Cinéma Mac Mahon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir MacMahon.

Mac Mahon
Description de cette image, également commentée ci-après
Intérieur du cinéma Mac Mahon.
Type Salle de cinéma
Lieu Paris 17e
Inauguration 1938
Nb. de salles 1
Réseau Pathé
Format de langue VOST
Format de projection Cinémascope
Format de son Dolby
Direction Groupe Bolloré
Site web http://www.cinemamacmahon.com

Le cinéma Mac Mahon est une salle de cinéma parisienne située au no 5 de l'avenue Mac-Mahon[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Façade en 2017.

Le Mac Mahon est ouvert en 1938[1]. À la Libération, le cinéma se spécialise dans la diffusion des films américains interdits pendant l'Occupation. Dès lors sa réputation est faite[2].

Dans les années 1950 se forme la bande cinéphile des « mac-mahoniens » avec notamment Michel Mourlet, Michel Fabre, Pierre Rissient, Jacques Serguine, Bertrand Tavernier, Bernard Martinand, Alfred Eibel et Patrick Brion[1]. Le terme de « mac-mahonien » fut inventé par Philippe Bouvard[3].

Pour eux, la perfection du cinéma était symbolisée par quatre cinéastes « cultes » rassemblés dans un « Carré d'As » : Raoul Walsh, Otto Preminger, Joseph Losey et Fritz Lang[4],[5]. Michel Mourlet signe le manifeste des mac-mahoniens dans les Cahiers du cinéma en août 1959 avec l'article intitulé « Sur un art ignoré[6],[4]. Les mac-mahoniens affirment la primauté de la mise en scène sur le scénario[1] ». « Tout est dans la mise en scène », écrit Michel Mourlet dans « Sur un art ignoré ».

Un des films emblématiques de cette période, À bout de souffle, est tourné en partie au Mac Mahon par Jean-Luc Godard assisté de Pierre Rissient, le chef de file des mac-mahoniens[7].

En 1961, Michel Mourlet puis Jacques Lourcelles prennent la direction de la revue Présence du cinéma, qui devient alors le lieu d'expression des idées du mouvement des mac-mahoniens jusqu'en 1966[8].

En 1983, le cinéaste Pascal Kané fait scandale en représentant dans son film Liberty Belle un mac-mahonien en auxiliaire de l'OAS[4],[8]. Bertrand Tavernier, notamment, a fait justice de cette fiction calomnieuse dans la préface de son livre Amis américains[9]

Durant les années 1960, le cinéma américain continue de faire les beaux jours du Mac Mahon et triomphe avec ses comédies musicales[2].

En 1987, le Mac Mahon est repris par Axel Brücker qui dirige la salle pendant vingt ans et en fait un lieu de festivals et de présentation de films en avant-premières. Brücker relance la société Mac-Mahon Distribution qui se spécialise dans la réédition en France des films du patrimoine, des plus célèbres comédies musicales, comme Gigi, Un Américain à Paris ou La Veuve joyeuse… ainsi que des grands films américains, comme Ben-Hur.

Le cinéma est repris en 2000 par le groupe Bolloré[10],[11], qui y fait d'importants travaux de rénovation. Une régie de télévision et une scène de théâtre sur vérins y sont notamment installées en 2005. Une trentaine de pièces de théâtre sont retransmises en direct sur la chaîne Direct 8 dans le cadre de l'émission Théâtre en direct. Depuis son rachat par Bolloré, le Mac-Mahon se partage entre la programmation des grands films du répertoire, notamment de classiques du cinéma américain, en maintenant la programmation « art et essai », et l'organisation, en semaine, d'avant-premières, de rencontres et de débats[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Alain Riou, « Le Mac-Mahon a 60 ans : Hollywood-sur-Seine », Le Nouvel Observateur, no 1769,‎ (lire en ligne).
  2. a, b et c http://www.cinemamacmahon.com
  3. Michel Mourlet, « Mes voyages en cinéphilie », dans Michel Mourlet, Sur un art ignoré : La mise en scène comme langage, Ramsay, coll. « Ramsay Poche Cinéma », , p. 126.
  4. a, b et c Sophie Grassin, « La légende du Mac-Mahon », L'Express, no 2469,‎ (lire en ligne).
  5. Geneviève Puertas, « Au fil des générations », dans Michel Mourlet, Sur un art ignoré : La mise en scène comme langage, Ramsay, coll. « Ramsay Poche Cinéma », , p. 17.
  6. Michel Mourlet, « Sur un art ignoré », Cahiers du cinéma, no 98,‎ .
  7. Puertas 2008, p. 21
  8. a et b Puertas 2008, p. 24
  9. Michel Mourlet, Une Vie en liberté, Ed. Séguier, , 460 p. (ISBN 978-2-8404-9702-8), pp. 82-83.
  10. « Chuchotis », Le Point,‎ (lire en ligne).
  11. Irène Inchauspé, Jean-François Jacquier et Etienne Mary, « Le Français qui veut se payer l'Italie », Le Point,‎ (lire en ligne).

Lien externe[modifier | modifier le code]