Discussion:Narcissisme

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1[modifier le code]

"D’où vient cette expression si souvent employée de « narcissisme »?

L’écoute de l’être humain, chaque fois singulier, n’autorise pas à faire de généralités. Freud parlait de « narcisme » (Narzissmus). Il a élaboré cette notion entre 1911 et 1914. Le narcisme désigne l’investissement libidinal de sa propre personne et surtout de « l’idée » que le moi se fait de lui-même. Il ne s'agit pas de dénoncer l’amour de soi, au contraire, mais le danger de se rapporter au monde comme si le réel ne pouvait être appréhendé qu’à travers l’illusion des apparences. Même si nous n’en avons pas toujours conscience, le narcissisme est au centre de nos attitudes et de nos comportements. Pour certains psychanalystes, le narcissisme revêt une dimension négative ; il représente l’égocentrisme et la mégalomanie. Dans son ouvrage, « Du bon usage du narcissisme », A. EIGUER tente de montrer la dimension constructive que comporte le narcissisme. Lorsqu’elle est bien ajustée au reste de l’âme, cette dimension crée en chacun de nous une harmonie intérieure mais aussi des attitudes positives envers le monde. L’auteur évoque le terme de narcissisme positif pour illustrer la voie la mieux appropriée vers le bonheur. C’est ce que le thérapeute va tenter de réveiller avec son patient, à savoir, ce que l’esprit révèle de plus fort afin de le mettre au service des réalisations.

Division au sein de la psychanalyse:

Jusqu’en 1910, le narcissisme est compris comme une maladie. Discrédité puis réhabilité, le narcissisme reste un concept qui a souvent divisé les opinions psychanalytiques en fonction de l’aspect pathologique ou bien constructeur que l’on accorde au narcissisme. Avec Freud, le narcissisme est devenu un modèle possible pour les relations sentimentales. C’est une étape dite normale dans l’évolution des individus : on passe de la libido du Moi à la libido dite d’objet. L’amour de soi coexiste avec l’amour des autres dans le meilleur des cas, l’amour de soi n’exclut pas l’amour des autres, bien au contraire. Car nous devons nous rappeler que ce que nous aimons dans l’autre c’est aussi ce que nous avons été, ce que nous aimerions être ou encore ce que nous possédons dans notre for intérieur. L’auteur souligne une idée fondamentale qui est que plus l’amour de soi aura pu s’épanouir, plus le sujet sera en condition de partager sa libido avec les autres. Dans le narcissisme primaire, l’enfant pense que tout est possible. Dans le narcissisme secondaire, la toute puissance n’est pas abandonnée, mais elle reste une croyance (rêver les yeux ouverts). Depuis la dernière guerre il existe ainsi deux tendances concernant la manière de voir le narcissisme : d’une part, il peut être une source de désordre, de l’autre une sensibilité aux carences narcissiques, d’où la nécessité d’un traitement prioritaire de soutien et de réconfort. Winnicott a joué un rôle important envers le narcissisme dit positif. Ses découvertes concernant le self nous a permis de comprendre l’importance de l’illusion comme étant un état normal tout comme l’omnipotence qui sont des créations narcissiques. Winnicott a également rappelé le rôle de la tendresse. Pour lui, découverte et renforcement de soi vont ensemble. Quand l’enfant est privé de l’attention de sa mère, du plaisir et de gratification servant à vitaliser le noyau du Moi, il s’en suivra des difficultés psychologiques plus tard dans le développement. Dans les cas de carences narcissique, le psychologue doit alors reconnaître comme légitimes les revendications narcissiques de son patient mais aussi être capable de se mettre à sa place en pratiquant l’empathie afin que l’analyste puisse saisir le mouvement intérieur du patient. Eiguer rappelle qu’il faut être sûr de soi pour accepter cet envahissement. Ainsi, l’analyste, en acceptant les réactions du patient les reconnaît comme légitimes. Dans la pratique, le conflit narcissique des patients s’exprime donc en trop ou en pas assez. Autrement dit, il faut trouver la juste mesure entre 2 polarités comme par exemple le repli sur soi (action de se préserver) et l’expansion (se tourner vers les autres). Le propre du narcissisme serait de créer un champ d’opposition en son sein d’où la double nature du narcissisme.

