Saddlebred

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis American Saddlebred)

Saddlebred
American Saddlebred pratiquant le rack.
American Saddlebred pratiquant le rack.
Région d’origine
Région Kentucky, Drapeau des États-Unis États-Unis
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille 1,60 m à 1,75 m en moyenne
Robe Noire, baie, alezane, grise
Caractère Gentil et énergique
Autre
Utilisation Shows attelés et montés

Le Saddlebred (anglais : American Saddlebred Écouter, soit « cheval de selle américain ») est une race de chevaux de selle d'origine américaine, anciennement connue sous le nom de Kentucky Saddlebred. La race est gérée par l'American Saddle-Horse Breeders’ Association qui tient le studbook et qui cherche à fixer les caractéristiques originelles de la race. C'est un cheval fin et élégant qui a la particularité de posséder des allures supplémentaires nommées le slow gait et le rack. Il est destiné essentiellement aux exhibitions.

Histoire[modifier | modifier le code]

Gypsy Queen, jument Saddlebred dans les années 1900.

Les origines de l’American Saddlebred sont liées aux chevaux Galloway et Hobbie importés des Iles britanniques en Amérique du Nord par les colons britanniques au XVIIe siècle[1]. Ces petits chevaux robustes avaient la particularité d’ambler, ce qui leur donnait un certain confort[1]. Ils ont prospéré en Amérique et donné naissance au Narragansett Pacer qui s’est développé le long du littoral oriental[1]. L’importation au début du XVIIIe siècle de pur-sang anglais offre de nouvelles possibilités de croisements[1]. Le Narragansett Pacer croisé avec le Pur-sang anglais crée ainsi un nouveau cheval avec des caractéristiques spécifiques qu’on nomme American Horse ou Cheval Américain[1]. Ce dernier a hérité de la taille et de la beauté du Pur-sang anglais mais a conservé la capacité d’apprendre l’amble caractéristique du Narragansett Pacer[1]. Le croisement avec le Pur-sang anglais s’est poursuivi pendant des années en y incluant aussi d’autres races comme le Pur-sang arabe et le Morgan[1]. Au début du XIXe siècle, la race est connue sous le nom de Kentucky Saddlebred et commence à se distinguer en concours où l’on apprécie sa beauté, son style et son côté pratique[1]. Dans les années 1880, les éleveurs ont commencé à se regrouper et ainsi former une association de la race[2]. Sous l’impulsion de Charles F. Mills, les pédigrées sont compilés et des règles d’enregistrement formulées[2]. L'Association des Éleveurs de Cheval de Selle Américain (American Saddle-Horse Breeders’ Association) voit le jour le à Louisville dans le Kentucky[2]. Cette association tient le registre du Cheval de Selle Américain jusqu’en 1980, date à laquelle elle change de nom pour l’American Saddlebred Horse Association (ASHA) qui tient aujourd’hui le studbook[2].

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Tête d'un American Saddlebred.
Cheval Saddlebred au modèle.

Sa silhouette est celle d'un cheval élégant[3]. Sa tête est fine et racée[3], le profil droit[4]. Les oreilles sont pointues et ses grands yeux espacés[3]. Ses naseaux sont petits mais ses narines bien ouvertes[3]. Son encolure est longue[3] ce qui contribue au port très noble de sa tête[4]. Le thorax est large et sec[4]. Les côtes sont arquées[3]. Les épaules sont fortes, le corps court et musclé[4]. La croupe est forte et souple[3]. Ses membres sont sveltes et élégants[3]. Les paturons sont inclinés ce qui donne une action confortable[3]. L'habitude veut qu'on laisse pousser les sabots, en particulier sur les antérieurs, et qu'on les chausse de fers lourds[3]. La crinière et la queue ont des crins abondants et fluides[4].

Toutes les robes sont admises[5].

Sa posture doit être campée comme l'est celle du Morgan[5]. Sa queue doit être portée haut[3], ce que les éleveurs font de manières artificielles au moyen d'interventions chirurgicales (myotomie ou névrotomie) ou par des systèmes de maintien artificiels contraignants[5]. Autrefois on pratiquait même des fractures artificielles des vertèbres caudales (caudectomie) pour modifier le port de queue[5]. Mais cette pratique est maintenant interdite[5].

Allures[modifier | modifier le code]

L'American Saddlebred effectue les trois allures classiques (pas, trot, galop) dans une action relevée[3]. Cette action est souvent favorisée par les éleveurs qui utilise un ferrage lourd pour exagérer les relevés[6].

À côté du type threegaited, aux trois allures classiques, il existe le fivegaited qui possède deux allures supplémentaires à quatre temps, naturelles mais entretenues plus ou moins artificiellement[5] : le slow gait (ou stepping pace) est une sorte de pas amblé à quatre temps, relevé et lent, où chaque membre tour à tour frappe énergiquement le sol, et le rack, une allure à quatre temps, très rapide, relevée et spectaculaire, de type amble rompu, mais très confortable[5].

