Bronze ancien

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Le Bronze ancien (2300 - 1600 av. J.-C) constitue une sous-période chronologique de l'âge du Bronze. Il est notamment caractérisé par le développement de la métallurgie du bronze qui allie le cuivre et l'étain et se substitue à celle du cuivre seul. Il succède au Néolithique et dans certaines régions, à la période de transition du Chalcolithique.

Il est marqué par une évolution progressive, sans modification notable des conditions matérielles d'existence, et par un développement du commerce international du cuivre et donc des contacts entre groupes humains.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'âge du bronze ne sont pas synchrones pour toutes les contrées. Ils datent :

Extension géographique[modifier | modifier le code]

Europe centrale[modifier | modifier le code]

L'impulsion du changement vers la métallurgie est venu pour cette région principalement de l'Europe balkanique : elle se traduisit par l'expansion de la Culture d'Unétice de la Bohême et la Silésie à l'Allemagne centrale[1]. Des échanges sont attestés à travers toute l'Europe centrale avec l'exploitation des mines de cuivre de Slovaquie, d'étain de Bohême, d'or de Transylvanie et l'exportation de haches, poignards, bijoux. Exploitant les gisements d'étain des monts Métallifères, les porteurs de la culture d'Unétice ont largement exporté leurs productions dans les régions voisines, où elles ont parfois été imitées[1]. Le célèbre disque de Nebra, sans doute le plus fameux vestige du bronze ancien d'Europe centrale, se rattache à cette culture d'Unetice, quoiqu'il n'ait été dégagé que dans des couches de terrain datées du Bronze moyen[2].

Le disque de Nebra est l'un des vestiges les plus remarquables du bronze ancien.

Les îlots les plus importants du Bronze ancien dans cette partie de l'Europe se trouvent dans les Préalpes bavaroises avec le groupe de Straubing[3] et autour du Lac de Constance et de la haute vallée du Rhin avec le groupe de Singen[4]. Plus à l'aval de ce fleuve, on rencontre la Culture d'Adlerberg[5], qui comme le groupe du Neckar (dans le bassin du Moyen-Neckar[6]) n'est pour l'instant connue que par un nombre de vestiges très restreint.

À l'est, et particulièrement le long du Danube, il y a une succession de sites : Unterwölbling (Basse-Autriche), Nitra (Slovaquie), Kisapostag (Hongrie occidentale) et Nagyrév (Hongrie centrale) que l'archéologue suisse Emil Vogt a regroupés sous le terme de Blechkreis, et à laquelle il rattache d'ailleurs la culture de Straubing et le groupe de Singen. Ce terme allemand renvoie à une façon particulière de travailler le métal, qui consiste à marteler une tôle (Blech) primitive[7]. Les vestiges de cette culture, des bijoux en bronze retirés des tombes, se distinguent nettement des objets massifs plaqués de bronze de la culture d'Unetice.

Europe de l'Ouest[modifier | modifier le code]

L'Europe de l'Ouest, profondément imprégnée par la tradition néolithique, resta, à l'exception des Cornouailles, longtemps à l'écart de la civilisation du bronze ancien : cela vaut pour les Pays-Bas, la Belgique et la plus grande partie du territoire français. Sur la façade atlantique, par exemple, la première production métallurgique dominante jusqu'à celle du bronze demeure celle de l'or et de l'argent. C'est la raison pour laquelle les archéologues de ces pays distinguent un âge du cuivre, dont les implications sur la civilisation matérielle n'ont pas été aussi profondes que celle du bronze ancien. Dans ces régions, et jusqu'au milieu du Bronze moyen (1500 av. J.-C.), on ne rencontre que des vestiges caractéristiques de la culture campaniforme, dont la Culture de Hilversum est issue : de la couche Bz A1 (-2200 à -2000) jusqu'au Bronze moyen, les vestiges sont encore typiques de la céramique cordée[8] ,[9].

Les Cultures de Bonnanaro et de la Polada (vers 1800-1500 av. J.-C.), plus au sud, marquent la transition entre le campaniforme et le bronze ancien. Ces cultures d’influence unéticiennes supplantent entre -1900 et -1200 la brillante culture de Remedello. Elles contrôlent le commerce de l’Adriatique vers les cols alpins.

