Chōkai (croiseur)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Ne doit pas être confondu avec JDS Chōkai (DDG-176).

Chōkai
image illustrative de l’article Chōkai (croiseur)
Le croiseur lourd Chokai en 1942
Type Croiseur lourd
Histoire
A servi dans Naval Ensign of Japan.svg Marine impériale japonaise
Commanditaire Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Chantier naval Chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki Drapeau du Japon Japon
Quille posée
Lancement
Armé
Statut coulé à la bataille au large de Samar
le
Équipage
Équipage 773 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 201,7 m
Maître-bau 20,73 m
Tirant d'eau 6,32 m
Déplacement 9 850 tonnes (standard)
15 490 tonnes (pleine charge)
Propulsion 12 chaudières
4 turbines Kampon
Puissance 132 000 ch
Vitesse 35,5 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture = 37-100 mm
pont = 25-43 mm
magasin = 75-125 mm
tourelle = 75 mm
Armement À la mise en service:
(5X2) canons de 203 mm 2GÔ (MkII)
(4X1) canons de 120 mm
(2x1) et (1x2) canons Vickers de 40 mm
4 mit. Vickers de 13,2 mm
(4x2) tubes lance-torpilles orientables de 610 mm
Final :
(5X2) canons de 203 mm 2GÔ (MkII)
(4X1) canons de 120 mm
Canons AA de 25 mm de Type 96
4 mit. Vickers de 13,2 mm
(4X4) tubes lance-torpilles orientables de 610 mm
Rayon d'action 8 500 nautiques (15 740 km)
à 14 nœuds
Aéronefs 2 catapultes
3 avions

Le Chōkai (鳥海?) est le troisième croiseur de la classe Takao, construit pour la Marine impériale japonaise au début des années 1930. Avec un déplacement standard officiel (mais sous-évalué) de 9 850 tonnes, il associait une artillerie puissante, une protection satisfaisante et une grande vitesse. Comme ses trois sister-ships, il prit une part active aux opérations de la guerre du Pacifique, en particulier comme navire amiral de la 8e Flotte, pendant la campagne de Guadalcanal. Il a été le dernier navire opérationnel de sa classe et a été coulé, le pendant la bataille au large de Samar.

Arrière-plan, conception et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Conçue dans le cadre du Programme de Renforcement de 1927, la quatrième classe de croiseurs lourds[Note 1] japonais a incorporé, sur des coques ayant des dimensions très proches de celles de la classe Myōkō, un certain nombre d'améliorations voulues par le haut-commandement naval japonais, qui ne devaient pas officiellement conduire à outrepasser les stipulations du traité de Washington de 1922, notamment le déplacement maximal autorisé de 10 000 tonnes[1].

Mis sur cale le aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki, lancé le , le Chōkai reçut ainsi dès l'origine, dix canons de 203 mm 2GÔ (Mark II)[2] lançant un obus plus lourd que celui des canons de 200 mm, dont étaient alors équipées les trois précédentes classes de croiseurs japonais. La disposition des tourelles était la même que sur la classe Myōkō, mais dans de nouvelles tourelles dites de type E. Inspirées des tourelles des croiseurs anglais de la classe County, avec une élévation maximale de 70°, elles étaient supposées avoir un usage anti-aérien, de sorte que l'artillerie secondaire a été réduite à quatre pièces simples de 120 mm[3], comme sur la classe Aoba. Le blindage de ceinture, incliné et intérieur au bordé comme sur la classe Myōkō, a été porté à 125 mm à hauteur des magasins de munitions[1], mais pour économiser du poids, on a utilisé partiellement le soudage au lieu du rivetage. Ils ont aussi reçu dès l'origine, sur le pont supérieur, quatre plates-formes lance-torpilles orientables de 610 mm, mais uniquement doubles. Le bloc passerelle, massif, pour accueillir les équipements de direction de tir et de communications, était de forme pyramidale, pour réduire l'accroissement de poids dans les hauts, mais l'espace pour les passerelles s'en est trouvé réduit par rapport à la classe Myōkō[4],[5]. Si la similitude des dimensions de coque et le léger accroissement de la puissance des machines permettaient une vitesse maximale équivalente à celle de la classe Myōkō (35,6 nœuds avec 139 000 ch), le déplacement réel excédait la limite des traités.

