Claude Rodier

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Claude Rodier
Image illustrative de l'article Claude Rodier

Naissance
Saint-Éloy-les-Mines, (63)
Décès (à 41 ans)
Camp de Ravensbrück (Allemagne)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance France libre
Arme MUR d’Auvergne
Grade Sergent-chef
Années de service 19401944
Conflits Seconde Guerre mondiale
Famille Pierre Virlogeux, Jean Virlogeux, Marc Virlogeux

Claude Rodier, née le à Saint-Éloy-les-Mines, (Puy-de-Dôme) et morte le au camp de Ravensbrück (Allemagne), épouse de Pierre Virlogeux, ancienne élève de l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, agrégée de physique, enseignante, a été sergent-chef des MUR (Mouvements unis de la Résistance) d’Auvergne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses origines et sa formation[modifier | modifier le code]

Claude Rodier naît le 21 juillet 1903 à Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) dans une famille d'enseignants laïcs et républicains. Ses ancêtres ont travaillé dans la mine et l'un de ses grands-pères est mort dans une grande catastrophe minière qui endeuilla les Combrailles à la fin du XIXe siècle.

Élève brillante, elle intègre en 1921 l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres[1] où elle suit particulièrement les cours du physicien Paul Langevin. Elle en sortira, en 1923, comme « plus jeune agrégée de France » en physique.

Avant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après avoir enseigné quelque temps à Pamiers, elle rejoint Riom où elle est nommée professeur au lycée de jeunes filles.

Elle épouse le 28 août 1926, à Clermont-Ferrand, Pierre Virlogeux, jeune ingénieur céramiste. De son union avec celui-ci, naissent deux fils : Jean (1927-2006) et Marc (1934-2008).

En 1929, elle accompagne son mari dans la création de son entreprise « Les Grès Flammés ». Elle mettra au service du laboratoire de celle-ci, ses compétences en physique et en chimie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, elle est approchée par l'ambassade des États-Unis, qui, au regard de son cursus en physique atomique, lui propose d'immigrer en Amérique du Nord. Confiante dans l'avenir de la France, soucieuse de l'entreprise de son époux et à cause de la présence d'enfants en bas-âge, elle ne donnera pas suite à cette proposition.

En 1940, à la suite de la débâcle et des manques d'effectifs dus aux prisonniers de guerre retenus en Allemagne, elle reprend son métier d'enseignante au lycée de jeunes filles de Riom.

Entrée en résistance[modifier | modifier le code]

Il est assez rare de pouvoir documenter l’entrée en Résistance d'une personne. S'agissant de Claude Rodier, celle-ci est documentée[2]. De fait, cette entrée a lieu dès 1940, quand la guerre a conduit l'université de Strasbourg à trouver refuge à Clermont-Ferrand.

Elle accueille un couple d'enseignants des Vosges d'origine juive, dont la femme était condisciple de Claude Rodier à l'École normale supérieure, et le mari, en contact, depuis le début de la guerre, avec les services secrets britanniques ; dès lors, le chemin était tracé.

Si l’affiliation originelle aux réseaux du Special Operations Executive (SOE) – et plus particulièrement aux Réseaux Buckmaster (SOE en France) – est avérée[3], un doute existe sur le nom exact du réseau dont Pierre Virlogeux était membre. Tout porte à croire qu'il s'agissait du Réseau Alibi ; d'autres riomois, dont le maire de Riom Guy Thomas (1965-1971), ancien résistant, ancien déporté au camp de Buchenwald, lié à la famille Virlogeux, acteur des hommages rendus par la ville, en furent des membres attestés[4].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Monument Pierre Virlogeux et Claude Rodier
Monument Pierre Virlogeux et Claude Rodier

Après la guerre, la municipalité de Riom fit rebaptiser l'avenue qui conduit du centre ville à la gare SNCF « Riom-Châtelguyon », « avenue Virlogeux ». Au long de cette avenue, fut érigé le monument en hommage à Claude Rodier et Pierre Virlogeux fait d'une pierre taillée en forme de menhir, sur un socle en carreaux de grès flammés, portant en son centre un médaillon, réalisé par Pierre Virlogeux, représentant Claude Rodier de profil, et surmonté d'un buste "auto-portrait" de Pierre Virlogeux.

Le jardin public du XIXe siècle qui borde cette avenue fut également renommé « square Virlogeux ».

Dernier hommage de la municipalité de Riom, le lycée public construit sur l'emprise de la caserne d'Antherron où se suicida Pierre Virlogeux et où son corps fut caché par les séides du SD de Clermont-Ferrand fut baptisé « lycée Pierre-et-Claude-Virlogeux ».

Famille[modifier | modifier le code]

  • Pierre Virlogeux
Article détaillé : Pierre Virlogeux.
  • Jean Virlogeux (1927-2006)

En 1940, comme éclaireur de France, il participe, à Riom, à l'accueil des réfugiés. En 1943, il tente, avec un camarade, de rejoindre le maquis. Sous l'autorité de son père, il participe aux actions de résistance (messager, réceptions de parachutages...).

Le 8 février 1944, Jean Virlogeux vient tout juste de fêter ses 17 ans. Après son arrestation, il est violemment "secoué", notamment par Ursula Brandt. Transféré à la caserne du 92e RI à Clermont-Ferrand, il y commencera un parcours qui, comme déporté NN, le conduira à Compiègne-Royallieu (avec un séjour en région parisienne pour désarmer des bombes du bombardement de la gare de triage de La Chapelle), au camp de Neuengamme, au Kommando de Fallersleben ("ouvrier électricien" aux usines Volkswagen), pour être enfin libéré par les troupes de la 82nd Airborne, le 2 mai 1945 au camp de Wöbbelin-Ludwiglust. 1m75, 37kg[5].

  • Marc Virlogeux (1934-2008)

Il a 7 ans lorsqu'il est arrêté avec ses parents et son grand-père. Compte tenu de leurs âges, lui et son grand-père seront libérés dans la soirée du 8 février 1944. Il ne reverra jamais ses parents et restera dans l'ignorance de leur sort jusqu'à la Libération, pour son père, jusqu'à la libération des camps de concentration pour sa mère. Il en restera marqué pendant toute sa vie[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À la mémoire des Sévriennes mortes pour la France. 1939-1945, 8 portraits hors-texte de Camille Charvet (née Kahn) ; Marie Talet ; Marcelle Pardé ; Marie Reynoard ; Claude Virlogeux (née Rodier) ; Marguerite Flavien (née Buffard) ; Madeleine Michelis ; Andrée Dana, Paris, imp. Guillemot, 1946.
  2. Mais dans l'attente de la parution des mémoires du fils d'acteurs de cette évolution, en cours de rédaction, deux personnages importants resteront anonymes.
  3. En attente des références figurant dans les archives du fort de Vincennes.
  4. Gilles Lévy, L'Auvergne des années noires, Éditions de Borée, 2000, p. 55.
  5. 15 mois aux mains de la Gestapo et des SS.
  6. Témoignage de Marc Virlogeux.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]