Guerre du Kivu

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Guerre du Kivu
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation du Kivu
Informations générales
Date Depuis 2004en cours
(14 ans)
Lieu Kivu, République démocratique du Congo
Issue

En cours

  • Victoire des forces gouvernementales contre le CNDP et le M23
  • Des milices armées telles que les FDLR, les groupes Maï-Maï et d'autres mouvements rebelles continuent de rester actives dans la région
Belligérants
Flag of CNDP.svg CNDPFlag of the Democratic Republic of the Congo.svg FARDCFlagge FDLR.svg FDLR
Commandants
Flag of CNDP.svg Laurent NkundaFlag of the Democratic Republic of the Congo.svg Joseph Kabila, président de la République
Flag of the Democratic Republic of the Congo.svg Crispin Atama Tabe Mogodi, ministre de la Défense
Flag of the Democratic Republic of the Congo.svg Didier Etumba Longila, chef d'état-major des forces armées
Flagge FDLR.svg Ignace Murwanashyaka
Forces en présence
6 000 à 8 000 hommes[1]20 000 hommes[1]2 000 hommes[2]
Pertes
11 873 morts au moins (civils, soldats et rebelles confondus)[3],[4],[5],[6],[7]

Guerre du Kivu

Batailles

Bataille de Goma · Kimia II · Rébellion du M23 · Bataille de Semuliki

La guerre du Kivu est un conflit armé opposant les forces régulières de l'armée de la république démocratique du Congo au Congrès national pour la défense du peuple de Laurent Nkunda et à de nombreux autres groupes armés.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième guerre du Congo.

En juin 2003, la deuxième guerre du Congo (1998 - 2003), un conflit militaire, qui a opposé, sur le sol de la République démocratique du Congo (RDC), plusieurs pays africains et une trentaine de groupes armés, prend officiellement fin avec la formation d'un gouvernement de transition[8]. Celui-ci, dirigé par Joseph Kabila et incluant les chefs des principaux groupes rebelles[9], organise immédiatement une nouvelle armée nationale : les forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), dans lesquelles sont intégrés les combattants issus des troupes paramilitaires[10]. Issu des rangs de l'une d'elles, le RCD-Goma qu'il a rallié en 1998, l'officier tutsi congolais Laurent Nkunda y est incorporé avec le grade de colonel[11]. En 2004, il est promu général[10],[12]. Rapidement cependant, il rejette l'autorité des autorités gouvernementales de Kinshasa et se replie avec des troupes du RCD-Goma dans les forêts du Masisi, territoire du Nord-Kivu, frontalier avec le Rwanda[10],[9].

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'offensive de Bukavu de mai 2004[modifier | modifier le code]

Plus tard en 2004, les forces de Nkunda entrent en conflit avec l'armée de la RDC au Sud-Kivu, et en mai 2004, occupent la ville de Bukavu où elles se rendent coupables de divers crimes de guerre[13]. Nkunda déclare qu'il tentait de prévenir un génocide contre les Tutsi de la région[14], un argument rejeté par la MONUC[15], qui réfute également les allégations selon lesquelles Nkunda recevait ses ordres du gouvernement du Rwanda. Après des négociations avec les Nations unies, les forces de Nkunda quittent Bukavu et retournent dans les forêts du Masisi. Ces forces se scindent et une partie part vers le Rwanda sous les ordres de Jules Mutebesi[13]. Plus de 150 000 rwandophones (comme Nkunda) ont, selon les observateurs, fui le Sud-Kivu pour le Nord-Kivu par peur de représailles de la part de l'armée de la RDC[16].

Affrontement de 2005 avec l'armée régulière[modifier | modifier le code]

En 2005, Nkunda appelle à la fin du gouvernement de transition pour corruption. De plus en plus de déserteurs de l'armée régulière issus du RCD-Goma rejoignent ses propres troupes[17]. À cette époque, ses forces comptent environ 3 000 soldats.