Aussi, lorsque l'Empire du Japon n'a plus été soumis aux stipulations du traité de Washington, le Takao et son sister-ship l'Atago ont été modernisés, en 1939-40, notamment avec l'installation de tourelles doubles de 127 mm à double usage[6] à la place des tourelles simples de 120 mm d'origine[7], mais le Chokai n'a reçu, avant la guerre, que des modifications secondaires, avec par exemple un renforcement de la solidité longitudinale de la coque, en 1936, une modernisation du grand-mât, et le remplacement des canons Vickers de 40 mm par des mitrailleuses quadruples de 13,2 mm, en 1936-37[8].

Service[modifier | modifier le code]

Le capitaine de vaisseau Boshiro Hosogaya a, en 1931, été chargé de superviser l'achèvement du Chōkai, puis en a été le premier commandant, en 1932. Le Chōkai a fait partie de la 4e Division de Croiseurs, qui a rassemblé les bâtiments de sa classe, à partir du 1er décembre 1932. Il a ensuite été commandé, entre autres, par les capitaines de vaisseau Gunichi Mikawa, en 1934-1935, et Aritomo Goto, en 1937-1938. Il a effectué des patrouilles en mer de Chine pendant la seconde guerre sino-japonaise à partir de 1937. En novembre 1941, il est affecté comme navire amiral de la Flotte Expéditionnaire du Sud que commande le vice-amiral Ozawa.

Pendant l'offensive japonaise (décembre 1941 - avril 1942)[modifier | modifier le code]

En couvrant les opérations de débarquement en Malaisie, le Chōkai participe à la recherche des HMS Prince of Wales et Repulse, puis il couvre, de décembre 1941 à février 1942, à partir de Cam Ranh, les débarquements au nord de Borneo, au sud de Sumatra (Palembang), à Java. À la mi-février, il heurte un récif, près du Cap Saint Jacques et doit aller se faire réparer à Singapour. En mars, avec la 7e Division de Croiseurs (la classe Mogami), il couvre les débarquements, au nord de Sumatra (Sabang), jusqu'aux îles Andaman, au large de la Birmanie. Début avril, il va participer à un raid dans le golfe du Bengale. Pour chasser le trafic commercial avec l'Inde, le Mikuma, le Mogami et le destroyer Amagiri formèrent le « Groupe Sud », le Kumano et le Suzuya constituaient le « Groupe Nord », le Chōkai et la 20e flottille de destroyers, avec le croiseur léger Yura, le porte-avions Ryūjō et les destroyers Ayanami, Yugiri, Asagiri et le Shiokaze pouvaient renforcer l'un ou l'autre groupe. Pendant cette opération, le Chōkai a coulé les cargos britanniques Indora (6 622 tonnes) et Silkworth (4 921 tonnes), le porte-avions Ryūjō a coulé le cargo américain Selma City et bombardé le cargo britannique Ganges et le cargo américain Bienville, le Chōkai achevant le premier au canon, et le second à la torpille. Le 11 avril, à Singapour, le vice-amiral Ozawa transfère sa marque sur le croiseur-école Kashii, et le Chōkai rentre à Yokosuka, où il passe en cale sèche. Il reçoit alors quatre affûts doubles anti-aériens de 25 mm Type 96, dont deux à la place de mitrailleuses de 13,2 mm[9].

À la bataille de Savo (9 août 1942)[modifier | modifier le code]

Le Chōkai a participé à la bataille de Midway de conserve avec l'Atago, qui portait la marque du vice-amiral Kondō. Une réorganisation des forces navales japonaises a eu lieu le . Le vice-amiral Mikawa a été nommé à la tête d'une 8e Flotte, pour les Mers du Sud extérieures. Le 25 juillet, à Truk, a eu lieu la passation des consignes avec le vice-amiral Inoue, qui avait eu la responsabilité de l'opération Mo, que la bataille de la mer de Corail a contribué à faire avorter. Le vice-amiral Mikawa a ensuite gagné Rabaul, où son Q.G. a été installé. Il avait sa marque sur le Chōkai[10] qui est allé mouiller près de Kavieng, où l'ont rejoint, fin juillet, les croiseurs des classes Furutaka et Aoba, qui composaient la 6e Division de Croiseurs, aux ordres du contre-amiral Gotō.

