Cor des Alpes
Le cor des Alpes est un instrument de musique à vent, en bois, de la famille des cuivres. Apparu au XIVe siècle, il était utilisé initialement pour communiquer à distance en montagne. On le trouve surtout en Suisse, mais aussi en Autriche, en Allemagne, en France, en Pologne, en Ukraine et en Roumanie.
Il était utilisé pour prévenir un village d'un danger, ou pour appeler les villageois à l'église, car le son peut parcourir des longues distances, et faire des échos dans les vallées.
Le cor des Alpes était déjà connu en Suisse au milieu du XVIe siècle sous le nom de lituus alpinus. Dès sa création, par la longueur de son tube supérieure à celle des cors métalliques de l'époque, le cor des Alpes était un instrument avancé, musicalement parlant.
Sommaire
Facture[modifier | modifier le code]
Le cor des Alpes est un long cor (ou trompe) en épicéa qui mesure environ 360 cm et se scinde en deux ou trois parties pour être transportable, mais les plus longs peuvent mesurer jusqu'à 18 mètres. Il est généralement en fa
/sol
, fa, mi
ou encore en sol.
Il peut être taillé directement d'une seule pièce dans un arbre dont la forme convient (arbre poussant à flanc de montagne). Il peut également être fabriqué par assemblage de deux pièces de bois collées l'une contre l'autre, après avoir été évidées. Le pavillon est généralement ouvré dans une pièce à part. L'ensemble est ensuite recouvert de cerclages d'osier ou de rotin à des fins esthétiques et protectrices.
Son embouchure est en bois tourné.
On peut aussi trouver des cors des Alpes fabriqués en fibre de carbone[1]. Ils sont plus légers (1,3 kilogramme), plus facilement transportables car télescopiques, (75 cm une fois replié), et transformables en différents instruments, comme le didjeridoo, le büchel...
Jeu[modifier | modifier le code]
Le cor des Alpes ne permet pas de jouer toutes les notes de la gamme, mais uniquement les harmoniques naturelles, soit seize notes sur quatre octaves pour un instrument classique.
Il se joue debout, pour des questions de tenue de l'instrument et de souffle. On pince les lèvres comme pour jouer des cuivres.
Répertoire[modifier | modifier le code]
Quelques compositeurs se sont intéressés à cet instrument. Léopold Mozart, père de Wolfgang Amadeus et compositeur lui-même, a écrit une très pimpante Sinfonia Pastorella pour cor des Alpes et orchestre à cordes (Allegro, Andante Presto et Presto).
Cet instrument a inspiré Brahms pour la mélodie de cor dans le final de sa première symphonie. Brahms avait en effet noté ces quelques mesures sur une carte d'anniversaire (de mariage) adressée à Clara Schumann datée du 12 septembre 1868 :
« Voici ce que le cor des Alpes a joué aujourd'hui : »

En particulier, Vinko Globokar a composé une pièce Cri des Alpes pour cor des Alpes, créée à Helsinki en 1986[2]. Globokar possède un instrument de 3,7 m de long qui lui a été offert par le hautboïste suisse Heinz Holliger[2].
D'autres compositions existent : Corps des cors, du valaisan Pierre Mariétan, Composition n° 172 d'Anthony Braxton (pour 11 cors), le monde minuscule de Daniel Schnyder[2]. "Le Berger Fantaisiste" et "Super Alpen King" du compositeur et arrangeur de jazz Ghislain Muller avec le VSP orkestra
Il existe aussi des concertos pour Cor des Alpes et orchestre, par exemple le Concertino Rustico du hongrois Ferenc Farkas (1905-2000) et également le concerto du suisse Jean Daetwyler (1907-1994), cette dernière œuvre étant assez longue (presque 22 minutes) en quatre mouvements.
Musiciens reconnus[modifier | modifier le code]
- le corniste russe Arkady Shilkloper s'est fait connaître pour son utilisation du cor des Alpes dans le domaine du jazz avec le VSP orkestra, Moscow Art Trio
Iconographie[modifier | modifier le code]
Le cor des Alpes apparaît dans le blason de la ville de Soultzeren.
Voir aussi[modifier | modifier le code]
Notes et références[modifier | modifier le code]
- Cor des Alpes construit à l'aide de fibres de carbone
- Jean-Noël Von der Weid, La musique du XXe siècle, Hachette Littératures, 2005, p. 172
Liens externes[modifier | modifier le code]
- Brigitte Bachmann, « Cor des Alpes » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .