International Crisis Group

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International Crisis Group
Logo de l'organisation

Création
Type Association à but non lucratif
Organisation non gouvernementale internationale
Siège Bruxelles, Belgique
Langue Anglais
Président Jean-Marie Guéhenno
Personnes clés Mark Malloch Brown
Ghassan Salamé
Site web Crisisgroup.org

L'International Crisis Group (ICG) est une ONG multinationale à but non lucratif créée en 1995 dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits meurtriers grâce à une analyse de la situation sur le terrain et des recommandations indépendantes. Son président-directeur général Jean-Marie Guéhenno depuis septembre 2014.

Historique[modifier | modifier le code]

L'ICG a été créé en 1995 comme organisation non-gouvernementale internationale sur l'initiative d'un groupe de personnalités transatlantiques désespérées par l’incapacité de la communauté internationale à anticiper et répondre efficacement aux tragédies survenues en Somalie, au Rwanda et en Bosnie au début des années 1990. Cette initiative a été menée par Morton Abramowitz (en) (ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie et en Thaïlande, alors président de la Fondation Carnegie pour la paix internationale), Mark Malloch Brown (futur administrateur du PNUD, vice-secrétaire général de l'ONU et ministre britannique pour l'Afrique, l’Asie et l'ONU), et son premier président, le sénateur George Mitchell.

L'idée était de créer une nouvelle organisation dotée d’un personnel hautement qualifié, agissant en tant qu’yeux et oreilles du monde face à l'imminence de conflits, et d’un conseil d’administration jouissant d’une grande influence et capable de mobiliser une action efficace de la part des décideurs politiques du monde entier.

De débuts modestes — un bureau de deux personnes à Londres, et une équipe de terrain réduite dans les Balkans et en Afrique de l'Ouest — Crisis Group a connu une croissance rapide au cours de ces dernières années. Elle emploie actuellement quelque 130 professionnels dans le monde entier, de 46 nationalités et parlant 53 langues différentes, avec le soutien d’environ 20 consultants et 35 stagiaires.

Dans son rapport du 6 juillet 2016, « Mali Central : la fabrique d'une insurrection ? », l'ICG tire la sonnette d'alarme sur la situation au Mali central, inquiétée par des montées de violence menées par des nouveaux groupes armés alimentés par de frustrations très diverses, et prenant corps principalement dans le Front de libération du Macina[1].

Description[modifier | modifier le code]

Activités[modifier | modifier le code]

Les équipes de l'International Crisis Group effectuent des évaluations et récoltent des informations dans les pays sensibles afin de prévenir les crises. Des comptes rendus sont régulièrement rédigés afin de toucher les décideurs internationaux (tels que l'ONU, l'UE ou la Banque mondiale). L'ICG travaille en collaboration avec les gouvernements et d'autres ONG afin d’attirer leur attention sur les conflits possibles et d'anticiper les crises.

Crisis Group publie chaque année environ 90 rapports et briefings, ainsi que le bulletin mensuel CrisisWatch qui offre une mise à jour régulière des situations de conflits actuels ou potentiels dans près de 70 pays. Les rapports de Crisis Group et les activités de sensibilisation qui les accompagnent ont joué un rôle actif dans la prévention et la résolution de conflits dans des régions comme les Balkans, la Corne de l’Afrique, l’Afrique centrale ou de l’Ouest.

Financement[modifier | modifier le code]

L'International Crisis Group reçoit des financements[2] de divers gouvernements, pour l'essentiel occidentaux, ainsi que de fondations caritatives, d'entreprises et de donateurs individuels. En 2012, son budget s'élevait à 20,3 millions de dollars américains. Parmi ces fonds, 49 % de provenaient de 18 gouvernements différents et de l'Union européenne, 31 % d'entreprises privées et de donateurs individuels, et 20 % de diverses fondations et organisations philanthropiques.

Sources de financement en 2008 
  • 40 % gouvernements : Allemagne (Federal Foreign Office) • Australie (Agency for International Development; Department of Foreign Affairs and Trade) • Autriche (Austrian Development Agency) • Belgique (Service public fédéral Affaires étrangères) • Canada (Canadian International Development Agency; Foreign Affairs and International Trade Canada; International Development Research Centre) • Danemark (Ministry of Foreign Affairs) • États-Unis (U.S. Agency for International Development) • Finlande (Ministry for Foreign Affairs) • France (Ministère des Affaires étrangères) • Irlande (Irish Aid) • Liechtenstein • Luxembourg (Ministère des Affaires étrangères et européennes)• Nouvelle-Zélande (Agency for International Development) • Norvège (Ministry of Foreign Affairs) • Pays-Bas (Ministère des Affaires étrangères) • Qatar • République tchèque (Ministry of Foreign Affairs) • Royaume-Uni (Department for International Development; Economic and Social Research Council) • Suède (Ministry for Foreign Affairs) • Suisse (Federal Department of Foreign Affairs) • Turquie (Ministry of Foreign Affairs)
  • 30 % fondations d'intérêt privé : Carnegie Corporation of New York • Charles Stewart Mott Foundation • Ford Foundation • Fundacion DARA Internacional • Hunt Alternatives Fund • John D. and Catherine T. MacArthur Foundation • Korea Foundation • Open Society Institute • Pierre and Pamela Omidyar Fund • Ploughshares Fund • Pro Victimis Foundation • Sigrid Rausing Trust • VIVATrust • William and Flora Hewlett Foundation
  • 30 % entreprises ou individus : Canaccord Adams Limited • Anglo American PLC • APCO Worldwide Inc. • BHP Billiton • Chevron • Citigroup • Credit Suisse • Equinox Partners • Frontier Strategy Group • Iara Lee and George Gund III Foundation • McKinsey & Company • Harriet Mouchly-Weiss • PT Newmont Pacific Nusantara (Robert Humberson) • StatoilHydro ASA • Tilleke & Gibbins • VIVATrust • Yapı Merkezi Construction and Industry Inc. • Landegger Charitable Foundation • The Power Foundation • PricewaterhouseCoopers - Netherlands • Sarlo Foundation of the Jewish Community Endowment Fund • White & Case LLP • John Whitehead • The Whitehead Foundation

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Présidents 
Conseil d'administration [4],[5]

Le conseil consultatif compte des entreprises telles que Chevron et Shell.

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques font valoir que l'ONG ne mérite pas ce nom, 40 % de son financement venant directement des gouvernements selon le rapport annuel 2008[7], 30 % émanant d'entreprises privées. Ils accusent également l'ONG de promouvoir activement les campagnes de guerre de l'OTAN, notamment en Afghanistan[8]. Elle est régulièrement invitée par l'OTAN[9].

En septembre 2015, l’analyste politique Kodjo Tchioffo critique le dernier rapport en date d'ICG, « Cameroun : la menace du radicalisme religieux ». Il fait état d'un rapport qui propose un amalgame dangereux entre un islamisme radical violent et un christianisme revivaliste bien intégré dans le tissu social et politique du pays. Il reproche un manque d'attention sur les processus de radicalisation de certains groupes, le manque de moyens de l'État camerounais, et la transformation de l'armée dans ce conflit d'un nouveau genre[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. International Crisis Group pointe la montée des violences dans le centre du Mali, www.rfi.fr, 8 juillet 2016 (consulté le 10 août 2017)
  2. Cf. notamment la liste des soutiens sur son site
  3. (en) About the Author, www.blog.crisisgroup.com
  4. (en) « Crisis Group's Board of Trustees »
  5. Élise Colette, « International Crisis Group : une organisation influente », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  6. A Calais les « no borders » sont soutenus par le milliardaire George Soros
  7. Disponible en ligne
  8. Cf. par exemple Afghanistan : La communauté internationale doit rester déterminée.
  9. « Le vice-président Nick Grono, donne un aperçu général de la manière dont évolue la guerre médiatique menée par les talibans – et indique comment riposter. » [1]
  10. Le rapport d’ICG sur le Cameroun : un coup de machette dans l’eau, www.lemonde.fr, 18 septembre 2015 (consulté le 10 août 2017)

Lien externe[modifier | modifier le code]