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Règle monastique

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Une règle monastique est un texte écrit contenant les normes fondamentales d'un ordre monastique — le terme monastique fait référence au monachisme, la condition des moines et de leurs monastères dédiés à la contemplation fondés à l’origine dans le désert, et généralement situés dans des environnements éloignés du monde. Il s'agit soit d'un texte écrit du fondateur de l'ordre et respecté à la lettre, soit d'une des règles d'un ordre monastique antérieur au xiiie siècle.

La règle monastique est souvent complétée de constitutions, précisant l'organisation de la vie de la communauté religieuse, et dépendant de la règle.

D'autres ordres religieux, non uniquement contemplatifs et ayant une vie plus apostolique, comme les ordres mendiants (franciscains, dominicains) ou les chanoines réguliers suivent aussi des règles, également complétées par des constitutions. Ils vivent généralement dans des couvents situés dans des environnements urbains, avec un degré de clôture plus ou moins grand. Moines et religieux forment ensemble le clergé régulier, du latin regula (règle).

Les règles les plus répandues sont celles des ordres religieux catholiques et celles du bouddhisme.

Les coutumiers complétaient les règles et constitutions monastiques et donnaient aux monastères autonomes comme aux ordres religieux des indications concernant la vie quotidienne et l'observance religieuse.

Christianisme

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Si les premières expériences de vie religieuse sont réalisées par des ermites ou anachorètes comme Paul de Thèbes, un certain cénobitisme (vie en communauté) se développe ensuite avec les groupes d'ermitages ou laures, puis un cénobitisme plus marqué avec le moine égyptien Pacôme le Grand (292-348)[1]. Cette vie en communauté nécessite une organisation, matérialisée par des règles.

Dans ses Institutions, le père de l'Église Jean Cassien (360-435) utilise le terme regula lorsqu'il parle de la manière de vivre des moines. Durant la période patristique le mot suggérait ainsi l'idéal de vie monastique, sans référence particulière à un texte. Ce n'est que plus tard que les grandes figures du monachisme primitif laissèrent à leurs disciples des textes aidant à vivre l'idéal monastique proposé[2].

En 1215, le canon 13 du concile Latran IV décrète : « Défense à qui que ce soit d'inventer de nouveaux ordres religieux. Ceux qui voudront entrer en religion embrasseront un des ordres approuvés. »[3],[4],[5]. Selon le moine historien Jacques Dubois, il ne s'est alors pas agit de limiter le nombre de règles à quatre (le nombre ni le type n'étant pas précisés dans le canon), mais d'interdire la création de nouveaux ordres, qui étaient définis par une regula (règle donnant les grands principes) et une institutio (code précis)[6]. Ce canon de Latran IV est inséré dans les décrétales de Grégoire IX du Corpus juris canonici, interdisant la création d'un nouvel ordre religieux sans autorisation du Pape[5],[7],[8].

Pour les ordres religieux existant avant Latran IV, la règle et les constitutions (institutiones) sont profondément distincts. Pour les ordres religieux postérieurs et ceux de l'époque moderne, le terme « constitutions » comprend le droit constitutif et spécifique de l'institut de vie consacrée. Pour les ordres des xixe et xxe siècles, le terme « constitutions » devient universel et désigne la législation propre de l'institut, et celui de règle est réservé aux ordres pré-Latran IV. Le code de droit canonique de 1983 utilise les termes de « code fontamental » ou « constitutions »[2].

Dans l'usage catholique depuis la fin du xxe siècle, le terme « règle » est parfois associé à celui de « constitutions ». Il désigne ainsi soit une des règles religieuses antérieures à Latran IV, soit un texte écrit du fondateur appliqué à la lettre. Les constitutions désignent les normes fondamentales de la vie de la communauté, précisant et dépendant de la règle[2].

Règles catholiques

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Principales règles monastiques antiques

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Autres règles monastiques

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Autres règles religieuses

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Règles protestantes

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Les diaconesses de Strasbourg et de Reuilly sont des religieuses protestantes. Elles suivent des règles propres, celle de Reuilly a été rédigée en 1984[13],[14],[15].

Un long échange dans les années 1980 entre les moines bouddhistes de Dharamsala et les moines catholiques bénédictins de la Pierre-qui-Vire a conclu à une ascèse et un engagement similaires entre ces types de moines, excepté dans la médiation tournée vers le vide dans le bouddhisme versus vers Dieu dans le christianisme[16].