Par sa gentillesses et sa forte capacité d'apprentissage, l'American Saddlebred acquiert généralement très rapidement ces allures particulières[4].

Le Saddlebred a fait l'objet d'une étude visant à déterminer la présence de la mutation du gène DMRT3 à l'origine des allures supplémentaire : l'étude de 89 sujets a permis de détecter la présence de cette mutation chez 27,5 % d'entre eux, et l’existence de chevaux pratiquant le rack et le slow-gait parmi la race[7].  

Utilisations[modifier | modifier le code]

Utilisé à l'origine pour le travail dans les plantations de Virginie et du Kentucky, il a ensuite été très utilisé comme cheval de cavalerie où sa robustesse et son port élégant était très appréciés[4].

Aujourd'hui, l'American Saddlebred est surtout élevé et utilisé pour les exhibitions où il excelle tant en attelage que monté[3]. C'est lui qui est à l'origine de la création du National Show Horse aux États-Unis[5]. Il peut ainsi concourir dans trois classes : cinq allures (fivegaited), trois allures (threegaited) et fine carriage[5].

S'il est ferré normalement, il est aussi un très bon cheval de loisir apte à toutes les activités[6].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Portrait d'un American Saddlebred.

L'American Saddlebred est surtout présent aux États-Unis et au Canada, mais on trouve aussi quelques élevages en Europe et en Afrique du Sud[8].

Aux États-Unis, la population de chevaux American Saddlebred est restée assez constante ces dernières années[8]. En 1988, on comptait 156 000 chevaux American Saddlebred sur l'ensemble du territoire[9]. Sa répartition n'est par contre pas semblable d'un état à l'autre[8]. Les États ayant le plus grand nombre de représentants de la race sont le Missouri, le Kentucky, Virginie et les deux États de Caroline[8].

Au Canada, l'American Saddlebred est élevé avec succès depuis plus de 60 ans[10]. Le studbook est géré sur place par l'American Saddlebred Horse Association of Canada (ASHAC)[10].

En Afrique du Sud, le premier cheval American Saddlebred a été importé par Claude Orpen en 1917[11]. Il s'agit d'un étalon noir, Myer’s Kentucky Star[11]. Il est suivi par de nombreux autres excellents étalons qui forment la base de la race en Afrique du Sud[11]. La Saddle Horse Breeders' Society of South Africa a été fondée en 1949 et tient le registre de la race dans le pays[11]. On compte près de 4 000 chevaux American Saddlebred en Afrique du Sud[11]. L'ouvrage Equine Science (4e édition de 2012) classe le Saddlebred parmi les races de chevaux de selle connues au niveau international[12].

Chevaux American Saddlebred renommés[modifier | modifier le code]

  • He’s The Man, gagnant des championnats du monde dans la catégorie "Five-Gaited" en 2006[13]
  • Hollywood Excellence, gagnant des championnats du monde dans la catégorie "Three-Gaited" en 2000[13]
  • Radiant Success, gagnant des championnats du monde dans la catégorie "Fine harness" en 2000[13]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h (en) « Breed History », sur saddlebred.com (consulté le )
  2. a b c et d (en) « About The American Saddlebred Horse Association », sur saddlebred.com (consulté le )
  3. a b c d e f g h i j k l et m Hartley Edwards 2005, p. 194-195
  4. a b c d e f et g Ravazzi 2002, p. 52
  5. a b c d e f g h et i « Races de chevaux et d'équidés (A) » (consulté le )
  6. a et b Hartley Edwards 2006, p. 26
  7. (en) M. Promerová, L. S. Andersson, R. Juras et M. C. T. Penedo, « Worldwide frequency distribution of the ‘Gait keeper’ mutation in the DMRT3 gene », Animal Genetics, vol. 45, no 2,‎ , p. 274–282 (ISSN 1365-2052, DOI 10.1111/age.12120, lire en ligne, consulté le ).
  8. a b c et d (en) « Considerations of the American Saddlebred Horse for Purchase Examination » (consulté le )
  9. (en) « Le cheval aux Etats-Unis » (consulté le )
  10. a et b (en) « Canadian Breeding » (consulté le )
  11. a b c d et e (en) « History of the breed in South Africa » (consulté le )
  12. (en) Rick Parker, Equine Science, Cengage Learning, , 4e éd., 608  p. (ISBN 1-111-13877-X), p. 57Voir et modifier les données sur Wikidata.
  13. a b et c (en) « Breed History 2000 », sur ASHA (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : Ouvrage utilisé pour la rédaction de cet article

Ouvrages spécialisés[modifier | modifier le code]

Ouvrages généralistes[modifier | modifier le code]