L'approche de l'escadre du vice-amiral Mikawa, de Kavieng vers Savo, 7-9 août 1942

La prise de commandement du vice amiral Mikawa a été très vite suivie du coup d'éclat de la bataille de Savo. Les Japonais avaient débarqué, début mai, dans l'archipel des îles Salomon, dans le but de menacer les communications entre les îles Hawaï et l'Australie. Le 7 août, dès que les U.S. Marines eurent débarqué à Tulagi, sur l'île Florida, sous la protection de l'USS Wasp et à Guadalcanal sous la protection des USS Enterprise et Saratoga[11], les croiseurs de la 6e Division ont quitté Kavieng, accompagnés de deux croiseurs légers, de destroyers et du Chōkai, sur lequel le vice-amiral Mikawa a embarqué à Rabaul, avant de mettre le cap sur Guadalcanal. Ils ont été repérés à plusieurs reprises. Dès leur sortie de Rabaul, des bombardiers australiens et un sous-marin (USS S-38 (en)) américain les ont signalés, mais leurs messages, parvenus tardivement, n'ont pas été pris en considération. Deux destroyers (USS Ralph Talbot, USS Blue), en position de piquets radar (en) ont eu des contacts, visuel pour le premier, radar pour le second, mais leurs messages ne sont pas parvenus et les croiseurs japonais, dont l'image radar était brouillée par l'île de Savo, leur ont finalement échappé. Enfin, l'USS Jarvis les a repérés, mais sa radio était en panne. L'alerte a été donnée par le destroyer USS Patterson (en) alors que l'attaque japonaise avait commencé[12].

Éclairé par les croiseurs japonais, l'USS Quincy (CA-39) est en train de couler

Les croiseurs qui se trouvaient au sud de l'île de Savo, le HMAS Canberra et l'USS Chicago[Note 2], ont été très gravement endommagés, le premier a dû être achevé le lendemain, et le second a eu l'avant emporté. Les croiseurs japonais abattirent au nord et ont alors envoyé par le fond les trois croiseurs lourds américains USS Quincy , Vincennes et Astoria, tandis que le croiseur léger Yūbari avariait l'USS Ralph Talbot[13]. Seul le Chokai a été touché dans sa batterie avant. Ignorant que les porte-avions américains avaient été retirés du secteur, le vice-amiral Mikawa, craignant les attaques aériennes sur son chemin de retour, mit le cap sans délai vers sa base, sans attaquer les navires de transports américains, qui étaient mouillés devant Lunga Point, à une vingtaine de nautiques dans le sud-est, ce qui lui sera reproché ultérieurement[14]. Mais pour les grands bâtiments de surface japonais, le danger ne venait pas que du ciel: le lendemain, c'est le sous-marin USS S-44 (en)qui a torpillé le Kako, à proximité de Kavieng[15],[16].

Pendant la campagne de Guadalcanal (août 1942 - janvier 1943)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Guadalcanal.
Carte de l' « Ironbottom Sound »

Une bataille d'attrition s'est déroulée pendant six mois (d'août 1942 à janvier 1943) dans les eaux de Guadalcanal entre les forces japonaises qui ont essayé en vain de reprendre cette île aux U.S. Marines. L'épicentre des combats terrestres a été le terrain d'aviation Henderson à proximité de la pointe Lunga, et celui des combats navals, le détroit entre Guadalcanal et l'île de Florida, où ont été coulés tant de navires qu'il a été surnommé le « détroit au fond d'acier » (« Ironbottom Sound »). La supériorité aérienne était acquise de jour aux Américains grâce aux escadrilles basées à Henderson Field[17], alors que l'aviation navale japonaise basée à terre (la 11e Flotte Aérienne du vice amiral Tsukahara) venait principalement d'aérodromes situés près de Rabaul distants d'environ 900 km[18]. La tactique américaine a été de renforcer l'île avec des convois partant d'Espiritu Santo dans les Nouvelles-Hébrides ou de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, sous la protection rapprochée de croiseurs et la protection éloignée de porte-avions (les USS Saratoga,Enterprise, Wasp et Hornet) et de cuirassés (les USS North Carolina, Washington et South Dakota)[19]. Les Japonais, bénéficiant de la protection éloignée de huit ou neuf croiseurs lourds[Note 3], des quatre cuirassés rapides de la classe Kongō[Note 4], faisant partie de la 2e Flotte du vice-amiral Kondō, des porte-avions, Shōkaku, Zuikaku, Ryūjō, Hiyō, Jun'yō, appartenant à la 3e Flotte, commandée par le vice-amiral Nagumo, basés à Truk, ont mis en œuvre un ravitaillement de nuit, surnommé par les Américains l'« Express de Tokyo », assuré fréquemment depuis les îlots Shortland, sous la protection de la 2e Escadre de destroyers du contre-amiral Tanaka, voire de la 3e Escadre du contre-amiral Hashimoto, avec la couverture rapprochée des croiseurs de la 8e Flotte du vice-amiral Mikawa[17].

