Baba Laddé

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Baba Laddé
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Biographie
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Baba Laddé est un rebelle tchadien s'opposant au pouvoir d'Idriss Déby. Il est aussi appelé Abdel Kader Baba Laddé ou général Baba Laddé et son vrai nom pourrait être Mahamat Abdul Kadre. Son pseudonyme signifie « Père de la brousse » en langue peule.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né le à Gounou Gaya dans le Mayo-Kebbi Est et est d'ethnie peule.

Gendarme, il entre en rébellion le 15 octobre 1998 avec la fondation du Front populaire pour le redressement, il est emprisonné une première fois de novembre 1998 à septembre 1999. Il se réfugie ensuite plusieurs années au Nigeria. Présent avec son mouvement, le Front populaire pour le redressement, au Darfour de 2006 à 2008, il est pendant quelques mois Commissaire à la Défense de la coalition Forces unies pour le changement. En 2008, il rejoint la Centrafrique avec ses hommes.

Il est arrêté par les forces tchadiennes à Bangui en 2009 alors qu'il participait à des négociations, mais a réussi à s'échapper de Ndjamena en 2010.

Le 23 décembre 2011, dans un article intitulé « Centrafrique: Laddé, l'homme qui veut libérer les Peuls », le journal Jeune Afrique affirme que Baba Laddé veut unir les mouvements peuls avec AQMI, le Front Polisario, les Touaregs et les indépendantistes de l'Ogaden[1]. Il s'agirait peut-être d'une campagne de presse contre l'opposant tchadien.

Le 23 janvier 2012, les armées tchadiennes et centrafricaines lancent une offensive contre ses bases situées près de Kaga-Bandoro, Kabo, Ouandago, Gondava (centre-nord de la Centrafrique), causant des pertes aussi bien chez les rebelles FPR que chez les civils et les militaires des deux pays. Baba Laddé et la plupart de ses hommes quittent alors le secteur. The Guardian affirme le 7 mars 2012 que 16 000 personnes ont été déplacés par ces combats[2], en mai l'ONU parle de 22 000 déplacés[3].

Selon Roland Marchal, chercheur au CNRS, « Ce qui est différent, c'est le fait qu'il (Baba Laddé) a été capable d'avoir un discours politique qui ne s'est pas enfermé dans les frontières de la Centrafrique, et dans les revendications localistes. Il a développé un argumentaire sur la marginalisation des pasteurs peuls bororos[4]. »

Dans un entretien à RFI le 28 février 2012, Baba Laddé affirme que son nouvel objectif est de renverser les deux régimes tchadien et centrafricain[5]. À ce moment, le roumain Horaţiu Potra lui propose son aide.

Le 16 mars 2012, Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, affirme « Quant à Baba Laddé, on sait depuis longtemps que c'est un bandit, un coupeur de route. Je suis surpris de voir qu'il a maintenant des revendications politiques. Est-il manipulé ? Peut-être[6]. »

Selon The Huffington Post du 20 avril 2012 et Human Rights Watch, Baba Laddé et ses hommes se trouveraient à cette date dans le sud-est de la Centrafrique, dans la zone où opère la LRA[7],[8].

Le 1er juin 2012, Baba Laddé déclare à RFI qu'il se trouve au Soudan du Sud[9]. Il s'installe à Boro Madina (ou Boro Medina) dans l'État du Bahr el Ghazal occidental, dans le comté de Raga.

Le 23 juillet 2012, Idriss Déby déclare à Jeune Afrique que Baba Laddé « est un ex-gendarme tchadien devenu coupeur de route et trafiquant d’ivoire, ce n’est pas un rebelle, comme le prétendent certains médias, mais un bandit de grand chemin. Ce genre de personnage ne constitue pas une menace pour le Tchad. Pour la Centrafrique, c’est possible[10]. »

Le 14 août 2012, François Bozizé réaffirme à RFI que Baba Laddé se trouve au Soudan du Sud[11].

Le 2 septembre 2012, Baba Laddé se rend aux autorités centrafricaines dans la ville de Ippy après avoir annoncé quelques jours avant son retour en RCA son souhait de negocier avec les gouvernements tchadiens et centrafricains[12].

Il est accueilli officiellement à Bangui le 3 septembre, puis, un avion des Nations Unis le dépose à N'djamena le 5 septembre. Le 8 septembre le communiqué d'accord signifiant le retour à la légalité de Baba Laddé est signé par les ministres tchadiens de l'intérieur et de la défense et les ministres centrafricains de l'intérieur et de la défense[13].

