François Bozizé

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François Bozizé
Illustration.
François Bozizé en 2007.
Fonctions
Président de la République centrafricaine

(10 ans et 9 jours)
Élection 8 mai 2005
Réélection 23 janvier 2011
Vice-président Abel Goumba
Premier ministre Abel Goumba
Célestin Gaombalet
Élie Doté
Faustin-Archange Touadéra
Nicolas Tiangaye
Prédécesseur Ange-Félix Patassé
Successeur Michel Djotodia
Biographie
Nom de naissance François Bozizé Yangouvonda
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Mouila (Gabon)
Nationalité Centrafricaine
Parti politique Convergence nationale - Kwa Na Kwa
Enfants Jean-Francis Bozizé
Profession Militaire
Religion Christianisme céleste

François Bozizé
Présidents de la République centrafricaine

François Bozizé Yangouvonda, né le à Mouila (Gabon), est un homme d'État centrafricain, président de la République depuis le coup d'État du qui l'a porté au pouvoir. Il est renversé le et s'enfuit au Cameroun. Il est un soutien de la rébellion de la Coalition des patriotes pour le changement depuis 2020. [1]

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous Bokassa[modifier | modifier le code]

Issu de l'ethnie Gbaya[2] et engagé très tôt dans l’armée après avoir fini à peine le collège, il est entré à l'Ecole Supérieure des Officiers d'Active (ESFOA) à Bouar[3]. François Bozizé devient général de brigade sous Jean-Bedel Bokassa[4],[5]. Responsable avec le général Mayo Mokola des troupes de Bangui, il est chargé de la répression des manifestations de lycéens, du 15 au , faisant plusieurs dizaines de morts parmi les élèves[6]. Cet évènement est commémoré par la « journée des martyrs », le de chaque année[7],[8].


Sous David Dacko[modifier | modifier le code]

Il devient ministre de la Défense de David Dacko, après l'opération Barracuda de l'armée française qui renverse Bokassa[9].

Putsch manqué et exil[modifier | modifier le code]

Sous le régime militaire du général André Kolingba, le général Bozizé soutient l'opposition et fomente un coup d'État en 1982. À la suite de l’échec de ce coup d'État, Bozizé et Ange-Félix Patassé, le chef politique du coup d’État, partent en exil au Togo.

En 1993, il se présente une première fois à la présidentielle contre Ange-Félix Patassé, sans succès[9].

Le retour en Centrafrique : un pilier du régime de Patassé[modifier | modifier le code]

Dix ans plus tard, le général Kolingba, suivant le mouvement amorcé dans les anciennes colonies francophones, tient une élection présidentielle libre, multi-partite et équitable[réf. nécessaire]. Ange-Félix Patassé est élu président de la République avec 52,5% des voix[10].

Au fil des ans, Bozizé devient un des hommes forts du régime Patassé et surtout sa courroie de transmission dans l'armée. Bozizé rétablit, avec l'aide militaire de la France, le calme après les deux dernières mutineries de 1996 et 1997. Devant la montée des mécontentements dans l'armée, Patassé ressent le besoin de donner plus de pouvoirs à Bozizé en le nommant chef d'état-major des armées centrafricaines. C'est pendant cette période que Bozizé a procédé à de multiples assassinats par le truchement de certains Sous-officiers et Officiers opérant au sein de la Garde Présidentielle et/ou dans le rang des FACA. C'est le cas des exécutions au plus fort des mutineries du Colonel Christophe GRELOMBE et de son fils , le Sergent Martin GRELOMBE (ressortissant de l'Ecole Militaire et des Enfants de Troupe EMET) sur le flanc de la colline Gbazoubangui en face du domicile de Dr DOFARA, par l'un de ses nombreux neveux, le non-moins assassin en chef, le Lieutenant Guy KOUDEMON de la garde présidentielle (ressortissant comme le fils GRELOMBE, de l'Ecole Militaire des Enfants de Troupe EMET). Pui s'en suivirent les assassinats du Colonel Alphonse KONZI MONGOT et du Colonel Abel ABROU CEMA pendant la tentative de coup d'Etat du , révendiqué par l'ancien président de la République, le Général André KOLINGBA. B

Second putsch manqué et second exil[modifier | modifier le code]

Lors d'un autre coup d'État en mai 2001 contre le plus en plus contesté Patassé, ce sont les troupes libyennes qui assurent la sécurité du président. Le putsch échoue, mais Bozizé est sur la sellette, de plus en plus contesté dans l'entourage du président, on lui reproche une participation à cette tentative de renversement ou tout du moins un certain laisser-faire. Sentant venir sa fin proche, Bozizé fuit la Centrafrique pour le Tchad voisin avec quelques troupes.

