DKW

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
DKW
logo de DKW

Création 1917
Dates clés 1932 : entrée dans Auto Union
Disparition 1966
Forme juridique Société par actionsVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Allemagne :
Zschopau (1906-1932)
Chemnitz(1932-1949)
Ingolstadt (1949-1969)
Drapeau d'Allemagne Allemagne
Activité Construction automobileVoir et modifier les données sur Wikidata

DKW est une firme allemande d'automobiles et de motocyclettes fondée en 1917 par Jörgen Skafte Rasmussen (1878-1964), danois d'origine. Les usines sont à Zwickau en Saxe et le siège social à Zschopau, en Saxe.

DKW qui signifiait à l'origine : « Dampf-Kraft-Wagen » (« véhicules mus par la vapeur ») fut rapidement popularisé sous le slogan : « Das kleine Wunder » (« La petite merveille »).

Automobile[modifier | modifier le code]

Le logo après la fusion avec Auto Union

Son modèle phare fut la P15, produite de 1928 à 1939. Cette voiturette était livrable en deux versions : un roadster et un cabriolet deux places. Elle était équipée à l'origine d'un moteur très particulier, le Pfaffrath, et dont la conception remontait à 1921. C'était un trois-cylindres deux-temps d'une cylindrée de 600 cm3.

Elle connut, par la suite, de nombreuses versions et de nombreuses motorisations.

Ce moteur Pfaffrath fut appelé le "3 = 6" dans les catalogues de l’époque, car, pour DKW, la puissance développée par un trois-cylindres deux-temps était identique à celle d’un six-cylindres quatre-temps... Assurément, cet argument purement commercial ne tient pas devant une étude technique un tant soit peu sérieuse. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que le nombre de temps moteurs par tour est le même (trois) avec les deux types de moteur ; c'est sans doute ce que le constructeur voulait mettre en avant.

Le moteur Pfaffrath 3-cylindres fut proposé dans les cylindrées et puissances suivantes :

  • 780 cm3 (alésage/course 60 × 68) développant 20 ch à 3 200 tr/min ;
  • 980 cm3 (alésage/course 68 × 68) développant 25 ch à 3 500 tr/min ;
  • 1 054 cm3 (alésage/course 70 × 68,5) développant 32 ch à 3 800 tr/min (à partir de 1935).

Malgré certains aspects remarquables (puissance, légèreté, facilité d'entretien…), il avait trois inconvénients : le bruit du deux-temps au ralenti, les fumées dues à la lubrification par le mélange essence-huile, des reprises difficiles génératrices d'à-coups, et surtout une forte consommation d'essence. Au point que DKW signifiait dorénavant, dans l'esprit du public : « Der Kunde weint. » (« Le client pleure. »). Toutefois , les enthousiastes de la marque, qui mettaient en avant la légèreté et le brio du moteur préféraient décliner l'acronyme d'une façon plus flatteuse: Das Kleine Wunder (la petite merveille).

DKW entre, en 1932, dans le groupe Auto Union.

La DKW 1000 limousine de 1961
La DKW 1000 coupé de 1959

En France, le premier importateur fut André Jullien sous la raison sociale France Union Automobile à partir des années 1950. En 1960, Mercedes rachète Auto Union et fait rare, nommera deux importateurs, France Union Automobile pour la France hors Paris et hors région parisienne et Charles Delecroix, l'importateur Mercedes pour Paris et la région parisienne. Mais le constructeur Mercedes, en fait peu intéressé par cette marque et ayant besoin de liquidités pour un gros investissement dans les poids lourds, revend Auto Union à Volkswagen en 1964. C'est à partir de cette période qu'arriveront les premières Audi.

Motos[modifier | modifier le code]

Une DKW-Auto Union RT 125 de 1940

DKW fut un grand constructeur de motos. L'histoire commence en 1907, avec la création d'une entreprise de mécanique qui produit un petit moteur de 18 cm3 pour jouets. Il sera porté, par la suite, à 118 cm3. Ce moteur sera monté comme moteur auxiliaire de bicyclette.

La production d'un véhicule complet commence en 1922, avec un modèle à 142 cm3, avec variateur de vitesse en option.

En France, la société SIC adapte le moteur auxiliaire à ses bicyclettes, puis commercialise des motos complètes avec le 142 cm3.

Dès 1925, DKW utilise des moteurs à compresseur.

En 1929, une 500 cm3 à refroidissement liquide est commercialisée (100 km/h, 14 ch, boîte à trois rapports). Il faut attendre 1930 pour voir apparaître le moteur monobloc, incluant une transmission finale performante, qui existera aussi en version 600 cm3.

DKW fera d'importants travaux dans le fonctionnement du moteur à deux temps qui équipe tous ses véhicules, mais les brevets seront déposés par un certain Adolf Schnürle.

Les modèles postérieurs à la fusion dans Auto Union (1932) portaient les deux sigles DKW et Auto Union. Certains modèles commercialisés par DKW seront, en fait, des Schüttof, à moteurs quatre-temps.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux modèles sont utilisés par l'armée allemande (NZ 350, RT 125…). À cette époque, DKW est, de loin, le premier constructeur allemand de motos. La DKW 125 RT est une machine performante et légère, capable de performances équivalentes à des modèles concurrents de plus forte cylindrée grâce au système de balayage Schnürle qui augmente le rendement du moteur.

En 1938, le gouvernement Nazi interdit à DKW de commercer avec la Hollande car l'importateur néerlandais, la firme Stokvis a des dirigeants juifs. Les frères Stokvis font alors réaliser une copie de la moto par la firme anglaise Royal Enfield, la cylindrée est toutefois supérieure pour compenser le moindre rendement du moteur, qui n'utilise pas les procédés brevetés.

À la fin de la guerre, l'usine de Zschopau se retrouve en RDA, où elle devient IFA, puis MZ. À l'Ouest, la production reprend en 1949. Après la guerre, la DKW RT 125, conçue par Hermann Weber en 1939 et dont les plans ont été saisis par les alliés, servira de modèle à plusieurs motos[1] dont la Bantam (en) de BSA (1948), la Hummer (en) d'Harley-Davidson (1947)[2], la M-1A Moskva russe (1946), et la première Yamaha, la 125 YA-1 (1955)[3].

DKW produit en grande série un scooter, le motor roller Hobby qui utilise un démarreur "lanceur" manuel à corde et poignée, comme les moteurs hors bord de bateau.

Fiable et apprécié des clients, il sera le troisième scooter le plus vendu en Europe, derrière les Vespa et Lambretta. Il sera produit en France sous licence par la firme d'armement Manurhin.

L'interdiction de la suralimentation en compétition moto en 1946 éloigne DKW de la course.

En 1958, DKW arrête sa production, et fusionne dans la Zweirad Union.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) History of the Yamaha YM1 : From Germany to Japan, a piece of Yamaha history - Robert Smith, Motorcycle Classics, septembre-octobre 2006
  2. (en) Short History of the Hummer - Harley Hummer Club
  3. DKW fête ses 100 ans - Caradisiac, 8 juin 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]