Si je ne me sens exister uniquement dans le regard des autres, par leurs appréciations, avis, opinions, jugements, leurs autorisations ou leurs « tolérances », je suis sans cesse soumis à la nécessité que je crois vitale de m’adapter à leurs demandes. A l’inverse, si je m’appuie sur mes ressentis (sensations, perceptions, émotions, sentiments) pour construire mon sentiment d’identité et élaborer une pensée personnelle, je ne dépends plus des autres : je peux entrer en relation libre et paritaire avec elles/eux.

Aux différents âges de la vie

Le narcissisme est très actif au début de la vie; à cette époque, il représente pour ainsi dire tout le fonctionnement psychique du nourrisson. Et, pour autant que l’amour de l’autre se développe ultérieurement, l’amour de soi en restera une pièce maîtresse : il sera au fondement de la confiance en soi, du goût pour l’intimité, du désir de se protéger, de se préserver ; il soutiendra les convictions, donnera assurance et courage au sujet. Après l’illusion narcissique du début de la vie du nourrisson, le narcissisme donnera naissance au self, dont l’auto perception jouera un rôle majeur dans la construction du sentiment d’identité. L’échange non sensuel entre les deux narcissismes, celui de l’enfant et celui de la mère, contribue à cette parcelle de bonheur qui nous permet de savoir attendre et espérer quand la vie nous éprouve. Le narcissisme aide à l’élaboration et à la perception du monde. Grâce à lui, un certain degré d’illusion ne nous abandonnera jamais. Les créations du beau servent aussi à se compléter, entre autre pour atteindre cette totalité narcissique à laquelle chacun de nous aspire depuis toujours. Bien évidemment, le narcissisme n’est pas toujours rose. Un excès de narcissisme mal placé devient une plaie pour le narcissisme. Si l’origine du narcissisme a à voir avec l’accordage émotionnel du bébé avec sa mère, il renvoie également aux fantasmes qui créent l’interfantasmatisation ; on entend par là les résonances imaginaires entre les personnes, qui s’attisent entre elles et plus particulièrement au père qui se trouve dans l’esprit de la mère. A travers la relation du couple, deux miroirs narcissiques se révèlent ainsi fondateur de l’être nouveau. Plus tard, l’adolescence devient une période difficile pour le jeune. En effet, cette période est marquée par le malaise croissant de l’adolescent et l’affaiblissement de son amour propre. C’est pourtant à cette époque que l’usage du bon narcissisme est important si l’on veut transformer la crise en expérience enrichissante. Malgré tous les changements inhérents de la période adolescente, le narcissisme ne veut rien savoir, il veut que tout reste tel quel puisque la tendance narcissique privilégie le sentiment de continuité ; elle a pour fonction d’éviter à l’identité de s’effondrer. Il existe une constante à cet âge ; le besoin narcissique de se prouver, si possible de se dépasser. Si l’idéal fait défaut, il faudra le reconstruire ailleurs, avec des compagnons de fortune qui partagent la même déception de l’adolescent. Cet âge est le temps des mutations et des projets. En deçà de l’impulsion, gît la vitalité ; derrière le trouble de l’humeur, la passion sans laquelle aucun avenir fructueux ne sera possible. Autre moment fort du cycle de vie du narcissisme ; la crise du milieu de la vie qui est la crise des bilans. L’entrée dans le troisième âge, crise du temps qui reste. Le narcissisme souhaite comme toujours que la vie soit éternelle. S’il ne tolère pas aisément les secousses de l’identité, il n’aime pas non plus le rappel des horloges, le corps est son point faible. Le bon usage du narcissisme recommande d’oublier le temps des horloges, regarder droit devant soi. La bonne carte est celle de l’intimité et de l’expérience intérieure qu’il est nécessaire de sauvegarder et de protéger pour permettre à l’individu âgé, au jeune, au parent, à l’homme de se ressaisir et de triompher sur soi. Plus pour soi qu’au détriment des autres, tel serait la leçon du narcissisme positif.