Du Tchad, Bozizé mène quelques incursions en Centrafrique, mais rien de bien inquiétant pour le pouvoir toujours vacillant, mais désormais soutenu par la puissante armée libyenne, du président Patassé. La tentative de renversement d'octobre 2002 échoue, Patassé recevant en plus l'appui du Mouvement de libération du Congo MLC, un groupe de miliciens soutenus par l’Ouganda et actifs dans la guerre civile en République démocratique du Congo voisin.

Le soutien ou tout du moins la bienveillance tchadienne à l'égard des activités militaires de Bozizé irrite Patassé au plus haut point, d’autant plus que l’armée centrafricaine est acquise au général en exil. Patassé accuse son homologue tchadien et cherche l’aide de la France pour assurer sa sécurité. À plusieurs reprises l’ancienne puissance coloniale était déjà intervenue pour sauver Patassé, mais devant l’instabilité chronique de la RCA et le manque total de soutien populaire, la France laisse poliment tomber Patassé.

Le coup d'État réussi de 2003[modifier | modifier le code]

Le , alors que Patassé est en voyage au Niger, Bozizé rentre au pays et s’empare de Bangui avec le soutien de l'armée tchadienne[11],[12]. Patassé doit alors partir en exil au Cameroun puis au Togo[13].

Présidence[modifier | modifier le code]

Bozizé devenu chef de l'État[14] promet un processus de normalisation politique pour le retour à la démocratie. Des élections démocratiques et multi-partites sont promises par Bozizé qui les fixe, après plusieurs reports dus à la mise à jour des listes électorales, au .

Après les émeutes des « Chimères » en mars 2004, le président haïtien Jean-Bertrand Aristide est renversé et Bozizé l'accueille en exil en Centrafrique.

En 2004, la douane allemande découvre une mallette remplie de diamants dans son avion privé[9].

F. Bozizé a la Table ronde des partenaires au développement de la République centrafricaine à Bruxelles en 2007.
F. Bozizé à la réunion sur la Réforme du secteur de sécurité à Bangui en 2008.

Bozizé remporte les élections présidentielles et son parti le Convergence nationale - Kwa Na Kwa remporte 42 sièges sur 105 lors des élections législatives et présidentielle centrafricaines de 2005[15].

Son mandat expirant le , il est prolongé par un vote du Parlement du , ce que confirme la Cour constitutionnelle le [16]. Bozizé est réélu au premier tour de l'élection présidentielle de 2011 avec 64,37 % des voix face à Ange-Félix Patassé (21,41 %) et Martin Ziguélé (6,8 %)[17]. Sa famille occupe une vingtaine de sièges[18]. Plusieurs candidats déposent des recours devant la Cour constitutionnelle, dénonçant des fraudes. La cour rejette les recours mais dans l'annonce des résultats finaux, elle écarte les résultats de certains bureaux de vote jugés « litigieux »[19],[20].

En 2012, le pétrole de Gordil, à la frontière tchadienne est concédé par son régime aux Chinois de la China National Petroleum Corporation[21],[22]. Celui-ci affirmera : « J’ai été renversé à cause du pétrole » et « J'ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème »[23].

Chute et exil[modifier | modifier le code]

Fin 2012, menacé par la rébellion de la Seleka aux portes de la capitale Bangui, le président François Bozizé appelle la France et les États-Unis à l'aide[24],[25],[26]. Le président sud-africain Jacob Zuma aurait envoyé, face à la Séléka, une force d’interposition d'environ 300 hommes en , en échange de concessions minières à des proches de son parti[27].

Le , les rebelles de la Seleka s'emparent du palais présidentiel et leur chef de file, Michel Djotodia, prend le pouvoir[28],[29].

François Bozizé s'enfuit alors vers le Cameroun où il est hébergé par le président de la République, Paul Biya[30],[31],[32].

Le , un mandat d'arrêt international est émis contre lui par la justice centrafricaine[33],[34].