2006[modifier | modifier le code]

En janvier 2006, les troupes de Nkunda affrontent les troupes régulières congolaises, toutes accusées de crimes de guerre par la MONUC[18]. D'autres affrontements se déroulent en août 2006 aux environs Sake[19]. La MONUC cependant se refuse à ordonner l'arrestation de Nkunda lorsqu'un mandat d'arrêt international est lancé contre lui, arguant que « M. Laurent Nkunda ne représente pas une menace pour les populations locales, et nous ne pouvons dès lors justifier aucune action contre lui[20]. » Jusqu'en juin 2006 cependant, le Conseil de sécurité des Nations unies impose des mesures de restriction à Nkunda[21].

Au cours des premier et deuxième tours contestés et violents de l'élection présidentielle congolaise de 2006, Nkunda déclare qu'il respecterait le résultat des urnes[22],[23],[24]. Le 25 novembre, soit un jour avant que la Cour suprême de la république démocratique du Congo confirme la victoire de Joseph Kabila au second tour de l'élection présidentielle, les forces de Nkunda lancent une offensive majeure contre la 11e brigade des troupes gouvernementales à Sake[25], affrontant également des troupes de la MONUC[26]. L'attaque pourrait ne pas être liée au résultat de l'élection, mais plutôt au « massacre d'un Tutsi proche de l'un des commandants du groupe. » Les Nations unies appellent le gouvernement à négocier avec Nkunda, et le Ministre de l'Intérieur, le Général Denis Kalume, est envoyé dans l'est du pays pour entamer des négociations[27].

Le , les troupes du RCD-Goma attaquent des positions de l'armée régulière au Nord-Kivu. Avec l'assistance militaire de la MONUC, l'armée gouvernementale parvint à reprendre le terrain, 150 rebelles ont été tués dans l'opération. Environ 12 000 civils congolais fuient vers le district de Kisoro en Ouganda[28]. Ce même jour, une roquette tirée du Congo vers Kisoro tue sept personnes[29].

2007[modifier | modifier le code]

Au début 2007, le gouvernement régulier tente de diminuer la menace que constituait la présence de Laurent Nkunda en essayant d'intégrer davantage ses troupes au sein des FARDC, l'Armée nationale, en un processus appelé « brassage »[30]. Cependant, ceci n'aboutit pas, et il apparaît que de janvier à août 2007, Nkunda contrôlait désormais cinq brigades plutôt que deux.

Le , le responsable des soldats de la paix des Nations unies Jean-Marie Guehenno déclare que « les forces de M. Nkunda sont la seule menace sérieuse contre la stabilité dans la RD Congo. »[31]

Fin 2007, l'instabilité au Nord-Kivu, largement attribuée aux affrontements entre les troupes de Nkunda et les milices hutu, était à l'origine du déplacement de plus de 160 000 personnes. Les agences des Nations unies annoncent que davantage de combats seraient à l'origine de 280 000 personnes déplacées supplémentaires dans les six mois à venir. Au cours de négociations entre Nkunda et le gouvernement pour intégrer ses troupes, Nkunda garde le contrôle de plusieurs unités, qui continuent à lui obéir après l'échec des négociations. La BBC déclare que Nkunda reçoit de l'aide du Rwanda[32].

À la fin août, Nkunda retire ses hommes des brigades mixtes Nkunda/FARDC et commence à attaquer les troupes gouvernementales qu'il accusait d'aider les milices hutu à assaillir les milliers de Tutsi présents dans le Kivu. Les forces des Nations unies considèrent, comme les troupes gouvernementales, Nkunda et sa milice comme des « bandits »[33].

Début septembre, les forces de Nkunda assiègent une position gouvernementale au Masisi, et les hélicoptères de la MONUC transportent des soldats gouvernementaux pour évacuer la ville[33]. Le 5 septembre 2007, après l'annonce par les forces des FARDC de la mort de 80 hommes de Nkunda à la suite d'un raid d'un hélicoptère Mil Mi-24, Nkunda appelle le gouvernement à revenir vers les termes d'un accord de paix. Selon lui « C'est la partie gouvernementale qui a brisé le processus de paix » et il demande au gouvernement de réintégrer le processus de paix[34].

