Animation socioculturelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Animation Socioculturelle)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Animation (homonymie).

L'animation socioculturelle est le plus souvent désignée sous le terme générique d'animation, il en découle des confusions quant à son rôle et sa fonction. Pour le grand public l'animateur est plus un amuseur qu'un travailleur social. Alors que c'est une des branche du travail social avec l'assistance sociale et l'éducation spécialisée, l'Éducation populaire est à l'origine de son développement. Les professionnels de cette branche sont couramment appelés les animateurs socioculturels. On distingue l'animation volontaire, sanctionnée par un brevet, de l'animation professionnelle, sanctionnée par un diplôme professionnel.

L'animation socioculturelle accompagne les groupes sociaux et les individus dans leur développement personnel ou dans le développement social. Elle participe à l'amélioration de l'environnement local, met sur pied des évènements culturels, propose des activités (de loisirs ou d'éducation) et contribue à mener à bien des projets collectifs (insertion, lutte contre la ségrégation, actions en rapport avec la sociabilité et le lien social...) Ce n'est pas la nature de l'activité qui définit l'animation socioculturelle sa spécificité réside dans le fait que les participants établissent entre eux des rapports dont découlent pour eux des bénéfices : l'activité elle-même, le développement personnel et le renforcement de leur réseau de sociabilité.

L'animation socioculturelle permet donc le développement des relations sociales de ceux qui y participent et l'augmentation de leur autonomie. Elle ne se définit donc pas uniquement par des activités dont on pourrait dresser la liste, ni par un degré d'implication de l'animateur professionnel. Elle se déroule tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des équipements et centres sociaux ou de loisirs

On peut distinguer quatre types d'actions où l'animation socioculturelle joue un rôle important :

  • domaine de l'événementiel, culturel et festif.
  • domaine de la prévention (santé et prévention de la délinquance) et de l'insertion.
  • domaine des vacances et des loisirs.
  • domaine de l'éducation (périscolaire) et éducation informelle des jeunes et des adultes.

Ces différents domaines sont complémentaires, C'est pourquoi il existe des structures où tous ces domaines se croisent, c'est alors l'occasion d'un travail en commun. Par exemple, une maison des jeunes et de la culture (MJC) peut abriter une assistante sociale, un centre de loisirs, une permanence de pôle emploi, un bureau d'information pour la jeunesse - et être le lieu de manifestations culturelles.

Pays anglophones et Québec[modifier | modifier le code]

Aux États Unis, en Australie et au Canada, le travail social, n'est pas aussi différencié entre assistant social, éducateur et animateur, qu'en France. Ce qui correspond le mieux aux fonctions d'animateur c'est le travail d'organisateur de la communauté [1] bien que ce terme ait une connotation politique dans la mesure où l'organisateur ne fait pas d'animation de loisir mais cherche à ce que la communauté prenne en charge ses propres problèmes sociaux. Barack Obama était un « community organizer » à Chicago avant d'être avocat puis sénateur.

Les « Community centres » ou « community centers » et « jumping recreation centers » (Centres et clubs de loisirs) sont des locaux publics où les membres d'une communauté se rassemblent pour des activités de groupe, le soutien social, l'information du public, et à d'autres buts. Ils peuvent parfois être ouverte pour toute la communauté ou pour un groupe plus restreint. Exemples de centres communautaires pour des groupes spécifiques: Christian Community centres, Islamic community centres, Jewish community centres, youth clubs etc. (Centres chrétiens, islamiques, Juifs, Clubs de jeunes etc.) Dans les pays anglo-saxon la notion de laïcité n'existe pas, de ce fait le travail communautaire peut exercer en direction de groupes de fidèles d'une religion. Les Faith-Based Community Organizing - FBCO sont « les communautés de base » généralement d'origine religieuse. Barack Obama était directeur du projet de développement des communautés (DCP). Ce projet était financé par l'église catholique du Grand Roseland, de Chicago South Side (Roseland, West Pullman, Riverdale). Il travailla de juin 1985 mai 1988. Il a mis en place un programme de formation professionnelle, un programme de tutorat et de préparation au collège, et a la création d'une organisation de défense des droits des locataires dans les jardins Altgeld[2]. Ce travail pourrait être presque identique dans un centre social au sein d'un quartier en France (sauf que le financement est publique en France).

Le travail des organisations communautaires a été théorisé par Saul Alinsky à Chicago dans les ghettos noirs américains du sud de Chicago. Alinsky est un pragmatique, il ne s'appuie pas sur une doctrine (Marxiste ou autre), il s'appuie sur les habitants pour connaître leurs souhaits et les mobiliser sur l'action à entreprendre.

