Asser (moine)

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Asser
Biographie
Décès 908 ou 909
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 890 × 900
Évêque de Sherborne
890 × 900 – 908 ou 909
Précédent Wulfsige Æthelweard Suivant

Asser (mort en 908 ou 909) est un moine et écrivain gallois mort en 908 ou 909. Originaire de St David's, il rejoint la cour du roi de Wessex Alfred le Grand vers 886 et rédige une biographie de ce souverain en 893. C'est grâce à ce texte que le règne d'Alfred est le mieux connu de tous ceux d'avant la conquête normande de l'Angleterre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

On ne sait presque rien des origines d'Asser. D'après sa Vie du roi Alfred, il est moine à St David's, dans le royaume de Dyfed. C'est dans cette région qu'il a été élevé, tonsuré et ordonné. Il affirme être parent de Nobis, évêque de St David's mort vers 873 ou 874[1]. Son nom provient du Livre de la Genèse : c'est celui du huitième fils de Jacob, Aser. Les noms d'origine biblique sont couramment donnés au pays de Galles à l'époque, mais Asser a peut-être adopté le sien en entrant dans les ordres. D'après Jérôme de Stridon, Aser signifie « béni » en hébreu. Il est possible qu'Asser se soit appelé à l'origine Gwyn, qui signifie « béni » en gallois[1].

À la cour d'Alfred[modifier | modifier le code]

Le roi du Wessex Alfred le Grand accorde une grande importance au savoir, et il invite des lettrés dans toute l'Europe à rejoindre sa cour. C'est peut-être grâce à son implication politique au pays de Galles qu'il a entendu parler d'Asser : en 885, plusieurs rois de la région se soumettent à lui, parmi lesquels Hywel ap Rhys de Glywysing et Hyfaidd de Dyfed. Un dénommé Asser, qui pourrait être le moine de St David's, apparaît comme témoin d'une charte de Hywel datée de 885 environ[1].

La première rencontre entre Alfred et Asser se déroule à Dean, dans le Sussex, au début de l'année 885[1]. Le moine hésite à accepter de rejoindre la cour d'Alfred : il se demande s'il peut abandonner sa carrière monastique au profit d'une gloire séculière. Le roi lui suggère de partager son temps entre St David's et lui, et Asser lui demande un délai de réflexion de six mois. De retour au pays de Galles, Asser tombe malade et reste confiné pendant douze mois et une semaine au monastère de Caerwent, victime d'une forte fièvre. N'ayant pas reçu de réponse, Alfred s'enquiert des raisons de ce retard dans une lettre. Asser lui promet une réponse après sa guérison. En 886, il accepte de consacrer la moitié de son temps à Alfred, en accord avec la suggestion du roi. Il est soutenu en cela par plusieurs membres de la congrégation de St David's, qui espèrent que sa présence auprès du puissant roi de Wessex les protègera des déprédations commises par le roi Hyfaidd[1].

À la cour d'Alfred, Asser côtoie d'autres érudits réputés, comme Grimbald et Jean le Vieux-Saxon, qui sont sans doute arrivés la même année que lui[2]. Son premier séjour aux côtés d'Alfred dure probablement d'avril à décembre 886 à Leonaford, une propriété royale dont l'emplacement exact est incertain. Il pourrait s'agir de Landford, dans le Wiltshire. La veille de Noël, Alfred offre à Asser les monastères de Congresbury et Banwell, ainsi qu'un manteau de soie et une quantité importante d'encens. Il l'autorise à se rendre dans ces deux abbayes avant de rentrer à St David's[3].

Asser ne parle pas du temps passé au pays de Galles, mais il visite de nombreux lieux en Angleterre, dont Athelney, Countisbury et le champ de bataille d'Ashdown. Il rencontre à plusieurs reprises Eadburh, la belle-mère d'Alfred, et raconte avoir souvent vu le roi chasser. Il semble avoir passé beaucoup de temps avec lui[1].

Évêque de Sherborne[modifier | modifier le code]

Entre 887 et 892, Alfred offre à Asser l'abbaye d'Exeter. Asser devient ensuite évêque de Sherborne, à une date inconnue entre 890 et 900 : son prédécesseur Wulfsige témoigne sur une charte rédigée entre 890 et 896, tandis qu'Asser apparaît pour la première fois en tant qu'évêque en 900. Ce n'est pas sa première nomination épiscopale, puisqu'il est décrit comme étant évêque dans une copie de la Regula pastoralis d'Alfred reçue par Wulfsige[1].

Il est possible qu'Asser ait été évêque de St David's. Dans son Itinerarium Cambriae, Giraud de Barri le mentionne comme tel, mais il écrit trois siècles plus tard et se trompe donc peut-être. Dans ses propres écrits, Asser indique que le roi Hyfaidd a parfois chassé les évêques de St David's et mentionne avoir lui-même subi ce sort, ce qui implique qu'il était peut-être lui même évêque de St David's[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Keynes et Lapidge 2004, p. 48-58, 93-96.
  2. Keynes et Lapidge 2004, p. 26-27.
  3. Keynes et Lapidge 2004, p. 96.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Simon Keynes et Michael Lapidge, Alfred the Great: Asser's Life of King Alfred and other contemporary sources, Penguin Classics,‎ .

Liens externes[modifier | modifier le code]