Etre accueilli pour s’accueillir

Le nourrisson qui grandit et devient enfant se mire dans le regard de ses parents. Il se voit comme ils le voient, se considère selon leurs critères. S’ils prennent soin de lui avec sollicitude, il saura prendre soin de lui-même. Au contraire, s’ils le délaissent, le négligent, l’abandonnent, le traitent mal, il aura tendance à se délaisser, se négliger, s’abandonner et se mal traiter. Il ne s’en rendra même pas compte puisqu’il croira cela « normal » : ce mode de relation à soi et aux autres fait partie des références sur la vie qu’il a intégrées. Un enfant qui ne se sent pas exister pour ses parents se sent vide, creux, sans intérêt. Pour compenser cette absence de reconnaissance, il va construire une fausse personnalité, brillante. Il va chercher à se mettre particulièrement en valeur : il comble les creux et colmate les brèches. Il s’intéresse plus particulièrement à lui-même et surtout à l’effet qu’il produit sur les autres. A son pouvoir, en quelque sorte…

L’autre au-delà de soi

La question de la carence, parfois douloureuse, conduit à celle de la frustration, donc du manque. L’enfant supporte d’autant plus facilement d’attendre ou d’accéder à une autre satisfaction plus élaborée, s’il est reconnu et valorisé par ses parents. Par exemple, il peut accepter de ne pas avoir le plus beau camion de pompier, s’il est dans une relation de paroles avec l’un au moins de ses parents. Parler du camion de pompier, de ce qu’il représente pour l’enfant est plus important, plus vitalisant et plus humanisant que le posséder. En définitive, cette question est fondamentale : elle ouvre sur deux aspects complémentaires. D’une part, je peux préférer rester fasciné par ma propre apparence et l’impact que j’ai sur les autres. Je peux ainsi choisir de jouer un rôle pour être admis, voire envié, par mes congénères. Sinon, j’accepte d’être ordinaire, de rester le plus possible centré sur mes ressentis, de penser par moi-même et de partir à la découverte des autres. D’autre part, je ne peux apprécier, voire aimer, les autres que si je développe la capacité d’apprécier mes qualités et de m’aimer un tant soit peu.

Ce va et vient entre soi et l’autre, l’intérieur et l’extérieur, est le signe de la santé. Il est vital de cultiver cette fluidité." Saverio Tomasella, copyright CEM, publication Psycho-ressources, Montréal 2005 (extrait).

2[modifier le code]

Dans un premier temps (Cas Shreber, 1911), le narcissisme est considéré par Freud comme un stade intermédiaire entre "l'auto-érotisme" et "l'amour d'objet" ; dans un second temps, Freud distingue le "narcissisme primaire", caractérisé par une absence totale de relation à l'entourage, du "narcissisme secondaire", conçu comme un retournement de la libido, détachée de ses objets, sur elle-même. Jacques Lacan, par la suite, mettra en rapport cette expérience narcissique et la formation de l'unité du moi (cet épisode décisif pour la formation de la personnalité est ce que Lacan appelle le "stade du miroir").

Toutefois, pour les psychanalystes,le narcissisme n'est pas seulement un stade de la petite enfance ou une état de régression : il est aussi une structure permanente du sujet ; l'"idéal du moi"; (ou surmoi) est en effet une "formation narcissique" qui n'est jamais abandonnée.

Passage non-mis-en-forme trouvé en tête d'article (ajouté par une IP) : peut éventuellement être ajouté dans les partie de l'article. --Klymene (d) 11 mars 2009 à 23:04 (CET)

Article redondant[modifier le code]

Cet article semble faire double emploi avec l'article sur le trouble de la personnalité narcissique. Une fusion des deux articles ne serait-elle pas pertinente? — Le message qui précède, non signé, a été déposé par 80.12.43.176 (discuter).

Aide:Fusion ; JLM (discuter) 16 août 2015 à 18:42 (CEST)