Rules for Radicals: A Pragmatic Primer for Realistic Radicals (titre en français : Manuel de l'animateur social) est le dernier livre écrit par Saul Alinsky peu avant sa mort en 1972. Publié en 1971, il était une tentative Alinsky pour transmettre sa théorie ses méthodes d'organisation pour la nouvelle génération de jeunes militants, en grande partie en s'appuyant sur ses propres expériences. Il a influencé le travail communautaire et de nombreux hommes politiques aux États Unis y compris Barack Obama. Son influence s'exprime actuellement dans tous les mouvements sociaux qui se réclament de l'Empowerment Il est méconnu en France même des animateurs socioculturels Cela tiens à la faiblesse de l'action communautaire, vécue comme du communautarisme. Toutefois par l'empowerment une meilleure connaissance de l"animation sociale à l'américaine se développe en France.

Le "Community service" ou Service Communautaire ou Service civil est travail volontaire ou bénévole d'animation ou d'aide éducative dans une association, ou une institution. En France les objecteurs de conscience effectuait un service civil. En Allemagne ce service à existé jusqu'en 2010 [3] Le travail alternatif à l'incarcération est inclus dans le Community service aux États Unis. En France c'est une activité bien distincte nommé travail d'intérêt général. Ce n'est généralement pas un travail d'animation.

L'animation dans le domaine socioculturel (en France)[modifier | modifier le code]

Les intervenants sont titulaires d'un diplôme :

Du BAFA et du BAFD ce dernier est exclusivement réservé à la direction d'un accueil collectif de mineurs et difficile à obtenir,

  • le DUT Carrières sociales - option animation socioculturelle
  • le BEATEP (Brevet d'État d'Animateur Technicien de l'Éducation Populaire et de la Jeunesse) avec l'option "Animateur de projet culturel pour l'Enfance et la Jeunesse".

Le BEATEP n'existe plus il est remplacé par le BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et des Sports)

Les spécialités du BPEJPS sont :

  • Loisirs tous publics :
  • Animation culturelle
  • Animation social
  • Le DEUST AGAPSC (Diplôme D’Étude Universitaire Scientifique & Technologique : Animation et Gestion des Activités Physiques Sportives & Culturelles)

Au Québec (Canada), les intervenants sont titulaires du diplôme de Techniques d'intervention en loisir offert par 6 Cégep de la province.

L'animation dans le domaine de la prévention[modifier | modifier le code]

Dans ce domaine précis, l'animation cherche à favoriser le développement social dans le quartier et dans la ville. Chaque individu prend conscience qu'il peut se construire, se développer par lui-même. C'est que l'animation socioculturelle propose de développer la communauté, le quartier avec des projets mis en place par la population elle-même. L'animation est le fil conducteur qui rapproche à la fois l'individu de sa propre culture et de la société. On retrouve également l'animation dans des lieux de vie ou le maintien du lien social est une priorité, au sein d'équipes pluridisciplinaires dans le secteur de l'action sociale.

Enfin, l'animation socioculturelle offre des lieux où les personnes éprouvant des difficultés doivent pouvoir trouver écoute, aide, conseils, et orientation vers les appuis existants. Ces lieux sont par exemple :

De façon générale, l'animation joue donc ici un rôle de prévention. Dans ce domaine de l'animation socioculturelle, les intervenants sont avant tout titulaires d'un diplôme professionnel, comme par exemple :

  • le DESJEPS qui remplace le DEDPAD (Niv 2)
  • la licence professionnelle intervention sociale (Niv 2)
  • le DEJEPS qui remplace le DEFA (Niv 3)
  • le DUT carrières sociales - option animation sociale et socioculturelle (Niv 3)
  • Le DEUST AGAPSC (Niv 3)
  • le BPJEPS anciennement BEATEP (Niv 4)
  • le BAPAAT (Niv 5)
  • le BAFD exclusivement réservé à la direction d'un accueil collectif de mineurs.

L'animation socioculturelle dans le domaine des vacances et des loisirs[modifier | modifier le code]

L'action socioculturelle a aussi comme cadre les accueils collectifs de mineurs. Le public y est ici exclusivement mineur, puisque ces structures sont en droit d'accueillir des enfants en âge d'être scolarisés (souvent de 2½ ans à 18 ans).

L'originalité de cette approche est d'amener les individus à sortir de leur milieu de vie quotidien. L'animation consiste en l'accompagnement d'enfants et de jeunes dans leurs projets de vacances et de loisirs, tant dans l'organisation de la vie quotidienne que dans la découverte de nombreuses activités.

