Fabophilie

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Fèves des gâteaux des rois en Camargue.

La fabophilie (ou favophilie) est une activité qui consiste à collectionner les fèves de galettes des rois. Le fabophile cherche en général à posséder des séries entières de fèves ou des modèles rares.

L'origine de la fabophilie[modifier | modifier le code]

Série de fèves dorées : « Habits de lumière ».

L'histoire de la fève commence avec la fève (légume) : dans les temps préhistoriques, celle-ci était consommée et utilisée comme engrais. Elle a un rôle important dans les rites antiques à cause de sa forme embryonnaire. Symbolisant le fœtus chez les anciens Égyptiens, ces derniers enterraient leurs morts dans des champs de fèves en vue d'une réincarnation. C'est le symbole de vie qui reste au Moyen Âge et la fève est utilisée dans les mariages.

Elle sert aussi de jeton de vote, fonction qui commença chez les Grecs qui se servaient de fèves noires et blanches pour décider de l'acquittement ou de la condamnation. C'est lorsque l'Église décide de s'imposer, pour cesser les célébrations païennes (un exemple : dans les garnisons, on choisit un roi parmi les condamnés à mort : il était déguisé et prenait part aux débauches collectives avant d'être décapité) que l'Épiphanie apparaît. Mais La coutume du gâteau traditionnel ne se répand réellement que durant le XVe siècle.

Le gâteau et la fève figurent parmi les redevances dues au voyer de Paris (office de la voirie) au XIIIe siècle, mais elle existait déjà[1]. Plus tard on mange un gâteau contenant une fève noire (le roi) et une fève blanche (la reine). En Bourgogne notamment, le gâteau remplace une urne ou un chapeau rempli de fèves avec lesquelles on tirait les rois, en disant febe domine[2].

La fête des rois faillit être interdite sous la Convention car à l'époque, elle portait le nom de la fête des sans-culotte ; le gâteau fut donc rebaptisé le gâteau de l'égalité. En 1793, le maire de Paris eut beau interdire aux pâtissiers la fabrication de ce gâteau, celle-ci continua tout de même.

La première fève en porcelaine fut fabriquée en 1874 en Allemagne sous forme de baigneur. C'est seulement à partir de 1892 et jusqu'au XXe siècle que les thèmes se diversifient avec des fèves ayant des thèmes représentatifs de l'époque. Les thèmes religieux apparaissent, tels les crèches, Jésus, les anges, les colombes, puis laissent peu à peu leur place à la royauté et aux porte-bonheur.

Dans les années 1960 sont apparues des fèves en matière plastique puis dans les années 1980-1990, les fèves métalliques, principalement dorées (dont certaines à l'or fin). Cependant, le chauffage des galettes dans les fours à micro-ondes a entraîné certains déboires et les fèves métalliques ont presque entièrement disparu.

À la fin des années 1980, les fèves en porcelaine sont revenues en force. C'est dans cette même période que l'ère du dessin animé et de la bande dessinée a commencé pour aujourd'hui envahir une grande partie du marché actuel de la fève.

Certains boulangers ou pâtissiers, renommés ou non, ont alors eu l'idée de fabriquer leurs propres fèves personnalisées.

Les types de fèves[modifier | modifier le code]

Série de fèves brillantes : « Le Livre de la jungle ».

Il ne faut pas s'étonner si se remarquent des séries quasi-identiques chez un collectionneur... Car en fait il y a deux principaux types de finition pour les fèves récentes en porcelaine : elles peuvent être mates ou émaillées. Ainsi pour un collectionneur, une fève mate et une fève brillante qui représentent un personnage identique, sont à distinguer l'une de l'autre. De plus, certains fabricants rééditent des séries de fèves dont seul le millésime diffère.

Différentes collections existent :

  • les santons : ces fèves représentent des personnages religieux, souvent des crèches, et leurs détails sont parfois moins précis que les autres fèves présentes sur le marché ;
  • les fèves standard : les fèves dites « standard » sont fabriquées pour être vendues à tous types d'acheteurs ; c'est-à-dire qu'en général des intermédiaires tels que le boulanger ou un professionnel les achètent en coffret ou en vrac pour les proposer à la clientèle ou les insérer dans les galettes ;
  • les fèves personnalisées : ces fèves peuvent avoir plus de valeur que les autres car elles sont souvent tirées en exemplaires limités et s'achètent généralement en coffret, pour un prix parfois élevé. Elles sont dites personnalisées car produites par des marques qui vont des boulangers, pâtissiers ou traiteurs renommés (Poilâne, Lenôtre, Fauchon, etc.) aux enseignes diverses (Casino, Leclerc, Thiriet, etc.).