En septembre, les hommes de Nkunda vident une dizaine d'écoles secondaires et quatre écoles primaires, où ils enrôlent de force des enfants-soldats. Selon les Nations unies, les filles furent emmenées comme esclaves sexuelles, les garçons comme soldats, en violation des lois internationales[35]. À la suite du rapport des Nations unies, des milliers de civils quittent les maisons pour les camps de réfugiés[36].

Le gouvernement impose le une date limite au désarmement des troupes de Nkunda. Cette limite passe sans réaction, et le 17 octobre, le président Joseph Kabila ordonne à ses troupes de se préparer à la maîtrise des troupes de Nkunda par la force. Les troupes du gouvernement marchent vers la position principale de Nkunda : Kichanga. Des milliers de civils fuient les combats entre les troupes de Nkunda et les Mai-Mai pro-gouvernementaux de Bunagana vers Rutshuru qu'ils atteignent après plusieurs jours de marche. Plusieurs informations font état de combats entre les troupes gouvernementales et celle de Nkunda aux environs de Bukima, à proximité de Bunagana, ainsi que de fuite de civils vers l'Ouganda. Le nombre total de déplacés depuis le début de l'année est estimé à plus de 370 000 personnes[37].

Au début novembre 2007, les troupes de Nkunda s'emparent de la ville de Nyanzale, à environ 100 km au nord de Goma. Trois des villages des environs sont également pris, et les positions de l'armée gouvernementale abandonnées[38]. Une offensive gouvernementale au début décembre reprend la localité de Mushake le 5 décembre par la 82e brigade, et de la route qui la traversait[39]. Ceci suit l'annonce par la MONUC que celle-ci était prête à fournir de l'artillerie aux offensives gouvernementales. Lors d'une conférence régionale à Addis-Abeba, les États-Unis, le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda s'engagent à soutenir les forces gouvernementales et non pas les « forces négatives »[40]. Nkunda reprend cependant Mushake le 10 décembre, ainsi que la localité de Karuba[41],[42],[43].

Avec l'ampleur des revers subis par l'armée gouvernementale en 2007, des doutes se font jour quant à sa capacité opérationnelle et à la fidélité de ses dirigeants en place, incapables de résister avec 20 000 hommes aux 4 000 miliciens de Nkunda[44]. Les pertes gouvernementales subies au cours de la bataille de Mushake sont considérables : sur environ 6 000 hommes engagés, 2 600 militaires ont été tués dont 2 000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine et 600 blessés. Le matériel saisi par les rebelles est également impressionnant : 6 tonnes de munitions, dont des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15 000 caisses de grenades, 6 000 caisses de fusil militaire FAL, ainsi que 15 missiles sol-air[44]. C'est la plus importante défaite de l'armée gouvernementale depuis la bataille de Pweto en novembre 2000. La fiabilité de certaines troupes de la MONUC est également mise en cause[45].

Nkunda annonce le 14 décembre qu'il est ouvert à des pourparlers de paix[46]. Le gouvernement appelle à de telles discussions le 20 décembre qui devaient se tenir du 27 décembre au 5 janvier 2008 au cours de la conférence de Goma[47]. L'ouverture de ces pourparlers est reportée au 6 janvier 2008[48].

Quelque 200 écoliers auraient encore été enrôlés par les forces de Nkunda le 17 décembre[49]. De violents combats entre les forces de Nkunda et des milices Maï-Maï sont par ailleurs intervenus le 28 décembre[50].

Selon l'International Rescue Committee, 45 000 meurent encore chaque mois de la situation de guerre en république démocratique du Congo, dont la guerre du Kivu reste la face la plus visible.

