Margarete Buber-Neumann

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Margarete Buber-Neumann[1]

Margarete Buber-Neumann (née Thüring le à Potsdam et morte le à Francfort) est une écrivaine allemande. Militante communiste, elle survécut aux camps du Goulag en Union soviétique et aux camps de concentration nazis en Allemagne et témoigna de son expérience dans plusieurs livres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920 Margarete Thüring adhéra au parti communiste. Elle épousa Rafael Buber, également communiste, fils du philosophe juif Martin Buber. Margarete devint en 1928 employée d'Inprekorr[2]. Le couple Buber eut deux filles, puis divorça en 1929. Elle vécut avec Heinz Neumann (de), un des leaders du parti communiste[3]. À l'arrivée des nazis au pouvoir, celui-ci et Margarete se réfugièrent à Moscou. Durant les années 1930 ils travaillèrent tous deux pour le Comintern, d'abord en France, puis en Espagne. En , Heinz Neumann fut victime des Grandes Purges staliniennes et disparut à tout jamais. Elle vécut seule jusqu'en juin 1938, quand elle fut arrêtée à son tour par le NKVD.

Lors d'un simulacre de procès, elle fut accusée d'activités contre-révolutionnaires et condamnée à cinq années d'emprisonnement dans un camp de travail. Elle fut déportée à Karaganda, au Kazakhstan, où elle passa deux années dans des conditions atroces. En 1940, Staline décida de livrer à Hitler les communistes allemands qui s'étaient réfugiés en Union soviétique et Margarete Buber-Neumann, après deux années de goulag, fit partie du nombre. Alors que les Soviétiques lui avaient dit qu'elle serait extradée vers la Suède, elle fut remise à la Gestapo sur le pont de Brest-Litovsk[4],[5],[6]. Les Allemands l'internèrent au camp de concentration de Ravensbrück. Elle y passa cinq années, se liant d'amitié avec l'ethnologue française Germaine Tillion et avec la journaliste tchèque Milena Jesenská. Cette dernière, qui avait entretenu une correspondance amoureuse avec Franz Kafka, mourut d'épuisement en 1944 et Margarete écrivit sa biographie. Buber-Neumann fut la secrétaire de Johanna Langefeld.

En , devant l'avancée de l'Armée rouge, la direction du camp décida de libérer un grand nombre de détenues. Margarete Buber-Neumann se lança à pied dans un périple dangereux à travers l'Allemagne pour échapper aux Soviétiques et rejoindre sa famille à Thierstein en Bavière.

En 1949, elle témoigna à Paris lors du célèbre procès Kravtchenko et son récit, qui établit un parallèle entre camps soviétiques et camps nazis, représenta un des temps forts du procès. C'était la première fois qu'un témoin incontestable dévoilait l'existence des camps de déportés politiques en URSS.

Elle devint membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne en 1975.

Elle est enterrée au cimetière principal de Francfort. Ses deux filles, Barbara et Judith, élevées dans la maison de leur grand-père paternel, Martin Buber, ont émigré en Israël. Judith — en Israël Yehudit Buber-Agassi — est une militante féministe, épouse du philosophe Yossef Agassi.

« Margarete Buber-Neumann nous apparaît comme le témoin exemplaire du mal qui a dominé la vie politique de l'Europe, le totalitarisme [...] On sort de la lecture de ses livres un peu plus confiant dans les ressources de l'espèce humaine. »

— Tzvetan Todorov.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Lévy, Margarete Buber-Neumann — Du Goulag à Ravensbrück, Éditions L'Harmattan, 140 p. (ISBN 9782343064260 et 9782336385457)
  • (de) Michaela Wunderle (dir.), Apropos Margarete Buber-Neumann, Francfort-sur-le-Main, Neue Kritik, 2001 (ISBN 3-8015-0357-7)

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Contribution originale à Wikipédia de l'utilisateur Jburlinson.
  2. Revue correspondante en français : Inprecor.
  3. (en) Arthur Koestler, The invisible writing, Londres, Hutchinson of London, 1979, p. 255.
  4. De Nuremberg à Nuremberg, 1re partie.
  5. (en) Books : One Who Survived, TIME Magazine (15 janvier 1951) (abonnés seulement).
  6. (de) Hermann Weber, Hotel Lux - Die deutsche kommunistische Emigration in Moskau [PDF], Fondation Konrad Adenauer, no 443 (octobre 2006), p. 60. Consulté le 12 novembre 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]