Au mois d'août, des porte-avions d'escorte américa ins ont réussi à acheminer les appareils qui ont ensuite opéré depuis Henderdon Field, et les Japonais, à la bataille aéronavale des Salomons orienta, les n'ont pas réussi à acheminer un convoi de troupes à Guadalcanal, et y ont perdu le Ryūjō[20]. À la fin août, un sous-marins japonais a torpillé l'USS Saratoga[21]., et la mi-septembre, ce fut l'USS Wasp qui a été coulé et l'USS North Carolina endommagé[22]. Le 12 octobre, à la bataille du Cap Espérance, un convoi de renforcement japonais est parvenu à Guadalcanal, mais la 6e Division de Croiseurs a été tenue en échec par quatre croiseurs américains, aux ordres du contre-amiral Scott, qui venait d'escorter un convoi arrivant de Nouméa : Henderson Field n'a pas été bombardé, le contre-amiral Goto a été tué sur la passerelle de son croiseur amiral et le Furutaka a été coulé[23]. Le 14 octobre, les cuirassés rapides du vice-amiral Kurita ont longuement bombardé Henderson Field. Le 15, ce furent les croiseurs lourds Chokai, avec à son bord le vice-amiral Mikawa, et Kinugasa, et le 16, le Myōkō, avec à son bord le vice-amiral Takagi, et le Maya[18]. Après l'échec japonais de la bataille de la crête d'Edson (en), du 12 au 14 octobre 1942, les Américains, sous l'impulsion du vice-amiral Halsey ont repris l'initiative[24], mais à la bataille des îles Santa Cruz (25-27 octobre 1942), ils ont perdu l'USS Hornet[25]. Le haut-commandement naval japonais, le 3 novembre, a affecté les croiseurs Maya et Suzuya en renfort à la 8e Flotte , puis ont été dépêchés cette fois les cuirassés rapides du vice-amiral Abe pour bombarder une fois encore Henderson Field, mais ils ont été tenus en échec, par les croiseurs des amiraux Callaghan et Scott, qui y ont été tués, dans la nuit du 12 au 13 novembre, mais l'Hiei a été coulé[26]. Le lendemain soir, le vice-amiral Mikawa revenait, sur le Chokai, avec le Kinugasa, le Maya et le Suzuya portant la marque du vice amiral Nishimura, qui avait été nommé à ce grade le 1er novembre. Ces deux derniers croiseurs ont bombardé Henderson Field[27], mais le lendemain matin, le Maya a été gravement endommagé et le Kinugasa coulé, sous les coups de l'aviation embarquée de l'USS Enterprise[28]. La nuit suivante, l'USS Washington expédiait par le fond le Kirishima[29]. Ces engagements, du 12 au 15 novembre 1942, ont constitué la bataille navale de Guadalcanal, bataille décisive de cette campagne sur le plan naval, même si deux engagements, les batailles de Tassafaronga et de l'île de Rennell ont encore entrainé des pertes pour les croiseurs lourds américains[Note 5], mais sans engagements des croiseurs lourds japonais, qui ont cependant participé à la couverture éloignée de l'évacuation de Guadalcanal (Opération Ke). .

Des Salomons aux Philippines (février 1943-octobre 1944)[modifier | modifier le code]

En février 1943, le Chokai quitte Rabaul pour Truk, puis rentre au Japon, pour passer en cale sèche à Yokosuka. De mars à juillet, il accompagne un certain nombre de transports de troupes vers les îles Salomons depuis le Japon ou Truk, vers Rabaul, Kavieng ou les îlots Shortland. Il est endommagé par une attaque d'aviation au large de Kolombangara, à la mi-juillet. Il est réparé en août à Kure, où il reçoit un radar de veille aérienne de Type 21 et deux affûts doubles de 25 mm Type 96, puis il est réaffecté à la 4e Division de Croiseurs. Après la bataille de la baie de l'Impératrice Augusta, le 2 novembre, où deux croiseurs lourds de la classe Myōkō ont été tenus en échec par une Task Force comptant plusieurs grands croiseurs légers, sept croiseurs lourds, les quatre de la classe Takao, et les Suzuya, Mogami et Chikuma ont été dépêchés de Truk à Rabaul pour intervenir à Bougainville. Mais le Chokai est détaché, en route, pour porter assistance à des pétroliers qui ont été endommagés. Il échappe ainsi au bombardement de Rabaul, le 5 novembre, où les trois autres croiseurs de la 4e Division sont plus ou moins gravement endommagés. Il devient, jusqu'en janvier 1944, le navire amiral de la 4e Division, à la suite de l'indisponibilité, pour réparations, de l'Atago. Il reçoit alors dix affûts simples de 25 mm AA de Type 96[9].

