Pisanello

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Madone à la caille, Musée du Castelvecchio, Vérone
Portrait de Lionello d'Este, Académie Carrara, Bergame

Pisanello (Pise, vers 1395 - Rome, vers 1455), de son vrai nom Antonio di Puccio Pisano (ou Antonio di Puccio da Cereto)[1] est un peintre, médailleur et enlumineur de la Renaissance italienne et du Quattrocento, dernier représentant du style gothique international.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pisanello est le fils de Puccino di Giovanni da Cereto et d'Elisabetta, fille de Niccolo Zupperio. On manque cruellement de documents sur ses premières années. Son surnom (littéralement « le petit Pisan »), la situation sociale de son père (un citoyen aisé de Pise) laissent supposer qu’il est né à Pise et que sa mère ne s’est installée à Vérone qu’une fois devenue veuve. Un document notarié nous apprend en tout cas qu’en 1409, la mère de Pisanello, Elisabetta, s’est remariée et vit à Vérone. Pisanello lui-même acquiert une maison à Vérone en 1422, « dans la contrada de San Paolo in Codalunga », mais il reste avant tout un artiste itinérant que l’on retrouve à Venise, à la cour de Lionello d’Este à Ferrare, à celle de Gianfrancesco Gonzague à Mantoue, à Rome, à Milan et à Naples.

Pisanello séjourne à Venise, au moins jusqu'en 1416. Gentile da Fabriano y est également présent : il travaille depuis 1409 aux fresques du Grand Conseil du Palais des Doges, qui exaltent le rôle joué par Venise dans la paix entre Frédéric Barberousse et Alexandre III. Pisanello est peut-être son assistant. En tout cas, c'est lui qui est choisi pour achever le cycle des fresques, lorsqu'en 1414, Gentile da Fabriano part brusquement pour Brescia[2]. Il y peint, selon Facio[3], un épisode où l'on voit Othon Ier de Bourgogne, suppliant son père, l'empereur Frédéric Barberousse, de faire la paix.
Les fresques, très vite abimées par l'humidité ambiante, ont été détruites à la fin du XVe siècle, lorsqu'un nouveau programme décoratif fut confié à Gentile Bellini et à Alvise Vivarini.

C’est peut-être pendant son séjour à Venise que Pisanello rencontre son mécène et protecteur, Gianfrancesco Gonzague, qui participe en 1415 à un tournoi organisé par le doge Tommaso Mocenigo.

Il collabore vers 1426, avec le sculpteur Nanni di Bartolo, dit il Rosso pour le monument Brenzoni de l’église franciscaine San Fermo Maggiore de Vérone. Nanni di Bartolo a sculpté, à l'intérieur d'un cadre en marbre, une Résurrection du Christ, surmontée d'une immense tenture tenue par deux anges. Le baldaquin est couronné d'une corniche, sur laquelle il a sculpté un personnage interprété comme Dieu, ou comme un Prophète (Ézéchiel ou Isaïe). Pisanello, quant à lui, a peint une Annonciation.

C’est sans doute entre l’Annonciation du monument Brenzoni et son départ pour Rome que Pisanello peint les fresques de la salle des princes (Sala dei Principi) du Palais ducal de Mantoue[4]. Ce cycle chevaleresque, tiré des romans de la vie du Roi Arthur, comprend le tournoi au château de la Marchée, le banquet et l'accomplissement des vœux prononcés en l'honneur de la fille du roi par les douze chevaliers présents. Ces fresques ont été redécouvertes par le surintendant des musées de Mantoue, Giovanni Paccagnini, lors d’une campagne de recherches menée de 1966 à 1970. Elles avaient été recouvertes par une autre fresque à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle.

En 1431, Pisanello travaille à la basilique Saint-Jean de Latran de Rome. Il achève le cycle des fresques consacrées à la vie de saint Jean-Baptiste, commencées par Gentile da Fabriano, mais interrompues par sa mort en 1427. Les fresques ont été détruites au moment de la rénovation de la basilique par Borromini, mais d’après Platina, cité par Vasari, Pisanello y avait peint « des Prophètes en camaïeu, qui sont considérés comme les meilleurs du cycle[5]. »

Pisanello retourne à Vérone après son séjour romain. Il est payé deux ducats pour une effigie de Jules César par Lionello d’Este en 1435[6]. À la fin de ce séjour véronais (1437-1438), il peint le décor de la chapelle Pellegrini de l’église San’Andrea de Vérone. Vasari parle de trois fresques, mais une seule est parvenue jusqu’à nous. Elle représente saint George partant combattre le dragon. Elle a été transposée sur toile à la fin du XIXe siècle.

