de siège. La forteresse servit de prison politique pour y retenir du 6 juillet 1809 au 30 janvier 1813 le cardinal Pacca, vice-secrétaire d'État du pape Pie VII, sur l'ordre de Napoléon, pendant que le pape était exilé à Savone jusqu'en juin 1812[3]. La forteresse accueille ensuite des prisonniers politiques piémontais, des soldats pontificaux et napolitains. À l'issue de la proclamation du royaume d'Italie (1861), les hommes des armées pontificales et des Bourbon qui refusèrent de prêter serment au nouveau roi sont emprisonnés dans la forteresse[4],[5],[6]. La controverse principale concerne la détention et l'exécution massive de soldats méridoniaux, thèse avancée depuis les années 1990, certains comparant Fenestrelle à un goulag ; cette thèse est aujourd'hui dénoncée par un historien italien, Alessandro Barbero[7].

La forteresse est ensuite convertie en dépôt d’artillerie dans les années 1920. Le fort Charles-Albert est dynamité par les partisans en 1943. Abandonnée, la forteresse a vu se dégrader considérablement le palais du

Fenestrelle Val Chisone

gouverneur, le palais des officiers, l’église et la prison[8].

Forte Fenestrelle 0002.JPG

Elle est actuellement en cours de restauration grâce, au départ, à la volonté de l’ensemble des habitants de la commune, relayée et soutenue par des institutions publiques et privées. L’association Progetto San Carlo y organise depuis 1997 des animations culturelles[9]. C’est de 1997 également que datent son ouverture au public et son éclairage.

Une maquette de Fenestrelle construite en 1757 au 1/400e est actuellement conservée dans les réserves du musée des Plans-reliefs à Paris.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Grézard, « La Forteresse de Fenestrelle », in Vauban et ses successeurs en Briançonnais, Association Vauban, Paris, 1995

Au Musée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Grézard, La Forteresse..., p. 160
  2. Dossier de presse, Sentinelles des Alpes, [1], consulté le 22 juin 2008
  3. Jean Grézard, La Forteresse..., p 161
  4. Neoborbonici all'assalto di Fenestrelle 'Dans ce Fort 20 000 soldats morts'. La Repubblica, 5 mai 2010.
  5. Gigi Di Fiore, Controstoria dell'unità d'Italia: fatti e misfatti del Risorgimento, Milan, 2007, page 178.]
  6. Fenestrelle non fu come Auschwitz
  7. G. Caillet, Vivre ou mourir à Fenestrelle, in Le Figaro Histoire, no 7, avril-mai 2013.
  8. Jean Grézard, La Forteresse..., p. 162
  9. Muriel Faure, « La nouvelle vie des remparts », in L’Alpe no 37, Citadelles d’altitude, juin 2007, p. 56