Draisienne

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Une draisienne en 1817.
Draisienne pour l'inspection des voies ferrées.
Une draisienne historique reconstituée en 2005.

Une draisienne est un véhicule à deux roues alignées que l'on fait avancer en poussant sur le sol avec ses pieds. Les premières draisiennes étaient munies d'une sorte de guidon qui permettait juste de poser les mains et d'un dirigeoir, sorte de levier permettant d'orienter la roue avant.

Technique[modifier | modifier le code]

La draisienne présente une mécanique très simple. Elle se divise deux parties : le cadre et le train de direction. Le longeron du train directeur est lié au cadre par le pivot de direction commandé par le timon conducteur, dénomination du guidon. Les deux roues sont d'égale hauteur. Un siège est fixé sur le cadre assez bas pour que les pieds puissent toucher le sol. On s'asseoit à califourchon[1]. L'appareil est alors en mouvement quand son conducteur pousse le sol avec ses pieds comme on le fait actuellement avec une trottinette.

Les anciennes draisiennes actuellement connues pèsent entre 17,3 kg (musée d'Apelborn) et 23 kg (musée de Munich).

Dans le film Les Lois de l'hospitalité de 1923, on voit Buster Keaton se déplacer en draisienne (à partir de 0:8:29).

Histoire[modifier | modifier le code]

Évolution de la bicyclette de la draisienne de 1817 à nos jours, en passant par le grand-bi vers 1870.

La draisienne (Laufmaschine) est inventée en 1817 par un baron badois, Karl von Drais, d'où son nom. Il établit un premier record le , parcourant 14,4 km en 1 heure[2],[3]

L'éruption du volcan Tambora, survenu en avril sur l'île de Sumbawa, en Indonésie, entraine un sensible et bref changement climatique. Cette altération conduit en 1816 aux Etats-Unis et en Europe à subir ce que sera dénommé « une année sans été » et qui entraine une baisse du rendement dans les récoltes. Les chevaux qui sont les principaux moyens de locomotion, à l'époque, manquent d’avoine, ce qui a conduit à l’abattage massif de chevaux en Europe et notamment en Allemagne. L'invention de Von Drais, la « Lauftmaschine » pourrait, selon son inventeur, pallier le manque de chevaux qui se fait ressentir dés 1817[4],[5],[6],[7].

La draisienne est expérimentée à Paris, par son inventeur, en avril 1818 au carrefour de l'Observatoire, non loin du jardin du Luxembourg[8].

Cette invention fut commercialisée en France sous le nom de vélocipède[9] et en Angleterre sous le nom de hobby horse (cheval de loisir). Elle est considérée comme l'ancêtre du vélo.

Après une courte période de succès, la draisienne disparut pratiquement, remplacée par le vélocipède à pédales sur la roue avant, généralement considéré comme inventé en 1861 à Paris par le serrurier Pierre Michaux et son fils Ernest[10].

La draisienne aurait été précédée en 1790 en France par le célérifère[11], mais il s'agit d'un canular de la fin du XIXe siècle, créé par un journaliste français avide de réécrire l’histoire, guidé par son orgueil nationaliste anti allemand[12]. Cette supercherie sera dénoncée durant la seconde moitié du XXe siècle[13].

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Postérité[modifier | modifier le code]

La draisienne est commercialisé en tant que moyen de locomotion pour jeunes enfants (à partir de deux ans). C'est en 1997 que la société allemande Kokua a remis au goût du jour la draisienne en commercialisant un vélo sans pédales sous le nom de « Likeabike »[14].

Depuis, le concept a été maintes fois décliné et la draisienne a connu une diffusion relativement importante. En effet, ce vélo d'apprentissage est maintenant disponible pour les bébés dès 2 ans jusqu'aux enfants de 4 à 5 ans. La draisienne permet l'apprentissage de l'équilibre (d'où son nom de « balance bike » dans les pays anglophones), mais aussi le développement des réflexes et de la coordination motrice[15]. Il existe maintenant des stages pour les animateurs de centres de loisirs pour l'intégration de la draisienne dans leurs activités pour favoriser la socialisation des enfants et l'apprentissage de l'équilibre. Des "rencontres sportives" sont organisées en France pour l'amusement et l'apprentissage de cette nouvelle activité[16].

L'engin en lui-même peut être le fruit de la suppression du pédalier et de la chaîne sur un vélo existant, ou être construit spécifiquement, que ce soit en bois, en métal, en composite, aluminium, carbone ou encore en bambou.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Petit Journal illustré N°2271 (1934).
  2. Audrey Malgras-Serra, Karl Drais - la nouvelle biographie, Goethe-Institut Mannheim-Heidelberg, 2006, 3 p. lire (consulté le 27/09/2009).
  3. « Le record du baron Karl von Drais en draisienne », Bébé roule,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Site franceculture.fr, article "À l'origine du vélo, consulté le 25 juin 2021.
  5. Site draisienne.family, page "la draisienne, ancêtre du vélo, consulté le 25 juin 2021.
  6. Site lanouvellerepublique.fr, article "Un volcan à l’origine de l’invention du vélo !", consulté le 25 juin 2021.
  7. Livre de Florian Guillemin Risques et Périls, 50 catastrophes qui ont changé l'Histoire, page 175, éditions First, 2020.
  8. Mathieu Flonneau, « Draisienne », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  9. Bulletin des lois de la République française, volume 6, p. 279 lire ;(consulté le 28/09/2009).
  10. Frédéric Héran, Le retour de la bicyclette : une histoire des déplacements urbains en Europe de 1817 à 2050, Paris, La Découverte, , 255 p. (ISBN 978-2-7071-8202-9), p. 27.
  11. René Hoiry, Ce que tout cycliste doit savoir, Bayonne, (lire en ligne), p. 7.
  12. Site edu1d.ac-toulouse.fr page "VTT à l’école et à côté", consulté le 28 juin 2021.
  13. « À bicyclette ! Une petite histoire du vélo : Le célérifère », sur cnam.fr (consulté le ).
  14. Frédéric Héran, « La draisienne pour enfant : une révolution tranquille dans l’apprentissage du vélo », Vélocité n° 133, nov. - déc. 2015, p. 16-17. [lire en ligne].
  15. « Avantages de la draisienne dans le développement psychomoteur de l'enfant ».
  16. « Challenge de draisiennes pour la socialisation et approche de l'esprit sportif des enfants ».

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Audrey Malgras-Serra, Karl Drais - la nouvelle biographie, Goethe-Institut Mannheim-Heidelberg, 2006, 3 p. lire (consulté le 27/09/2009).
  • Keizo Kobayashi, Histoire du vélocipède de Drais à Michaux 1817-1870: Mythes et réalités, Tokyo, Bicycle culture center, 1993.
  • Hans-Erhard Lessing, Automobilität - Karl Drais und die unglaublichen Anfänge, Maxime-Verlag, Leipzig 2003