Bélial

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Gravure représentant Belial et certains de ses serviteurs. Extrait du livre de Jacobus de Teramo Buche Belial (1473).

Bélial ou Béliar est un terme qui apparaît dans la Bible hébraïque. Il en vient à personnifier le Mal dans la tradition juive et chrétienne de l'Antiquité. Il figure parmi les démon dans les croyances occultes.

Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Le terme « bélial » vient de l'hébreu בְלִיַּעַל (bĕliyyaʿal). Il figure 27 fois dans la Bible. Cet adjectif est lui-même composé de deux termes : bĕli (בְּלִי "sans") et yaʿal ( יָעַל "valeur"). Ce qualificatif péjoratif désigne des personnes à la vie dissolue, des gens qui portent de faux témoignages. Dans la Bible, il est souvent utilisé dans une forme composée telle que fils de belial ou homme de belial. Il est souvent traduit par vaurien[1],[N 1],[N 2].

Littérature de la période du Second Temple[modifier | modifier le code]

« Bélial » devient une personnification du Mal dans la littérature juive de la période du Second Temple. Dans ces textes, il apparaît souvent sous la forme Beliar.

Le Testaments des douze patriarches, écrit apocryphe compilant des textes écrit sur une période s'étalant du IIe siècle av. J.-C. au Ier siècle de notre ère, présente Bélial non pas comme un démon mais comme l'opposant de Dieu[2],[3].

Bélial joue un rôle important dans les manuscrits de Qumrân. Il est présent dans la Règle de la Guerre, les Hodayot et les Berakhot[4]. Ces textes décrivent le combat mythique de la fin des temps entre les puissances de la lumière et celles des ténèbres. Ces puissances sont représentées sur terre par le combat entre le maître de justice et le prêtre du mensonge, et dans les cieux par le combat entre les archanges Michel et Belial. Les derniers temps sont décrits comme ceux du pouvoir de Belial. Mais finalement, le bien remportera la victoire et Belial sera vaincu.

Dans l'œuvre apocalyptique l'Ascension d'Isaïe, qui contient un mélange d'éléments juifs et proto-chrétiens, les personnages de Beliar et Samaël sont des démons. Ce qui est qualifié de « Samael » dans un passage est indiqué dans un autre sur « Beliar ». Ce passage date de la période des Amoraïm, avant la généralisation du nom de Satan dans le judaïsme[5]. Il est mentionné qu'il eu un fils nommé Arvor, devenu roi du royaume du nord des Enfers.

Occultisme[modifier | modifier le code]

L'image du démon Bélial telle qu'elle existe aujourd'hui est issue de deux grimoires de sorcellerie écrits à la renaissance: la Pseudomonarchia Daemonum et le Lemegeton. Ces livres mentionnent Bélial en 23e et 68e positions de leurs listes de démons respectives. Il est représenté sous la forme d'un ange dans un chariot de feu. Il est précisé qu'il s'exprime avec une voix agréable[6],[7].

Il est affirmé que Belial fut adoré par les Sidoniens et qu'un culte lui fut rendu à Sodome. Ses fidèles n'osaient pas lui bâtir d'autels ou de temples de peur de déclencher sa colère. Bien que d'apparence séduisante et d'un maintien plein de dignité, Bélial serait l'esprit le plus dissolu, crapuleux et épris du vice que l'enfer ait jamais connu. Créé immédiatement après Lucifer, il aurait été l'un des tout premiers à chuter après avoir entraîné la plupart des anges dans la révolte.

Si on ne lui fait pas d'offrandes ou qu'on ne l'adjure pas au nom de Dieu, Bélial répond aux questions par des mensonges. Ses pouvoirs sont de procurer les dignités, les faveurs, de faire vivre les amis en bonne intelligence et de fournir d'habiles serviteurs à ceux qui le lui demandent. Bélial vient toujours au secours de ceux qui se soumettent à lui. Il commande 80 légions infernales connues sous les noms d'ordre des vertus et ordre des anges. Ces dernières totaliseraient 522.000 démons.

La légende raconte que Salomon aurait enfermé Belial et tous ses serviteurs dans une bouteille qu'il aurait ensuite caché au fond d'un grand puits refermé avec une pierre. Les babyloniens, pensant y trouver un trésor, brisèrent la bouteille laissant ainsi échapper Belial et ses serviteurs. Ayant peur d’être repris, le démon se serait caché dans une idole babylonienne vide et aurais rendu des oracles. À la suite de cet événement, les babyloniens se mettront à l'adorer[8].