En février, il quitte la base de Truk pour les Palaos, et en mars , avec la 4e Division, il est affecté à la nouvelle 1re Flotte Mobile, constituée aux ordres du vice-amiral Ozawa. En avril, il est basé au mouillage des îles Lingga, au large de Sumatra, à proximité de Singapour, puis gagne en mai le mouillage de Tawi-Tawi, en mer de Sulu, à l'extrémité sud-ouest des Philippines. En juin, il participe à la bataille de la mer des Philippines, au sein de la Force d'Avant-Garde de la Flotte Mobile aux ordres du vice-amiral Kurita. Rentré au Japon, il reçoit, fin juin, un radar de veille surface de Type22, un radar de veille aérienne de Type 13 et douze affûts simples de 25 mm AA de Type96[9]

Dans le cadre du Plan Sho-Go, qui a été mis en œuvre pour la défense de Philippines, la 4e Division de Croiseurs, restée aux ordres directs du vice-amiral Kurita, fait partie de la Force d'Attaque de Diversion no 1[30] qui doit aller attaquer les navires qui débarquent les troupes de VIe Armée américaine, dans le golfe de Leyte. Appareillant des îles Lingga le 18 octobre aux ordres du vice-amiral Kurita, la “Force Centrale”, comme la désigneront les Américains se ravitaille à Borneo, en baie de Brunei, et repart, le 22, pour contourner Palawan par l'ouest, en route vers la mer de Sibuyan et le détroit de San-Bernardino. Mais dans la nuit du 22 au 23, deux sous-marins américains la repèrent et l'attaquent. Torpillé, l'Atago, navire amiral du vice-amiral Kurita est coulé ainsi que le Maya, et le Takao très gravement endommagé[Note 6],[31]. Le Takao devant retourner à Brunei, puis Singapour, le Chokai restant le seul croiseur opérationnel de la classe Takao est reversé dans la 5e Division , aux ordres du vice-amiral Hashimoto. Le 24 octobre, il échappe, en mer de Sibuyan, aux attaques de l'aviation embarquée de la IIIe Flotte américaine, qui envoient par le fond le cuirassé géant Musashi[32]. Le au matin, il participe à l'attaque de l'unité 77.4.3 de porte-avions d'escorte de la VIIe Flotte américaine, dont l'USS Gambier Bay est coulé au canon par le croiseur lourd Chikuma [33]. Mais la défense de ces petits porte-avions et de leurs bâtiments d'escorte est acharnée, malgré l'écrasante supériorité japonaise, quatre cuirassés armés de canons de 356, 406 ou 460 mm, et six croiseurs alignant 56 canons de 203 mm, contre sept destroyers portant au mieux six canons de 127 mm, et des porte-avions dont les appareils n'ont pas les bombes adaptées à l'attaque de bâtiments lourds[34]. Ainsi, torpillé par le destroyer USS Johnston, le Kumano doit quitter le champ de bataille[35]. Attaqué par des “Avengers”, touché sur une plate-forme lance-torpilles, dont l'explosion endommage ses machines[Note 7], le Suzuya doit être abandonné. Le destroyer Okinami en récupère quelque 400 marins avant de le saborder. Le Chikuma, attaqué par l'aviation des USS Natoma Bay, Manila Bay, Kitkun Bay, et Ommaney Bay va finir sabordé par le destroyer Nowaki qui recueille ses rescapés. Le Chokai subit les attaques des “Avengers” du Kitkun Bay, alors que l'USS White Plains, avec son unique canon de 127 mm lui a endommagé ses plates-formes lance-torpilles bâbord, qui en explosant mettent ses machines hors de combat et l'immobilisent. C'est le destroyer Fujinami qui recueille ses rescapés et le saborde[36],[9].