Le 15 janvier 2013 il est nommé conseiller chargé de Mission au cabinet du chef du Gouvernement du Tchad[14]. En conflit avec le premier ministre, il s'exile au Nigeria puis au Niger en septembre 2013. Il voyage au Bénin puis au Kenya où il rencontre Jean-Francis Bozizé (fils de François Bozizé) à Nairobi en novembre, puis il rencontre Joachim Kokaté à Niamey. Après négociations, le Nigérien toubou Goukouni Zen et le Centrafricain Seleka Abakar Sabone ramène Baba Laddé au Tchad fin janvier 2014.

Le 19 juillet 2014 il est nommé préfet du département de Grande Sido[15],[16].

Le 24 novembre 2014, comme la plupart des préfets et sous-préfets des départements tchadiens, Baba Laddé est démis de ses fonctions par décret[17]. Mais s'étant beaucoup investi dans son département, la population de Maro s'oppose à son éviction. Un convoi militaire vient le chercher le premier décembre, mais il s'échappe alors que sa femme et son garde du corps sont maltraités[18]. Il est ensuite signalé le 5 décembre à Bateldjé, en Centrafrique entre Kabo et Batangafo, où ses hommes auraient tués cinq civils[19],un ministre centrafricain affirme le 8 décembre que la présence de Baba Laddé en RCA n'est pour l'instant qu'une rumeur[20], mais le 10 décembre, l'ONU annonce que le chef rebelle a été arrêté le 8 décembre à Kabo par la Minusca et transféré à Bangui. Le 11, un ancien ministre, le Cheikh Aboulanwar Mahamat Djarma Khatir apporte son soutien à Baba Laddé[21]. Il est extradé au Tchad le 2 janvier 2015[22]. Il est enfermé au bagne de Koro Toro.

Dans la crise centrafricaine commencé fin 2012, une partie des combattants du FPR a intégré la Seleka, principalement sous le commandement d'Ali Darassa (ou Ali Darass), ancien bras-droit de Baba Laddé[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2658p008-009.xml0/
  2. http://www.guardian.co.uk/global-development/2012/mar/07/central-african-republic-humanitarian-crisis
  3. http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve10676
  4. http://www.rfi.fr/emission/20120204-roland-marchal-chercheur-cnrs
  5. http://www.rfi.fr/afrique/20120228-abdel-kader-baba-ladde-tchad-rca-offensive-reorganise
  6. http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2670p036.xml0/soudan-petrole-burundi-tutsipierre-buyoya-une-rebellion-au-burundi-cela-n-a-pas-de-sens.html
  7. http://www.huffingtonpost.com/human-rights-watch/central-african-republic_b_1441408.html?ref=world
  8. http://www.hrw.org/fr/news/2012/04/20/r-publique-centrafricaine-les-attaques-de-la-lra-s-intensifient
  9. http://www.rfi.fr/afrique/20120601-le-leader-fpr-tchadien-declare-trouver-soudan-sud
  10. François Soudan, « Tchad - Idriss Déby Itno : "J'ai trop longtemps prêché dans le désert" », Jeune Afrique, 23 juillet 2012
  11. http://www.rfi.fr/afrique/20120814-centrafrique-le-president-bozize-revient-recents-affrontements-bangui-assure-2-chef
  12. « Baba Ladé se rend aux autorités de la RCA », Radio Ndeke Luka, 3 septembre 2012. Consulté le 4 septembre 2012
  13. http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-retour-de-baba-ladde-communique-conjoint-tchad-rca-109955618.html
  14. http://www.alwihdainfo.com/Tchad-Baba-Ladde-nomme-conseiller-charge-de-Mission-a-la-Primature_a6347.html
  15. http://www.alwihdainfo.com/Tchad-Nomme-prefet-Baba-Lade-promet-developpement-et-aide-aux-refugies-de-RCA_a12099.html
  16. http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140728151154/
  17. http://www.presidencetchad.org/1441.pdf
  18. http://www.rfi.fr/afrique/20141203-tchad-mysterieuse-disparition-ancien-rebelle-baba-ladde/
  19. http://www.rjdh-rca.net/actulites/actualite/kabo-la-presence-de-baba-ladde-signalee-a-25-km-de-la-ville.html
  20. http://www.rjdh-rca.net/actulites/actualite/centrafrique-le-gouvernement-ne-confirme-pas-encore-la-presence-de-baba-ladde-dans-les-environs-de-kabo-2.html
  21. http://centrafrique-presse.over-blog.com/2014/12/scheikh-aboulanwar-djarma-ancien-maire-de-ndjamena-demande-a-la-minusca-de-proteger-baba-ladde.html
  22. http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150106113852/justice-justice-tchadienne-baba-laad-justice-tchadienne-tchad-le-chef-rebelle-baba-laad-devant-la-justice.html
  23. http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2802p028.xml0/

Source[modifier | modifier le code]