Forces démocratiques de libération du Rwanda

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Forces démocratiques de libération du Rwanda
Image illustrative de l’article Forces démocratiques de libération du Rwanda

Idéologie Hutu Power
Objectifs Supériorité politique des Hutus au Rwanda
Statut actif
Fondation
Date de formation 2000
Pays d'origine Drapeau du Rwanda Rwanda
Actions
Zone d'opération Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo
Période d'activité 2000-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Ignace Murwanashyaka (branche politique)
Sylvestre Mudacumura (branche armée : Forces combattantes Abacunguzi)
Membres Entre 6 000 et 22 000 combattants en RDC[1]
Groupe relié Armée de libération du Rwanda, Rastas
Guerre du Kivu
Deuxième Guerre du Congo

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, en kinyarwanda : Urugaga Ruharanira Demokarasi No Kubohoza U Rwanda) sont un groupe armé formé en République démocratique du Congo en . Défendant les intérêts des Hutus rwandais réfugiés en RDC et opposé à la présidence de Paul Kagame, il aurait pris la suite de l'Armée de libération du Rwanda et compterait dans ses rangs des responsables du génocide des Tutsis, ce que le groupe nie.

L'objectif des FDLR est de retourner au Rwanda et de renverser le régime de Paul Kagame[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les FDLR sont issues du Comité de coordination de la résistance, un groupe d'exilés rwandais hutus dissident de l'Armée de libération du Rwanda qui se transforme en FDLR en . Leur première apparition date de . Prétendant représenter les intérêts des Hutus rwandais des camps de réfugiés en RDC créés en , les FDLR seraient formées d'anciens membres des Forces armées rwandaises et des milices Interahamwe, prenant la suite selon les observateurs de l'Armée de libération du Rwanda, rassemblant des responsables du génocide au Rwanda et active[Qui ?][pas clair] dans la deuxième partie des années . L'émergence des FDLR se fait sous l'influence du président Laurent-Désiré Kabila, ce dernier cherchant à créer des groupes paramilitaires contre le Rassemblement congolais pour la démocratie dans le cadre de la Deuxième Guerre du Congo. Si la branche politique est essentiellement localisée en Europe, la branche militaire de l'organisation, les Forces combattantes Abacunguzi (Foca) est active dans le Maniema, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu[4],[5].

Tentant de s'implanter politiquement au Rwanda, le groupe fonde l'Alliance démocratique pour la réconciliation nationale avec les partis tutsis exilés Alliance pour la renaissance de la nation et Nation Imbaga y'Inyabutatu Nyarwanda en . Au début de l'été , le président congolais Joseph Kabila suspend totalement son soutien aux FDLR ; quelques mois plus tard, une partie des Foca, dont Paul Rwarakabidje, dépose les armes[5]. Alors que de nombreux membres de l'organisation sont recherchés pour leur participation au génocide des Tutsi, selon Amnesty International et les Réseaux d'information régionaux intégrés, les FDLR commettraient pillages, viols, tueries, enlèvements et utilisation d'enfants soldats et seraient principalement « responsables de l'insécurité et de l'instabilité » dans l'est de la RDC selon l'ONU[1].

En , les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) mènent une première offensive contre les FDLR[1]. Le , le groupe rebelle déclare condamner le génocide des Tutsi de , être prêt à se démobiliser et à rentrer pacifiquement au Rwanda[6]. Cependant, Amnesty International considère que cette déclaration d'intention est fausse tandis que le Conseil de sécurité des Nations unies enjoint le groupe à respecter ses engagements en octobre de la même année ; environ 1 500 combattants rendent leurs armes l'année suivante. En , les FARDC cessent leur opérations contre les FDLR[1]. Le , un accord, conclu entre les gouvernements rwandais et congolais, prévoit des opérations coordonnées de la MONUC et des FARDC, épaulées logistiquement par le Rwanda[7].

Le , le chef de la branche politique des FDLR, Ignace Murwanashyaka, est arrêté en Allemagne, où il était réfugié depuis , dans le cadre d'une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité[8]. Il est condamné en à 13 ans de prison. Son adjoint Straton Musoni écope de 8 ans de prison[9].

Le , la CPI délivre un mandat d'arrêt contre Sylvestre Mudacumura, commandant de la branche armée (FOCA)[10], pour crimes de guerre commis dans les Kivu[11].

Le , l'armée congolaise confirme[12] la mort de Sylvestre Mudacumura dans la chefferie de Bwito proche du Parc national des Virunga. Le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, dément des rumeurs faisant état de l’intervention de la milice NDC-R (Nduma Defense of Congo-Rénové) du général Guidon Shimiray Mwissa dans cette opération[13].

Le , une attaque à Rumangabo (en) (territoire de Rutshuru, Nord-Kivu) ciblant un convoi de civils est attribuée au groupe par la direction du Parc national des Virunga : dix-sept individus, dont douze rangers, sont tués[14],[15].

Le , Luca Attanasio, ambassadeur d'Italie en République démocratique du Congo, ainsi que son garde du corps sont tués près de Goma. Les autorités congolaises accusent le groupe armé d'être le commanditaire de l'attaque dirigée sur le convoi du PAM qui les transportait[16], ce que les FDLR nient[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Immigration and Refugee Board of Canada, « Rwanda : information sur les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) », sur refworld.org, (consulté le )
  2. Peter Jones et Mathilde Gardin, « Les FDLR affirment entamer leur processus de désarmement en RDC », sur Challenges, (consulté le )
  3. AFP, « Attaque dans le nord du Rwanda : la police présente à la presse des rebelles présumés des FDLR », sur Jeune Afrique, (consulté le )
  4. Tshitenge Lubabu M.K., « Qui sont les FDLR ? », sur Jeune Afrique, (consulté le )
  5. a et b Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles : conflits, terrorisme et contestations, Paris, Éditions Michalon, , 500 p. (ISBN 2-84186-248-8), p. 237-238
  6. Jean-Jacques Bozonnet, « Les rebelles hutus impliqués dans le génocide rwandais s'engagent à déposer les armes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « Accord pour désarmer les rebelles hutus rwandais en RDC », sur L'Express, (consulté le )
  8. Tshitenge Lubabu M.K., « Le parcours d'un jusqu'au-boutiste », sur Jeune Afrique, (consulté le )
  9. « RDC: deux rebelles rwandais FDLR condamnés en Allemagne », Radio France internationale,
  10. (en) [PDF] CPI - Bureau du Procureur, Factsheet, Situation in the Democratic Republic of the Congo - Sylvestre Mudacumura, 14 mai 2012 (consulté le )
  11. AFP, « CPI : mandat d'arrêt contre Mudacumura », sur Le Figaro, (consulté le )
  12. « RDC: l'armée affirme avoir tué le chef de la rébellion rwandaise FDLR - RFI », sur RFI Afrique, (consulté le )
  13. Romain Gras, « RDC-Rwanda : le chef militaire des FDLR, Sylvestre Mudacumura, tué dans le Nord-Kivu », sur Jeune Afrique, (consulté le )
  14. AFP, « La RDC accuse des rebelles rwandais d’avoir massacré des écogardes dans le parc des Virunga », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. « RD Congo : une embuscade dans le parc des Virunga fait 17 morts », sur France 24, (consulté le )
  16. « RD Congo : l'ambassadeur d'Italie à Kinshasa tué par balles dans une attaque », sur France 24, (consulté le )
  17. (en) « Analysis of the activity of ISIS's branches in Congo and Mozambique following the imposition of US sanctions », sur The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]