Brigitte Boucheron

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Brigitte Boucheron
Organisatrice printemps lesbien 2012.JPG
Brigitte Boucheron en 2012
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (71 ans)
Activités
Féministe, civil libertarian, relectrice-correctriceVoir et modifier les données sur Wikidata

Brigitte Boucheron, née le est une militante lesbienne, féministe et libertaire française.

De 1976 à 1982, elle est parmi les fondatrices et animatrices de la Maison des Femmes de Toulouse.

En 1988 à Toulouse, elle crée et anime pendant dix ans, avec notamment Jacqueline Julien, le Bagdam Cafée[1], un café de femmes totalement non mixte, premier et unique en France.

Le Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle la présente comme une « véritable bibliothèque vivante de la culture lesbienne »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Fille de petits commerçants, elle côtoie dans son entourage familial des personnalités féminines affirmées et George Sand[2] lui est connue dès l'enfance, car sa famille maternelle est originaire de Nohant.

Très bonne élève, elle est renvoyée de son lycée suite à une liaison amoureuse avec la fille d'un professeur catholique. Elle fait ses études universitaires à Nantes puis à Poitiers où elle rencontre à la Librairie Pergame Jacqueline Julien. Elle étudie la littérature, l'histoire de l'art et la musicologie.

Militante féministe[modifier | modifier le code]

En 1970, elle s'installe à Toulouse, où elle participe aux activités du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception, notamment en pratiquant des interruptions volontaires de grossesse alors illégales[2].

De 1976 à 1982, elle est parmi les fondatrices et animatrices de la Maison des Femmes de Toulouse[2] et participe à la publication du journal La Lune Rousse (1977-1982)[3],[4].

Fin 1988, elle est à l'initiative de l'ouverture du Bagdam Cafée, « café convivial, culturel et politique lesbien et féministe »[2],[5],[6],[7]. Ce café de femmes, premier et unique en France totalement non mixte[n 1], ferme après dix ans et est remplacé par Bagdam Espace Lesbien sur internet.

En 1996, elle crée avec Jacqueline Julien, le Printemps lesbien de Toulouse qui a fêté, en 2017, son vingtième anniversaire[8],[9].

Elle collabore régulièrement à Lesbia Magazine où elle signe, en 2005, une série de textes intitulée France, années 1990 : la décennie lesbienne, où elle estime qu'il se publiait dix-huit livres lesbiens par an dans les années 1990, contre dix dans les années 1980 et cinq dans les années 1970. À tel point que les éditeurs hétérosexuels commencent eux aussi à s'intéresser à ce « marché », en publiant notamment des polars aux héroïnes lesbiennes[10].

En 2015, elle est signataire d'une lettre adressée à Jean-Michel Minovez demandant la suspension de la procédure de recrutement pour un poste de chargée de question, au motif que le comité de sélection comprend un professeur ayant perdu un procès en diffamation intenté contre les soutiens des victimes de harcèlement sexuel[11].

Publications et contributions[modifier | modifier le code]

  • France,années 90,la décennie lesbienne, communication dans le séminaire Orientation et identité sexuelles, questions de genre, Université Toulouse-Jean-Jaurès, 12 mai 1999[13].
    • Entretien avec Brigitte Boucheron, 19 décembre 2014, pp. 140-154[14].
  • Introduction à une histoire du mouvement lesbien en France, contribution au Colloque Visibilité/invisibilité des lesbiennes, Coordination lesbienne en France (CLF), Paris, 19 mai 2007[15].
  • Nombreuses contributions sur le site de la Coordination lesbienne en France[16]

Relectures et remerciements[modifier | modifier le code]

  • Christine Bard, Le lesbianisme comme construction politique, in Eliane Gubin (dir.), Le siècle des féminismes, Éditions de l'Atelier, 2004, [lire en ligne].
  • Christine Verschuur, Genre, nouvelle division internationale du travail et migrations, Graduate Institute Publications, 2017, [lire en ligne].
  • Christine Verschuur, Genre, pouvoirs et justice sociale, Graduate Institute Publications, 2017, [lire en ligne].
  • (en) Kristina Schulz, The Women's Liberation Movement : Impacts and Outcomes, Berghahn Books, 2017, [lire en ligne].

