Fauchon (traiteur)

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Fauchon
Création 1886
Fondateurs Auguste Fauchon
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Michel Ducros
Actionnaires Michel Ducros
Activité Alimentation de luxe
Effectif 230
Site web http://www.fauchon.com/
Chiffre d’affaires 247 millions d'euros

Fauchon est une entreprise mondiale de gastronomie de luxe, vendant des produits à sa marque dans toutes les catégories de l’agroalimentaire. Fauchon est un multi-spécialiste avec pour métiers principaux l’épicerie fine, la pâtisserie, la boulangerie, la confiserie, mais aussi les activités de traiteur, de réception, et de restauration. Fauchon est considéré comme une « référence du luxe alimentaire français contemporain[1] ».

Fondée en 1886 à Paris, Fauchon emploie en 2013 environ 230 personnes, dispose de 60 points de vente et réalise un chiffre d'affaires total de 247 millions d'euros (avec les ventes des magasins franchisés)[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le fondateur de la marque Fauchon, Auguste Fauchon, nait dans le Calvados en 1856. Arrivé en 1880 à Paris, il commence à vendre ses produits dans la rue comme marchand de quatre saisons, puis négociant en vins et alcools.

Puis en 1886, à tout juste 30 ans, il se lance en ouvrant l'épicerie Fauchon, place de la Madeleine dans le 8e arrondissement. Ce premier magasin existe encore, après avoir été totalement rénové en 2005[3], puis en 2007 par le designer Christian Biecher[4].

La qualité des produits fabriqués par Fauchon et ses nombreux fournisseurs attitrés[5] lui assurent rapidement une notoriété internationale[6], symbolisant le luxe à la française. En 1968, les radicaux ne se sont pas trompés de symbole en pillant Fauchon pour distribuer son foie gras aux pauvres, rappelle l’auteur Matt Miller dans le Daily Deal[7].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les restrictions et le rationnement général mettent la société en situation difficile. Auguste Fauchon meurt en 1945 et l’entreprise est vendue par ses enfants en 1952[8]

L'ère moderne : de 1952 à 1998[modifier | modifier le code]

Entrée du magasin Fauchon de la place de la Madeleine en 2008.

En 1952, Joseph Pilosoff, ancien propriétaire du Chocolat Poulain, des « Ciseaux d’argent » à Saint-Cloud et « Aux 100000 chemises » à Paris reprend l’affaire Fauchon et commence un important partenariat avec la compagnie Air France. Il développe également l'enseigne à l'étranger, avec l’ouverture de magasins à Fauchon, notamment au Japon, dès 1972, au sein des grands magasins Takashimaya.

Après le décès de Joseph Pilosoff en 1981, sa fille reprend la direction de Fauchon. Elle meurt cependant dans un incendie, dans les murs mêmes de l’entreprise, en décembre 1985. À 33 ans, sa fille Martine et son mari Philippe Prémat se retrouvent propriétaires de Fauchon[9],[10].

La reprise par Martine Prémat s’avère difficile : le chiffre d’affaires stagne depuis le début de la décennie autour de 250 millions de francs (38 millions d’euros), avec des pertes de 5 millions en 1991, 4,7 millions en 1993 et 11,9 millions en 1996, un endettement de 73 millions de francs (11 millions d’euros) et des capitaux propres négatifs de 4,9 millions. »[11].

La stratégie d’entrer dans la grande distribution engagée par Fauchon chez Carrefour ou Auchan[11], est vivement critiquée, car il est reproché à la direction d'avoir pris le risque de banaliser et de brouiller l'image de la maison[12]. D'autre part, il est également reproché au couple Premat des erreurs de gestion, en s'étant lancé dans la construction d’un yacht, nommé le Fauchon, destiné à promouvoir la gastronomie française. »[6], qui sera revendu avec une moins value de 12 millions de Francs (1,8 million d'euros)[11].

Malgré les tentatives de développement au cours des années 1990, en ouvrant successivement des magasins à Genève et en Arabie saoudite (pour les refermer quelques années plus tard) ou en parrainant le rallye Paris Dakar, Martine Prémat cède l'entreprise à un groupe d’investisseurs dirigé par Laurent Adamowicz en mars 1998[13],[14]. Cette cession comporte de nombreux actifs, dont les immeubles de la place de la Madeleine, en pleine propriété, revendus l’année suivante au groupe de promotion immobilière OGIC, dirigé par Jean Diaz[15].

de 1998 à 2003 : l'ouverture vers de nouveaux marchés[modifier | modifier le code]

Laurent Adamowicz positionne la marque sur le marché de la gastronomie de luxe : campagnes de publicité, rénovation des magasins, lancement de nouveaux produits[16], sortie de la marque de la grande distribution, partenariat avec Air France, et assure la promotion de jeunes chefs pâtissiers tels que Sébastien Gaudard, Christophe Adam et Dominique Ansel, après le départ de Pierre Hermé.