En 1438, Pisanello - fuyant peut-être la peste - quitte Vérone pour Mantoue. C'est aussi le moment où commence un nouvel épisode de la guerre entre Milan et Venise. Le podestat de Vérone, soumis à l’autorité de Venise, exige le retour des exilés. Pisanello reste malgré tout à Mantoue. C'est peut-être à la fin de son séjour à Mantoue qu'il peint le Portrait d'une princesse d'Este aujourd'hui au musée du Louvre. En 1440, il est à Milan. Ses biens à Vérone sont confisqués, comme ceux de tous les émigrés qui ont refusé de retourner à Vérone.

Pisanello, tout comme Iacopo Bellini, se trouve à Ferrare en 1441. Lionello d’Este en profite pour organiser une compétition entre les deux peintres. Ils doivent peindre, chacun de leur côté, un portrait de Lionello. C’est Iacopo Bellini qui est déclaré vainqueur. Nicolo III d’Este juge que Bellini a fait « un portrait vivant » de son fils. Le tableau de Bellini est aujourd’hui perdu, mais celui de Pisanello est identifié au portrait de profil conservé à l’Académie Carrara de Bergame.

En 1442, Pisanello décide de se rendre à Venise pour y être jugé. Il est condamné pour avoir tenu des paroles « honteuses et déshonorantes » envers la Seigneurie, alors qu’il se trouvait à Mantoue. La peine, toutefois, est légère : il est obligé de rester à Venise, et de demander l’autorisation du Conseil s’il veut vendre un de ses biens.

En 1448, Pisanello grave une médaille à l'effigie de l'humaniste Pier Candido Decembrio. L'année suivante, il est à Naples. Il meurt probablement en 1455.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Vierge d'humilité, dite Madone à la caille, Vérone, musée du Castelvecchio.
  • Annonciation du monument Brenzoni, Vérone, Église San Fermo Maggiore.
  • Cycle de l'histoire de Bohort, Mantoue, Palazzo Ducale.
  • La Vision de saint Eustache, (v.1435), détrempe sur bois, 55 × 65 cm, Londres, National Gallery.
  • Saint Georges et la princesse, fresque transposée sur toile, Vérone, à l'origine dans la chapelle Pelligrini de l'église Sant' Anastasia, aujourd'hui dans la chapelle Giusti de la même église.
  • Portrait d'une princesse d'Este, Paris, Musée du Louvre.
  • Portrait de Lionel d'Este, (1441 ?), détrempe sur bois, 28 × 19 cm, Bergame, Académie Carrara.
  • La Tentation de saint Antoine (le tableau est parfois mentionné sous un autre titre : Vierge à l'Enfant avec saint Antoine et saint Georges), (v.1445), détrempe sur bois, 47 × 29 cm, Londres, National Gallery.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. nommé à tort Vittore Pisano par Giorgio Vasari
  2. Gentile da Fabriano part à Brescia décorer une chapelle du Broletto.
  3. B. Facio, De viris illustribus liber, Florence, 1745 (mais le manuscrit date de 1496).
  4. Des dates plus tardives, entre 1438 et 1442, (dernière trace d'un séjour de Pisanello à Mantoue) ont été proposées par Alessandro Conti (Una miniatura ed altre considerazioni sul Pisanello, Itinerari, 1, 1979, pp. 67-76, 1979), Leandro Ventura (Noterelle pisanelliane. Precisazioni sulla data del ciclo cavalleresco di Mantova in Civiltà Mantovana, 1992), Valentina Antonucci ( « Humanism Principes » e « Preux Chevaliers » , Ritratti gonzagheschi ed estensi negli affreschi di Pisanello in Palazzo Ducale a Mantova, in Civiltà Mantovana, 1994).
  5. Vasari, Le Vite de' più eccellenti pittori, scultori e architettori, édition française sous la direction d’André Chastel, Berger-Levault, 1983.
  6. On a parfois rapproché cette effigie d'un « tableau en forme de livre où Jules César est représenté sur un panneau de bois avec son cadre doré », cité en 1494 dans l’inventaire de la garde-robe de Lionello d’Este. Toutefois, la somme payée à Pisanello est modique. Certains critiques ont donc supposé que cette effigie de Jules César serait plutôt une médaille.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
Page ?? - édition 1568
134 le vite, Pierino da Vinci.jpg

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