Chevalier (chevalerie)

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Un chevalier médiéval en armure.
Un chevalier médiéval en armure.

Le chevalier est un combattant à cheval. Le titre de chevalier est un titre honorifique militaire donné par un monarque ou un autre chef politique. Historiquement, en Europe, la chevalerie était constituée de guerriers à cheval[1]. Au cours du Haut Moyen Âge, la chevalerie était considérée comme une classe de noblesse inférieure. À la fin du Moyen Âge, le rang est associé aux idéaux de la chevalerie. Ces idéaux constituent alors un code de conduite pour le parfait guerrier chrétien courtois. Souvent, le chevalier était un vassal qui servait de combattant pour un suzerain, avec un paiement sous forme de propriétés foncières[2].

La chevalerie au Moyen Âge est étroitement liée à l'équitation et surtout à la joute depuis ses origines au XIIe siècle. une mode parmi la haute noblesse du duché de Bourgogne au XVe siècle. Ce lien se reflète dans l'étymologie des mots chevalerie, cavalier et d'autres termes apparentés. À la fin du Moyen Âge, de nouvelles méthodes de guerre ont commencé à rendre obsolètes les chevaliers classiques en armure, mais les titres ont été conservés dans de nombreuses nations. Aujourd'hui, plusieurs ordres de chevalerie continuent d'exister, tels que l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem qui a pris la place laissée par l'ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, l'ordre anglais de la Jarretière, l'ordre royal suédois des Séraphins et l'ordre royal norvégien de Saint-Olav. Chacun de ces ordres a ses propres critères d'admission. Un chef d'État ou un monarque accorde généralement la chevalerie à des personnes sélectionnées en reconnaissance de ces mérites ou pour un service non militaire rendu au pays.

Historiquement, les idéaux de chevalerie ont été popularisés dans la littérature médiévale, particulièrement par les cycles littéraires connus sous le nom de Matière de France ou Cycle carolingien concernant les compagnons légendaires de Charlemagne et la Matière de Bretagne notamment les légendes du Roi Arthur.

Il y a quatre sortes de chevaliers : le chevalier régulier, le chevalier militaire, le chevalier honoraire et le chevalier social[3].

«  La chevalerie reguliere, est celle des Ordres Militaires où l'on s'engage de prendre un certain habit, de porter les armes contre les Infidèles, de favoriser les Pèlerins allant aux lieux Saints, et de servir aux Hôpitaux où ils doivent être reçus. La Militaire est celle des anciens Chevaliers qui s'acquéroit par des hauts faits d'armes. On les appelloit Milites dans les anciens titres. Les Princes même se saisoient recevoir Chevaliers ; on leur ceignoit l'épée, et on leur chaussoit les éperons dorés. L'Honoraire est celle que les Princes confèrent aux autres Princes & aux premiers de leur Cour. La Sociale enfin est celle qui n'est point autorisée qui se forme dans quelques circonstances & qui ne subsiste plus après[3]. »

Chevalier régulier[modifier | modifier le code]

Le chevalier régulier, que Bernard de Clairvaux appelle « chevalier du Christ » (miles Christi) et distingue du « chevalier du siècle » (miles saeculi)[4],[5], est un chevalier qui appartient à un ordre religieux-militaire. Ces ordres, apparus au Moyen Âge, à commencer par l'ordre du Temple fondé vers 1120, sont notamment caractérisés par l’assujettissement à une règle[6], au sens du « texte qui fixe les engagements religieux, les usages conventuels et les devoirs du nouveau frère à l'instant de sa profession dans l'ordre »[7], et par la prononciation de vœux, dont ceux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté[8],[9]. Ces règles sont inspirées soit de celle de saint Benoît, s'adressant aux moines retirés dans un monastère, soit de celle de saint Augustin, destinée à ceux agissant dans le siècle[10].

Ces références au mode de vie monastique ont suscité de nombreux débats parmi les chercheurs autour de la notion de « moine-soldat ». Cette expression est souvent employée par les spécialistes pour caractériser ces « chevaliers du Christ »[11],[12], certains auteurs en attribuant la paternité à Bernard de Clairvaux[13]. La pertinence de cette expression, plus particulièrement le caractère monastique de ces chevaliers, est cependant discutée. Si Desmond Seward et Laurent Daillez estiment que les Templiers sont avant tout des moines[14],[15], James Brodman considère qu'il convient de distinguer les ordres militaires monastiques, d'inspiration bénédictine, de ceux hospitaliers, d'inspiration augustinienne[16]. Selon Alain Demurger, « les Templiers ne sont pas des moines, mais des religieux de type militaire »[17]. Sam Zeno Conedara propose de parler plutôt de « chevaliers ecclésiastiques », pour souligner le fait que ces chevaliers ne désiraient pas quitter le mode de vie guerrier, mais le consacrer[18].

Chevalier militaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chevalerie.
Guillaume Duc de Normandie accompagné de ses Chevaliers en armes du XIe siècle sur la tapisserie de Bayeux.
Guillaume Duc de Normandie accompagné de ses Chevaliers en armes du XIe siècle sur la tapisserie de Bayeux.

Le chevalier militaire est un chevalier laïc qui participe d'un ordre de chevalerie[3] comme les ordres de chevalerie constitués en Europe par un suzerain.

Ce sont ces cavaliers qui sont à l'origine de la chevalerie. La chevalerie a peu à peu développé ses valeurs et ses coutumes propres, sous l'influence notamment de l'« amour courtois » (la « fin'amor ») des troubadours et trouvères. D'une fonction militaire au service de la veuve et de l'orphelin, la chevalerie est devenue une fraternité, puis un groupe social. Ce groupe social va progressivement devenir un idéal à suivre, un modèle, une institution, elle devenait la marque de la noblesse. Puis le titre de chevalier se banalise, étant acquis, moyennant finances, par les bourgeois enrichis des villes devenues prospères, et ne devenait plus guère qu’un terme honorifique. Ces ordres ont évolué progressivement vers les ordres honorifiques par sécularisation ou en ordres dynastiques[réf. nécessaire].

