Draisienne

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 Ne pas confondre avec la draisine, véhicule ferroviaire.
Démonstration au jardin du Luxembourg en 1818.
Draisienne pour l'inspection de la voie.

Une draisienne est un véhicule en bois avec très peu d'acier, à deux roues alignées que l'on fait avancer en poussant sur le sol avec ses pieds. Elle est munie d'une sorte de guidon qui permet juste de poser les mains et d'un dirigeoir, sorte de levier permettant d'orienter la roue avant.

Technique[modifier | modifier le code]

La draisienne avait une mécanique très simple. Elle comportait deux parties : le cadre et le train de direction. Le longeron du train directeur était lié au cadre par le pivot de direction commandé par le timon conducteur, dénomination du guidon. Les 2 roues étaient d'égale hauteur. Un siège était fixé sur le cadre assez bas pour que les pieds puissent toucher le sol. On s'asseyait à califourchon[1].
On mettait alors l'appareil en mouvement en poussant le sol avec ses pieds comme on le fait actuellement avec une trottinette.

Les anciennes draisiennes actuellement connues pèsent entre 17,3 kg (musée d'Apelborn) et 23 kg (musée de Munich).

Histoire[modifier | modifier le code]

Évolution de la bicyclette de la draisienne de 1818 à nos jours, en passant par le grand-bi vers 1870

La draisienne (Laufmaschine) est inventée en 1817 par un baron badois, Karl von Drais d'où son nom. Il établit un premier record le , parcourant 14,4 km en 1 heure[2].

La draisienne est expérimentée à Paris, par son inventeur, le 7 avril 1818 au carrefour de l'Observatoire[réf. nécessaire].

Cette invention fut commercialisée

  • en France sous le nom de vélocipède[3].
  • en Angleterre sous le nom de hobby horse (cheval de loisir).

Elle est considérée comme l'ancêtre du vélo.

Après une courte période de succès, la draisienne disparut pratiquement, remplacée par le vélocipède à pédales sur la roue avant, généralement considéré comme inventé en 1861 à Paris par le serrurier Pierre Michaux et son fils Ernest[4].

La draisienne aurait été précédée en 1790 en France par le célérifère, mais il s'agit d'un canular de la fin du XIXe siècle.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La draisienne est désormais envisagée comme un moyen de locomotion pour jeunes enfants (à partir de deux ans). C'est en 1997 que la société allemande Kokua a remis au goût du jour la draisienne en commercialisant un vélo sans pédales sous le nom de « Likeabike »[5]. Depuis, le concept a été maintes fois décliné et la draisienne a connu une diffusion relativement importante. La draisienne permet l'apprentissage de l'équilibre (d'où son nom de « balance bike » dans les pays anglophones), mais aussi le développement des réflexes et de la coordination motrice[6].

L'engin en lui-même peut être le fruit de la suppression du pédalier et de la chaîne sur un vélo existant, ou être construit spécifiquement, que ce soit en bois, en métal, en composite ou encore en bambou.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Petit Journal illustré N°2271 (1934)
  2. Audrey Malgras-Serra, Karl Drais - la nouvelle biographie, Goethe-Institut Mannheim-Heidelberg, 2006, 3 p. lire (consulté le 27/09/2009).
  3. Bulletin des lois de la République française, volume 6, p. 279 lire (consulté le 28/09/2009).
  4. Frédéric Héran, Le retour de la bicyclette : une histoire des déplacements urbains en Europe de 1817 à 2050, Paris, La Découverte, , 255 p. (ISBN 978-2-7071-8202-9), p. 27
  5. Frédéric Héran, « La draisienne pour enfant : une révolution tranquille dans l’apprentissage du vélo », Vélocité n° 133, nov. - déc. 2015, p. 16-17. [lire en ligne]
  6. « Avantages de la draisienne dans le développement psychomoteur de l'enfant »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Audrey Malgras-Serra, Karl Drais - la nouvelle biographie, Goethe-Institut Mannheim-Heidelberg, 2006, 3 p. lire (consulté le 27/09/2009).
  • Keizo Kobayashi, Histoire du vélocipède de Drais à Michaux 1817-1870: Mythes et réalités, Tokyo, Bicycle culture center, 1993.
  • Hans-Erhard Lessing, Automobilität - Karl Drais und die unglaublichen Anfänge, Maxime-Verlag, Leipzig 2003