Château de Saint-Brisson

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Château de Saint-Brisson
Type Palais-forteresse féodal puis château résidence
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Étienne II de Sancerre
Destination initiale Palais-forteresse
Propriétaire actuel Société Tous Au Château
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1993)[1]
Site web http://www.chateau-saint-brisson.com
Coordonnées 47° 39′ 00″ nord, 2° 40′ 56″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Région naturelle Giennois
Région Centre-Val de Loire
Département Loiret
Commune Saint-Brisson-sur-Loire
Géolocalisation sur la carte : France
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Château de Saint-Brisson
Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire
(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
Château de Saint-Brisson
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(Voir situation sur carte : Loiret)
Château de Saint-Brisson

Le château de Saint-Brisson est un château français situé à Saint-Brisson-sur-Loire, dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.

Aux confins du Berry et aux portes de l’Orléanais, il surplombe la rive gauche du lit majeur de la Loire, asséché lors de l'ouverture du canal latéral à la Loire à la fin du XIXe siècle dans la commune voisine de Saint-Firmin-sur-Loire.

Le château de Saint-Brisson est le château de la Loire situé le plus en amont sur le fleuve.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le château est situé à 6 km de Gien, sur la rive gauche de la Loire, en surplomb d'un ancien bras mort du fleuve, et environ à 9 km de Briare dans la région naturelle du Giennois.

Historique[modifier | modifier le code]

Le castrum est cité dans des textes avec son premier seigneur connu, Probert de Saint-Brisson, qui est mentionné à partir de 1061 à propos d'évènements qui se sont produits vers 1060. Il apparaît alors comme un soutien de l'abbaye de Fleury contre un seigneur nivernais. Il fait don à l'abbaye de son église Sainte-Marie en 1060 qui apparaît comme étant à l'intérieur du castrum de Saint-Brisson dans la confirmation de la possession par le pape, en 1072.

Le castrum est cité par Suger citant une action militaire de Louis VI, en 1135, qui aurait « détruit le castrum par les flammes, et contraint la turris et le seigneur à se rendre » car le seigneur se serait rendu coupable de déprédations sur des marchands. Louis VI a probablement détruit la turris, tour maîtresse romane et de palissades.

Le château réapparaît dans les textes en 1181. Il est tenu par Étienne Ier de Blois-Champagne, comte de Sancerre. Il détient le castellum en alleu. En 1180 et 1181, le comte de Sancerre a participé à deux coalitions contre le jeune Philippe II Auguste. Le comte de Sancerre ayant rendu un hommage au comte de Flandre pour le castellum de Sancti-Bricii, l'armée royale envahit et pille le comté. Le comte doit s'humilier devant le roi. Le roi s'est probablement emparé du château. Finalement le château est rendu à Étienne de Sancerre qui accompagne le roi à la croisade. Il meurt devant les murs de Saint-Jean-d'Acre. Le comté de Sancerre passe à son fils Guillaume Ier de Sancerre, sauf Saint-Brisson et Châtillon-sur-Loing qui passent à son frère cadet Étienne II de Sancerre qui sont placés sous la tutelle de leur oncle Guillaume aux Blanches Mains, archevêque de Reims. En 1200-1201, le comte de Champagne possède presque toutes les terres du comté de Sancerre sauf Saint-Brisson pour laquelle il doit hommage au roi. En 1210, Guillaume de Sancerre confirme aux habitants de Saint-Brisson la charte de coutumes accordée par son père.

Château de Castelnau-Bretenoux

La construction du château a dû être entreprise entre 1180 et 1200 par Étienne de Sancerre et peut-être par Guillaume aux Blanches Mains. Cette datation proposée par Denis Hayot est basée sur le manque de tour de flanquement avec archères qui s'imposent après 1200 ainsi que l'absence de talus en pied des tours qui apparaissent après cette date. L'analyse de la structure montre que le château actuel a été construit en une opération unique même si on constate une différence d'appareil entre les tours et les courtines mais les chaînages d'angles sont parfaitement intégrés aux tours et aux courtines. Il s'agit alors d'un palais-forteresse. Les vestiges de fenêtres subsistant dans la courtine nord du château montrent qu'il y avait des claires-voies pour des fenêtres semblables à celles du château de Castelnau-Bretenoux. Le château de Saint-Brisson peut être rapproché du château de Druyes et du château de Brie-Comte-Robert.

