Anastasio Alberto Ballestrero

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Anastasio Alberto Ballestrero
Biographie
Naissance
à Gênes (Italie)
Ordre religieux O.C.D
Ordination sacerdotale
Décès (à 84 ans)
à Ameglia (Italie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria sopra Minerva
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Sebastiano Baggio
Archevêque de Turin (Italie)
Précédent Michele Pellegrino Giovanni Saldarini Suivant
Archevêque de Bari (Italie)
Précédent Enrico Nicodemo Andrea Mariano Magrassi Suivant

Blason
In omnia bonitate et caritate (En toute bonté et amour)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
Anastasio du Saint rosaire
Naissance
Gênes (Italie)
Décès (à 84 ans) 
Ameglia (Italie)
Nom de naissance Alberto Ballestrero
Autres noms Anastasio Alberto Ballestrero
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Ordre religieux Ordre des Carmes déchaux
Vénéré à couvent des carmes Eremo del Deserto à Varazze
Vénéré par Ordre des Carmes déchaux
Fête 21 juin

Anastasio Alberto Ballestrero, né à Gênes le et mort le , est un prélat catholique italien, carme déchaux et archevêque de Turin de 1977 à 1989.

Très jeune, le petit Alberto s'oriente vers l'Ordre des Carmes déchaux (à 15 ans), où il prononce ses vœux définitifs en 1928. Il étudie la philosophie et la théologie à Gênes et il est ordonné prêtre en 1936. Il est nommé aumônier d'un hôpital durant huit ans. En 1945 il est nommé prieur de son couvent, puis provincial de son ordre avant d'être élu supérieur général de tout l'Ordre des Carmes déchaux de 1955 à 1967. Durant cette mission il visite tous les couvents de son ordre à travers le monde (soit plus d'un millier au total).

Nommé archevêque de Bari le , il est promu archevêque de Turin le . À ce titre, il est nommé vice-président de la conférence épiscopale italienne en 1978 puis président. En 1979 il est créé cardinal par Jean-Paul II.

En 1989 le cardinal Ballestrero démissionne de sa charge d'évêque pour raison d'âge, et se retire dans le monastère de Santa Croce à Ameglia où il décède le . En février 2014, la Conférence épiscopale du Piémont initie la procédure en vue de sa béatification.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Alberto Ballestrero est né le à Gênes (Italie), il est le fils de Giacomo Ballestrero et Antonietta Daffunchio. Son père est manutentionnaire dans le port de Gênes, sa mère est femme au foyer. Alberto est l'aîné d'une famille de cinq enfants (nés entre 1913 et 1922). Deux des enfants décèdent après quelques mois, la mère, épuisée par le dernier accouchement décède en 1923.

Le petit Alberto est baptisé le à la paroisse Sainte-Zita. Il fait sa confirmation le et reçoit la première communion le 21 juin 1923. Alberto effectue sa scolarité à Gênes : l'école élémentaire de 1919 à 1922; puis, puis le collège (1922-1923)[1],[2].

Entrée au Carmel[modifier | modifier le code]

Anastasio va entrer chez les Carmes déchaux très jeune : il intègre leur noviciat le au couvent du Deserto di Varazze (Varazze). Le il prend l'habit carmélitain et entre dans l'Ordre sous le nom de Anastasio du Saint rosaire. Se souvenant de sa période du noviciat, Anastasio dira « J'étais jeune, j'avais 15 ans ! Mais la certitude, la clarté, le bonheur de ma vocation, je l'avais ». Un an plus tard, le 17 octobre 1929, il prononce ses premiers vœux. En septembre 1932 il est envoyé au couvent Santa Anna de Gênes pour étudier la philosophie et la théologie. Mais, entre octobre et décembre 1932, il doit être hospitalisé dans un hôpital de la ville pour une infection grave. Le 5 octobre 1934 Anastasio fait sa profession religieuse et il est ordonné diacre en décembre 1935[3].

Alberto Ballestrero est ordonné prêtre le dans la cathédrale San Lorenzo de Gênes, par le cardinal Carlo Dalmazio Minoretti, archevêque de Gênes. Le père Ballestrero est nommé professeur de philosophie à l'école Santa Anna de Gênes le 13 août 1936[1].

