Congrès national pour la défense du peuple

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Drapeau du CNDP.

Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) est l'administration rebelle établie par Laurent Nkunda dans la région du Kivu de la République démocratique du Congo. Le CNDP s'est battu contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le conflit du Kivu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Année 2006[modifier | modifier le code]

En juillet 2006 le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) voit officiellement le jour dans la province du Nord-Kivu[1].

Année 2007[modifier | modifier le code]

En août 2007, les FARDC ont annoncé qu'elles allaient mettre fin à une offensive de sept mois contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La cessation de la campagne a suscité une vive critique de la partie du gouvernement rwandais, car les FDLR étaient les principales forces hutues s'opposant aux milices pro-Rwanda durant la dernière partie de la deuxième guerre du Congo. Les FDLR sont aussi composées d'anciens Hutu responsables du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda.

Avant le cessez-le-feu d'août 2007, le général Laurent Nkunda avait rompu avec le gouvernement congolais à la tête des soldats banyamulenge (des Tutsis ethniques) appartenant autrefois au Rassemblement congolais pour la démocratie et avait commencé à attaquer les positions des FDLR. Plus de 160 000 de personnes auraient ainsi été déplacées[2].

A cette époque la zone sous contrôle de Nkunda se trouve au nord du lac Kivu dans le Nord-Kivu autour des villes de Masisi et Rutshuru, et continue à s'étendre au fur et à mesure que le CNDP s'avance. Nkunda a établi son quartier général dans cette zone en créant les infrastructures nécessaires[3].

Année 2008[modifier | modifier le code]

Conférence de Goma[modifier | modifier le code]

Le , onze représentants du CNDP participent à la conférence sur la paix à Goma[4].

Le 21 janvier 2008, à l’issue d’un peu plus de deux semaines de pourparlers les autorités gouvernementales annoncent qu’un accord de paix doit être signé entre le gouvernement de la République démocratique du Congo, le CNDP et les milices Maï-Maï[5],[6].

Le 22 janvier 2008, la fin de la conférence est repoussée au après que les représentants du CNDP aient finalement refusés de ratifier l’accord qu’ils s’étaient engagés à signer la veille, affirmant que le texte ne tenait pas compte des amendements qu'ils avaient proposés[7], les rebelles exigeant en autre la prise en compte des faits de guerre dans la loi amnistie[7].

Le , au terme des négociations, un acte d'engagement est finalement signé à Goma par tous les groupes armés congolais impliqués dans le conflit du Kivu[8],[9].

Cet acte d’engagement prévoit l’application d’un cessez-le-feu total et immédiat. Il est assorti de mesures de suivi de la démobilisation, ou de redéploiement des troupes armées vers l’armée régulière, mais les crimes de guerre sont exclus de la loi d’amnistie[10].

Selon les observateurs, le chef de la délégation du CNDP a été le premier à le signer, suivi des représentants des autres groupes armés[9].

Année 2009[modifier | modifier le code]

En janvier 2009, Laurent Nkunda est renversé par son chef d'état major Bosco Ntaganda[11],[12].

Le 23 mars 2009 à Goma le CNDP et le gouvernement de la République démocratique du Congo signent un accord de paix[13],[14]. Cet accord prévoit la transformation du CNDP en parti politique, la libération de ses membres détenus par les autorités gouvernementales et la promulgation d'une loi d'amnistie pour les anciens rebelles[13],[14].

Structures liées[modifier | modifier le code]

En avril 2012, dans le Nord-Kivu d’anciens membres du CNDP se lancent dans une nouvelle rébellion qui aboutira à la création le 06 mai 2012 du Mouvement du 23 mars (M23)[15],[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'émancipation politique du CNDP », sur France 24, (consulté le )
  2. (en) "Rwanda anger at Congo rebel move", BBC News, 15 août 2007.
  3. (en) "For Tutsis of Eastern Congo, Protector, Exploiter or Both?", Stephanie McCrummen, The Washington Post, 6 août 2007.
  4. Joseph Tshimanga, « RD Congo / Goma : La conférence sur la paix a débuté », sur ReliefWeb, (consulté le )
  5. « Les rebelles prennent des engagements pour la paix en RDC », sur Courrier international, (consulté le )
  6. Le Monde avec Reuters, « Un accord de paix a été trouvé dans le conflit du Nord-Kivu », sur Le Monde, (consulté le )
  7. a et b « Au Nord-Kivu, les belligérants retardent la signature d'un accord de paix », sur Le Monde, (consulté le )
  8. Le Monde avec AFP, « Congo : les groupes armés au Kivu s'engagent à cesser les combats », sur Le Monde, (consulté le )
  9. a et b RFI, « Accord de paix signé à Goma », sur Radio France Internationale, (consulté le )
  10. « Rebelles et autorités congolais s'engagent sur la voie de la paix au Nord et au Sud-Kivu », sur Le Monde, (consulté le )
  11. Le Monde avec AP, AFP et Reuters, « Confusion totale à la tête de la rébellion congolaise », sur Le Monde, (consulté le )
  12. Jean-Philippe Rémy, « Le chef rebelle Laurent Nkunda victime de la nouvelle alliance Congo-Rwanda », sur Le Monde, (consulté le )
  13. a et b Le monde, « RDC : un accord de paix conclu entre Kinshasa et la rébellion », sur Le Monde, (consulté le )
  14. a et b Charlotte Cosset, « RDC : dix points clés pour comprendre la guerre au Nord-Kivu », sur L'Obs, (consulté le )
  15. Stearns Jason, « Repenser la crise au Kivu : mobilisation armée et logique du gouvernement de transition », Politique africaine, vol. 2013/1, no 129,‎ , p. 23-48 (lire en ligne)
  16. Belga news, « Les troubles liés à la rébellion dans l'est du Congo: chronologie », sur RTBF, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]