Château d'Osaka

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Château d'Osaka
Image illustrative de l’article Château d'Osaka
La tour principale.
Nom local 大坂城 / 大阪城
Période ou style Château japonais
Type Forteresse
Début construction 1583
Fin construction 1597
Propriétaire initial Toyotomi Hideyoshi
Destination initiale Château du shōgun
Destination actuelle Musée
Protection Site historique spécial
Site web http://www.osakacastle.net/
Coordonnées 34° 41′ 14,56″ nord, 135° 31′ 33,04″ est
Pays Drapeau du Japon Japon
Région historique Province de Settsu
Préfecture Préfecture d'Ōsaka
Ville Ōsaka
Géolocalisation sur la carte : Japon
(Voir situation sur carte : Japon)
Château d'Osaka
Géolocalisation sur la carte : préfecture d'Osaka
(Voir situation sur carte : préfecture d'Osaka)
Château d'Osaka

Le château d'Osaka (大坂城 / 大阪城, Ōsaka-jō?, anciennement prononcé Ōzaka-jō[réf. souhaitée]) est un des châteaux les plus célèbres du Japon. Il a joué un rôle majeur durant l'unification du Japon au XVIe siècle au cours de l'une des dernières grandes révoltes contre les Tokugawa, réprimée lors des sièges d'Osaka en 1614 et 1615.

Le château est situé dans l'arrondissement de Chūō-ku et occupe environ 61 000 mètres carrés, au cœur du parc de six hectares. Il est construit sur deux plates-formes imbriquées soutenues par des murs de pierre, chacune donnant sur un fossé. Le tenshu (donjon) comporte cinq niveaux extérieurs et huit étages. Il est une attraction touristique majeure d'Osaka.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dessin d'une montagne entourée d'eau avec un château à son sommet.
Le château d'Azuchi, qui servit de modèle au château d'Ōsaka.

En 1583, Toyotomi Hideyoshi[note 1] commence la construction du château sur le site du temple Hongan-ji d'Ishiyama (石山本願寺, Ishiyama Hongan-ji?), construit en 1496 par un moine de haut rang de la secte Jōdo Shinshū et détruit en 1580 par les troupes d'Oda Nobunaga[1].

Le plan de base est modelé d'après le château d'Azuchi, quartier général de ce dernier. Toyotomi veut construire une réplique du château d'Oda, mais le surpasse de toutes parts : le château est constitué de cinq étages sur un socle de pierre cachant trois étages souterrains et les poutres dorées impressionnent les visiteurs. Il est le plus grand château japonais de l'époque, construit pour être le centre du pouvoir du shōgunat de la famille Toyotomi[1].

La tour principale est achevée en 1585[2]. Toyotomi continue à agrandir le château, le rendant de plus en plus difficile d'accès pour des attaquants. Le , le château est endommagé lors du séisme Keicho Fushimi (ja)[3]. Le château est achevé dans son ensemble en 1598. Hideyoshi meurt, et le château d'Osaka passe à son fils, Toyotomi Hideyori.

En 1600, Tokugawa Ieyasu défait les troupes loyales à Hideyori, commandées par Ishida Mitsunari, à la bataille de Sekigahara, et commence sa prise de pouvoir à Edo (il devient shogun en 1603)[2]. En 1614, Tokugawa attaque Hideyori, qui avait commencé à rassembler des troupes, au cours de l'hiver. Bien que numériquement deux fois inférieures, les forces du clan Toyotomi remportent la bataille contre les 200 000 hommes de Tokugawa et parviennent à défendre les murs extérieurs du château. Le siège est levé et Toyotomi accepte de combler les douves extérieures.

A l'été 1615, Hideyori entreprend de creuser à nouveau la douve extérieure. Tokugawa, en représailles, renvoie ses armées sur le château d'Osaka et établit le siège du château le . Le château tombe aux mains de Tokugawa, et le clan Toyotomi disparaît. Le château de Toyotomi Hideyoshi est complètement détruit par un incendie[4] ; il est possible que la seule partie du château original encore existante soit une porte, qui avait été démontée en 1602 et offerte au temple Hogonji sur l'île Chikubu du lac Biwa[5],[6].

