Comité des chasses présidentielles

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Les chasses présidentielles se déroulent dans le parc du château de Chambord

Le Comité des chasses présidentielles est une organisation française, actuellement inactive, dépendant de la présidence de la République, ayant pour activité principale la gestion des chasses présidentielles dans différents parcs.

Présentation[modifier | modifier le code]

Rambouillet

Le Comité des chasses présidentielles gérait les chasses dépendant des domaines du président de la République, à Rambouillet et Marly-le-Roi, tous deux dans le département des Yvelines[1], ainsi que celles mises à sa disposition au château de Chambord dans le Loir-et-Cher.

À Rambouillet et à Marly-le-Roi, il s'agissait de chasses au petit gibier, à Chambord de battues aux sangliers. Ainsi chaque année étaient organisées une quinzaine de journées de chasse offertes au nom du président de la République à ses invités.

Traditionnellement, une journée était réservée aux parlementaires, une au corps diplomatique (ambassadeurs étrangers en poste à Paris)[2]. D'autres étaient plus mélangées, afin de faire se côtoyer des industriels, des élus ou des hauts fonctionnaires.

Quelquefois dans l'année, des chasses étaient également organisées en l'honneur de chefs d'État étrangers et le service du protocole de l'Élysée était sollicité pour connaître les passionnés de chasse parmi les nouveaux dirigeants.

Ces séances, outre le fait pour les convives de partager leur passion, étaient aussi l'occasion de rencontres informelles entre « grands de ce monde », lors du dîner clôturant traditionnellement la partie de chasse.

Ces quelques journées de chasse sont non seulement l'occasion d'échanges informels entre hauts responsables ou hommes politiques, elles sont surtout l'occasion de mettre en valeur le patrimoine cynégétique français.

Historique[modifier | modifier le code]

François de Grossouvre, responsable des chasses présidentielles pendant l'ère Mitterrand.

Charles de Gaulle assistait à la première chasse de la saison ; les présidents de la République Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing étant de grands chasseurs, s'impliquaient dans l'organisation de ces journées[3].

Amaury d'Harcourt eut la charge des chasses présidentielles à Chambord pendant le septennat de Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981)[4].

François Mitterrand, détestant la chasse, songea à supprimer ces chasses entre privilégiés, notamment sous l'influence d'Alain Bombard, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement. Conscient de l'importance de ces chasses dans les rencontres informelles entre chefs d'État et hommes d'affaires, il les maintint discrètement (les journalistes en étant désormais exclus). Il en confia la responsabilité à son ami et collaborateur François de Grossouvre, un des plus actifs de l'époque[5].

En 1995, Jacques Chirac, sur les conseils de sa fille Claude et de son conseiller Nicolas Hulot, supprima celles de Marly et Rambouillet[6]. Bertrand Landrieu, directeur du cabinet du président lors de son premier mandat (1995-2002), obtint le maintien des chasses présidentielles à Chambord[7].

Malgré l'abandon du domaine pour les chasses présidentielles, le 14 décembre 2007, une chasse est organisée à Rambouillet pour Mouammar Kadhafi, chef de l'État libyen, en visite à Paris[3],[8].

Le 16 décembre 2009, Nicolas Sarkozy aurait chargé son conseiller Pierre Charon, en sa qualité de président du conseil d'administration du domaine de Chambord[9], de l'organisation des chasses présidentielles à Chambord[10]. Pierre Charon dément formellement[11].

Dans une lettre datée du 28 juin 2010, le président de la République Nicolas Sarkozy fait savoir à son Premier ministre, François Fillon, qu'il a « décidé de mettre un terme aux chasses présidentielles, qui seront remplacées par de simples battues de régulation, nécessaires aux équilibres naturels, et qui seront confiées à la gestion du ministre de l'agriculture »[12]. Le Canard enchaîné fait remarquer que sur les quatorze chasses organisées par an, seules quatre sont présidentielles et que leur coût global est de 12 000 euros, les dix autres étant des « battues administratives »[13].