2008 : l'accord de paix de Goma[modifier | modifier le code]

Les partisans de Nkunda décident de participer aux négociations, mais quittent la conférence de Goma le 10 janvier 2008, après la tentative d'arrestation de l'un d'entre eux[51]. Ils reviennent cependant à la table des négociations[52].

Les pourparlers se déroulent jusqu'au [53], et un accord est presque trouvé le 21 janvier 2008[54]. Il est finalement reporté au 23 janvier malgré des discussions liées aux cas de crimes de guerre[55]. Le traité de paix est finalement signé le 23 janvier, et inclut une déclaration de cesser-le-feu immédiat, un retrait du Nord-Kivu des troupes de Nkunda, le retour au village de milliers de civils, et l'immunité des forces de Nkunda[56].

Ni les Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda ni le gouvernement du Rwanda n'ont pris part aux discussions, ce qui pourrait hypothéquer la valeur de l'accord[57],[58].

En mai 2008, l'accord de paix tient toujours, mais n'a pas empêché des combats entre les FARDC et FDLR, et les civils continuent à être victimes d'atrocités[59].

En octobre 2008, à la suite de nouvelles attaques de Nkunda, une internationalisation du conflit se profile[60].

Le 28 octobre, la ville de Rutshuru est menacée par les rebelles. Goma est également assiégée et attaquée, ce qui motive une intervention d'hélicoptères de la MONUC contre les rebelles[61]. La ville est cependant abandonnée par les troupes gouvernementales le 29 octobre[62].

2009 et années suivantes[modifier | modifier le code]

À la suite d'un retournement surprise d'alliance, les gouvernements rwandais et congolais lancent une opération militaire combinée le menant à l'arrestation de Laurent Nkunda au Rwanda le 22 janvier au soir[63].

Le , le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) signe un traité de paix avec le gouvernement dans lequel il accepte de devenir un parti politique en échange de la libération de ses prisonniers et d'une meilleure prise en compte de sa communauté de Tutsis congolais, notamment en donnant trois ministères au CNDP à la suite de l'élection présidentielle du Congo-Kinshasa de 2011.

Articles détaillés : Mouvement du 23-Mars et Rébellion du M23.

Cet accord n'ayant pas été respecté selon lui, il se crée le M23[64] qui reprend les armes et prend en juillet 2012 le contrôle de deux villes, Bunagana et Rutshuru[65].

Dans la nuit du 4 au , l'armée congolaise a chassé les combattants du M23 des dernières positions qu'ils occupaient dans les montagnes du Nord-Kivu, à la frontière du Rwanda et de l'Ouganda.

En dépit de la neutralisation du M23 et du CNDP par les forces congolaises, la région demeure loin d'être pacifiée et constitue une véritable zone de non-droit, puisque des affrontements violents surviennent régulièrement entre l'armée régulière et des groupes rebelles[66],[67] et des massacres continuent d'y être perpétrés par des milices armées en 2016 et en 2017[4],[68],[69]. Les civils constituent les principales victimes des combats incessants, notamment les femmes et les enfants régulièrement victimes de viols et d'abus sexuels[70],[71], des atrocités rendues possibles par l'impuissance, l'indifférence voire la complicité/corruptibilité des forces congolaises et des soldats de la MONUSCO[72],[73].

Motivation économique[modifier | modifier le code]

Le ministre de la Communication de la RDC a dénoncé le soutien d'un « lobby » pillant les ressources minières de la RCD au CNDP. La principale ressource pillée est le coltan, un minerai de tantale servant à la fabrication d'electronique miniaturisée telle que les téléphones et ordinateurs portables[74],[75].