Dans la nuit du 25 au 26, le Nowaki sera détruit par des croiseurs de la IIIe Flotte américaine, et tous sont ceux qui sont à son bord sont tués[37]. Le 27 octobre, en route vers Manille, le Fujinami est attaqué, au sud de Mindoro, par l'aviation embarquée de l'USS Essex et disparait corps et biens, avec tous les rescapés du Chokai[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Ireland, Cuirassés du XXe siècle, St-Sulpice (Suisse), Éditions Airelles, (ISBN 2-88468-038-1)
  • (en) Eric LaCroix et Linton Wells II, Japanese Cruisers Of The Pacific War, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-311-3)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War American battleships, carriers and cruisers, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd, (ISBN 0356-01511-4)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War British Cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd, (ISBN 0356-04138-7)
  • (en) Donald Macintyre, Famous fighting ships, London New York, Hamlyn, , 160 p. (ISBN 978-0-600-35486-4, OCLC 941404025)
  • Philippe Masson, Histoire des batailles navales, Paris, Éditions Atlas, (ISBN 2-7312-0136-3)
  • Antony Preston, Histoire des Croiseurs, Paris, Fernand Nathan Editeurs, (ISBN 2-09-292027-8)
  • Antony Preston, Histoire des Porte-Avions, Paris, Fernand Nathan Éditeurs, (ISBN 2-09-292040-5)
  • Antony Preston, Histoire des Destroyers, Paris, Fernand Nathan Éditeurs, (ISBN 2-09-292-039-1)
  • (en) Shuppan Kyodo-sha, Navies of the Second World War Japanese battleships and cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd., (ISBN 978-0356014753)
  • Oliver Warner, Geoffrey Bennett, Donald G.F.W. Macintyre, Franck Uehling, Desmond Wettern, Antony Preston et Jacques Mordal, Histoire de la guerre sur mer des Premiers Cuirassés aux Sous-Marins Nucléaires, Bruxelles, Elsevier Sequoia, (ISBN 2-800-30148-1)
  • (en) Anthony Watts, Japanese Warships of World War II, Ian Allen Ltd, (ISBN 0-7110-0215-0)
  • (en) M.J. Whitley, Cruisers Of World War Two, Brockhampton Press, (ISBN 1-86019-874-0)
  • (en) C. Vann Woodward, The battle for Leyte Gulf, New York, Ballantine Books,
  • (en) Bruce Loxton et Christopher David Coulthard-Clark, The Shame of Savo: Anatomy of a Naval Disaster, US Naval Institute Press, (1re éd. 1994) (ISBN 9781557508386, présentation en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette terminologie de « croiseurs lourds » est à proprement parler anachronique pour des bâtiments conçus avant le traité naval de Londres de 1930, par lequel a été introduit une distinction entre croiseurs, selon que leur artillerie principale avait, ou non, un calibre supérieur à 155 mm.
  2. Lorsqu'il a eu connaissance du rapport de la commission d'enquête de l'U.S. Navy qui allait l'incriminer particulièrement, le capitaine de vaisseau Bode, qui commandait l'USS Chicago à la bataille de Savo, s'est suicidé, en avril 1943.
  3. Il s'agissait des Atago ,Takao et Maya, directement rattachés au vice-amiral Kondō, des Myōkō et Haguro aux ordres du vice-amiral Takagi, des Suzuya et Kumano aux ordres du contre-amiral Nishimura au sein de la 2e Flotte, et des deux croiseurs de la classe Tone aux ordres du contre-amiral Hara au sein de la 3e Flotte
  4. Il s'agissait des cuirassés rapides de la 3e Division de Cuirassés, Kongō et Haruna, aux ordres du vice-amiral Kurita et des cuirassés rapides de la 11e Division de Cuirassés, Hiei et Kirishima, aux ordres du contre-amiral Abe.
  5. À la bataille de Tassafaronga, l'USS Northampton a été coulé par les destroyers du contre-amiral Tanaka, et à la bataille de l'île de Rennell, ce sont les avions de la 11e Flotte Aérienne, alors commandée par le vice-amiral Kusaka qui ont coulé l'USS Chicago.
  6. L'USS Darter (SS-227) a été crédité de la destruction de l'Atago et des dégâts sur le Takao, et l'USS Dace (SS-247) de la destruction du Maya.
  7. Sur les croiseurs lourds japonais, à partir de la classe Myoko, les plates-formes lance-torpilles, installées sur le pont principal ou le pont supérieur, et utilisant de l'oxygène pur pour leurs torpilles "Longue Lance" se sont révélées un facteur de fragilité.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]