Où les trouver ?[modifier | modifier le code]

De plus en plus de forums et de sites personnalisés naissent afin de favoriser les échanges entre fabophiles. Il est aussi possible de les acheter via des sites de vente en ligne, à d'autres collectionneurs ou d'acheter directement à des professionnels. Le dernier moyen, et l'un des préférés des collectionneurs, est de chercher dans les brocantes et vide-greniers qui se déroulent toute l'année à travers la France...

Il existe des bourses spécialisées où les échanges sont tolérés, par exemple le salon de la porte de Versailles à Paris, et le salon des Abbesses (Paris 18e, deux fois par an). Ce sont des endroits intéressants pour voir des fèves peu courantes et connaitre les tarifs des fèves un peu plus recherchées. Il existe aussi des salons en province (Homécourt), et des salons de collectionneurs, principalement dans l'Est de la France.

Les tarifs[modifier | modifier le code]

Série de fèves mates : « Le zodiaque égyptien antique ».

Les fèves se négocient dans la plupart des cas sur une base de 1 pièce, les publicitaires entre 2 et 80 en moyenne suivant le boulanger et la rareté de la fève, les anciennes autour de 5/10 pièce pour les blanches, à partir de 50 pour les polychromes. Mais des modèles connus seulement à quelques exemplaires s'échangent entre amateurs sur des bases très élevées, entre 500 et 2 000 .

Dans les vide-greniers ou sur des sites d'achat en ligne, des lots de fèves ou des fèves à l'unité peuvent s'acheter à des collectionneurs, ce qui revient à moins d'un euro pièce. Dans les vide-greniers en particulier, les non-collectionneurs s'en débarrassent, pour le plus grand plaisir des collectionneurs, à des prix pouvant varier entre 0,10 et 0,50 la fève. Une aubaine pour les fabophiles, qui explique leur engouement à l'idée de dénicher une fève rare, cachée dans le vrac d'un non-collectionneur.

Collectionneurs[modifier | modifier le code]

Certains fabophiles peuvent avoir des collections énormes (près de 100 000 fèves, voire plus) et quelques-uns vivent en permanence en déplacement, de vide-greniers en bourses ou salons. Il serait cependant illusoire de croire pouvoir posséder toutes les fèves. En effet, chaque année il en sort de 4 000 à 5 000 nouvelles. Donc, beaucoup de fabophiles finissent souvent par se spécialiser sur quelques thèmes bien précis.

Par ailleurs, de nouveaux types de collections liées à l'Épiphanie ont vu le jour comme les collections des couronnes ou des sacs de galettes des rois...

De nombreux collectionneurs non-fabophiles recherchent aussi les fèves correspondant à leur passion, car presque tous les thèmes possibles sont représentés : animaux, art, cinéma, cirque, cuisine, enfants, histoire, jeux et jouets, métiers, mode, monnaies, mythologie, musique, nature, objets usuels, pays, personnages célèbres, plantes, régions, sport, transports, vaisselle, zodiaque, … et de plus, certaines fèves sont de véritables petites œuvres d'art.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul-Yves Sébillot, Folklore et curiosités du vieux Paris, 2002.
  2. Travaux de linguistique et de folklore de Bourgogne, volume 3

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Huguette Botella et Monique Joannés, La Collection de fèves, Paris, AZ Graphic, , 112 p. (ISBN 2-906032-02-6).
  • Huguette Botella et Monique Joannés, Guide des fèves anciennes et modernes, Boulogne, RD diffusion, , 163 p. (ISBN 2-95022-3-3 (édité erroné), notice BnF no FRBNF35001458).
  • Sylvian Delhoumi, Les Fèves anciennes : étude complémentaire, Caen, S. Delhoumi, , 88 p.
  • Sylvian Delhoumi, Guide des fèves Ranque-Ducongé de 1915 jusqu'au début des années 1950 et des fèves dites Laplagne, Caen, S. Delhoumi, , 77 p.
  • Monique Joannés et François Joannés, Des fèves @ tout prix, S.l., M. Joannés, , 131 p.
  • Nicole-France Riffet, La Collection de fèves de gâteaux des rois, S.l., N.-F. Riffet, , 80 p.
  • Nicole-France Riffet, Les Fèves des Rois et leurs amis, S.l., N.-F. Riffet, , 75 p.
  • Emmanuelle Rosenzweig, Les Fèves, Paris, Alternatives, coll. « Collector's » (no 4), , 95 p. (ISBN 2-86738-631-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]