Divine Comédie illustrée par Botticelli

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Divine Comédie illustrée par Botticelli
Sandro Botticelli - La Carte de l'Enfer.jpg
La Carte de l'Enfer, Bibliothèque apostolique vaticane.
Artiste
Date
vers 1485 - vers 1495
Technique
Pointe d'argent et encre, coloré à la détrempe sur parchemin
Dimensions (H × L)
32,5 × 47 cm
Format
92 folios détachés
Localisation
Numéro d’inventaire
Ms.Ham.201 et Reg.Lat.1896

La Divine Comédie illustrée par Botticelli est un ancien manuscrit contenant le texte de la Divine Comédie et dont l'illustration a été entamée par Sandro Botticelli. De nos jours, chaque feuillet est détaché et 84 d'entre eux sont conservés au Kupferstichkabinett de Berlin et huit autres à la Bibliothèque apostolique vaticane.

Historique[modifier | modifier le code]

Un manuscrit anonyme de 1540[1] indique que Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis, cousin de Laurent de Médicis, commande un manuscrit enluminé de la Divine Comédie. Il fait appel au copiste Niccolò Mangona pour rédiger le texte et Sandro Botticelli pour l'illustrer. La date de la commande n'est pas connue mais remonte sans doute au milieu des années 1480. Il est laissé inachevé sans doute au milieu des années 1490[2],[3].

Botticelli avait peut-être déjà illustré précédemment la Divine Comédie. En effet, en 1481, Cristoforo Landino fait paraître la première édition imprimée du poème avec des illustrations gravées par Baccio Baldini. Selon Giorgio Vasari, ce dernier n'aurait fait que reprendre des dessins de Botticelli[3].

La trace du manuscrit est perdue rapidement après. D'après les indications contenues dans les feuillets du Vatican, ce fragment de huit feuillets appartient en 1632 à Alexandre Petau à Paris. Il est acquis en 1650 pour les collections de Christine de Suède. Le manuscrit arrive à Rome après son abdication et son installation dans la ville en 1668. À sa mort, le cardinal Decio Azzolino hérite de sa collection qui est acquise par les cardinaux Pompeio Azzolini puis Pietro Ottoboni. Ce dernier devient pape sous le nom d'Alexandre VIII. Ils sont désormais conservés à la Bibliothèque apostolique vaticane[2].

Les feuillets de Berlin se trouvent en 1803 chez le libraire parisien Molini, lui-même originaire de Florence. En 1819, il appartient au collectionneur écossais Alexander Hamilton, 10e duc d'Hamilton (en). Les collections du Hamilton Palace (en) sont vendues aux enchères en 1882 chez Sotheby's. Ils sont acquis pour le compte des Musées d'État de Berlin. Après la Seconde Guerre mondiale, les feuillets sont à nouveau dispersés entre l'Allemagne de l'Est et l'Ouest. Ceux de l'Est sont considérés comme perdus jusqu'en 1993. Ils sont de nouveau rassemblés après la réunification allemande[2].

Description[modifier | modifier le code]

Le manuscrit contenait le texte intégral de la Divine Comédie de Dante Alighieri, c'est-à-dire les 34 chants de l'Enfer, les 33 du Purgatoire et les 33 du Paradis. Il restait cependant inachevé car il ne contenait ni les lettrines ornées, ni la rubrication, c'est-à-dire l'écriture de certains mots en rouges. Le manuscrit était illustré d'une miniature pour chaque chant, qui était placé au verso de chaque feuillet, en vis-à-vis du texte. Seuls les chants 31 et 33 du paradis n'étaient pas illustrés. L'ouvrage contenait par ailleurs une carte de l'Enfer en introduction ainsi qu'une représentation de Lucifer après le chant 34 de l'Enfer. Le manuscrit contenait donc à l'origine 100 miniatures. Aujourd'hui, 8 feuillets ont été perdus avec 8 dessins illustrant les chants 2,3,4,5,6,7,11,14 de l’Enfer[2],[3].

L'ouvrage a été fabriqué dans un format inhabituel pour l'époque, à l'italienne. Chaque dessin a d'abord été tracé à la pointe d'argent. Une grande partie des dessins est resté dans cet état. Un certain nombre de dessins a été encré. Mais seulement quatre dessins ont été partiellement colorés : les illustrations des chants 10, 15 et 18, ainsi que le plan de l'Enfer en introduction. Ce dernier dessin est d'ailleurs le seul véritablement achevé, avec plusieurs couleurs et même de la feuille d'or[3].

Postérité de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • L'ensemble des dessins ont été exposés pour la première fois réunis au cours d'une exposition temporaire qui s'est déroulée dans les écuries du Palais du Quirinal à Rome en 2000[4].
  • Le Carte de l'Enfer est évoquée dans le livre Inferno de Dan Brown.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Risset et Peter Dreyer, La Divine Comédie de Dante illustrée par Botticelli, La petite collection, Diane de Selliers éditeur, 2008, 506 p. (ISBN 978 2 903656 42 3) [présentation en ligne]
  • (en) Friedrich Lippmann, Drawings by Sandro Botticelli for Dante's Divina commedia : reduced facsimiles after the originals in the Royal Museum, Berlin, and in the Vatican Library (1896), London : Lawrence and Bullen, 1896 [lire en ligne]
  • (en) Hein-Th Schulze Altcappenberg, (dir.), Sandro Botticelli: the drawings for Dante's Divine Comedy, éd. Scuderie Papali al Quirinale, Royal Academy of Arts, 2000, 357 p. (ISBN 9780900946851)
  • (en) Barbara J. Watts, « Sandro Botticelli's Drawings for Dante's "Inferno": Narrative Structure, Topography, and Manuscript Design », Artibus et Historiae, Vol. 16, No. 32 (1995), pp. 163-201 [lire en ligne]
  • Ingo Walther et Norbert Wolf, Codices illustres. Les plus beaux manuscrits enluminés du monde (400-1600), Paris, Taschen, , 504 p. (ISBN 382285963X), p. 381

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bibliothèque nationale centrale de Florence, Cod.Magl.XVII 17
  2. a, b, c et d Présentation de l'édition Diane de Selliers
  3. a, b, c et d Barbara J. Watts, art. cit.
  4. (en) Rory Carroll, « Botticelli's drawings of Dante poem gathered in Rome », The Guardian,‎ (lire en ligne)