La famille de Sancerre est propriétaire du château jusqu'en 1290.

Le château a été modifié au cours des siècles.

En 1567, le château devient la propriété de la famille Séguier. Il est alors transformé en demeure d'habitation.

Sidoine Séguier, marquis de Saint-Brisson, né en 1738, militaire, homme de lettres, et disciple de Jean-Jacques Rousseau y meurt de tuberculose en 1773. Il est l'auteur bien oublié de plusieurs ouvrages, dont les Idylles françaises et Ariste ou les charmes de l'Honnêteté, réédités en 2006[3].

En 1793, pour effacer toute trace des prérogatives seigneuriales, son fils, Nicolas-Maximilien Séguier, fait abattre la tour-porte du château, et la courtine sud. Son descendant fait restaurer en 1819 le château, abandonné depuis la Révolution.

Le château est légué à la commune de Saint-Brisson-sur-Loire en juillet 1987 par Anne de Ranst de Berchem.

Une association, l'association des Amis du château de Saint-Brisson (ACSB), est créée pour tenter de remettre le château en état et organiser des visites[4].

En 2015, le conseil municipal de Saint-Brisson-sur-Loire vote la vente du château à Lancelot Guyot par le biais de sa société, Tous Au Château, gestionnaire du château de La Ferté-Saint-Aubin [5].

Le château est repris en 2015 par la société Tous Au Château. Des activités de restaurations, visites, parcours aventure, escape game, festival et de programmation événementielle sont mises en place.

Description[modifier | modifier le code]

Le château de Saint-Brisson

Le domaine est partiellement inscrit au Monuments historiques : le parc, la terrasse, les douves, le pont, le plan d'eau, le canal, le sous sol, la salle à manger, la cour et le bassin ont fait l'objet d'un classement le [6].

Les extérieurs comportent une collection de répliques de machines de guerre du Moyen Âge (dont un mangonneau, un couillard et une pierrière) et un parc à l'anglaise avec une île romantique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00099002, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Wikimapia. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  3. Idylles françaises suivies de Ariste ou les charmes de l'Honnêteté, Edition critique par Frédéric S. Eigeldinger, Honoré Champion, 2006.
  4. « Que vont devenir les Amis du château ? », sur www.larep.fr, La République du Centre, Centre-France, (consulté le 29 mars 2015)
  5. « Le château de Saint-Brisson vendu à Lancelot Guyot, gestionnaire du château de La Ferté-Saint-Aubin », sur www.larep.fr, La République du Centre, Centre-France, (consulté le 29 mars 2015)
  6. Notice no PA00099002, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Auger, "SAINT-BRISSON-SUR-LOIRE, Des comtes de Sancerre aux Séguier et de Ranst : la grande histoire, leurs petites histoires et quelques "berlaiseries", Tome 1, 320 pâges, 2019. (ISBN 978-2-86243-118-5)
  • Christian Auger, "SAINT-BRISSON-SUR-LOIRE, La vie au village du XVIIIème au XXIème siècle : la commune, les commerces, les fêtes villageoises*, Tome 2, 320 pages, 2019. (ISBN 978-2-86243-119-2)
  • Le Guide du routard. Les châteaux de la Loire. p. 169. Hachette. 2000.
  • Antoine Estienne, Saint-Brisson-sur-Loire, château, manoir, église, prieuré, mémoire de master 2, université Blaise Pascal Clermont-Ferrand II, 2008.
  • Denis Hayot, en collaboration d'Antoine Estienne, Le château de Saint-Brisson-sur-Loire, fleuron du renouveau de l'architecture castrale à la fin XIIe siècle, dans Bulletin monumental, 2017, no 175-3, p. 221-243, (ISBN 978-2-901837-68-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]