Bélial

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Gravure représentant Belial et certains de ses serviteurs. Extrait du livre de Jacobus de Teramo Buche Belial (1473).

Bélial est un démon présent dans les croyances de la goétie, science occulte de l'invocation d'entités démoniaques.

Goétie[modifier | modifier le code]

L'image du démon Bélial telle qu'elle existe aujourd'hui est issue de deux grimoires de sorcellerie écrit à la renaissance: la Pseudomonarchia Daemonum et le Lemegeton. Ces livres mentionnent Bélial en 23e et 68e positions de leurs listes de démons respectives. Il est représenté sous la forme d'un ange dans un chariot de feu. Il est précisé qu'il s'exprime avec une voix agréable[1],[2].

Il est affirmé que Belial fut adoré par les Sidoniens et qu'un culte lui fut rendu à Sodome. Ses fidèles n'osaient pas lui bâtir d'autels ou de temples de peur de déclencher sa colère. Bien que d'apparence séduisante et d'un maintient plein de dignité, Bélial serait l'esprit le plus dissolu, crapuleux et épris du vice que l'enfer ait jamais connu. Créé immédiatement après Lucifer, il aurait été l'un des tout premiers à chuter après avoir entraîné la plupart des anges dans la révolte.

Si on ne lui fait pas d'offrandes ou qu'on ne l'adjure pas au nom de Dieu, Bélial répond aux questions par des mensonges. Ses pouvoirs sont de procurer les dignités, les faveurs, de faire vivre les amis en bonne intelligence et de fournir d'habiles serviteurs a ceux qui le lui demandent. Bélial vient toujours au secours de ceux qui se soumettent à lui. Il commande 80 légions infernales connues sous les noms d'ordre des vertus et ordre des anges. Ces dernières totaliseraient 522.000 démons.

La légende raconte que Salomon aurait enfermé Belial et tous ses serviteurs dans une bouteille qu'il aurait ensuite caché au fond d'un grand puits refermé avec une pierre. Les babyloniens, pensant y trouver un trésor, brisèrent la bouteille laissant ainsi échapper Belial et ses serviteurs. Ayant peur d’être repris, le démon se serait caché dans une idole babylonienne vide et aurais rendu des oracles. À la suite de cet événement, les babyloniens se mettront à l'adorer[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Avant de devenir un démon de la goétie, Bélial était un personnage de la littérature chrétienne et juive.

Son nom vient de l'hébreux (belial בְלִיַּעַל bĕli-yaal). Cet adjectif est lui même composé de deux termes: beli- (בְּלִי "sans") et ya'al ( יָעַל "valeur"). Ce qualificatif hautement péjoratif à l'époque désigna notamment les idolâtres. Dans la bible le terme belial ou fils de Belial a souvent été traduit par vaurien.

L'entité Belial est quant à elle mentionnée pour la première fois dans la théorie des anges du Livre Éthiopien d'Hénoch VI. Bien que les passages concernés ne soient pas importants, Bélial est tout de même présenté comme l'un des chefs des anges qui se rebellèrent contre Dieu[4].

Dans l'œuvre apocalyptique L'ascension d'Isaïe, qui contient un mélange d'éléments juifs et proto-chrétiens, les personnages de Beliar (équivalent à Bélial) et Samaël sont des démons. Ce qui est qualifié de Samael dans un passage est indiqué dans un autre sur Beliar. Ce passage date de la période amoraique, avant la généralisation du nom de Satan dans le judaïsme. Il est mentionné qu'il eu un fils nommé Arvor, devenu roi du royaume du nord des Enfers.

Le Testaments des douze patriarches, écrit apocryphe dualiste compilant des textes écrit sur une période s'étalant du IIe siècle av. J.-C. au Ier siècle de notre ère, présente Bélial non pas comme un démon mais comme l'opposant de Dieu[5],[6].

Bélial apparaîtra par la suite dans la Bible à de nombreux versets[7],[N 1] mais, l'expression fils de Bélial etant parfois traduite par le mot vaurien[N 2], Belial peut aussi ne pas être présent.

