Nishizō Tsukahara

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Nishizō Tsukahara
塚原 二四三
Nishizō Tsukahara, alors contre-amiral
Nishizō Tsukahara, alors contre-amiral

Naissance
Préfecture de Fukui, Japon
Décès (à 78 ans)
Origine Japonais
Allégeance Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Arme Naval Ensign of Japan.svg Marine impériale japonaise
Grade Amiral
Années de service 1908 – 1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement Croiseur Ōi, P.-av. Akagi
2e Groupe Aéronaval Combiné
1er Groupe Aéronaval Combiné
Cdt District de garde de Chinkai
11e Flotte Aérienne
Directeur du Commandement de l'Aéronautique Navale
Vice-Chef Senior E-M.G.M.
Cdt-en-Ch District naval de Yokosuka
Faits d'armes Bataille des Philippines (1941-1942)
Campagne de Nouvelle-Guinée
Bataille de Guadalcanal
Campagne des îles Salomon
Autres fonctions Conseiller Naval du Ministre de la Marine

Nishizō Tsukahara (塚原 二四三, Tsukahara Nishizō?), né le dans la préfecture de Fukui, et mort le est un amiral de la Marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Spécialiste de l'aéronautique navale[Note 1], il a commandé avec succès de septembre 1941 à septembre 1942, la 11e Flotte aérienne, dans la période où celle-ci a eu un rôle déterminant dans l'attaque japonaise de la Malaisie, des Philippines et des Indes Orientales Néerlandaises puis au début de la campagne de Guadalcanal.

Carrière[modifier | modifier le code]

Avant la Guerre du Pacifique[modifier | modifier le code]

Nishizō Tsukahara, admis en 1908 à l'Académie navale impériale du Japon dans la 36e promotion, classé 16e sur 191 élèves, embarque comme midship (Shōi Kōhosei (en)) sur le croiseur cuirassé Soya (ex-russe Varyag), sur le croiseur cuirassé Iwate[1] et le cuirassé de défense côtière Okinoshima (ex-russe Amiral général Apraxine). Comme enseigne de vaisseau (Shōi et Chūi) de 1910 à 1914, il suit les cours de l'École de torpillage et de l'École de canonnage, puis embarque sur le cuirassé pré-dreadnought Shikishima[2]. Après avoir été affecté au Corps des Marins de Sasebo, il embarque sur le destroyer de 3e classe Yudachi et sur le croiseur cuirassé Aso (ex-russe Bayan). Comme lieutenant de vaisseau (Daii) de 1914 à 1920, il suit les premiers cours de l'École de Guerre navale (en) et embarque sur le destroyer de 1re classe Umikaze, puis comme officier chef de la navigation sur l'aviso Mogami et sur le navire-atelier Kantō[3]. Il rejoint ensuite le district naval de Yokosuka, puis sert comme officier chef de la navigation sur le Chitose, et le croiseur cuirassé reclassé croiseur de bataille Ibuki. Il achève alors sa scolarité à l'École de Guerre Navale (18e promotion). Comme capitaine de corvette (Shōsa) de 1920 à 1924, il rejoint Yokosuka, où il sert dans le groupe aérien, puis au District naval où il sert au Bureau des Affaires Navales du Ministère de la Marine, puis au Centre de formation en vol du Groupe aérien, enfin à l'état-major du Commandement de la Formation de la Marine, puis il rejoint l'État-Major Général de la Marine, où il est promu capitaine de frégate (Chūsa) fin 1924. En 1925, il voyage en Europe et aux États-Unis. En 1926, il est nommé commandant-en-second du porte-avions Hosho[4], puis rejoint l'état-major du Bureau de la Formation puis du Bureau de l'Administration du Commandement de l'Aéronautique Navale. Promu capitaine de vaisseau (Daisa) fin 1929, il est nommé commandant du croiseur léger Ōi[5]. En 1931-1932 il est attaché au plénipotentiaire japonais à la Conférence de Genève sur le désarmement, puis il est chef du Bureau de l'Administration de l'Arsenal de l'aéronautique navale. En 1933-1934, il est nommé commandant du porte-avions Akagi[6], et devient ensuite Chef du Bureau de la Formation du Commandement de l'Aéronautique Navale.

Promu contre-amiral le 15 novembre 1935, il prend en 1937 le commandement du 2e Groupe Aéronaval Combiné, puis en 1938, du 1er Groupe Aéronaval Combiné. Il rejoint en octobre 1939 l'État-Major Général de la Marine, est promu, le 15 novembre 1939, vice-amiral, et est nommé, en avril 1940, Commandant du District de garde de Chinkai, en Corée[Note 2]. Il est nommé le 10 septembre 1941, Commandant-en-Chef de la 11e Flotte Aérienne.

À la tête de la 11e Flotte Aérienne (septembre 1941-septembre 1942)[modifier | modifier le code]

La 11e Flotte Aérienne (en) de la Marine Impériale japonaise, créée en mars 1941, comprenait au moment de l'attaque de Pearl Harbor, trois flotilles aériennes, rassemblant principalement des bombardiers Mitsubishi G3M “Nell” et Mitsubishi G4M “Betty”[7]. Pour son soutien, elle dispose d'une division de destroyers, de sept bâtiments auxiliaires pour le transport d'avions. Deux unités des Forces Spéciales de Débarquement de la Marine (SNLF (en)) de Yokosuka lui sont rattachées.