Le , il est nommé aumônier dans la clinique "Bertani" de Gênes[1]. Il y est apprécié pour sa disponibilité qui a fait dire que, durant sa présence à ce poste « personne ne mourut [dans l’hôpital] sans les sacrements »[4].

Après ces huit années comme aumônier d’hôpital, il part approfondir sa formation théologique à Paris et participe au Cercle Maritain, auquel assistent de grands noms de la culture comme Bergson, Bernanos, Van der Meer, Garrigou-Lagrange, Philips et Schillebeeckx. Ces rencontres influencent la pensée et la vie du père Ballestrero[4].

Le père Ballestrero est élu prieur du couvent de Santa-Anna le 22 avril 1945. Il conserve ce poste jusqu'en 1948, quand, le 3 avril, il est élu provincial de la Ligurie. Il exerce cette fonction de provincial jusqu'au 7 mai 1954 où il est réélu prieur du couvent de Santa-Anna. Mais cette mandature de 3 ans est interrompue le lorsqu'il est élu supérieur général de l'Ordre des Carmes déchaux (pour 6 ans). Le 21 avril 1961, le père Ballestrero est réélu comme supérieur général de l'Ordre, poste qu'il occupe jusqu'au . Durant cette fonction (de supérieur général de l'ordre), le père carmélitain va visiter tous les couvents de l'ordre à travers le monde (soit 350 couvents de frères carmes et 850 monastères carmélites)[5] à l'exception des couvents présents en Hongrie (le gouvernement communiste hongrois lui ayant refusé l'entrée dans le pays). De 1962 à 1965, il participe au concile Vatican II et il y est l'un des principaux collaborateurs du pape Paul VI. Le père Ballestrero est également élu président de l'Union des supérieurs généraux[1],[6].

En 1961, il fait envoyer à Rome le manuscrit original de Thérèse d'Avila du Château intérieur afin de le faire restaurer. Ce travail est confié à l’Istituto Ristauro Scientifico del libro du Vatican et l’Istituto di Patologia del libro d’Italie. Le précieux manuscrit est renvoyé à Séville en 1962 où il est conservé, au couvent des déchaussées, dans un reliquaire spécial qu'il fait réaliser tout spécialement pour ce livre (le reliquaire représente les muraille d'Ávila)[7].

Archevêque[modifier | modifier le code]

Il est nommé archevêque de Bari le et le il est consacré évêque par le cardinal Sebastiano Baggio. Sa devise est (la) In omnia bonitate et caritate (En toute bonté et amour)[8]. Ce départ de l'Ordre du Carmel lui coûte énormément, mais il s'investit totalement dans sa nouvelle mission. Même s'il ne reste que trois années à la tête de ce diocèse, il est très vite apprécié et aimé de ses concitoyens qui feront son éloge lors de son départ pour Turin[4],[2].

Le , il est promu archevêque de Turin (le 3e diocèse d'Italie), charge qu'il conservera jusqu'au , date à laquelle il se retire pour raison d'âge. En cette qualité, il assiste à la Quatrième assemblée ordinaire du Synode des évêques du 30 septembre au 29 octobre 1977. Il est élu vice-président de la Conférence épiscopale italienne le 25 mai 1978. L'année suivante, le 18 mais 1979, le pape Jean-Paul II le nomme président de cette conférence, poste qu'il occupe jusqu'au 3 juillet 1985[1].

En cette qualité il participe à plusieurs Assemblées ordinaires du Synode des évêques[1] :

  • du 26 septembre au 25 octobre 1980 : cinquième assemblée ordinaire du Synode des évêques.
  • du 29 septembre au 28 octobre 1983 : sixième assemblée ordinaire du Synode des évêques.
  • du 24 novembre au 8 décembre 1985 : la deuxième assemblée extraordinaire du Synode des évêques.
  • du 1 au 30 octobre 1987 : septième assemblée ordinaire du Synode des évêques.
Ostension du linceul de Turin dans la chapelle qui lui est dédiée.

En novembre 1983, le pape Jean-Paul II nomme Alberto Ballestrero premier dépositaire pontifical du linceul de Turin[9]. Alors que le pape Jean-Paul II montre un grand « enthousiasme » face à la relique du linceul[10], l'évêque Ballestrero se montre « plus sobre ». L'évêque autorise la réalisation de tests scientifiques sur le tissu du linceul. Ceux-ci débutent en octobre 1978. En avril 1988 de petits fragments de tissus sont prélevés pour effectuer une datation au carbone 14. Il organise également une ostension du linceul permettant à 3 millions de pèlerins de venir le regarder[11].