Enfin, Bélial jouera un rôle important dans les manuscrits de Qumrân, le personnage étant présent dans la Règle de la Guerre, Hodayot et les sorts de Berakhot[8]. Ces textes décrivent le combat mythique de la fin des temps entre les puissances de la lumière et celles des ténèbres. Ces puissances sont représentées sur terre par le combat entre le maître de justice et le prêtre du mensonge, et dans les cieux par le combat entre les archanges Michel et Belial. Les derniers temps sont décrits comme ceux du pouvoir de Belial. Mais finalement, le bien remportera la victoire et Belial sera vaincu.

Culture[modifier | modifier le code]

Dans la littérature, Bélial est cité par Victor Hugo dans Ce que dit la bouche d'ombre[N 3] et Les travailleurs de la mer. Il apparait dans le roman d'anticipation Temps futurs d'Aldous Huxley (1948), dans lequel il est adoré et sans cesse invoqué, ainsi que dans L'Invasion divine de Philip K. Dick. Il est par ailleurs régulièrement cité dans les textes des cantates de Bach, notamment BWV 181 Leichtgesinnte Flattergeister ou BWV 81 Jesus schläft, was soll ich hoffen?. La figure de Bélial est également reprise dans la saga MP3 Reflets d'Acide qui en fait le père du héros Wrandrall.

Le démon Bélial est tres présent, sous une forme ou une autre, dans l'univers des jeux vidéo[N 4]. Il est aussi un héros Space Marine du chapître des Dark Angels dans l'univers du jeux de figurines Warhammer 40 000. Dans le jeu de rôle humoristique In Nomine Satanis/Magna Veritas, il est présent en tant que prince-démon du feu et des incendies.

Il fait de nombreuses apparitions dans la culture asiatique, le plus souvent sous la forme d'un démon ou d'une entité maléfique pratiquant la sorcellerie. Il est par exemple présent dans les mangas Rave, Tripeace, Vassalord (en), Magi, Angel Sanctuary ainsi que dans le manhwa Priest et la série de light novel adaptés en anime kaze no stigma.

Belial a également inspiré des groupes de musique, en particulier ceux appartenant à la mouvance du Black Metal qui sont nombreux à citer son nom dans une de leur chanson. Les groupes Ghost et Marduk en sont des exemples, ce dernier ayant même écrit une chanson nommée Soul for Belial.

Enfin au cinéma Bélial est le nom du frère siamois monstreux de la trilogie Frère de sang (Basket Case), films de Frank Henenlotter, et il fait partie des six démons qui possèdent Emily dans le film L'Exorcisme d'Emily Rose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Deutéronome 13, verset 14 (ou 13 selon les sources) - Juges 19,22 - 1 Samuel 1,16; 2,12; 10,27; 25,17 - 2 Samuel 16,7; 20,1; 22,5 - 1 Rois 21,10 - 2 Chroniques 13,7 - 2 Corinthiens 6,15
  2. par exemple dans la Bible de Jérusalem, éd. du Cerf, Paris 1961. Par contre, la Bible de Lemaître de Sacy (rééditée chez Robert Laffont Paris 1990) donne chaque fois la traduction exacte fils de Bélial
  3. Les Contemplations, livre 6, poème XXVI: Et Jésus, se penchant sur Bélial qui pleure, Lui dira: C'est donc toi! Et vers Dieu par la main il conduira ce frère! Et, quand ils seront près des degrés de lumière Par nous seuls aperçus, Tous deux seront si beaux que Dieu dont l'œil flamboie Ne pourra distinguer, père ébloui de joie, Bélial de Jésus!
  4. par exemple dans les jeux Diablo,Final Fantasy XII, Devil May Cry 4, Lands of Lore 2, BloodRayne, Shin Megami Tensei: Devil Survivor, The Binding of Isaac ou encore Dragon Quest.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Paolo Sacchi (trad. Luc Leonas), Les apocryphe de l'Ancien Testament : Une introduction, Cerf, (ISBN 978-2-204-09957-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) James Davila, Liturgical Works, Cambridge, William B. Eerdmans publishing company, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Johann Weyer, Pseudomonarchia daemonum, (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lemegeton, (présentation en ligne), p. 1-45 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire des sciences occultes… ou Répertoire universel des êtres, des personnages, des livres… qui tiennent aux apparitions, aux divinations, à la magie… (t. 48-49 de l' Encyclopédie théologique), Migne, , 2232 p. (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l'enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles, Tome premier, P. Mongie aîné, , 390 p. (présentation en ligne)
  • Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l'enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles, Tome second, P. Mongie aîné, , 404 p. (présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]