Commentaire[modifier | modifier le code]

Selon le Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle (2017) : « Lesbienne féministe, Brigitte Boucheron est aujourd'hui une figure incontournable du militantisme radical lesbien non seulement à Toulouse mais aussi à un niveau national, européen, voire plus : États-Unis, Québec, Afrique du Sud, etc. »[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Fondée en décembre 1988, l'association Bagdam Cafée continue son existence sous le nom de Bagdam Espace lesbien, après la fermeture du café, le 1er janvier 1999. Pendant 10 ans, Bagdam Cafée a été le cœur de la vie lesbienne de Toulouse et de toute la région, ce qui a permis à des milliers de lesbiennes de se socialiser et de former des réseaux où inscrire leur vie – socialisation qui permet de parler aujourd'hui de « Toulouse lesbopole ». Connu dans la France entière pour ses activités à la fois conviviales, culturelles et politiques, Bagdam a été le premier et l'unique café de femmes de France totalement non mixte. L'indépendance et la spécificité lesbiennes - et donc la non-mixité - est le cœur du projet politique et culturel de Bagdam Espace lesbien. », Bagdam Espace lesbien, 1999, [lire en ligne].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsi orthographié, avec un « e » final.
  2. a b c d e et f Irène Corradin, Brigitte Boucheron, in Christine Bard (dir.), Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle, Paris, Presses universitaires de France, 2017, (ISBN 978-2-13-078720-4), [lire en ligne].
  3. Jessica Ibre, Art et féminisme en Midi-Pyrénées dans les années 1970-1980, Toulouse, , 324 p. (lire en ligne [PDF]), page 6.
  4. Jessica Ibre, Art et féminisme en Midi-Pyrénées dans les années 1970-1980. Les liens entre le mouvement féministe et l’art : expression collective et engagée contre création individuelle et universelle, Mémoire de Master Histoire de l’art contemporain sous la direction de Christian Mange, Université Toulouse II Jean Jaurès, UFR Histoire, Arts et Archéologie, [lire en ligne].
  5. Béatrice Dillies, « La Ville rose, terre promise des lesbiennes en France », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2017).
  6. « Bagdam Espace Lesbien - Toulouse », sur www.bagdam.org (consulté le 20 septembre 2017).
  7. Brigitte Boucheron, « Toulouse, Bagdam Espace, lesbien première langue », sur Coordination lesbienne en France.
  8. « Brigitte Boucheron : « la culture lesbienne ne peut se constituer qu’en dehors d’une présence masculine » - Toulouse Infos », Toulouse Infos,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2017).
  9. Corinne Delpech, « "La force d'oser" au Printemps lesbien », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne).
  10. « Fin des éditions lesbiennes "La Cerisaie" », sur Ltoutes, l'actualité lesbienne pour toutes les femmes, .
  11. les invités de Mediapart, « Université de Toulouse 2 - Jean Jaurès : demande de suspension d'une procédure de recrutement », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2017).
  12. Namascar Shaktini, On Monique Wittig : Theoretical, Political, and Literary Essays, University of Illinois Press, 2005, page 206.
  13. Michèle Sarde, De l'alcôve à l'arène : Nouveau regard sur les Françaises, Robert laffont, 2010, note 387.
  14. « la décennie lesbienne, France années 90 », archive.is,‎ (lire en ligne, consulté le 1er janvier 2018).
  15. « Bagdam Espace Lesbien - Textes théoriques », sur www.bagdam.org (consulté le 1er janvier 2018).
  16. Collectif Sarka-SPIP, « Rechercher - C.L.F. », sur www.coordinationlesbienne.org (consulté le 1er janvier 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Jessica Ibre, Art et féminisme en Midi-Pyrénées dans les années 1970-1980. Les liens entre le mouvement féministe et l’art : expression collective et engagée contre création individuelle et universelle, Mémoire de Master Histoire de l’art contemporain sous la direction de Christian Mange, Université Toulouse II Jean Jaurès, UFR Histoire, Arts et Archéologie, 2016, [lire en ligne].
  • Natacha Chetcuti, Claire Michard, Lesbianisme et féminisme : histoires politiques, Bibliothèque du féminisme, L'Harmattan, 2003, (ISBN 9782747555012).
  • Jessica Ibre, Art et féminisme en Midi-Pyrénées dans les années 1970-1980, Toulouse, , 324 p. (lire en ligne [PDF]).
  • Christine Bard, Annie Dizier-Metz, Valérie Neveu, Véronique Fau-Vincenti, Guide des sources de l'histoire du féminisme : de la Révolution française à nos jours, Presses universitaires de Rennes, 2006, (ISBN 9782753502710).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]