Les chevaliers servaient dans l'armée de leur suzerain féodal, c'est-à-dire leur seigneur, roi ou empereur. Ils suivaient un code d'honneur, inspiré des vertus chrétiennes, consistant en principe à protéger le faible et l'opprimé. Cherchant principalement la gloire personnelle lors des opérations militaires, ils étaient souvent peu disciplinés et chargeaient en désordre à la vue de l'ennemi. Ils s'équipaient eux-mêmes, leurs armures, armes et destriers étant entièrement à leur charge[réf. nécessaire].

Chevalier honoraire[modifier | modifier le code]

Le chevalier honoraire est un chevalier qui participe d'un ordre honorifique[3]. Ils servent à honorer ceux que les princes veulent distinguer.

Chevalier social[modifier | modifier le code]

Le chevalier social est un chevalier qui participe d'un pseudo-ordre ou ordre de fantaisie[3].

Chevaliers célèbres[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive de chevaliers célèbres :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hugh Clark, A Concise History of Knighthood: Containing the Religious and Military Orders which Have Been Instituted in Europe. With Descriptions of Their Mantles, Caps, Collars, Stars, Ribbons, and Mottoes. Also Accounts of the Installations of the Garter, Bath, Thistle, and St. Patrick; and Correct Lists of the Knights of Each. To which is Added the Antient Ceremonies Used at Duels, Combats, Justs, and Tournaments. The Whole Imbellished with 82 Copper Plates, Comprising 116 Orders, Accurately Drawn and Neatly Engraved. Being the Completest Collection Ever Published in Great Britain. In Two Volumes. Collected from the Best and Most Approved Prints and Manuscripts. With a Correct Index to the Whole, W. Strahan, J. F. and C. Rivington, T. Payne, W. Owen, S. Crowder, ... [and 18 others in London], (lire en ligne)
  2. (en) Holt Mcdougal (COR), ML WORLD HISTORY MEDIEVAL AND EARLY MODERN TIME RE, Houghton Mifflin School, (ISBN 9780618530755, lire en ligne)
  3. a, b, c, d et e Dictionnaire ecclésiastique et canonique portatif, Paris, 1766, tome I, p. 364 : « Il y a quatre especes de Chevalerie, la régulière, la militaire, l'honoraire et la sociale. ». Lire en ligne
  4. Éloge de la nouvelle chevalerie, chapitre II
  5. Demurger 2002, p. 149
  6. Demurger 2002, p. 8
  7. Demurger 2002, p. 59
  8. Demurger 2002, p. 62
  9. (en) Giles Constable, Crusaders and Crusading in the Twelfth Century Couverture, Ashgate Publishing, (lire en ligne), p. 174
  10. Demurger 2002, p. 58
  11. Jean Leclercq, François Vandenbroucke et Louis Bouyer, La spiritualité du Moyen Age, Aubier, , p. 169
  12. (en) Desmond Seward, The Monks of War : The Military Religious Orders, Eyre Methuen,
  13. (en) Frederick H. Russell, The Just War in the Middle Ages, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 37
  14. Desmond Seward, Les Chevaliers de Dieu : les ordres religieux militaires au Moyen Âge à nos jours, Perrin, , p. 26
  15. Laurent Dailliez, Les Templiers, Perrin, , p. 84
  16. (en) James W. Brodman, « Rule and Identity: The Case of the Military Orders », The Catholic Historical Review, vol. 87, no 3,‎ (JSTOR 25025970)
  17. Demurger 2002, p. 9
  18. (en) Sam Zeno Conedera, Ecclesiastical Knights: The Military Orders in Castile, 1150-1330, Fordham University Press, (lire en ligne), p. 12-13

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bernard de Clairvaux, Éloge de la nouvelle chevalerie, c. 1130
  • Alain Demurger, Chevaliers du Christ : les ordres religieux-militaires au Moyen Âge (XIe-XVIe siècle), Le Seuil,
  • D'Arcy Jonathan Dacre Boulton, The knights of the crown: the monarchical orders of knighthood in later medieval Europe, 1325-1520, Boydell Press, 2000,
  • Alain Demurger (1997) Brève histoire des ordres religieux militaires, Éditions Fragile, collection Brève Histoire, (ISBN 2-910685-16-0)
  • Alain Demurger (2005), Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Seuil, Paris, (ISBN 978-2-7578-1122-1)
  • François Saint-Christo Comte de Colleville, Les Ordres du roi, 1925. Réédition à Versailles 2001
  • Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l'Ordre de Malte, Perrin, Paris, 2006
  • Nicole Lemaître, Marie-Thérèse Quinson et Véronique Sot (1994) Dictionnaire culturel du christianisme, Cerf et Nathan, Paris
  • Bernard Marillier, « Les ordres de chevalerie médiévaux », dans Histoire médiévale, no 42, juin 2003, p. 48-49.
  • Bernard Marillier, « De Saint-Georges à Saint-Michel », dans Histoire médiévale, no 42, juin 2003, p. 50-55.
  • Bernard Marillier, « L'ordre de la Toison d'or », dans Histoire médiévale, no 42, juin 2003, p. 56-59.
  • Hervé Pinoteau, Études sur les ordres de chevalerie du roi de France, et tout spécialement les ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, 1995.
  • Desmond Seward, Les Chevaliers de Dieu : Les ordres religieux militaires du Moyen Âge à nos jours, Paris, Librairie Académique Perrin, , 384 p. (ISBN 978-2-2620-2725-4)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]