Ce démon souvent envoyé par des sortilèges afin de causer la mort des victimes par maléfice peut être déjoué par les rituels à base de sel conjuré (Jean Vernot, mémoire des démons - 1877). Le minéral devient alors semblable à des cristaux d'ébène très chargés. Il convient toujours de procéder aux rites d'enchaînement et d'effectuer le renvoi lors de la dernière marrée du vendredi.

Culture[modifier | modifier le code]

Dans la littérature, Bélial est cité par Victor Hugo dans Ce que dit la bouche d'ombre[N 3] et Les travailleurs de la mer. Il apparait dans le roman d'anticipation Temps futurs d'Aldous Huxley (1948), dans lequel il est adoré et sans cesse invoqué, ainsi que dans L'Invasion divine de Philip K. Dick. Il est par ailleurs régulièrement cité dans les textes des cantates de Bach, notamment BWV 181 Leichtgesinnte Flattergeister ou BWV 81 Jesus schläft, was soll ich hoffen?. La figure de Bélial est également reprise dans la saga MP3 Reflets d'Acide qui en fait le père du héros Wrandrall.

Le démon Bélial est tres présent, sous une forme ou une autre, dans l'univers des jeux vidéo[N 4]. Il est aussi un héros Space Marine du chapitre des Dark Angels dans l'univers du jeux de figurines Warhammer 40 000. Dans le jeu de rôle humoristique In Nomine Satanis/Magna Veritas, il est présent en tant que prince-démon du feu et des incendies. Dans le jeu Diablo III, il est le boss de fin du deuxième acte et est le "seigneur du mensonge", dan le jeu vidéo "The Binding of Isaac" il existe un item nommé le livre de Belial faisant référence au démon.

Il fait de nombreuses apparitions dans la culture asiatique, le plus souvent sous la forme d'un démon ou d'une entité maléfique pratiquant la sorcellerie. Il est par exemple présent dans les mangas Rave, Tripeace, Vassalord (en), Magi, Angel Sanctuary ainsi que dans le manhwa Priest et la série de light novel adaptés en anime kaze no stigma.

Belial a également inspiré des groupes de musique, en particulier ceux appartenant à la mouvance du black metal qui sont nombreux à citer son nom dans une de leur chanson. Les groupes Ghost et Marduk en sont des exemples, ce dernier ayant même écrit une chanson nommée Soul for Belial.

Enfin au cinéma Bélial est le nom du frère siamois monstreux de la trilogie Frère de sang (Basket Case), films de Frank Henenlotter, et il fait partie des six démons qui possèdent Emily dans le film L'Exorcisme d'Emily Rose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Deutéronome 13, verset 14 (ou 13 selon les sources) - Juges 19,22 - 1 Samuel 1,16; 2,12; 10,27; 25,17 - 2 Samuel 16,7; 20,1; 22,5 - 1 Rois 21,10 - 2 Chroniques 13,7 - 2 Corinthiens 6,15
  2. par exemple dans la Bible de Jérusalem, éd. du Cerf, Paris 1961. Dans la Bible de Lemaître de Sacy (rééditée chez Robert Laffont Paris 1990), la traduction donne fils de Bélial
  3. Les Contemplations, livre 6, poème XXVI: Et Jésus, se penchant sur Bélial qui pleure, Lui dira: C'est donc toi! Et vers Dieu par la main il conduira ce frère! Et, quand ils seront près des degrés de lumière Par nous seuls aperçus, Tous deux seront si beaux que Dieu dont l'œil flamboie Ne pourra distinguer, père ébloui de joie, Bélial de Jésus!
  4. par exemple dans les jeux Diablo,Final Fantasy XII, Odin Sphere, Devil May Cry 4, Lands of Lore 2, BloodRayne, Shin Megami Tensei: Devil Survivor, The Binding of Isaac ou encore Dragon Quest.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Paolo Sacchi (trad. Luc Leonas), Les apocryphe de l'Ancien Testament : Une introduction, Cerf, (ISBN 978-2-204-09957-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) James Davila, Liturgical Works, Cambridge, William B. Eerdmans publishing company, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Johann Weyer, Pseudomonarchia daemonum, (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lemegeton, (présentation en ligne), p. 1-45 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire des sciences occultes… ou Répertoire universel des êtres, des personnages, des livres… qui tiennent aux apparitions, aux divinations, à la magie… (t. 48-49 de l' Encyclopédie théologique), Migne, , 2232 p. (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l'enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles, Tome premier, P. Mongie aîné, , 390 p. (présentation en ligne)
  • Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l'enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles, Tome second, P. Mongie aîné, , 404 p. (présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]