Effet dysgénique

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Un effet dysgénique est une hypothèse selon laquelle des soins médicaux ou des aides sociales, en favorisant la reproduction, peuvent faire augmenter la fréquence d'un allèle « défectueux » qui normalement devrait rester faible du fait de la sélection naturelle. Cela peut concerner des allèles responsables de maladies génétiques, ou des allèles de disposition à certaines maladies multifactorielles. Cela s'oppose à la sélection naturelle qui maintient ces allèles à des fréquences basses. Certains chercheurs pensent que l'effet de cette sélection naturelle empêche l'effet dysgénique de la médecine[1].

Selon René Frydman, le diagnostic pré-implantatoire (DPI) a un effet dysgénique dans les maladies récessives car il aboutit à remplacer un fœtus atteint par un enfant normal dans 1/3 des cas et par un enfant hétérozygote dans 2/3 des cas. Il crée donc un avantage des hétérozygotes porteur de l'allèle muté, dans la mesure où avant les pratiques de DPI, les couples à risques étaient dissuadés de faire un enfant. De plus il existerait un effet dysgénique lorsqu'on soigne certains malades ce qui leur permet d'arriver à un âge suffisant pour procréer[2].

Pour le généticien Jean-Louis Serre, dans le cas d'une maladie génétique due à un allèle dominant, la fréquence de cette maladie est en théorie égale à la fréquence d'apparition de cette mutation dans les populations. Le fait de guérir 90 % des malades va augmenter la proportion d'individus atteints jusqu'à une fréquence d'équilibre, qui restera faible. De plus cette évolution prendra beaucoup de temps, de l'ordre du millions d'années[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Josué Feingold, directeur de l'unité INSERM 155 , Génétique et maîtrise de la procréation
  2. Dieu, la médecine et l'embryon Par René Frydman p139 [1]
  3. J-L Serre, Génétique des populations, 2006