La société se développe sur le marché américain, en consacrant 60 millions de francs (9,2 millions d’euros) sur 5 ans[17], mais aussi au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, au Moyen-Orient, en Europe[18],[19],[20]. En France, l'acquisition pour 39 millions d'euros des boutiques traiteur du Groupe Flo[21],[22] augmente le nombre de points de vente parisiens de 12 boutiques[23]. En 2003, le réseau Fauchon comptabilise ainsi 650 points de vente en franchise, 16 magasins en propre (dont 3 à New York et 13 à Paris).

Intérieur d'un magasin Fauchon à Paris en 2003.

Durant l'été 2003, l'entreprise est lourdement endettée par la conversion des magasins parisiens de Flo Traiteur à l’enseigne Fauchon[24],[25] et connaît une grave crise de trésorerie, dans un contexte économique mondial difficile qui touche de plein fouet les industries du luxe : la guerre d'Irak et la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003 ; suivies en mai 2003 par l’épidémie mondiale de grippe aviaire (SRAS), puis par la canicule européenne de 2003 qui fait 15 000 morts en France et voit s’effondrer l’industrie touristique. Dans ce contexte difficile, Laurent Adamowicz demande au tribunal de commerce de Paris la désignation d'un mandat ad'hoc afin de protéger l'entreprise de ses créanciers. Par ordonnance en date du 6 octobre 2003, le Tribunal de commerce de Paris désigne un administrateur ad’hoc pour accompagner le redressement de l’entreprise, en grandes difficultés financières. En janvier 2004, Laurent Adamowicz cède ses actions de contrôle du holding de tête de Fauchon et quitte le groupe.

De janvier 2004 au présent : nouveaux développements[modifier | modifier le code]

Michel Ducros est nommé Président de Fauchon en janvier 2004 par tous les actionnaires du groupe [26],[27],[28], alors qu’il ne détient encore que 17% des actions[29], et s’attelle immédiatement à sa gestion. Les nouveaux actionnaires de l’entreprise adoptent à partir de 2004 une stratégie visant à redresser le résultat en cédant les activités dites non stratégiques : la fermeture des magasins en Russie et aux États-Unis[30],[31],[32] ; la vente des plateaux-repas au groupe Fleury Michon[33] ; enfin par la cession des magasins parisiens de Fauchon au concurrent Lenôtre[34],[35]. A la demande de Michel Ducros, le mandat ad'hoc sera prolongé jusqu’au 6 août 2004 [36].Fin 2004, le groupe enregistre dans les comptes clos au 31 mars 2004 une perte consolidée de plus de 33 millions d’Euros.

Michel Ducros revoit sa stratégie avec les fournisseurs de Fauchon dans toutes les catégories de produits, car l'épicier parisien ne veut plus être un généraliste mais un multi-spécialiste. Fauchon met en place une stratégie d'édition de produits, en créant avec ses fournisseurs et sous traitants, des partenariats spécifiques[37] : développement et fabrication de produits Fauchon sur la base de cahiers des charges stricts et de recettes exclusives maison. Ces changements s’opèrent alors qu'Isabelle Capron, recrutée comme Directeur General par Michel Ducros, entreprend un rajeunissement de l'image de la maison de la Place de la Madeleine, en cassant les codes et en rénovant l'identité visuelle de Fauchon[38].

Fauchon réduit ses effectifs de 700 personnes de 2004 a 2010, passant de 900 à 200 personnes[39]. Malgré les expériences infructueuses aux États-Unis et en Chine[40], Fauchon totalise en 2013 une soixantaine de magasins et restaurants à enseigne implantés dans le monde, dont 23 au Japon[41]. En 2013, le chiffre d’affaires à l’international représente 80 % de l’activité du groupe[42]. En tant que boulanger, pâtissier et traiteur, Fauchon continue à produire dans ses ateliers (à Courbevoie pour la pâtisserie), l'ensemble des créations de la maison.