En 1620, l'héritier du shogun, Tokugawa Hidetada, commence la reconstruction du château[1]. Il reconstruit le tenshu, et ordonne aux clans de samouraïs de reconstruire les murs. Ce sont ces murs qui existent encore aujourd'hui. Il s'agit de blocs de pierre juxtaposés, sans mortier. La taille de certaines pierres dépasse largement les deux mètres dans toutes les dimensions. Le tenshu est détruit dans un incendie en 1665 après avoir été frappé par la foudre, et n'est pas reconstruit[1],[4].

En 1843 a lieu une collecte pour des réparations après des années de négligence. Plus tard, en 1868, une grande partie des bâtiments est détruite au cours des combats de la restauration de Meiji ; sous l'ère Meiji, le château est converti en baraquements pour la création d'une armée moderne de style occidental. En 1928, la mairie d'Osaka lance la reconstruction du tenshu, en béton armé.

Durant la seconde guerre mondiale, en 1942, le public n'a plus accès au château, dont l'usage est limité à une garnison militaire et à l'arsenal[7]. En 1945, le château est endommagé par les raids aériens américains lors du bombardement d'Osaka.

À la fin du XXe siècle, en 1995, le gouvernement d'Osaka approuve un projet de nouvelle restauration pour rendre au tenshu sa splendeur ; cette restauration prend fin en 1997.

Le château aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le château abrite des expositions sur son histoire, de même que sur la vie et l'époque de Toyotomi Hideyoshi, sur la « guerre d'été d'Ōsaka » ainsi qu'une collection de plus de dix mille objets, avec par exemple des œuvres d'art tels des paravents ou de nombreux objets militaires. Le sommet de la tour offre une vue panoramique à cinquante mètres de hauteur. Il a accueilli sur l'année fiscale 2010 plus d'1,36 million de visiteurs et sur la période d' à (année fiscale 2017), 2,75 millions de visiteurs[2],[8],[9].

Dix structures liées au château sont considérées comme biens culturels importants : les portes Sakuramon et Ōtemon, cinq tourelles (yagura), deux entrepôts et le toit du puits Kinmeisui[4].

Le parc du château comprend des installations culturelles et sportives comme le Osaka-jō Hall, un terrain de baseball et une piste de jogging, ainsi que des jardins. Le bosquet de pruniers contient 1 270 arbres de plus de cent espèces, et le parc est classé parmi les cent meilleurs endroits du Japon pour le hanami, avec plus de 3 000 arbres des variétés somei yoshino et yama-zakura[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Osaka Castle » (voir la liste des auteurs).
  1. Dans cet article, les noms sont retranscrits dans l'ordre « nom, prénom » selon l'usage traditionnel.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Osaka Castle (Osakajo) », sur jal.co.jp (consulté le 16 septembre 2019).
  2. a b c et d (en) « Osaka Castle - Download Pamphlet » [PDF], sur osakacastle.net, (consulté le 15 septembre 2019).
  3. (en) Y. Watari, « Base of Osaka Castle bears scars of big 16th century quake », sur www.asahi.com, (consulté le 25 octobre 2019).
  4. a b c et d « Le château d’Osaka, le plus visité du Japon », sur Nippon.com, (consulté le 16 janvier 2021).
  5. (en) « Osaka Castle’s remains on island in lake? », sur the-japan-news.com, Yomiuri Shinbun, (consulté le 20 septembre 2019).
  6. (en) Jiro Tsutsui, « Lake Biwako’s secret: Warlord’s Osaka Castle bridge is there », sur The Asahi Shimbun, (consulté le 16 janvier 2021).
  7. Oleg Benesch et Ran Zwigenberg, « Shuri Castle and Japanese Castles: A Controversial Heritage », The Asia-Pacific Journal. Japan Focus, vol. 17, no 3,‎ (lire en ligne).
  8. (en) « Rich “takoyaki” seller can’t escape the long arm of the law », sur asahi.com, (consulté le 15 septembre 2019).
  9. « Autour du château d'Osaka », sur tourisme-japon.fr, (consulté le 15 septembre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]