Thierry Coste

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Thierry Coste
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Agriculteur, lobbyisteVoir et modifier les données sur Wikidata

Thierry Coste est un lobbyiste français, né en 1955[1] à Poligny (Jura)[2], « conseiller politique » de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et secrétaire général du Comité Guillaume Tell [3], qui soutient les utilisateurs d’armes à feu en France[4]. Il est également directeur de l'agence de communication Lobbying et Stratégies, dont sont clients notamment la FNC et Chasse, pêche, nature et traditions[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et première carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est fils de militaire et son frère est colonel dans la Légion étrangère. Après ses études en lycée agricole près de Besançon, il achète à 20 ans quelques terres en Haute-Saône[6] pour se consacrer durant dix ans à l'élevage associé à de la polyculture. Au début des années 1970, il est membre fondateur des Paysans Travailleurs, qui militent pour défendre les petits exploitants contre la politique de la FNSEA[7].

De 1984 à 1988, il dirige la section Jeunes de la Fédération française des sociétés de protection de la nature (FFSPN devenue France Nature Environnement -FNE). Il crée aussi les fédérations de protection de la nature de Haute-Saône et de Franche-Comté[8].

Lobbyisme[modifier | modifier le code]

Premières initiatives et engagement politique[modifier | modifier le code]

Déçu par la FFSPN, il quitte ce mouvement pour créer en 1988 « Atout Vert », une société spécialisée en conseil sur les stratégies environnementales ; « Premier client ? Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur, qui le missionne pour établir une stratégie de lutte contre les feux de forêt. Puis il travaille avec Pierre Bérégovoy, Laurent Fabius et François Mitterrand »[7]. À partir de 1994, il ouvre et dirige ensuite « Lobbying et Stratégies », son propre cabinet de lobbying situé rue de Varenne, qui se charge notamment d'aider des PMI-PME installées à l'étranger à trouver le soutien de la diplomatie économique de la France face à leurs concurrents[8]. Il est un relais actif de la fédération des chasseurs, des sociétés de traitement des déchets[9] et des fourrures animales[10].

Passé par le trotskisme dans sa jeunesse, il déclare avoir conservé depuis l’habitude d’infiltrer l’ennemi pour mieux le comprendre[11],[8].

Thierry Coste fréquente et influence les personnalités politiques depuis les années 1980[4], de gauche (François Patriat, Maxime Gremetz), de droite voire de l'extrême-droite. Il a été le conseiller environnement de plusieurs présidents de conseils régionaux (Jean-Pierre Raffarin, Jacques Blanc ou encore Jean-Pierre Soisson) et a participé à la création des agences régionales de l'environnement en Picardie, Poitou-Charente, Midi-Pyrénées, Aquitaine et PACA[8].

Directeur de campagne de Jean Saint-Josse (CPNT) aux élections européennes de 1999, aux cantonales de 2001, à la présidentielle de 2002 puis aux régionales de 2004, il co-dirige avec Guillaume Peltier la campagne de Philippe de Villiers aux européennes de 2004 puis soutient ce dernier à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy à celle de 2012 et François Fillon à celle de 2017[4]. « Membre du groupe ruralité de Jacques Chirac pour la campagne de 2002, il a été la "plume" chasse de Nicolas Sarkozy en 2007, puis de François Hollande en 2012 »[7],[8].

Depuis les années 2000[modifier | modifier le code]

Logotype du Comité Guillaume Tell

Il est secrétaire général du « Comité Guillaume Tell »[12], lobby des armes français qu'il définit lui-même comme « La NRA française »[13]. Il a représenté les intérêts du fabricant d'armes italien, Berretta et de la Fédération française de tir[14].

Assumant son rôle d'influenceur politique, il n'hésite pas à se mettre en scène et raconte ainsi lors d'une interview pour L'Obs « J’ai participé à une caméra cachée pour TF1 à l’Assemblée nationale. Le journaliste a interviewé un député dans la salle des Quatre-Colonnes disant gravement : “Il n’y a pas de lobbies ici…” Et moi, j’étais juste à côté ! »[4]. En 2006, il publie une sorte de manuel du lobbyiste, Le Vrai Pouvoir d'un lobby : Des politiques sous influence.

Au micro de Secrets d'info sur France Inter, il déclare :

« Mon métier, c’est de plaider pour l’intérêt de mes clients et faire en sorte qu’ils aient raison auprès des pouvoirs politiques, auprès des médias. Je ne dis pas qu’ils ont raison, mais ils me payent pour expliquer, pour bien défendre leur cause. Donc mon métier c’est d’abord de faire beaucoup d’investigation, de renseignements : j’infiltre les groupes de pression opposés, les syndicats, tout ce qui peut nuire aux intérêts de mes clients. Ensuite je dois convaincre les ministres, les conseillers des ministres, les parlementaires. [...] J’assume complètement le fait d’être un véritable mercenaire. [...] Pour tout le reste, je suis sans foi ni loi. Seul le résultat compte pour moi : je respecte la loi, point. Pour le reste je n'ai aucun état d’âme.[13] »

Il rajoute sur RMC :

« Ah je n'ai pas de morale. Je respecte la loi, c'est clair. Mais au delà de ça, la ruralité est ma passion donc je suis très machiavélique. Je vous le confirme ! Il n'y a pas beaucoup de gens qui l'assument, mais moi je l'assume complètement. Je défends des gouvernements étrangers qui sont des alliés de la France mais qui ont parfois des comportements très douteux avec les droits de l'Homme. Mais je les assume.[15] »

Il a travaillé pour plusieurs présidents africains, comme celui du Tchad Idriss Déby, défend les intérêts de la Russie dans l'affaire des Mistral ou encore ceux de Chypre du Nord lors du rapprochement opéré avec Chypre sous l'égide de l'ONU[réf. nécessaire]. D'autres pays sont ses clients comme le Gabon[14], la Turquie[16], l'Arabie saoudite[14] et certains pays asiatiques[17].