Isabelle Capron, Directrice Générale, quitte le groupe en 2012[43]. [Michel Ducros] reprend alors la direction générale de l'entreprise. En 2013 il nomme Eric Vincent Directeur General de Fauchon qui annonce d'emblée les plans d'expansions ambitieux de l'entreprise: « L’entreprise prévoit d’atteindre les 100 points de vente en 2017, en recourant à la franchise, qui est déjà son mode de déploiement privilégié. Cela représente 40 ouvertures supplémentaires en 4 ans, dont 15 ouvertures en 2014. » [44] En mars 2014, un an après son arrivée dans le groupe, Eric Vincent en désaccord avec Michel Ducros quitte Fauchon[45]. Michel Ducros reprend à nouveau la direction de l'entreprise.

En septembre 2014, soit dix ans après la reprise en main par Michel Ducros, Fauchon a repris des couleurs et prévoit d'investir au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique du Nord[46]. En 2014, avec 80 restaurants parisiens, Fauchon rejoint un programme de développement durable consistant à collecter les déchets de nourriture pour les transformer en électricité et chaleur[47].

Fauchon en chiffres[modifier | modifier le code]

Données financières en millions d'euros[48],[49],[50],[51]
Années 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Revenus 39,1 41,4 38,7 54,0 84,2 70,7 43,8 36,0 35,6 36,6 44,3 45,5 46,2
Résultat d'exploitation 1,5 1,5 -3,1 -3,4 -10,2 -10,7 -5,8 -1,1 -1,1 -0,2 -0,1 -0,3 0,1
Résultat net 0,1 1,3 -1,4 -4,5 -33,5 -15,9 -5,8 -0,8 -5,4 -1,0 -1,0 -1,0 -0,5
Direction Laurent Adamowicz Laurent Adamowicz Laurent Adamowicz Laurent Adamowicz Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros Michel Ducros

À partir de 2005, Michel Ducros rachète la plupart des actionnaires privés et institutionnels : en 2005, la totalité des actions détenues par le Groupe Barclays, en 2009, la participation de 36 % de la Compagnie du Bois sauvage, puis celle de Matignon Investissement & Gestion[52], et enfin les actionnaires minoritaires[53]. Michel Ducros détient 95 % du capital de Fauchon[54] : « Je suis un entrepreneur, j'investis à long terme », affirme l'intéressé[53].

Concurrents[modifier | modifier le code]

Les principaux concurrents de Fauchon au niveau mondial sont Dalloyau, Hédiard, Lenôtre, Le Palais des Thés, Dammann Frères, Mariage Frères, Kusmi Tea, TWG, Fortnum & Mason et Harrods, ainsi que ses anciens pâtissiers Sébastien Gaudard, Christophe Adam, Dominique Ansel et Pierre Hermé

