Attentat de Diyarbakır du 4 novembre 2016

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Attentat du 4 novembre à Diyarbakır
Image illustrative de l'article Attentat de Diyarbakır du 4 novembre 2016

Localisation Diyarbakır
Cible Commissariat de police
Coordonnées 37° 55′ 35″ nord, 40° 12′ 08″ est
Date
Vers h 0 (UTC+03:00)
Armes Véhicule piégé
Morts 11 (dont 2 policiers)
Blessés ~ 100
Organisations Double revendication :
Drapeau de l'État islamique État islamique
Drapeau des Faucons de la Liberté du Kurdistan TAK
Mouvance Terrorisme islamiste ou indépendantisme kurde

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Attentat de Diyarbakır du 4 novembre 2016

L’attentat du à Diyarbakır est une attaque terroriste au véhicule piégé revendiquée à la fois par l'État islamique, qui revendique du reste pour la première fois un attentat en Turquie, et les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), et attribuée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) par le gouverneur de Diyarbakır.

Contexte[modifier | modifier le code]

Cet attentat intervient deux jours après la diffusion d'un message (le premier de l'année) d'Abou Bakr al-Baghdadi, calife autoproclamé de l’État islamique. Il appelle ses combattants à s'en prendre à la Turquie, largement impliquée dans la lutte contre le djihadisme en Irak et en Syrie[1].

Durant la nuit du 3 au 4 novembre, dans le cadre des purges suivant la tentative de putsch de 2016 en Turquie|purges politiques suivant la Tentative de coup d'État de 2016 en Turquie, une dizaine de chefs et de députés du parti d'opposition pro-kurde Parti démocratique des peuples (HDP) ont été arrêtés, dont le chef de l'opposition Selahattin Demirtaş[2]. En réaction, des émeutes ont éclaté dans des grandes villes[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le matin du , vers h 0 (UTC+03:00), une voiture piégée avec environ 3 tonnes d'explosif[3] explose près d'un commissariat de police de Diyarbakır[4], ville du sud-est de la Turquie à majorité kurde considérée comme la capitale du Kurdistan turc dans le sud-est anatolien[5]. Des habitants de la ville, en colère et scandant des slogans anti-gouvernementaux, sont dispersés par les policiers tirant des coups de feu en l'air[4].

Bilan[modifier | modifier le code]

Le dernier bilan fait état de onze morts, dont deux policiers, et une centaine de blessés[3] dont l'essentiel est sorti de l’hôpital le jour même[6]. Un terroriste a été retrouvé mort[7]. Des bâtiments, et plus particulièrement le bâtiment de la police, mais aussi des voitures ont été fortement endommagés par l'explosion[8].

Revendication[modifier | modifier le code]

Le gouvernement turc attribue d'abord l'attentat au groupe autonomistee kurde PKK, pensant à un attentat en représailles à l'arrestation de plusieurs chefs du parti politique pro-kurde HDP[9]. Mais finalement, l’État Islamique revendique l'attentat[9]'[5]. Il s'agit de la première fois que le groupe terroriste revendique un attentat commis sur le sol turc[9]. Jusque-là, il n'avait revendiqué aucun des attentats en Turquie qui lui avaient été attribués[9] (de l'Attentat de Suruç du 20 juillet 2015 jusqu'à l'Attentat de Gaziantep du 20 août 2016).

Néanmoins, le lendemain de l'attentat, le gouverneur de Diyarbakır persiste et affirme qu'il s'agit bien d'une attaque menée par le PKK[10]. Il s'appuie sur des communications par talkie-walkie, dont la transcription est dévoilée aux médias en plus de la photo du kamikaze, entre séparatistes kurdes qui revendiquent l'attentat. Le kamikaze serait un certain Kemal Hunres qui a utilisé un véhicule volé et équipé de 3 tonnes d'explosif contre un bâtiment de la police, dans lequel Figen Yüksekdağ était auditionnée au moment des faits et d'où Selahattin Demirtaş a été transféré ailleurs quelques heures avant, pour mener son action dans le but de se venger, selon la transcription, de l'État turc pour les attaques contre le Rojava et la ville de Suruç notamment[11].

Le , un groupe dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), revendique l'attentat, qui aurait été perpétré par un certain Kemal Hakkari[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Baghdadi, chef de l'EI, appelle ses troupes à "tenir" Mossoul - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Turquie : jusqu'où ira Erdogan ? », sur francetvinfo.fr, (consulté le 5 novembre 2015)
  3. a et b (tr) « Son dakika haberi: Diyarbakır valiliğinden acı haber geldi! Şehit sayısı yükseldi. », sur milliyet.com.tr, (consulté le 5 novembre 2016)
  4. a et b « Turquie : explosion meurtrière devant un bâtiment de la police à Diyarbakir - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Turquie: le groupe EI affirme être responsable de l'attentat de Diyarbakir », RFI,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Ananya Roy, « Isis claims responsibility for Turkey car bomb attack, but government blames Kurdistan Workers Party », sur ibtimes.co.uk, (consulté le 6 novembre 2016)
  7. (en) « Nine killed, more than 100 wounded in PKK attack in Turkey’s Diyarbakır », sur hurriyetdailynews.com, (consulté le 5 novembre 2016)
  8. (tr) « Diyarbakır’da hasar tespit çalışmaları başladıKaynak: Diyarbakır’da hasar tespit çalışmaları başladı », sur cinarinsesi.com, (consulté le 5 novembre 2016)
  9. a, b, c et d « L'État islamique revendique l'attentat de Diyarbakir », Euronews, (consulté le 5 novembre 2016).
  10. Reuters, « Attentat de Diyarbakir : les autorités turques ne croient pas à la revendication de l'EI », sur lorientlejour.com, (consulté le 5 novembre 2016)
  11. Musa Kesler, « İşte Diyarbakır'ı kana bulayan PKK'lı hain bombacı! », sur milliyet.com.tr, (consulté le 6 novembre 2016)
  12. AFP, « Turquie: un groupe radical kurde revendique l'attentat de Diyarbakir », sur lorientlejour.com, (consulté le 6 novembre 2016)