Ses années d'épiscopat ont vu de nombreux bouleversements dans l’Église d'Italie : l'attaque contre le pape, le référendum sur l'avortement, la défection de plusieurs prêtres et religieux, la diminution des vocations religieuses, les accords de Villa Madama (nouveau Concordat entre le Saint-Siège et l'État italien), le processus d'approbation la deuxième édition du missel romain en italien, la révision des catéchismes. Travailleur infatigable, l'archevêque décrivait sa mission ainsi : « Être un berger signifie vivre une vie non réglée, non prévisible, une vie abandonnée à des règles du salut, à la logique de la miséricorde et aux surprises de la puissance de Dieu. Se faire donneur infatigable du pardon, de la vérité, de l'amour, parce que le troupeau doit consister dans l'unité et la foi et aussi dans la communion amicale des esprits, dans la fraternité des relations concrètes »[2].

Cardinal[modifier | modifier le code]

Jean-Paul II le crée cardinal avec le titre de cardinal-prêtre de S. Maria sopra Minerva lors de son premier consistoire, le [3].

Il participe à plusieurs réunions du Collège des cardinaux[1] :

  • du 5 au 9 novembre 1979 : première assemblée plénière du Collège des cardinaux, dans la Cité du Vatican.
  • du 23 au 26 novembre 1982 : seconde Assemblée plénière du Collège des cardinaux, dans la Cité du Vatican.
  • du 21 au 23 novembre 1985 : troisième Assemblée plénière du Collège des cardinaux, dans Cité du Vatican.

Il est envoyé par le pape comme envoyé spécial, à Alba de Tormes et Avila (Espagne), lors des festivités d'inauguration de l'année thérésienne commémorant le 4e centenaire de la mort de sainte Thérèse d'Avila (14 et 15 octobre 1981)[1].

Le , il démissionne de son poste d'évêque de l'archidiocèse de Turin et se retire au monastère de Santa-Croce à Ameglia[3].

Le , il décède, dans sa résidence de Fortino Santa Maria (Ameglia). Des funérailles solennelles sont célébrées dans la cathédrale de Turin. il est enterré dans la crypte de l'église de Saint-Joseph du désert du couvent des carmes Eremo del Deserto (it:Eremo del Deserto) à Varazze (Italie)[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Père Anastasio a laissé une image forte à tous ceux qui l'ont rencontré ou qui ont travaillé avec lui. Différents témoignages rappellent ses qualités de prédicateur et de directeur spirituel, ainsi que sa capacité à parler, sa grande expérience humaine et le don d'empathie avec les gens qu'ils rencontrait. Qu'ils soient prêtres, religieuses ou laïcs, de nombreuses personnes ont témoigné que ces rencontres avec le père Anastasio sont « restées marquées de manière indélébile » dans leur cœur. Lors de l'ouverture du procès en béatification, Mgr Cesare Nosiglia (son collaborateur de 1979 à 1985 à la Convention ecclésiale italienne), a rappelé « son esprit de synthèse et sa grande capacité à réconcilier les différentes sensibilités du catholicisme italien »[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Mgr Ballestrero, également théologien, est l'auteur de nombreux de livres de spiritualité, dont plusieurs sur saint Jean de la Croix[11].

Béatification[modifier | modifier le code]

La demande de béatification a été initiée par des membres de sa famille carmélitaine. Le Père Giuseppe Cheville, qui a été son cardinal secrétaire pendant 25 ans a recueilli une première série de témoignages et publications en vue de la constitution du dossier de demande de béatification. Le processus canonique aurait dû avoir lieu à La Spezia, chef-lieu du diocèse où le cardinal Ballastrero est décédé en juin 1998. Mais il a été demandé la permission de transférer l'affaire à Turin (son ancien diocèse) qui disposait de plus de moyens pour mener la procédure[6].