La situation des Îles Britanniques est entièrement à part à cette période : elles voient naître la Culture du Wessex, qui résulte de la fusion d’importants groupes campaniformes qui découvrent puis exploitent systématiquement les gisements de cuivre et d’étain de la Cornouaille[10]. La richesse proverbiale de ces gisements fera de ces pays, pour les marchands du monde méditerranéen, les Îles Cassitérides[11] (du grec Κασσίτερος = « étain »).

Europe du Nord[modifier | modifier le code]

Au nord de l’Elbe (plaine d'Allemagne du Nord et toute la Scandinavie), diverses strates du néolithique ont persisté au moins jusque vers 1500 av. J.-C. De même, en Rhénanie du Nord et en Frise, le travail des métaux ne fait son apparition qu'avec les sépultures du groupe de Sögel-Wohlde, qui coïncident avec les débuts du Bronze moyen en Europe centrale. Vers cette même époque, le littoral baltique voit naître une culture autonome, l’Âge du bronze danois.

Technique[modifier | modifier le code]

L'innovation technologique majeure est bien sûr l'apparition d'un alliage de cuivre et d'étain qui permit la réalisation de nombreux objets en bronze.

Additionné d'un pourcentage variable d'étain, le cuivre donne du bronze. Cet alliage est plus résistant que le cuivre seul, mais est plus malléable quand il est chaud. Cette caractéristique le rendit propre à la coulée, qui se fit selon deux techniques, dans des moules en pierre ou par la technique de la cire perdue. Cette dernière permet de réaliser des objets creux de grandes dimensions, comme des moyeux de roues de char. Les moules permettent de confectionner des armes comme des épées, des fers de lance et des poignards.

Art[modifier | modifier le code]

Le bronze est également utilisé dans le domaine artistique avec la réalisation de colliers, d'éléments de parure, de boucles connus à travers les exemplaires déposés dans les tombes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b D’après Jacques Briard, L'âge du Bronze en Europe. Économie et société, 2000-800 avant J.-C., Paris, Errance, , chap. II (« Unétice, tumulus et Danube »), p. 23-50.
  2. D’après (de) Harald Meller, « Die Himmelsscheibe von Nebra. Fundgeschichte und archäologische Bewertung », Sterne und Weltraum, no 12,‎ , p. 28–33
  3. (de) B. Lißner, « Zu den frühbronzezeitlichen Gruppen in Süddeutschland - 2 », Leipziger online-Beiträge zur Ur- und Frühgeschichtlichen Archäologie, Universität Leipzip, no 13,‎ (lire en ligne [PDF])
  4. Cf. (de) Margarete Gallay, « Die Besiedelung der südlichen Oberrheinebene in Neolithikum und Frühbronzezeit », Badische Fundberichte Sonderheft, Fribourg, no 12,‎ .
  5. Cf. (de) Paul Reinecke, « Grabfunde der frühen Bronzezeit aus Rheinhessen », Korrespondenzblatt der westdeutschen Zeitschrift für Geschichte und Kunst, no 19,‎ , p. 205–208.
  6. D'après les recherches de l'archéologue allemand (de) Rüdiger Krause, « Ein neues Gräberfeld der älteren Frühbronzezeit von Remseck-Aldingen, Kreis Ludwigsburg », Archäologische Ausgrabungen in Baden-Württemberg,‎ 1988, 1989, p. 156-160
  7. Cf. (de) Emil Vogt, Die Gliederung der schweizerischen Frühbronzezeit, Frauenfeld, Verlag Huber, .
  8. Cf. la thèse de (de) S. Hoffmann, Die Entstehung und Entwicklung der Mittleren Bronzezeit im Westlichen Mittelgebirgsraum, Bonn, (lire en ligne)
  9. D'après (nl) L. Theunissen, Midden-bronstijdsamenlevingen in het zuiden van de Lage Landen [« Vestiges du bronze moyen au sud du site de Landen »], Leyde, .
  10. La référence est ici l'article original de (en) S. Piggott, « The Early Bronze Age in Wessex », Proc. Prehist. Soc., no 4,‎ , p. 52-106.
  11. Cf. par ex. Strabon, Géographie (lire en ligne), chap. 5 (« Les îles de l'Ibérie »)