Famille de Noüe

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La famille de Noüe est une famille appartenant à la plus ancienne noblesse du Valois.

Marquis de la Granche, comtes et vicomtes de Noüe, vicomtes de Boursonne, de Courtieux, de Romain, de Chambrecy et de Suzy ; anciens seigneurs de Noüe, Silly, Boursonne, Courtieux, Bourneville, Plessis-aux-Bois, Ormoy-le-Davien, en Valois, Billemont, Lonnery, Voulciennes, Levignen, Autheuil, Valmoise, Brissy, Hermenonville, Montigny, Villeneuve-sous-Dammartin, Romain, Beaunay-en-Brie, Villers-en-Prayères, du fief de Soubray, Fraye, Noreville, Colligis, Viry, Courlandon, Bailleux, Dhuizel, Missy-aux-Bois, Fayault, du fief de Fussigny, Beauvais, Marne-la-Maison, Saint-Martin, Saint-Rémi, Nozay, Cuy-sur-Marne, Loisy-sur-Marne, Couvrot, Vaulx en Perthois, Courmas, Virmeulle, Vouzy, Coucy, en partie, Guignicourt, Chambrecy, la Malmaison, Vantheuil, Villers-en-Tardenois, en partie, Sebacourt, Beaurieux, Merval, en partie, Revillon, Barbonval, Serval, du fief de fillieux, Cermoise, Brissay, Longavesnes, Hervilly, Corbon, Condé, Vendresse, Susy.

Vermandois, Soissonnais, Ile-de-France, Champagne.

Armes[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Noüe

Échiqueté d'argent et d'azur ; au chef de gueules[Note 1] Couronne : de marquis.

Famille noble du Valois[modifier | modifier le code]

La famille de Noüe appartient à la plus ancienne noblesse du Valois, son origine se perd dans les premiers temps de la féodalité.

Elle tire son nom de la terre et du château de Noüe, en Valois, aux portes de Villers-Cotterêts. Le vieux manoir est encore là debout, avec ses épais et hauts murs donjonnés, dont l’architecture atteste l'origine médiévale, avec son vaste pavillon offrant des appartements pour le logement et la défense en cas d'attaque. Son tympan portait les armoiries de la famille qui furent vandalisées en même temps que la chapelle du château durant la tourmente révolutionnaire. Pendant de longs siècles, ce château a été le séjour de la famille de Noüe.

Enceinte fortifiée du château de Noüe à Villers-Cotterets

Au XVIe siècle, il y abrita les amours de François Ier et d'Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes. À partir du XVIe siècle, la famille de Noüe habita les trois châteaux de Villers-en-Prayères et ceux de Brissay, Coucy, Romain, Chambrecy, Sucy, Guignicourt et Dhuizel.

Filiation des comtes de Soissons[modifier | modifier le code]

Un manuscrit résumant le travail d'un moine archiviste de l'abbaye de Longpont[Note 2] ferait, par filiation continue de 968 à 1300, descendre la famille de Noüe des premiers comtes de Soissons, issus de Charlemagne par Pépin d'Italie et les comtes de Vermandois résidant à Crépy, capitale du Valois. Il mentionnerait également un chevalier croisé en 1148 pour la Terre sainte avec ses quatre écuyers et suivant l'exemple de tous les gentilshommes du Soissonnais qui à cette époque prirent la croix[1].

Cette filiation, qui s'accorderait avec le rang que les châtelains de Noüe ont constamment tenu dans la noblesse du Valois, avec l'étendue de leurs domaines et le nombre de leurs seigneuries[2] n'est pas reproduite dans la présente notice, qui s'appuie exclusivement sur des titres reconnus et authentiques.

La famille de Noüe a dû, maintes fois, soit pour réception dans l'ordre de Malte et à la maison royale de Saint-Cyr, soit par suite d’édits des souverains, produire ses preuves de noblesse ; elle a, en dernier lieu, obtenu deux maintenues en 1667, une troisième le 13 décembre 1669, une quatrième le 20 novembre 1670 et une cinquième le 30 mai 1707, par devant Caumartin, Machault, Lefebvre d'Ormesson et Dorieux, intendants de Champagne et du Soissonnais.

Personnages éminents et actions[modifier | modifier le code]

En 1179, Henri, évêque de Senlis, fait réparation à Odon de Noüe, chanoine de Senlis, alors décédé, sur lequel son prédécesseur avait usurpé plusieurs biens[3]. Réginald de Noüe paraît en 1184 dans une donation faite par Mathieu III, comte de Beaumont et Éléonore de Vermandois, en faveur de l'hôpital Saint-Michel de Crépy, fondé par eux[4]. Simon de Noüe est témoin en 1214 et 1215 dans des donations faites par Guillaume, seigneur de Béthune[5].

Pierre et Jehan de Noüe sont cités comme possédant des fiefs à Crépy-en-Valois, dans un cartulaire de Philippe Auguste (1218)[6]. Hugues de Noüe figure en 1225 dans l'obituaire de Notre-Dame de Paris[7]. Barthélemy de Noüe donne un ornement d'autel à la cathédrale de Senlis (1238)[8].

Guillaume de Noüe occupe à la cour de Philippe VI de Valois la charge considérable de maître d'hôtel du roi. Guillaume remplissait ces hautes fonctions au sacre de Philippe VI à Reims le . Il avait été antérieurement pris pour arbitre par le pape Jean XII[Information douteuse] [?], relativement à la fondation de l'abbaye de Bourgfontaine.