La 11e Flotte Aérienne couvre les débarquements en Thaïlande et en Malaisie qui ont commencé quelques heures avant l'attaque de Pearl Harbor, et elle bombarde les bases qui abritent l'aviation et les navires américains aux Philippines, en particulier sur la base de Cavite, à proximité de Manille[8]. Le 10 décembre, 88 appareils de la 22e flotille, partis de Tan-son-nhut, en Indochine française, à côté de Saigon, réussissent à couler le cuirassé moderne HMS Prince of Wales et le croiseur de bataille HMS Repulse[9]. Les débarquements à Bornéo commencent à la mi-décembre, se poursuivent aux Philippines, fin décembre, dans les Célèbes à la mi-janvier. Le 5 février, la 11e Flotte Aérienne, opérant depuis des aérodromes occupés dans les Célèbes, attaque les forces navales du contre-amiral Doorman, dépendant du Commandement Américain-Britannique-Hollandais-Australien connu sous son acronyme en anglais ABDACOM, dans la bataille du détroit de Macassar. À la mi-février, la veille de la capitulation de Singapour, elle appuie l'attaque sur Palembang, à Sumatra, puis sur Java, à la fin-février[10].

Après le débarquement américain sur Guadalcanal (Opération Watchtower), début août, pour appuyer leur contre-offensive, les Japonais ont utilisé la 11e Flotte Aérienne basée dans les terrains d'aviation proches de Rabaul et sur les îles Salomons, pour appuyer les attaques des unités de l'Armée japonaise, contre le terrain d'aviation Henderson qui abritait, dès la fin août, une soixantaine d'appareils américains. La bataille aérienne, au dessus de Guadalcanal, a été rude pour les aviateurs japonais[11], carla proximité des appareils américains de l'épicentre des combats était pour ceux-ci un avantage considérable[Note 3].

Mais, le 1er octobre 1942,le vice-amiral Tsukahara doit cèder, pour cause de maladie, le commandement de la 11e Flotte au vice-amiral Kusaka, et est nommé le 1er décembre 1942, Directeur du Commandement de l'Aéronautique Navale.

Le 1er mars 1944, il cumule avec cette fonction le titre de Vice-Chef Senior de l'État-Major Général de la Marine. Le 15 septembre 1944, il est nommé Commandant-en-Chef du District naval de Yokosuka et est nommé, le 1er mai 1945, Conseiller Naval du Ministre de la Marine, l'amiral Yonai.Il est promu amiral le 15 mai 1945, et est versé dans la réserve en octobre 1945.

Nishizō Tsukahara décède en 1966 et est enterré au grand cimetière de Tama (en) à Fuchū, Tokyo.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Enzo Angelucci, Military Aircraft 1914-1980, New York, Military Press, coll. « Rand McNally Encyclopedia »,‎ (ISBN 0-517-41021-4)
  • (en) Richard B. Frank, Guadalcanal: The Definitive Account of the Landmark Battle, New York, Penguin Group USA,‎ (1re éd. 1990) (ISBN 0-140-16561-4)
  • Bernard Ireland, Cuirassés du XXe siècle, St-Sulpice (Suisse), Éditions Airelles,‎ (ISBN 2-884-68038-1)
  • Philippe Masson, Histoire des batailles navales, Paris, Éditions Atlas,‎ (ISBN 2-7312-0136-3)
  • Antony Preston, Histoire des Croiseurs, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ (ISBN 2-09-292027-8)
  • Antony Preston, Histoire des Destroyers, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ (ISBN 2-09-292-039-1)
  • Antony Preston, Histoire des Porte-Avions, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ (ISBN 2-09-292040-5)
  • (en) Shuppan Kyodo-sha, Navies of the Second World War Japanese battleships and cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd.,‎ (ISBN 0-356-01475-4)
  • (en) Shuppan Kyodo-sha, Navies of the Second World War Japanese aircraft carriers and destroyers, Macdonald & Co Publishers Ltd.,‎ (ISBN 0-356-01476-2)
  • Oliver Warner, Geoffrey Bennett, Donald G.F.W. Macintyre, Franck Uehling, Desmond Wettern, Antony Preston et Jacques Mordal, Histoire de la guerre sur mer des Premiers Cuirassés aux Sous-Marins Nucléaires, Bruxelles, Elsevier Sequoia,‎ (ISBN 2-8003-0148-1)
  • (en) Anthony Watts, Japanese Warships of World War II, Londres, Ian Allen Ltd,‎ (ISBN 0-7110-0215-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Camarade de promotion à l'Académie navale impériale du Japon du vice-amiral Nagumo, il avait une vision très critique de sa tactique d'emploi des porte-avions.
  2. Cette base japonaise, à l'extrémité sud-est de la Corée, contrôlait le détroit de Corée, entre le continent et Tsoushima.
  3. On notera que les 900 km séparant Rabaul de la pointe Lunga à Guadalcanal, où se trouvait Henderson Field, sont supérieurs de 21% aux 740 km séparant Berlin des bases aériennes alliées dans l'est de l'Angleterre.
Références

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]