Le sénateur Pere Sampol, du BLOC, a déclaré au cours de cette même conférence de presse que cette nouvelle guerre à l’Est du Congo « a été présentée comme un conflit ethnique ou tribal alors que [le] problème essentiel a été le contrôle par de grands groupes européens et américains des ressources naturelles du Congo ». « C’est juste au moment où le Congo a essayé d’établir des contrats commerciaux avec la Chine pour exploiter le cuivre et le coltan, avec des contrats beaucoup plus avantageux pour le Congo, que les multinationales, avec la complicité des grandes puissances internationales, ont provoqué ce conflit » a-t-il affirmé[76]. Militaires ou rebelles, quelles que soient leurs allégeances ou leurs ethnies, ont en commun le pillage de ces ressources pour les grands groupes occidentaux. Ces seigneurs de la guerre se sont en effet transformés en milices contrôlant chacune un territoire minier, leurs scissions politiques masquant en fait des différends commerciaux[65]. De grandes puissances internationales (nord-américaines, européennes ou asiatiques) fournissent de l'armement aux bélligérants locaux qui n'en produisent pas, et financent indirectement cette guerre par l'achat du produit de l'exploitation des ressources naturelles régionales (bois, diamants, or et autres métaux précieux) contrôlée par les groupes armés en conflit[77].

Des enjeux miniers importants [modifier | modifier le code]

Présentation des ressources[modifier | modifier le code]

Le territoire est une région riche en minerais (cuivre, cobalt, zinc, manganèse, or, uranium, et germanium). L’exploitation minière date de avec la découverte de l’or et de la cassitérite ; mais la chasse au minerai s’est développée bien plus tard en devenant un enjeu politique et économique. Les sociétés Conbelmenzaïre et Kinoretain s’occupent de l’exploitation et elles fusionnent en en donnant la SOMINKI (société des mines du Kivu).

L’entreprise est ensuite rachetée par un groupe canadien et s’est ensuite fait attaquer par les « Forces Démocratiques pour la Libération de Congo-Zaïre » (AFDL) ; après la guerre civile elle n’est plus en action.

Depuis la fin du XXe siècle, c’est le tantale qui est valorisé car il sert à la fabrication de produits électroniques. Des dizaines de milliers de personnes ont émigré vers la région du Kivu pour devenir des « creuseurs » et investir les anciens sites miniers de la SOMINKI. La ruée vers le tantale n’a durée que de à ; les cours ayant baissés. Mais l’activité minière n’est pas morte, elle joue maintenant sur le marché mondial en exploitant les autres minerais de la région.

Les minerais sont transportés dans des villes de l’est du Kivu ou au Rwanda. Quand le terrain ne permet pas de faire une route, comme pour la zone de Bisie (Nord-Kivu ; à 200 kilomètres à vol d’oiseaux de Goma), le transport de minerai se fait à dos d’hommes sur environ 30 kilomètres jusqu’à une route ou des camions prennent les sacs qu’ils emmènent sur un « aéroport » ou des petits avions finissent le transport.

Ensuite, les villes servent de lien entre les exploitations et le marché mondial dominé par de grandes firmes de pays industriels ou émergents (États-Unis, Allemagne, Belgique, Chine, Kazakhstan).

Mais entre les mines et les comptoirs (villes), l’état n’a pas les moyens de mettre un contrôle armé ; ce sont donc des milices qui utilisent la loi du plus fort[78].

Pillage des ressources et perpétuation des conflits [modifier | modifier le code]

Le RCD Goma et le Rwanda s’organisent pour plus ou moins contrôler l’exploitation minière de toute la région, ils sont aidés par les réseaux tutsis transfrontaliers. Ces trois acteurs ont militarisés toute l’activité extractive de la région.

Le rôle majeur de l’exploitation minière dans les conflits du Congo peut être prouvé par le fait que le Rwanda et l’Ouganda soient devenus des frères ennemis lors du contrôle de grandes zones diamantifères, par exemple dans la région de Kisangani en pendant la deuxième guerre du Congo.