La Vinaya Pitaka (« corbeille de la discipline monastique) est une règle composée environ 454 années après la mort du Bouddha Sakyamuni, utilisée par toute la Communauté monacale bouddhiste (Sangha), spécialement par le courant Theravāda.

Notes et références

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  1. Catoire 1911.
  2. a b et c Rodé 2010.
  3. « Concile de Latran IV - 1215 - douzième concile oecuménique (tome I, colonnes 1058 à 1079) », sur www.clerus.org (consulté le )
  4. Adolphe-Charles Peltier, Dictionnaire universel et complet des conciles, t. I, 1846-1847 (lire en ligne), p. 1062
  5. a et b Karl Joseph von Robarts - University of Toronto, Joseph Hergenröther, Henri Leclercq et Alois Knöpfler, Histoire des conciles d'après les documents originaux, vol. v, Paris : Letouzey et Ané, 1907-1952 (lire en ligne), p. 1344
  6. Dubois 1974, p. 10.
  7. « Corpus juris canonici Liber III », lib. III, tit. xxxvi. De religiosis, cap. 9., sur digital.library.ucla.edu (consulté le ), p. 1310-1311
  8. (la) Emil Friedberg, Corpus iuris canonici, Tauchnitz, (lire en ligne), lib. III, tit. xxxvi. De religiosis, cap. 9., p. 607
  9. (la) « Regula S.P.N. Benedicti », sur The Latin Library, helatinlibrary.com (consulté le ).
  10. Jean-Pierre Auger, Le prieuré Grandmontain du Meynel, Initiatives et Actions pour la Sauvegarde de l’Environnement et des Forêts, , 32 p. (lire en ligne)
  11. (es) « Regla bulada o definitiva (1223) », sur Frate Francesco.org, fratefrancesco.org (consulté le ).
  12. Alain Demurger, Jacques de Molay, Payot & Rivages, coll. « « Biographie Payot » », (ISBN 2-228-89628-4), "ce ne sont pas des moines, n'ayant pas la vocation de se retirer du monde pour prier, méditer et rendre gloire à Dieu. Le Temple est un ordre religieux-militaire, pas un ordre monastique ; et l'expression de « moine-soldat », courante et galvaudée, est impropre".
  13. « Nos documents », sur Site homebethesda.net! (consulté le )
  14. « Qui sommes-nous ? », sur Communauté des Diaconesses de Reuilly (consulté le )
  15. Claire Bernole, « Portrait des Diaconesses de Reuilly », sur Reforme, (consulté le )
  16. Katrin Amell, Contemplation et dialogue (Thèse en missiologie pour le doctorat en théologie soutenue à l'Université d'Uppsala), Uppsala, Swedish Institute of Mission Research at Uppsala University., , 246 p. (lire en ligne), p. 53 et suivantes

Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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  • A. Catoire, « Le monachisme oriental », Revue des études byzantines, vol. 14, no 86,‎ , p. 42–47 (DOI 10.3406/rebyz.1911.3891, lire en ligne, consulté le )
  • Jacques Dubois, « Les moines dans la société du Moyen Âge (950-1350) », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 60, no 164,‎ , p. 5–37 (DOI 10.3406/rhef.1974.1519, lire en ligne, consulté le )
  • Antonio Linage Conde, « Pierre Bonnerue, éd. — Benedicti Anianensis. Concordia Regularum. I : Praefatio. Concordantiae. Indices. II : Textus. Turnhout, Brepols, 1999, 2 vol. (Corpus Christianorum. Continuatio Medievalis, CLXVIII et CLXVIII/A) », Cahiers de Civilisation Médiévale, vol. 45, no 178,‎ , p. 173–174 (lire en ligne, consulté le )
  • Jacques Dubois, « Le monachisme chrétien occidental » dans l'article Monachisme, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007.
  • Sabino Chialà, « Les règles monastiques syriaques et leur caractère spécifique », dans Le monachisme syriaque, Paris, F. Jullien, coll. « Études syriaques 7 », (lire en ligne), p. 107-122
  • Franc Rodé, « Les constitutions dans la vie religieuse aujourd’hui », Rasprave, no 70,‎ , p. 289-299 (lire en ligne Accès libre)