Fauchon (traiteur)

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Fauchon
Création 1886
Fondateurs Auguste Fauchon
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Michel Ducros
Actionnaires Michel Ducros
Activité Alimentation de luxe
Effectif 270
Site web www.fauchon.com
Chiffre d’affaires 180 millions d'euros

Fauchon est une entreprise mondiale de gastronomie de luxe, vendant des produits à sa marque dans toutes les catégories de l’agroalimentaire. Fauchon est un multi-spécialiste avec pour métiers principaux l’épicerie fine, la pâtisserie, la boulangerie, la confiserie, mais aussi les activités de traiteur, de réception, et de restauration. Fauchon est considéré comme une « référence du luxe alimentaire français contemporain[1] ».

Fondée en 1886 à Paris, Fauchon emploie en 2016 environ 270 personnes, dispose de 76 points de vente dans le monde, dont 4 en propre, et réalise un chiffre d'affaires total de 180 millions d'euros. 80% des ventes sont réalisées à l'international[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le fondateur de la marque Fauchon, Auguste Fauchon, nait dans le Calvados en 1856. Arrivé en 1880 à Paris, il commence à vendre ses produits dans la rue comme marchand de quatre saisons, puis négociant en vins et alcools.

Puis en 1886, à tout juste 30 ans, il se lance en ouvrant l'épicerie Fauchon, place de la Madeleine dans le 8e arrondissement. Ce premier magasin existe encore, après avoir été totalement rénové en 2005[3], puis en 2007 par le designer Christian Biecher[4].

La qualité des produits fabriqués par Fauchon et ses nombreux fournisseurs attitrés[5] lui assurent rapidement une notoriété internationale[6], symbolisant le luxe à la française.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les restrictions et le rationnement général mettent la société en situation difficile. Auguste Fauchon meurt en 1945 et l’entreprise est vendue par ses enfants en 1952[7].

L'ère moderne : de 1952 à 1998[modifier | modifier le code]

Entrée du magasin Fauchon de la place de la Madeleine en 2008.

En 1952, Joseph Pilosoff, ancien propriétaire du Chocolat Poulain, des « Ciseaux d’argent » à Saint-Cloud et « Aux 100000 chemises » à Paris, reprend l’affaire Fauchon et initie un important partenariat avec la compagnie Air France. Il développe également l'enseigne à l'étranger, avec l’ouverture de magasins à Fauchon, notamment au Japon, dès 1972, au sein des grands magasins Takashimaya.

Après le décès de Joseph Pilosoff en 1981, sa fille reprend la direction de Fauchon. Elle meurt accidentellement dans un incendie, dans les murs mêmes de l’entreprise, en décembre 1985. À 33 ans, sa fille Martine et son mari Philippe Prémat se retrouvent propriétaires de Fauchon[8],[9].

La reprise par Martine Prémat s’avère difficile : le chiffre d'affaires stagne depuis le début de la décennie autour de 250 millions de francs (38 millions d’euros), avec des pertes de 5 millions en 1991, 4,7 millions en 1993 et 11,9 millions en 1996, un endettement de 73 millions de francs (11 millions d’euros) et des capitaux propres négatifs de 4,9 millions[10]. La stratégie d’entrer dans la grande distribution engagée par Fauchon chez Carrefour ou Auchan[10], est vivement critiquée, car il est reproché à la direction d'avoir pris le risque de banaliser et de brouiller l'image de la maison[11].

Malgré les tentatives de développement au cours des années 1990, en ouvrant successivement des magasins à Genève et en Arabie saoudite, Martine Prémat cède en mars 1998 l'entreprise et ses actifs, dont les immeubles de la place de la Madeleine[12], à un groupe d’investisseurs dirigé par Laurent Adamowicz[13],[14].

de 1998 à 2003 : l'ouverture vers de nouveaux marchés[modifier | modifier le code]

Laurent Adamowicz positionne la marque sur le marché de la gastronomie de luxe : campagnes de publicité, rénovation des magasins, lancement de nouveaux produits[15], sortie de la marque de la grande distribution, partenariat avec Air France, et assure la promotion de jeunes chefs pâtissiers tels que Sébastien Gaudard, Christophe Adam et Dominique Ansel, après le départ de Pierre Hermé.

