Cor des Alpes

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Cor des Alpes
Image illustrative de l’article Cor des Alpes
Joueur de cor des Alpes lors du 7e festival international de cor des Alpes à Nendaz (VS), Suisse.

Variantes modernes Büchel
Classification Instrument à vent
Famille Cuivres
Instruments voisins Cor d'harmonie, Cor naturel, Trompe de chasse, Cor postal

Le cor des Alpes est un instrument de musique à vent, en bois, de la famille des cuivres. Apparu au XIVe siècle, il était utilisé initialement pour communiquer à distance en montagne. On le trouve surtout en Suisse, mais aussi en Autriche, en Allemagne, en France, en Pologne, en Ukraine et en Roumanie.

Il était utilisé pour prévenir un village d'un danger, ou pour appeler les villageois à l'église, car le son peut parcourir des longues distances, et faire des échos dans les vallées. Il servait aussi aux bergers qui pratiquaient la transhumance alpine.

Le cor des Alpes était déjà connu en Suisse au milieu du XVIe siècle sous le nom de lituus alpinus. La première mention de l'instrument date de 1527 et il en existe une illustration sur un vitrail à Adelboden datant de 1595 [1].

Dès sa création, par la longueur de son tube supérieure à celle des cors métalliques de l'époque, le cor des Alpes était un instrument avancé, musicalement parlant.

Facture[modifier | modifier le code]

Détail du pavillon.

Le cor des Alpes est un long cor (ou trompe) en épicéa qui mesure environ 360 cm et se scinde en deux ou trois parties pour être transportable, mais les plus longs peuvent mesurer jusqu'à 18 mètres. Il est généralement en fa dièse/sol bémol, fa, mi bémol ou encore en sol. La partie en fa dièse et généralement plus courte que celle en fa.

Il peut être taillé directement d'une seule pièce dans un arbre dont la forme convient (arbre poussant à flanc de montagne). Il peut également être fabriqué par assemblage de deux pièces de bois collées l'une contre l'autre, après avoir été évidées. Le pavillon est généralement ouvré dans une pièce à part. L'ensemble est ensuite recouvert de cerclages d'osier ou de rotin à des fins esthétiques et protectrices.

Son embouchure est en bois tourné.

Deux parties de cor des Alpes, l'une en bois et l'autre en fibres de carbone.
Armin Bachmann (de) posant avec deux parties de cor des Alpes, l'une en bois et l'autre en fibres de carbone.

On peut aussi trouver des cors des Alpes fabriqués en fibre de carbone[2]. Ils sont plus légers (1,3 kilogramme), plus facilement transportables car télescopiques, (75 cm une fois replié), et transformables en différents instruments, comme le didjeridoo, le büchel... Roger Zanetti, connu sous le nom de scène de Zaneth, est l'inventeur de l'un de ces cors des Alpes en fibre de carbone qu'il présente en 2002 au World Music Festiv'Alpe de Château-d'Œx dans le canton de Vaud[3].

Le plus long cor des Alpes mesure 47 mètres [4]. En 1985, le lucernois Josef Stocker et l'américain Peter Wutherich se concurrencent sur la construction du plus long cor des Alpes du monde. Le record a été détenu par Josef Stocker avec un pavillon de 88,9 cm de diamètre, soit 7,62 cm de plus que son adversaire. Selon Josef Stocker, ce cor des Alpes n'est pas jouable. Cependant, si toutes les pièces d'assemblage ne sont pas utilisées, il obtient une longueur de 14 mètres et devient alors le plus long cor des Alpes jouable [5]. Il est inscrit au Livre Guinness des records de 1985 à 1998.

Le plus long cor des Alpes fait en une seule pièce, mesure 20,67 mètres. Le record a été détenu par le bavarois Alois Biermaier. Il est inscrit au Livre Guinness des records.

Jeu[modifier | modifier le code]

L'embouchure du cor des Alpes, avec le musicien allemand Matthias Shriefl.
L'embouchure du cor des Alpes, avec le musicien allemand Matthias Shriefl.

Le cor des Alpes ne permet pas de jouer toutes les notes de la gamme, mais uniquement les harmoniques naturelles, soit seize notes sur quatre octaves pour un instrument classique.