Les différentes structures[modifier | modifier le code]

Attention : Depuis 1er septembre 2006, la définition des centres de vacances et de loisirs a changé. De nouveaux types de structures sont apparues : séjour court, séjour spécifique, accueil de jeunes (décret 2006-923 du 26 juillet 2006).

  • Accueil de loisirs (anciennement Centre de loisirs sans hébergement ou centre aéré).
  • Séjour de vacances (anciennement Centre de vacances ou "colo").
  • Séjour court qui ne doivent pas excéder trois nuits.
  • Séjour spécifique réservé aux enfants de plus de 6 ans et dont l'objet est le développement d'activités particulières (séjours à dominante sportive par exemple).
  • Accueil de jeunes réservé aux jeunes de 14 à 18 ans pour un effectif de 7 à 40 mineurs maximum.
  • Accueil de scoutisme" qui permet la pratique d'activités de scoutismes avec et/ou sans hébergement

Ces structures peuvent être animées par des intervenants ayant le statut de volontaire ou de professionnel. Pour les enfants la colo, le camp sont des lieux de socialisation entre pairs, des lieux d'apprentissage du vivre ensemble. Le cadre des vacances permet à beaucoup d'oublier leurs soucis, de vivre des moments de bonheur, de vraies vacances, sans papa et maman, Loin des jolies colonies de vacances de Pierre Perret. Pour les jeunes adultes qui encadrent ces enfants c'est souvent un premier job qui les responsabilise dans un apprentissage d'une fonction d'éducateur de jeunesse. La difficulté aujourd'hui des colonies et centres de vacances est le coût élevé des séjours qui ne permet pas aux familles qui ne sont pas aidées, de mettre leur enfant à la colo[4]. Se pose également la question de la légalité du salaire des moniteurs

La septième forme d'accueil collectif de mineurs, le séjour de vacances dans une famille, ne requiert pas l'encadrement d'animateurs mais peut être organisé par eux.

L'animation volontaire, professionnelle, formations[modifier | modifier le code]

Voir : Animateur socioculturel

L'engagement[modifier | modifier le code]

La notion d'animation se conjugue inéluctablement avec celle de l'engagement, et incidemment de bénévolat et/ou de militantisme. En effet, que ce soit avant ou après la professionnalisation de ce secteur, les bénévoles ont très souvent joué un rôle prépondérant dans la conception, la mise en place mais aussi le suivi des actions, et ce dans différents domaines (culturel, social, d'une manière générale dans le mouvement social ...). C'est d'ailleurs grâce à leur intervention que bon nombre d'initiatives peuvent se réaliser et se renouveler (projets éducatifs, festivals socioculturels, ...).

Historique de l'animation socioculturelle[modifier | modifier le code]

Elle se confond dans la première moitié du XX avec celle de l'éducation populaire et celle de l'éducation spécialisée, au travers des mouvements de Jeunesse comme le scoutisme, des patronages, des centres sociaux et des orphelinats. Avec la Révolution nationale, Vichy marque son intérêt pour la jeunesse au travers de la création du commissariat général à l’Éducation générale et aux Sports le 7 août 1940. Son activité s'étend :

Au sein de cette école des cadres sont pensés les fonctions des futurs fonctionnaires de la haute administration, y compris les instructeurs techniques de la jeunesse et des sports[6] devenus conseillers techniques de la jeunesse et des sports [7]

Les Instructeurs sont chargés dans la circulaire de la formation et du perfectionnement des animateurs de la jeunesse. Cette circulaire est signée par Jean Guéhenno directeur de la culture populaire et des mouvements de jeunesse chargé à jeunesse et sport de la formation et du perfectionnement des animateurs de jeunes[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. community organizer
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Obama
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Zivildienst
  4. http://www.spf33.org/actualite_33+M5c15e6f7470.0.html
  5. Michel Chauvière (CNRS/université de Paris-2), Enfance inadaptée-L'héritage de Vichy : Suivi de L'efficace des années quarante, L'Harmattan, 2009, Révolution nationale, école des cadres rééducateurs, fondée en 1940
  6. circulaire du 22 novembre 1944
  7. Dans : Pour l'éducation populaire, Michel Héluwaert, Préface de Michel Rocard. EDUCATION HISTOIRE France 2004 L'Harmattan
  8. http://www.unsa-education.org/telechargement/histoiresociale/Histoiresep.pdf . Jean Guéhenno était également écrivain, journaliste, résistant et inspecteur général de l' éducation nationale

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Manuel de l'animateur social, Saul Alinsky, 1971, éditions du seuil, collection Points politique, (ISBN 2-02-004973-2)
  • Elie Laffage, Le b-a ba du BAFA, éditions du Temps

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]