La société se développe sur le marché américain, en consacrant 60 millions de francs (9,2 millions d’euros) sur 5 ans[16], mais aussi au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, au Moyen-Orient, en Europe[17],[18],[19]. En France, l'acquisition pour 39 millions d'euros des boutiques traiteur du Groupe Flo[20],[21] augmente le nombre de points de vente parisiens de 12 boutiques[22]. En 2003, le réseau Fauchon comptabilise ainsi 650 points de vente en franchise, 16 magasins en propre (dont 3 à New York et 13 à Paris).

Intérieur d'un magasin Fauchon à Paris en 2003.

Durant l'été 2003, l'entreprise, lourdement endettée par la conversion des magasins parisiens de Flo Traiteur à l’enseigne Fauchon[23],[24], connaît une grave crise de trésorerie, dans un contexte économique mondial difficile qui touche de plein fouet les industries du luxe (la guerre d'Irak en avril 2003, l’épidémie mondiale de grippe aviaire (SRAS) en mai 2003, puis la canicule européenne de 2003). En janvier 2004, Laurent Adamowicz cède ses actions de contrôle du holding de tête de Fauchon et quitte le groupe.

Depuis janvier 2004 : nouveaux développements[modifier | modifier le code]

Michel Ducros est nommé Président de Fauchon en janvier 2004 par tous les actionnaires du groupe[25],[26],[27], alors qu’il ne détient encore que 17% des actions[28], et s’attelle immédiatement à sa gestion. Les nouveaux actionnaires de l’entreprise adoptent dès lors une stratégie visant à redresser le résultat en cédant les activités dites non stratégiques : la fermeture des magasins en Russie et aux États-Unis[29],[30],[31], la vente des plateaux-repas au groupe Fleury Michon[32], et enfin la cession des magasins parisiens de Fauchon au concurrent Lenôtre[33],[34], entraînant des réductions d'effectifs de 700 personnes entre 2004 à 2010, passant de 900 à 200 personnes[35].

À partir de 2005, Michel Ducros rachète la plupart des actionnaires privés et institutionnels : la totalité des actions détenues par le Groupe Barclays, puis en 2009 la participation de 36 % de la Compagnie du Bois sauvage, celle de Matignon Investissement & Gestion[36], et enfin les actionnaires minoritaires[37]. Michel Ducros détient 95 % du capital de Fauchon[38] : « Je suis un entrepreneur, j'investis à long terme », affirme l'intéressé[37].

Michel Ducros revoit également sa stratégie commerciale en se recentrant sur "le savoir-faire à la française", et met en place une politique d'approvisionnement exigeante et haut de gamme[39], en créant avec ses fournisseurs et sous traitants des partenariats spécifiques[40] pour le développement et la fabrication de produits Fauchon sur la base de cahiers des charges stricts et de recettes exclusives maison. Ces changements s’opèrent alors qu'Isabelle Capron, recrutée comme Directrice Générale par Michel Ducros, entreprend un rajeunissement de l'image de la maison de la Place de la Madeleine, en cassant les codes et en rénovant l'identité visuelle de Fauchon[41]. En tant que boulanger, pâtissier et traiteur, Fauchon continue à produire dans ses ateliers (à Courbevoie pour la pâtisserie), l'ensemble des créations de la maison.

Après le départ d'Isabelle Capron en 2012[42], Michel Ducros nomme Éric Vincent Directeur Général de Fauchon. Celui-ci annonce d'emblée des plans d'expansion ambitieux de l'entreprise en visant une centaine de points de vente en 2017, essentiellement en franchise [43]. En mars 2014, Éric Vincent quitte Fauchon[44] et Michel Ducros reprend à nouveau la direction de l'entreprise.

Malgré les expériences infructueuses aux États-Unis et en Chine[45], Fauchon totalise en 2013 une soixantaine de magasins et restaurants à enseigne implantés dans le monde, dont 23 au Japon[46]. En 2013, le chiffre d’affaires à l’international représente 80 % de l’activité du groupe[47]. Depuis 2014, soit dix ans après la reprise en main par Michel Ducros, Fauchon a repris des couleurs et investit en Asie, en Amérique du Nord[48], et au Moyen-Orient, où se concentrent les nouvelles ouvertures[49].