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : le Nouvel Économiste "Fauchon, Hédiard : une histoire de goût, 22 septembre 2011 [1]
  2. "Fauchon veut doubler de taille en cinq ans", Capital, 18 septembre 2013
  3. Voir sur prodimarques.com.
  4. Voir sur retaildesignblog.net.
  5. Voir sur temps-libre.info.
  6. a et b Source : Le Journal du dimanche, 8 février 1998, « Fauchon veut retrouver son lustre d’antan » par Jean-Michel Salvator.
  7. Source : The Daily Deal, édition du mardi 21 mai 2002, article de Matt Miller « Pass the foie gras ».
  8. Les Échos, 28 août 2006 : Fauchon célèbre 120 ans de gourmandise.
  9. Source : Le Figaro, no 16643, lundi 16 février 1998, interview de Martine Prémat.
  10. Source : « Martine PRÉMAT a démocratisé le luxe », « Page vue le 8 octobre 2009 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-03-30.
  11. a, b et c Source : Capital, numéro de mai 1997, article pages 54-55, par Eddy Murano, « Succès et Dérapages - Fauchon, un épicier fauché ».
  12. Source : Gault Millau, no 327, février-mars 1998, pages 31-34, « Enquête : La vérité sur Fauchon ».
  13. Source : Le Figaro, article du 31 décembre 2005, « Fauchon, la Griffe gourmande ».
  14. Source : Europe 1, Le Journal de l’Économie, le 4 février 1998 à 6 heures 50, par Jean-Michel Salvator.
  15. Source : « OGIC, promotion immobilière, page vue le 11 octobre, 2009 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-03-30.
  16. (en) Financial Times, article du 22-23 janvier 2000, par Holly Finn « Tea with Sympathy »
  17. Les Échos, numéro 17579, 5 février 1998, page 18, « Waldo veut développer Fauchon aux États-Unis ».
  18. (en) New York Times, Article de Florence Fabricant, le 16 août 2000, « Fauchon Opens A Market in Midtown ».
  19. Les Échos, numéro 17619 du 2 avril 1998, page 19, « Le nouveau PDG de Fauchon veut implanter l'entreprise aux États-Unis ».
  20. La Tribune du 2 avril 1998, article page 11, « L’épicerie fine Fauchon veut conquérir le marché américain ».
  21. Le Figaro, article du 20 mars 2003, « Laurent Adamowicz redéploie Fauchon ».
  22. Le Parisien, article du 1er octobre 2003, « Fauchon s’installe chez Flo et mise sur la proximité ».
  23. Voir sur lhotellerie-restauration.fr (sur abonnement).
  24. FLDweb, 20/12/2013, Comment Fauchon s’est redressé malgré la crise
  25. Nouvel Obs, 24/05/2005, Fauchon va vendre 9 boutiques à Lenôtre
  26. Source : Sociétés en Portefeuille du Fonds Matignon Investissement & Gestion.
  27. Source : site Web NeoRestauration.com, article du 18 mai 2005, Page vue le 7 octobre 2009.
  28. Le Figaro, article du 2 mars 2004, « Pierre Besnainou s’invite chez Fauchon ».
  29. Le Point, numéro 1665, article publié le 17 janvier 2007, « Les nouvelles recettes de Michel Ducros ».
  30. Source : Le New York Times, article du 20 mai 2005, par Elaine Sciolino, « Fauchon’s Food Empire Cedes Territory to a Rival » (L’empire alimentaire Fauchon cède du territoire à son rival).
  31. Source : New York Times.
  32. Source : New York Times, Article du 11 juin 2004, “New York: Manhattan: Fauchon Closing 2 Of 3 Stores”, Fauchon ferme 2 magasins sur 3 à Manhattan, page vue le 11 octobre 2009.
  33. Source : Les Échos, numéro 19268, article du 19 octobre 2004, « Fleury-Michon acquiert les plateaux-repas de Fauchon », page vue le 11 octobre 2009.
  34. Source : Le Figaro, article du 19 mai 2005, « L’épicerie de luxe vend neuf boutiques à Lenôtre. Fauchon a perdu la bataille de Paris », page vue le 8 octobre 2009 et Site officiel de la société Lenôtre.
  35. Source : L’Express, article du 9 août 2007, page 44-46, « Quand Ducros se jette à l’eau », page vue le 9 octobre 2009.
  36. [2]
  37. L'Est-Éclair, article du 23 mars 2010 Page vue le 12 avril 2010.
  38. Stratégies « Fauchon met les bouchées doubles », 7 octobre 2004.
  39. Source : L’Express, article du 17 janvier 2008, page 75 « Fauchon, L’épicier chic et choc », par Corinne Scemama.
  40. Les Échos, numéro 20541 du 29 octobre 2009, page 19, « Fauchon revoit ses plans après des déconvenues ».
  41. « Fauchon, l'épicier glouton », sur Le point.
  42. Voir sur lsa-conso.fr.
  43. Source : CB News, numéro du 10 octobre 2012, "Isabelle Capron quitte Fauchon"
  44. Source : Les Echos, "Fauchon pousse les feux a l'international"
  45. Source: Le Figaro numéro du 15 mars 2014, page consultée le 15 avril 2015, “Divergences a la tête de Fauchon”
  46. « Fauchon, l'épicier glouton », sur Le Point.
  47. (en) « Reuters / Biogas Restaurant », sur http://www.reuters.com/,‎ (consulté le 2 janvier 2015)
  48. Source : Rapports annuels de 2000 à 2008 inclus, de La Compagnie du Bois sauvage ; page vue le 10 octobre 2009.
  49. Source : Rapport annuel 2005 de La Compagnie du Bois Sauvage, p. 31 ; vue le 10 octobre 2009.
  50. Source : Rapport Annuel 2006 de La Compagnie du Bois sauvage, p. 33 ; vue le 10 octobre 2009.
  51. Source : Rapport annuel 2007 de La Compagnie du Bois Sauvage, p. 34, vue le 10 octobre 2009.
  52. Le Point, numéro 1933, article du 8 octobre 2009, « Michel Ducros est propriétaire de plus de 90 % de son affaire ».
  53. a et b Le Point, numéro 1933, article du 8 octobre 2009, « Fauchon version fashion »
  54. Voir sur lesechos.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]