Les buts de guerre illégaux de l’Ouganda et du Rwanda sont dénoncés par l’ONU en dans un rapport. D’autres études donnent des informations plus précises sur les agissements des acteurs. Le Rwanda se sert des groupes tutsis pour renforcer l’animosité entre autochtones et Banyarwanda et augmenter les tensions intercommunautaires. De plus, le Rwanda se sert de sa puissance militaire supérieure à celle de ses opposants pour faire profiter ses propres entreprises de l’exploitation du coltan. Même après le départ définitif des troupes rwandaises en , des petits avions continuaient d’amener les récoltes minières à Kigali, finançant l’armement rwandais[78].

Les solutions mises en place [modifier | modifier le code]

Bien que les nations unies soient présentes sur le territoire depuis avec 25 000 hommes présents ; de nombreux acteurs tirent leur épingle du jeu de cette accumulation de conflits ; au niveau local mais aussi international. Par exemple, le Rwanda se sert de son privilège d’impunité gagné suite au génocide de  ; bien que ce privilège perde de son effet avec le temps. L’ONU cherche donc des solutions intermédiaires à ces acteurs.

Le processus de Kimberley () impose un régime de certification ayant pour but d’empêcher l’achat de diamant des zones de conflits. Ce  processus s’appuie sur la rhétorique des « diamants de sang » actif dans les pays du nord. Pour la région du Kivu, les diamants ont été remplacés par le coltan mais la règle reste la même.

De plus, en a été créée par une ONG une plateforme « Publish what you pay » (« publiez ce que vous payez »). Ainsi les sociétés qui achètent les minerais du Kivu illégalement sont dénoncées et elles sont parfois même obligées de se retirer du marché pour ne pas ternir leur image.

Mais à ce moment-là le problème de la distinction des origines de minerais se pose. Des recherches scientifiques permettent de cerner l’origine des minerais mais c’est surtout un problème politique. Il faut que les instances politiques de RDC acceptent de mettre en place les moyens de traçabilité. Sinon les États-Unis refuseront tout achat de minerais provenant de cette région du monde (Kivu et ses voisins).

Le pouvoir congolais de Joseph Kabila a donc mis en place en une suspension de l’exploitation des minerais pour faire un embargo sur les trafiquants d’armes. Mais ces derniers ont trouvé des moyens de contourner cet embargo et l’arrêt des exploitations obligeait un grand nombre de creuseurs à ne pas pouvoir travailler. La suspension a donc été levée en [78].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. « The Foreign Armed Groups », sur MONUSCO (consulté le 2 décembre 2017)
  3. « Kivu Conflict », sur The Polynational War Memorial (consulté le 30 novembre 2017)
  4. a et b « Realtime Data (2017) », sur ACLED (consulté le 23 septembre 2017)
  5. « RDC: au moins 15 casques bleus tués et 3 portés disparus dans le nord-est », sur RFI, (consulté le 10 décembre 2017)
  6. « DR Congo: New ‘Kivu Security Tracker’ Maps Eastern Violence », sur Human Rights Watch, (consulté le 10 décembre 2017)
  7. « ACLED Data (2018) », sur ACLED (consulté le 1er février 2018)
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  74. Philippe Bernard, Kinshasa dénonce le rôle d'un « lobby » minier dans la guerre, Le Monde,
  75. Le coltan au Kivu - DailyMotion, 2003 [vidéo]
  76. Nkunda, gendarme des puissants groupes opposés à l’entrée de la Chine au Congo - mediacongo.net, [PDF]
  77. Roland Pourtier, « Le Kivu dans la guerre : acteurs et enjeux » [PDF], EchoGéo, (consulté le 26 septembre 2018), p. 6-8 et 10-11.
  78. a b et c Béatrice Giblin, Les conflits dans le monde, U : géographie,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Justine Brabant, "Qu'on nous laisse combattre, et la guerre finira" : avec les combattants du Kivu, Paris, La Découverte, , 243 p. (ISBN 978-2-7071-8363-7)
  • Séverine Autesserre, Penser les conflits locaux : l'échec de l'intervention internationale au Congo, L’Afrique des Grands Lacs : Annuaire 2007-2008, Paris, L'Harmattan, pp. 179 – 196, 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]