Royaume de Sussex

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Royaume de Sussex
Sūþseaxna rice (ang)

477825

Blason
Armes imaginaires du royaume de Sussex.
Description de cette image, également commentée ci-après

Le Sussex dans l'Heptarchie (en jaune) vers 800.


Informations générales
Capitale Selsey
Langue Anglo-saxon
Histoire et événements
477 Fondation légendaire par Ælle
681 Wilfrid d'York entreprend la conversion du royaume
825 Soumission au Wessex

Entités suivantes :

Le Sussex (Suth Seaxe « Saxons du Sud ») était l'un des royaumes anglo-saxons de Grande-Bretagne, dont les frontières correspondaient approximativement à celles du territoire des Regnenses et du comté ultérieur de Sussex.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La Chronique anglo-saxonne, compilation annalistique produite au Wessex à la fin du IXe siècle, situe la fondation du royaume de Sussex dans trois annales de la fin du Ve siècle. Sous l'année 477, elle décrit comment Ælle débarque avec ses trois fils en un endroit appelé Cymenes ora (Selsey Bill). Les Bretons sont vaincus, et les survivants s'enfuient dans la forêt d'Andredeslea (le Weald). Une deuxième bataille se produit en 485 sur les rives d'un cours d'eau nommé Mearcredes burne, mais le vainqueur n'est pas mentionné. Enfin, en 491, Ælle et son fils Cissa s'emparent du fort d'Andredesceaster (Anderitum, l'actuelle Pevensey) et massacrent tous ses habitants bretons. D'après Bède le Vénérable, Ælle fut le premier à exercer l'imperium sur les autres rois de l'île de Bretagne, et il est mentionné comme le premier des huit bretwaldas dans la Chronique anglo-saxonne, mais ces textes, datant de plusieurs siècles après les faits, sont à prendre avec prudence.

Conversion[modifier | modifier le code]

Le Sussex ne réapparaît dans l'histoire qu'en 607, lorsqu'on trouve Ceolwulf de Wessex à la lutte avec les Saxons du Sud. En 681, Wilfrid d'York, chassé de Northumbrie par le roi Ecgfrith, se retira dans le Sussex et y resta jusqu'en 686, convertissant ses habitants au christianisme. D'après Bède, Æthelwalh, roi de Sussex, avait été auparavant baptisé en Mercie à l'invitation du roi Wulfhere, qui lui offrit l'île de Wight et la région autour du Meon. Après que Wilfrid eut aidé à lutter contre une famine survenue au Sussex, Æthelwalh lui céda des terres à Selsey, sur lesquelles il fonda l'abbaye du même nom. L'évêché du Sussex y siégea jusqu'en 1075.

Peu après, Æthelwalh fut tué et son royaume dévasté par Cædwalla, prince du Wessex en exil. Ce dernier fut chassé par deux ealdormen, Berthun et Andhun, qui prirent en main le gouvernement du royaume. En 686, le Sussex attaqua Hlothhere, roi de Kent, en soutien à son neveu Eadric, mais peu après, Berthun fut tué et le royaume soumis à Cædwalla, devenu entre-temps roi du Wessex.

Histoire ultérieure[modifier | modifier le code]

Les rois ultérieurs de Sussex ne sont connus que par quelques chartes. En 692, un roi du nom de Nothelm, ou Nunna, effectue une donation à sa sœur ; un autre roi, Watt, est présent comme témoin[1]. La Chronique anglo-saxonne fait de Nunna un parent d'Ina de Wessex, aux côtés de qui il lutta contre Geraint, roi des Bretons, en 710. D'après Bède, le Sussex fut soumis à Ina pendant un certain temps.

Nothelm et Watt apparaissent également sur une autre charte, datée de 775 (une erreur pour 725), qui fait état d'une donation de Nothelm à Eadberht, évêque de Selsey ; mais on estime aujourd'hui qu'il s'agit d'un faux datant de la fin du Xe siècle ou du début du XIe siècle[2].

Une autre charte de Nothelm ne porte pas de date, et fut sans doute rédigée entre 705 et 717. Un certain Osric y apparaît comme témoin. Son rang n'est pas précisé, mais il s'agissait probablement d'un autre roi, car son nom apparaît avant celui d'Eadberht de Selsey (dont le rang est également omis), auquel il devait donc être supérieur. Cette charte date approximativement de la période 705-717[3]. La dernière charte de Nothelm connue date de 714 (une erreur pour 717), et un roi Athelstan y apparaît comme témoin[4].

La Chronique anglo-saxonne note qu'en 722, Ealdberht s'enfuit dans le Surrey et le Sussex, et qu'Ina affronta le Sussex. Un peu plus tard, les chartes font état d'un roi Ethelbert, dont on sait seulement qu'il fut contemporain de Sigeferth, évêque de Selsey à partir de 733, car Sigeferth apparaît comme témoin d'une charte d'Æthelbert dans laquelle ce dernier est appelé Ethelbertus rex Sussaxonum[5].

Plus rien n'apparaît jusqu'en 765, lorsqu'un roi nommé Ealdwulf fait une donation de terres avec deux autres rois, Ælfwald et Oslac, comme témoins[6]. La même année voit une charte du roi Osmund[7], et une seconde en 770, confirmée par Offa de Mercie. Offa confirma également deux chartes du roi Æthelberht, et en 772, il accorda lui-même des terres dans le Sussex, avec Oswald, dux Suðsax', comme témoin[8]. Il est probable qu'Offa avait alors annexé le Sussex à son royaume, étant donné que plusieurs individus qui avaient auparavant fait usage du titre de roi (Osmund, Ælfwald et Oslac), signèrent la charte avec le titre de dux.

En 825, le Sussex se soumit à Egbert de Wessex, et resta dès lors dans le giron de la maison de Wessex.

Emblème[modifier | modifier le code]

En 1622, le cartographe John Speed propose, dans son atlas Theatrum Imperii Maganae Britanniae, des blasons pour chacun des sept royaumes de l'heptarchie anglo-saxonne ; celui qu'il attribue au Sussex se compose de six merlettes d'or sur fond azur. Ces armes sont bien entendu apocryphes : l'héraldique ne commença à se développer que plusieurs siècles après la disparition du royaume de Sussex. On ignore la date d'apparition exacte de la figure des six merlettes, encore employée aujourd'hui comme emblème par diverses administrations de la région ; il est possible qu'elles remontent au Moyen Âge.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter Brandon (éd.), The South Saxons, Phillimore,‎ 1978 (ISBN 0-85033-240-0).
  • (en) S. E. Kelly, Charters of Selsey, Oxford University Press, coll. « Anglo-Saxon Charters » (no VI),‎ 1998 (ISBN 0-19-726175-2).
  • (en) Martin Welch, « The kingdom of the South Saxons: the origins », dans Steven Bassett (éd.), The Origins of Anglo-Saxon Kingdoms, Leicester University Press,‎ 1989 (ISBN 0-7185-1317-7), p. 75-83.