En février 2014, la Conférence épiscopale du Piémont initie la démarche en béatification de l'ancien cardinal[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « The Cardinals of the Holy Roman Church », sur Florida International University Libraries, webdept.fiu.edu (consulté le 10 août 2016).
  2. a, b et c (it) P. Luigi Gaetani, ocd, « Card. Anastasio A. Ballestrero », sur Arcidiocesi di Bari-Bitonto, arcidiocesibaribitonto.it (consulté le 12 août 2016).
  3. a, b, c et d (en) Eman Bonnici, « Cardinal Anastasio Alberto Ballestrero », sur Find a Gave, findagrave.com (consulté le 12 août 2016).
  4. a, b et c (it) Gianpiero Pettiti, « Servo di Dio Anastasio Alberto Ballestrero », sur Santi i Beati, santiebeati.it,‎ (consulté le 12 août 2016).
  5. Il est le premier supérieur de l'ordre à réaliser une telle tournée mondiale des couvents de carmes et de carmélites.
  6. a, b et c (it) « Ballestrero, pastore dell'incontro », AVvenire,‎ (lire en ligne).
  7. « Guide de Lecture du livre des Demeures », sur Le Carmel en France, carmel.asso.fr (consulté le 6 août 2016).
  8. Voir les photos et blason sur araldicavaticana.com.
  9. Le linceul de Turin, longtemps conservé dans la chapelle royale de la cathédrale de Turin était sous la garde de l'archevêque. Mais en 1983, il a été légué au pape par le roi Amédée de Savoie. Cette donation laisse craindre à certains le départ du linceul de Turin vers Rome. La nomination du pape (que l'évêque de Turin soit le premier dépositaire du linceul) met fin aux craintes et rumeurs de voir partir la précieuse relique.
  10. Le pape Jean-Paul II s'est rendu deux fois à Turin pour vénérer la relique.
  11. a et b (en) Felix Corley, « Obituary: Cardinal Anastasio Ballestrero », The Independent,‎ (lire en ligne).
  12. (it) « Al via la causa beatificazione di Ballestrero », Vino Nuovo,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

ouvrages biographiques
  • (it) Centro interprovinciale OCD, P. Anastasio Ballestrero. Profilo bibliografico, OCD, coll. « Temi carmelitani », , 249 p. (ISBN 978-8872290484).
  • (it) Giuseppe Caviglia, Il card. Anastasio Ballestrero. Memoria e presenza. Scritti biografici, Mimep-Docete, , 240 p. (ISBN 978-8884240002).
  • (it) S. Palese, L'arcivescovo Anastasio Ballestrero a Bari nel postconcilio (1974-1977), Edipuglia, coll. « Per la storia della Chiesa di Bari », , 409 p. (ISBN 978-8872282847).
  • (it) Carlo Ghidelli, Come ciottolo di fiume : Anastasio card. Ballestrero ocd, San Paolo Edizioni, coll. « Testimoni del nostro tempo », , 160 p. (ISBN 978-8821551406).
  • (it) Giuseppe Caviglia, Il cardinale Anastasio Alberto Ballestrero, Elledici, , 64 p. (ISBN 978-8801040418).
ouvrages rédigés par le père Ballestrero
  • (it) Alberto Ablondi, Anastasio A. Ballestrero et Massimo Marcocchi, Don Guano. Vescovo teologo, Studium, coll. « Coscienza/Studi », 128 p. (ISBN 978-8838236532).
  • (it) Domenico Della Rovere, Anastasio Alberto Ballestrero et Severino Poletto, Vescovi E Arcivescovi Di Torino : Arcidiocesi Di Torino, Domenico Della Rovere, Cesare Nosiglia, Anastasio Alberto Ballestrero, Severino Poletto, Books LLC, Wiki Series, 26 p. (ISBN 978-1232319146).
  • (it) Anastasio Ballestrero, Le beatitudini, Elledici, coll. « Ritiri ed esercizi », 208 p. (ISBN 978-8801104301).
  • Anastasio Ballestrero, Chemin pour une nouvelle vie, Paris, Nouvelle Cité, coll. « Spiritualité », .
  • Anastasio Ballestrero, Chemin pour une vie nouvelle, Nouvelle cité, , 185 p. (ISBN 978-2853130295).
  • (en) Anastasio Ballestrero et Mary Groves, Martha and Mary : Meeting Christ As Friend, St Pauls/Reissue, , 126 p. (ISBN 978-0854394838).
  • (it) Anastasio Ballestrero, Pregate cos, Mimep-Docete, , 176 p. (ISBN 978-8886242950).
  • (it) Anastasio Ballestrero, Il cuore del curato d'Ars. Linee di spiritualità sacerdotale, Elledici, , 192 p. (ISBN 978-8801043358).