Élection présidentielle de 2020[modifier | modifier le code]

En , le parti Kwa na Kwa propose François Bozizé comme candidat à la présidentielle de décembre 2020[35]. Ayant accepté cette offre, François Bozizé doit déposer sa candidature auprès de l'Autorité nationale des élections en [réf. souhaitée]. Le , la Cour constitutionnelle invalide cette candidature, en raison des accusations et sanctions de l'ONU pesant sur l'ancien chef de l'État[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Élections en Centrafrique: le soutien polémique de Bozizé à la rébellion », sur RFI, (consulté le 28 décembre 2020)
  2. L’intervention en RCA : la France a trop attendu, Bernard Lugan, 22 novembre 2013
  3. (en) Bozize to contest presidency as an independent candidate, site des Réseaux d'information régionaux intégrés
  4. François Bozizé : Tôt ou tard, je reviendrai, François Soudan, 16/08/2013, Jeune Afrique
  5. François Bozizé, un obsédé du pouvoir - Agence centrafricaine de presse - 18 février 2013
  6. D. Bigo, 1988, Pouvoir et obéissance en Centrafrique, Paris, Karthala, pages 196-197
  7. Centrafrique/Société : 28e anniversaire de la journée des Martyrs, Agence Centrafrique Presse, 2007
  8. Journée des Martyrs en RCA, « pardonner mais ne pas oublier », Radio Ndeke Luka
  9. a b et c Le général Bozizé couronné président, Libération, mai 2005
  10. Élection d'Ange Félix Patassé à la présidence de la République centrafricaine, Université de Sherbrooke
  11. Qui va sauver Bozizé ? Abdou Karim Sawadego, décembre 2012, Courrier international
  12. Centrafrique : comment François Bozizé a perdu ses alliés, RFI, 2013
  13. Patassé rentre d'exil, Jeune Afrique, 2009, AFP
  14. Djotodia, l'autocrate à l'école de Patassé et Bozizé, Courrier international, mars 2013
  15. François Bozizé est réélu à la tête de l'État centrafricain, Agence France-Presse et Le Monde, 25-05-2005]
  16. « La prolongation du mandat de Bozizé confirmée par la Cour constitutionnelle – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 26 décembre 2020).
  17. François Bozizé élu président, Le Nouvel Observateur, 25-05-2005
  18. La Lettre du Continent n° 605 – 10 février 2011.
  19. Bozizé officiellement réélu président, l'opposition critique, AFP, 14 février 2011.
  20. Bozizé réélu président au 1er tour avec 66,08 %, La Voix, 2 février 2011 [lien cassé]
  21. Agonie silencieuse de la Centrafrique, Le Monde diplomatique, octobre 2013
  22. CENTRAFRIQUE-PRESSE.COM, Bozizé accorde l’ancien permis pétrolier de Grynberg aux Chinois
  23. [1]
  24. Le président centrafricain appelle la France et les États-Unis à l'aide - Libération - 27 décembre 2012 à 12:54
  25. En Centrafrique, la capitale redoute une entrée des rebelles, La Croix, 27/12/12
  26. Central African Republic's Bozize in US-France appeal - BBC - 27 décembre 2012
  27. Patrice Gourdin, octobre 2013, Diplo Web
  28. Agonie silencieuse de la Centrafrique - Une histoire violente - Le Monde Diplomatique - octobre 2013
  29. Mystery Shrouds Rise and Aims of Rebel at Helm of Central African Republic, SCOTT SAYARE, 13 avril 2013, New York Times
  30. (en) CAR rebels 'seize' presidential palace, Al Jazeera English, 24 mars 2013
  31. Centrafrique : Paris envoie 300 soldats en renfort après la fuite de Bozizé, Le Monde, 24 mars 2013.
  32. Centrafrique: Bozizé au Cameroun - Le Figaro et AFP - 25/03/2013
  33. CAR issues arrest warrant for ex-president - Al Jazeera English - 1er juin 2013
  34. « RCA : François Bozizé visé par un mandat d'arrêt international », in rfi.fr, 1er juin 2013.
  35. « Présidentielle en Centrafrique : François Bozizé à l’assaut de Bangui », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 24 juillet 2020)
  36. Centrafrique : la candidature de François Bozizé à la présidentielle invalidée, france24.com, 3 décembre 2020.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ref: Jean-Marc Aractingi, La politique à mes trousses, Paris, Éditions l'Harmattan, 2006 (ISBN 978-2-296-00469-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]