L'ambiguïté sur la suppression effective ou non du comité des chasses présidentielles vient du fait que la puissance invitante à ces chasses peut différer : le président de la République, la présidence de la République, la République française ou le domaine de Chambord lui-même[14].

Lors de la saison 2014-2015, des personnalités politiques, des grands patrons ou des hauts fonctionnaires ont été invités à 17 battues de régulation au château de Chambord[15].

En 2017, le président Macron souhaite rouvrir les chasses présidentielles pour « les intérêts de la France »[16] , souhaitant en faire un « instrument d'attractivité. C'est quelque chose qui fascine à l'étranger, ça représente la culture française, c'est un point d'ancrage »[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Widmer. Dernières chasses présidentielles. Vingt ans à la tête de Rambouillet et de Marly. Paris, Markhor, 2017; 216 pages, 69 photos en noir. (J.-P. Widmer fut le dernier directeur des chasses présidentielles sous les deux septennats de François Mitterrand) (ISBN 9782916558110).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Véronique Beaugrand, « Les ex-chasses présidentielles dévoileront leurs trésors », Le Parisien, (consulté le 9 février 2010).
  2. Frédéric Laurent, Le cabinet noir : Avec François de Groussouvre au cœur de l'Élysée de Mitterrand, Paris, Albin Michel, , 249 p. (ISBN 2-226-17508-3), p. 147.
  3. a et b Olivier Le Naire, « Chasses gardées... », L'Express, (consulté le 9 février 2010).
  4. Pascal Ceaux, « Trois hommes et un cadavre », L'Express, (consulté le 9 février 2010).
  5. Sylvie Pierre-Brossolette, « Mort d'un homme de l'ombre », L'Express, (consulté le 9 février 2010).
  6. Thomas Legrand, « Le retour des chasses présidentielles », Slate.fr, (consulté le 9 février 2010). Thierry Mariani, « Fiche question 98463, Assemblée nationale », Assemblée nationale, (consulté le 9 février 2010).
  7. Bertrand Le Balc'h, « De fines gâchettes à droite comme à gauche », Le Figaro, (consulté le 9 février 2010).
  8. Service politique, « Partie de chasse après la visite à Versailles », Le Parisien, (consulté le 9 février 2010).
  9. Décret du 17 décembre 2009 portant nomination du président du conseil d'administration du domaine national de Chambord - M. Charon (Pierre), JORF no 294 du 19 décembre 2009, p. 21954, texte no 129, NOR MCCB0930420D, sur Légifrance.
  10. Éric Mandonnet, « Charon, un porte-flingue aux chasses présidentielles », L'Express, (consulté le 9 février 2010). Éric Mandonnet, « Les chasses présidentielles font jaser », L'Express, (consulté le 9 février 2010). Thomas Legrand, « Nicolas Sarkozy réhabilite la chasse présidentielle », France Inter, (consulté le 9 février 2010).
  11. AFP, « Charon dément organiser des "chasses présidentielles" », Le Figaro, (consulté le 13 février 2010).
  12. Nicolas Sarkozy, « Lettre de M. le Président de la République adressée à M. François Fillon, Premier ministre », Présidence de la République française, (consulté le 1er juillet 2010).
  13. « À la chasse comme à la chasse », Le Canard enchaîné, 7 juillet 2010, p. 8.
  14. « Histoire de la chasse : chasses royales, chasses présidentielles », La Fabrique de l'histoire, France Culture, 23 février 2011.
  15. Pascale Nivelle, « Chambord, les chasses bien gardées de la République », sur www.lemonde.fr, Le Monde, (consulté en 1e mars 2015).
  16. « Emmanuel Macron veut rouvrir les chasses présidentielles, survivance de la monarchie », sur marianne.net, (consulté le 14 octobre 2017)
  17. « Emmanuel Macron souhaite le retour des chasses présidentielles », francetvinfo.fr, 23 janvier 2017

Articles connexes[modifier | modifier le code]