Il se joue debout, pour des questions de tenue de l'instrument et de souffle. On pince les lèvres comme pour jouer des cuivres.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Quelques compositeurs se sont intéressés à cet instrument. Léopold Mozart, père de Wolfgang Amadeus et compositeur lui-même, a écrit une très pimpante Sinfonia Pastorella pour cor des Alpes et orchestre à cordes (Allegro, Andante Presto et Presto).

Cet instrument a inspiré Brahms pour la mélodie de cor dans le final de sa première symphonie. Brahms avait en effet noté ces quelques mesures sur une carte d'anniversaire (de mariage) adressée à Clara Schumann datée du 12 septembre 1868 :

« Voici ce que le cor des Alpes a joué aujourd'hui : »
AlpHorn Brahms 1st symphony final theme.png

En particulier, Vinko Globokar a composé une pièce Cri des Alpes pour cor des Alpes, créée à Helsinki en 1986[6]. Globokar possède un instrument de 3,7 m de long qui lui a été offert par le hautboïste suisse Heinz Holliger[6].

D'autres compositions existent : Corps des cors, du valaisan Pierre Mariétan, Composition n° 172 d'Anthony Braxton (pour 11 cors), le monde minuscule de Daniel Schnyder[6]. "Le Berger Fantaisiste", "les génies des alpages" et "Super Alpen King" du compositeur et arrangeur de jazz Ghislain Muller avec le VSP orkestra et Arkady Shilkloper, ces compositions sont également interprétées par Olivier Brisville et Alexandre Jous.

Il existe aussi des concertos pour Cor des Alpes et orchestre, par exemple le Concertino Rustico du hongrois Ferenc Farkas (1905-2000) et également le concerto du suisse Jean Daetwyler (1907-1994), cette dernière œuvre étant assez longue (presque 22 minutes) en quatre mouvements.

Le cor des Alpes a aussi été utilisé dans la musique pop comme en 1977 où le musicien suisse Pepe Lienhard et son groupe ont utilisé l'instrument dans leur chanson Swiss Lady, avec laquelle ils ont participé à l'Eurovision Song Contest et ont ainsi atteint la sixième place. C'est à ce jour la seule chanson de la sélection suisse à avoir atteint la première place du hit-parade suisse.

Musiciens reconnus[modifier | modifier le code]

  • Eliana Burki, corniste suisse.
  • Arkady Shilkloper, corniste, compositeur et arrangeur, connu notamment pour son utilisation du cor des Alpes dans le domaine du jazz avec les ensembles VSP orkestra, Moscow Art Trio et Pago Libre.
  • Ghislain Muller, vibraphoniste, compositeur et arrangeur du VSP orkestra, compositeur et arrangeur d’œuvres pour les cors des Alpes.
  • Alexandre Jous, corniste français, connu aussi sous le pseudonyme Alexcor.
  • Robert Scotton, directeur musical des Sonneurs de Savoye, lauréats du Concours international de cor des Alpes de Nendaz, compositeur d’œuvres pour cor des Alpes[7].
  • Renaud Leipp, corniste français, membre de l'orchestre philharmonique de Strasbourg (OPS), également soliste et spécialiste du cor des Alpes[8].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Soultzeren

Le cor des Alpes apparaît dans le blason de la ville de Soultzeren (Haut-Rhin, France).

La commune de Nendaz (Valais, Suisse) est considérée comme étant la capitale internationale du cor des Alpes.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Histoire du cor », sur www.quatucor.com (consulté le 3 mars 2019)
  2. « L'AlpFlyingHorn, le Swiss Carbon Alphorn - Swiss Carbon Alphorn - Le cor des alpes télescopique en fibre de carbone », sur Swiss Carbon Alphorn (consulté le 16 décembre 2018)
  3. Stéphane Sanchez, « Cor des Alpes carbone patriotique », La Gruyère,‎ (lire en ligne)
  4. (de) « Das längste Alphorn der Welt », sur http://alphorn-luzern.ch (consulté le 2 mai 2018)
  5. (en) « World's Biggest Alphorn Claimed By Idaho Carver », sur http://articles.chicagotribune.com, (consulté le 2 mai 2018)
  6. a b et c Jean-Noël Von der Weid, La musique du XXe siècle, Hachette Littératures, 2005, p. 172
  7. Alexandre Bollengier, « Le cor des Alpes, mégaphone des montagnes », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le 27 juin 2020)
  8. (en) Renaud Leipp sur Discogs

Liens externes[modifier | modifier le code]