Cor des Alpes

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Cor des Alpes
image illustrative de l’article Cor des Alpes
Joueur de cor des Alpes lors du 7ème festival international de cor des Alpes à Nendaz (VS), Suisse.

Variantes modernes Büchel
Classification Instrument à vent
Famille Cuivres
Instruments voisins Cor d'harmonie, Cor naturel, Trompe de chasse, Cor postal
Cor des Alpes de la fanfare du 27e bataillon de Chasseurs alpins d'Annecy lors du festival de musiques militaires de Nice, France (2007).

Le cor des Alpes est un instrument de musique à vent, en bois, de la famille des cuivres. Apparu au XIVe siècle, il était utilisé initialement pour communiquer à distance en montagne. On le trouve surtout en Suisse, mais aussi en Autriche, en Allemagne, en France, en Pologne, en Ukraine et en Roumanie.

Il était utilisé pour prévenir un village d'un danger, ou pour appeler les villageois à l'église, car le son peut parcourir des longues distances, et faire des échos dans les vallées. Il servait aussi aux bergers qui pratiquaient la transhumance alpine.

Le cor des Alpes était déjà connu en Suisse au milieu du XVIe siècle sous le nom de lituus alpinus. Dès sa création, par la longueur de son tube supérieure à celle des cors métalliques de l'époque, le cor des Alpes était un instrument avancé, musicalement parlant.

Facture[modifier | modifier le code]

Détail du pavillon.

Le cor des Alpes est un long cor (ou trompe) en épicéa qui mesure environ 360 cm et se scinde en deux ou trois parties pour être transportable, mais les plus longs peuvent mesurer jusqu'à 18 mètres. Il est généralement en fa dièse/sol bémol, fa, mi bémol ou encore en sol.

Il peut être taillé directement d'une seule pièce dans un arbre dont la forme convient (arbre poussant à flanc de montagne). Il peut également être fabriqué par assemblage de deux pièces de bois collées l'une contre l'autre, après avoir été évidées. Le pavillon est généralement ouvré dans une pièce à part. L'ensemble est ensuite recouvert de cerclages d'osier ou de rotin à des fins esthétiques et protectrices.

Son embouchure est en bois tourné.

On peut aussi trouver des cors des Alpes fabriqués en fibre de carbone[1]. Ils sont plus légers (1,3 kilogramme), plus facilement transportables car télescopiques, (75 cm une fois replié), et transformables en différents instruments, comme le didjeridoo, le büchel...

Le plus long cor des Alpes mesure 47 mètres [2]. En 1985, le lucernois Josef Stocker et l'américain Peter Wutherich se concurrencent sur la construction du plus long cor des Alpes du monde. Le record a été détenu par Josef Stocker avec un pavillon de 88,9 cm de diamètre, soit 7,62 cm de plus que son adversaire. Selon Josef Stocker, ce cor des Alpes n'est pas jouable. Cependant, si toutes les pièces d'assemblage ne sont pas utilisées, il obtient une longueur de 14 mètres et devient alors le plus long cor des Alpes jouable [3]. Il est inscrit au Livre Guinness des records de 1985 à 1998.

Le plus long cor des Alpes fait en une seule pièce, mesure 20,67 mètres. Le record a été détenu par le bavarois Alois Biermaier. Il est inscrit au Livre Guinness des records.

Jeu[modifier | modifier le code]

Le cor des Alpes ne permet pas de jouer toutes les notes de la gamme, mais uniquement les harmoniques naturelles, soit seize notes sur quatre octaves pour un instrument classique.

Il se joue debout, pour des questions de tenue de l'instrument et de souffle. On pince les lèvres comme pour jouer des cuivres.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Quelques compositeurs se sont intéressés à cet instrument. Léopold Mozart, père de Wolfgang Amadeus et compositeur lui-même, a écrit une très pimpante Sinfonia Pastorella pour cor des Alpes et orchestre à cordes (Allegro, Andante Presto et Presto).

Cet instrument a inspiré Brahms pour la mélodie de cor dans le final de sa première symphonie. Brahms avait en effet noté ces quelques mesures sur une carte d'anniversaire (de mariage) adressée à Clara Schumann datée du 12 septembre 1868 :

« Voici ce que le cor des Alpes a joué aujourd'hui : »
AlpHorn Brahms 1st symphony final theme.png

En particulier, Vinko Globokar a composé une pièce Cri des Alpes pour cor des Alpes, créée à Helsinki en 1986[4]. Globokar possède un instrument de 3,7 m de long qui lui a été offert par le hautboïste suisse Heinz Holliger[4].

D'autres compositions existent : Corps des cors, du valaisan Pierre Mariétan, Composition n° 172 d'Anthony Braxton (pour 11 cors), le monde minuscule de Daniel Schnyder[4]. "Le Berger Fantaisiste" et "Super Alpen King" du compositeur et arrangeur de jazz Ghislain Muller avec le VSP orkestra

Il existe aussi des concertos pour Cor des Alpes et orchestre, par exemple le Concertino Rustico du hongrois Ferenc Farkas (1905-2000) et également le concerto du suisse Jean Daetwyler (1907-1994), cette dernière œuvre étant assez longue (presque 22 minutes) en quatre mouvements.

Le cor des Alpes a aussi été utilisé dans la musique pop comme en 1977 où le musicien suisse Pepe Lienhard et son groupe ont utilisé l'instrument dans leur chanson Swiss Lady, avec laquelle ils ont participé à l'Eurovision Song Contest et ont ainsi atteint la sixième place. C'est à ce jour la seule chanson de la sélection suisse à avoir atteint la première place du hit-parade suisse.

Musiciens reconnus[modifier | modifier le code]

Eliana Burki jouant au festival Bardentreffen à Nuremberg en 2009.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Soultzeren

Le cor des Alpes apparaît dans le blason de la ville de Soultzeren (Haut-Rhin, France).

La commune de Nendaz (Valais, Suisse) est considérée comme étant la capitale internationale du cor des Alpes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Cor des Alpes construit à l'aide de fibres de carbone
  2. (de) « Das längste Alphorn der Welt », sur http://alphorn-luzern.ch (consulté le 2 mai 2018)
  3. (en) « World's Biggest Alphorn Claimed By Idaho Carver », sur http://articles.chicagotribune.com, (consulté le 2 mai 2018)
  4. a, b et c Jean-Noël Von der Weid, La musique du XXe siècle, Hachette Littératures, 2005, p. 172

Liens externes[modifier | modifier le code]