En 2014, avec 80 restaurants parisiens, Fauchon rejoint un programme de développement durable consistant à collecter les déchets de nourriture pour les transformer en électricité et chaleur[50].

En septembre 2015, Fauchon dévoile une nouvelle stratégie et s'associe avec le groupe hôtelier haut de gamme Esprit de France, filiale de la Compagnie Lebon, pour créer et co-gérer le premier Hôtel Fauchon place de la Madeleine à Paris, dans un immeuble acquis par la Qatar National Bank[51]. Positionné comme ‘boutique-hôtel’ 5 étoiles et doté d’une capacité de 54 chambres, dont 22 suites, l’Hôtel FAUCHON doit ouvrir en janvier 2018 et accueillera un nouveau Café Fauchon[52].

Fauchon en chiffres[modifier | modifier le code]

L'entreprise présente en 2013 un résultat d'exploitation de 900 000 euros pour 50 millions de chiffre d'affaires[53],[54].

Données financières en millions d'euros[55],[56],[57],[58]
Années 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Revenus 39,1 41,4 38,7 54,0 84,2 70,7 43,8 36,0 35,6 36,6 44,3 45,5 46,2
Résultat d'exploitation 1,5 1,5 -3,1 -3,4 -10,2 -10,7 -5,8 -1,1 -1,1 -0,2 -0,1 -0,3 0,1
Résultat net 0,1 1,3 -1,4 -4,5 -33,5 -15,9 -5,8 -0,8 -5,4 -1,0 -1,0 -1,0 -0,5

Concurrents[modifier | modifier le code]