De nombreux membres de cette maison se sont illustrés dans les armées de la France[réf. nécessaire].

Anne de Noue (1587-1646) fut, dans sa jeunesse, un page de la cour d'Henri III. À l'âge de 30 ans il entra dans la Compagnie de Jésus. Parti au Canada, il fut déclaré bienheureux étant donné les circonstances de sa mort, à la suite de laquelle il fut retrouvé congelé, les bras en croix, les yeux fixant le ciel. Il est le deuxième père jésuite mort au service des missions. L'écrivain Adolphe-Basile Routhier, auteur de l'hymne national du Canada, a composé un poème à sa mémoire.

Armand Bidal comte de Noüe (mort en 1808), lieutenant général des armées du Roi et Cordon rouge (Grand-croix de l'ordre de Saint Louis).

Valérien Charles Louis de Noüe (1799-1874) donne en 1829 sa démission de lieutenant d'artillerie à cheval, entre à la direction des travaux publics sous les ordres du vicomte de Thury, est nommé en 1840 maître des requêtes au Conseil d'État, en 1840 est nommé à l'élection, chef du 3e bataillon de la 10e légion de la Garde Nationale puis, en 1852, entre à la compagnie des chemins de fer de la Méditerranée (LLM), future PLM, comme secrétaire général et siège au conseil d'administration.

Armand de Noüe (1801-1869), général de division de cavalerie.

Jehan de Noüe, (1907-1999). Premier chef du protocole des Nations-Unies de 1946 à 1962, représentant de l'Ordre de Malte auprès des institutions internationales en Suisse. Il vendit sa propriété de l'Abbaye du Lys, fondée par Blanche de Castille, en 1947 à la municipalité de Dammarie-les-Lys, ville où se trouve le caveau de la famille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La famille de Noüe a dû produire cinq fois les preuves de noblesse devant d'Hozier. Ses armes ont été cinq fois reconnues et enregistrées : registre du Soissonnais, pages 145, 257, 326, 656, et une 5e fois : registre du Poitou, n°841, dans l'Armorial général de France de 1696, recueil officiel dressé sous la direction de d'Hozier en vertu d'un édit de Louis XIV, aux manuscrits de la Bibliothèque nationale. Procès verbal de la recherche de la noblesse de Champagne, fait par de Caumartin ; Chalons, 1673, in-8°,page 120.- De Laigue, dans l'ouvrage : Les familles françaises considérées sous le rapport de leurs prérogatives honorifiques héréditaires (pp.346 à 348), cite la famille de Noüe parmi celles qui ont le droit de porter des fleurs de lys d'or dans leurs armes.
  2. La famille a fait des recherches pour retrouver l'original de ce manuscrit dont elle possède des extraits. Ce manuscrit dans un grand nombre de ses données, est en concordance avec les faits historiques, il se documente par des dates et des fondations vérifiées certaines, par la mention de titre que la famille possède, par l'analogie des armes de Vermandois et Noüe. Toutefois, la famille ne voulant rien livrer au hasard ni à la science conjecturale, renonce à faire usage de cette source et se réserve de la soumettre à une saine et sévère critique dans un travail ultérieur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Antiquités de Soissons, par Lequeux, t.II, p. 190.
  2. De Noüe, seigneur de Noüe, de Villers-en-Prayères, Élection-de-Laon, ont produit des titres qui justifient dix générations de noblesse depuis l'année 1305, et ont été maintenus le 13 décembre 1669 par Mgr de Machault. Échiqueté d'argent et d'azur ; au chef de gueules.Archives de la noblesse de France, par Lainé, tome III, p.71 « Nicolas de Noüe a produit des titres authentiques qui justifient sa noblesse de dix races depuis 1305. Jugé bon par Mgr de Machault. Cette famille est une des anciennes du Valois ». Enquête de 1669 sur la noblesse de la généralité de Soissons. (Revue nobiliaire de Sandret, Paris, 1867, tome II, p.266. Voir aussi le Bulletin de la société académique de Laon, t. VI, p. 137.) - « Ce château (Noüe) est le berceau de la famille de Noüe dont le nom figure d'une manière si distinguée dans les fastes des XIe, XIIe et XIIIe siècles. On retrouve plus tard ce nom dans les époques les plus brillantes du Soissonnais et du Valois. » Michaux, Histoire de Villers-Cotterêts, p.179 : - Dans le compromis de 1318, au sujet de Nogent-le-Rotrou, le nom de Guillaume de Noüe est traduit en latin de Noâ, et ce nom latin se retrouve dans quantité de diplômes antérieurs au XIIe siècle.
  3. Gallia Christiana, t.X,Instruments, p.435
  4. L. Douet-d'Arcq, Recherches historiques et critiques sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise du XIe au XIIIe siècle, Amiens, Duval et Herment, (lire en ligne), p. 48-50
  5. Inventaire des archives de la chambre des comptes à Lille; Paris, Durant, 1865, tome Ier, pp.136, 137, 138.
  6. Tailliar, La Féodalité en Picardie, Amiens, , p. 48-53.
  7. Guérard, Documents inédits sur l'histoire de France, t. I, Paris, , p. 109.
  8. Abbé Blond, Histoire de la cathédrale de Senlis, tome IV (1866), pp. 151-152.

Articles connexes[modifier | modifier le code]