Par ailleurs, il intervient pour le compte de diverses entreprises dans des domaines divers (banque, environnement, armes, agroalimentaire, santé, énergie, numérique ou encore automobile)[8]. Auprès du sénat, il exerce un lobbying reconnu[14] de défense des intérêts très variés : pour la Fondation Assistance aux Animaux (FAA), l’Union nationale des huissiers de justice, les casinos Tranchant via leur holding Finindusco, la branche Energies Nouvelles d’EDF, la société BECI qui porte le projet d'un centre commercial « Grand Nord» à Dunkerque...

Au printemps 2017, grâce à l’entremise de François Patriat, il se rapproche du candidat Macron, désireux de séduire l'électorat rural[18]. Plus tard en décembre 2017, il invite lors de son 40e anniversaire à Chambord, Emmanuel Macron devenu président, à la présentation d’un tableau de chasse, une première depuis la présidence de Valéry Giscard d'Estaing[4].

Fin août 2018, sa présence imprévue lors d'une réunion gouvernementale sur la chasse accélère la démission de Nicolas Hulot, alors ministre d'État et ministre de la Transition écologique et solidaire du deuxième gouvernement Édouard Philippe[4],[19].

Passionné de nature, il affirme éprouver le besoin de se ressourcer régulièrement chez lui dans le Haut-Var à Tourtour[17].

Publication[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche de Thierry Coste », sur whoswho.fr (consulté le 29 août 2018)
  2. Tristan Berteloot, « Thierry Coste, tir aux pigeons », sur liberation.fr, (consulté le 18 septembre 2018)
  3. Communiqué de presse de Bernard Cazeneuve, « Entretien avec le Comité Guillaume Tell », sur interieur.gouv.fr, (consulté le 29 août 2018)
  4. a b c d e et f Julien Baldacchino, « Thierry Coste, le lobbyiste au tableau de chasse politique bien rempli », sur franceinter.fr,
  5. Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch, Le Sénat: Enquête sur les superprivilégiés de la République
  6. Charles Jaigu, « Thierry Coste : Lobbyiste cynégétique », sur lepoint.fr, (consulté le 29 août 2018)
  7. a b et c Tiffany Blandin, « Lobby : l'ange gardien des chasseurs, Thierry Coste », sur marianne.net, (consulté le 29 août 2018)
  8. a b c d e et f Cyril Hofstein, « Thierry Coste, le Machiavel du monde rural », Le Figaro Magazine, semaine du 16 novembre 2018, p. 56-58.
  9. Notamment actuellement (2018) pour le compte de la société de traitement des déchets Pizzorno Environnement (source : liste des représentants d'intérêts enregistrés au Sénat)
  10. Agathe Perreault, « Qui est le lobbyiste Thierry Coste, sujet de la colère de Nicolas Hulot ? », sur ohmymag.com, (consulté le 29 août 2018)
  11. « Conseiller de Macron et des chasseurs... Qui est Thierry Coste, lobbyiste «sans morale» dénoncé par Nicolas Hulot? », sur 20minutes.fr, (consulté le 29 août 2018)
  12. « Composition du Comité Guillaume Tell », sur lecomiteguillaumetell.fr (consulté le 29 août 2018)
  13. a et b « Des lobbies dans l’ombre du pouvoir », sur France Inter, .
  14. a b c et d « Les lobbys ont-ils leur place dans les cercles du pouvoir ? », sur lemonde.fr, (consulté le 27 novembre 2018)
  15. « "Je n'ai pas de morale": Thierry Coste, le lobbyiste des chasseurs, se confie sur RMC », sur rmc.bfmtv.com, .
  16. « Qui est Thierry Coste ? », sur blogs.mediapart.fr, (consulté le 27 novembre 2018)
  17. a et b « Thierry Coste, le lobbyiste qui a chassé Nicolas Hulot, est un Varois d'adoption... Il s'est déjà confié à Var-matin », sur varmatin.com, (consulté le 18 septembre 2018)
  18. Nathalie Raulin, « Un chasseur sachant chasser », sur liberation.fr, (consulté le 30 août 2018)
  19. « Démission de Nicolas Hulot : la présence d’un lobbyiste prochasse à une réunion a « achevé de le convaincre » », sur lemonde.fr,
  20. Claire Planchard, « Thierry Coste : "Un bon lobbyiste doit être un bon espion avant d'être un manipulateur" », Interview au sujet du livre de Thierry Coste, sur linternaute.com, (consulté le 30 août 2018)