Les principaux concurrents de Fauchon au niveau mondial sont Dalloyau, Hédiard, Lenôtre, Le Palais des Thés, Dammann Frères, Mariage Frères, Kusmi Tea, TWG, Fortnum & Mason et Harrods, ainsi que ses anciens pâtissiers Sébastien Gaudard, Christophe Adam, Dominique Ansel et Pierre Hermé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fauchon, Hédiard : une histoire de goût », Le Nouvel Économiste, 22 septembre 2011 [1]
  2. "Luxe. Fauchon va ouvrir son premier hôtel à Paris en 2018", Ouest France, 08/01/2016
  3. Voir sur prodimarques.com.
  4. Voir sur retaildesignblog.net.
  5. Voir sur temps-libre.info.
  6. Jean-Michel Salvator, « Fauchon veut retrouver son lustre d’antan », Le Journal du dimanche, 8 février 1998.
  7. Les Échos, 28 août 2006 : Fauchon célèbre 120 ans de gourmandise.
  8. Source : Le Figaro, no 16643, lundi 16 février 1998, interview de Martine Prémat.
  9. Source : « Martine PRÉMAT a démocratisé le luxe », « Page vue le 8 octobre 2009 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-03-30.
  10. a et b Source : Capital, numéro de mai 1997, article pages 54-55, par Eddy Murano, « Succès et Dérapages - Fauchon, un épicier fauché ».
  11. Source : Gault Millau, no 327, février-mars 1998, pages 31-34, « Enquête : La vérité sur Fauchon ».
  12. Source : « OGIC, promotion immobilière, page vue le 11 octobre, 2009 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-03-30.
  13. « Fauchon, la Griffe gourmande », Le Figaro, 31 décembre 2005.
  14. Europe 1, Le Journal de l’Économie, le 4 février 1998 à 6 heures 50, par Jean-Michel Salvator.
  15. (en) Financial Times, article du 22-23 janvier 2000, par Holly Finn « Tea with Sympathy »
  16. Les Échos, numéro 17579, 5 février 1998, page 18, « Waldo veut développer Fauchon aux États-Unis ».
  17. (en) New York Times, Article de Florence Fabricant, le 16 août 2000, « Fauchon Opens A Market in Midtown ».
  18. Les Échos, numéro 17619 du 2 avril 1998, page 19, « Le nouveau PDG de Fauchon veut implanter l'entreprise aux États-Unis ».
  19. La Tribune du 2 avril 1998, article page 11, « L’épicerie fine Fauchon veut conquérir le marché américain ».
  20. Le Figaro, article du 20 mars 2003, « Laurent Adamowicz redéploie Fauchon ».
  21. Le Parisien, article du 1er octobre 2003, « Fauchon s’installe chez Flo et mise sur la proximité ».
  22. Voir sur lhotellerie-restauration.fr (sur abonnement).
  23. FLDweb, 20/12/2013, Comment Fauchon s’est redressé malgré la crise
  24. Nouvel Obs, 24/05/2005, Fauchon va vendre 9 boutiques à Lenôtre
  25. Source : Sociétés en Portefeuille du Fonds Matignon Investissement & Gestion.
  26. Source : site Web NeoRestauration.com, article du 18 mai 2005, Page vue le 7 octobre 2009.
  27. « Pierre Besnainou s’invite chez Fauchon », Le Figaro, 2 mars 2004, .
  28. « Les nouvelles recettes de Michel Ducros », Le Point, numéro 1665, 17 janvier 2007.
  29. Source : The New York Times, article du 20 mai 2005, par Elaine Sciolino, « Fauchon’s Food Empire Cedes Territory to a Rival » (L’empire alimentaire Fauchon cède du territoire à son rival).
  30. Source : The New York Times.
  31. Source : The New York Times, Article du 11 juin 2004, « New York: Manhattan: Fauchon Closing 2 Of 3 Stores », Fauchon ferme 2 magasins sur 3 à Manhattan, page vue le 11 octobre 2009.
  32. Source : Les Échos, numéro 19268, article du 19 octobre 2004, « Fleury-Michon acquiert les plateaux-repas de Fauchon », page vue le 11 octobre 2009.
  33. Source : Le Figaro, article du 19 mai 2005, « L’épicerie de luxe vend neuf boutiques à Lenôtre. Fauchon a perdu la bataille de Paris », page vue le 8 octobre 2009 et Site officiel de la société Lenôtre.
  34. Source : L’Express, article du 9 août 2007, page 44-46, « Quand Ducros se jette à l’eau », page vue le 9 octobre 2009.
  35. Corinne Scemama, « Fauchon, L’épicier chic et choc », L’Express, 17 janvier 2008, page 75.
  36. Le Point, numéro 1933, article du 8 octobre 2009, « Michel Ducros est propriétaire de plus de 90 % de son affaire ».
  37. a et b « Fauchon version fashion », Le Point, numéro 1933, article du 8 octobre 2009.
  38. Voir sur lesechos.fr.
  39. FLDweb, 20/12/2013, Comment Fauchon s’est redressé malgré la crise
  40. L'Est-Éclair, article du 23 mars 2010 Page vue le 12 avril 2010.
  41. Stratégies « Fauchon met les bouchées doubles », 7 octobre 2004.
  42. Source : CB News, numéro du 10 octobre 2012, « Isabelle Capron quitte Fauchon »
  43. Source : Les Échos, "Fauchon pousse les feux a l'international"
  44. Source: Le Figaro numéro du 15 mars 2014, page consultée le 15 avril 2015, “Divergences a la tête de Fauchon”
  45. Les Échos, numéro 20541, 29 octobre 2009, page 19, « Fauchon revoit ses plans après des déconvenues ».
  46. « Fauchon, l'épicier glouton », sur Le point.
  47. Voir sur lsa-conso.fr.
  48. « Fauchon, l'épicier glouton », sur Le Point.
  49. Reuters, 11/09/2015, "Fauchon se diversifie dans l'hôtellerie haut de gamme"
  50. (en) « Reuters / Biogas Restaurant », sur http://www.reuters.com/,‎ (consulté le 2 janvier 2015)
  51. Les Echos, 11/09/2015, "L'épicier Fauchon se lance dans l'hôtellerie de luxe"
  52. Ouest France, 08/01/2016, "Luxe. Fauchon va ouvrir son premier hôtel à Paris en 2018"
  53. Source : fr.reuters.com.
  54. Source : lesechos.fr.
  55. Source : Rapports annuels de 2000 à 2008 inclus, de La Compagnie du Bois sauvage ; page vue le 10 octobre 2009.
  56. Source : Rapport annuel 2005 de La Compagnie du Bois Sauvage, p. 31 ; vue le 10 octobre 2009.
  57. Source : Rapport Annuel 2006 de La Compagnie du Bois sauvage, p. 33 ; vue le 10 octobre 2009.
  58. Source : Rapport annuel 2007 de La Compagnie du Bois Sauvage, p. 34, vue le 10 octobre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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