Alina Szapocznikow

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Alina Szapocznikow
Szapocznikow Kobieta z dzieckiem 02.jpg

Femme avec enfant

Naissance
Décès
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PassyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Mouvement

Alina Szapocznikow (Écouter), née le à Kalisz – morte le à Passy, est une sculptrice polonaise.

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Alina Szapocznikow naît le 16 mai 1926 à Kalisz, en Pologne. Avec ses parents et son frère cadet Miroslaw, Alina Szapocznikow vit à Pabianice, près de Łódź, où elle fréquente une école polonaise avec son amie Rita (plus tard Hilton) dont les parents sont également médecins d'origine juive. En 1938, juste avant la guerre, son père meurt de la tuberculose. En février 1940, après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la famille de Szapocznikow est enfermée dans le ghetto de Pabianice. Après la liquidation du ghetto de Pabianice en 1942, la famille est transférée à celui de Łódź. D'après le témoignage de Rita Hilton, la famille Szapocznikow est envoyée à Bergen-Belsen, où elle restera environ dix mois, via Auschwitz. Mère et fille travaillent dans un hôpital du camp, mais elles sont séparées à l'automne de 1944. Nous ne savons rien de ce qu'a vécu Szapocznikow durant les derniers mois de la guerre. Elle part à Prague avec un groupe de prisonniers tandis que sa mère retourne à Łódź. Elle quitte Prague pour Paris en novembre 1947.

Ventres (1968)

Au début de l'année 1948, Szapocznikow entreprend des études à l'École des Beaux-Arts à Paris. Elle fait la connaissance de César. Au printemps, elle rencontre Ryszard Stanislawski. Elle vit avec lui un an plus tard. Après leur retour au pays natal en février, Szapocznikow et Stanislawski doivent faire face à une nouvelle réalité : la Pologne communiste. Ils sont confrontés à des problèmes de logement et doivent vivre dans les entrepôts du Bureau central des expositions artistiques. Elle participe à de nombreux concours et expositions organisés par l’État. Szapocznikow et Stanislawski se marient le 12 juillet 1952. Quelques mois plus tard, ils adoptent un garçon, Piotr.

En 1953, après la mort de Staline, le pays sous contrôle soviétique connait une légère libéralisation et la vie artistique commence également à se transformer. Le contenu des œuvres de Szapocznikow prête davantage à la controverse et leur forme se fait plus expressive. En 1956 Szapocznikow participe à un concours pour l'élaboration du pavillon polonais à l'"Expo 58" de Bruxelles. Alors qu'elle travaille au projet, elle fait la connaissance de Roman Cieslewicz, membre de l'équipe qui conçoit le pavillon, et avec lequel elle aura plus tard une relation. En janvier 58, elle termine la sculpture Maria Magdalena [Marie Madeleine], considérée par les critiques comme la plus représentative de ses œuvres de la fin des années 1950 : proche d'une abstraction organique, elle renvoie à des formes biologiques, plus particulièrement sensuelles et féminines. En octobre, elle expose Marie Madeleine à la Biennale des jeunes artistes à Paris. Durant son séjour elle loge chez son ami César, reçoit de nombreuses propositions, ce qui éveille son désir de retourner vivre en France. Son œuvre est présentée dans bon nombre d'expositions tant en Pologne qu'à l'étranger ; cinq d'entre elles renforcent sa position sur la scène artistique polonaise et sont largement couvertes par les médias nationaux. Szapocznikow réalise le premier moulage direct de son propre corps ; le moulage de sa jambe sera le point de départ de ses expériences avec les moulages directs au milieu des années 1960.

En 1963, Szapocznikow et Cieslewicz décident de s'installer définitivement à Paris. Cieslewicz rejoint l'équipe éditoriale de Elle, tandis que Szapocznikow loue un atelier près du cimetière du Père-Lachaise. Le 25 janvier 1966, Szapocznikow apprend qu'elle a gagné, avec Goldfinger, le prix de la fondation Copley, dont le jury est formé par Jean Arp, Marcel Duchamp, Max Ernst, Roberto Matta et Darius Milhaud. Durant l'hiver, elle termine Bouquet II : le plâtre Célibataire de 1962-1963 y est enveloppé dans une pellicule de plastique et un bouquet de fleurs-bouches en polyester jaillit de la tête. Elle crée la série des "Seins" et des "Bouches", ainsi que les premières versions lumineuses de celles-ci : des lampes de polyester où sont incrustées des empreintes de bouches.En 1967, Szapocznikow épouse Cieslewicz à Paris. Elle crée la même année Le Voyage, apogée de son œuvre, qui expose la perte progressive d'un support et d'un centre de gravité stables ; L'Apesenteur (Hommage à Komarow), une figure élancée ressemblant à une momie ; et Caprice-Monstre, une forme lumineuse de grande dimension qui sera présentée dans sa première exposition individuelle à Paris. Le 11 avril 1967, Restany inaugure la première exposition individuelle de Szapocznikow à la galerie Florence Houston Brown à Paris. En juillet l'exposition sera présentée à une plus grande échelle à la Galerie national d'art Zacheta, à Varsovie, sous le titre "Alina Szapocznikow, Scuptures". En automne, c'est la version parisienne qui sera également présentée à la galerie Latina à Stockholm et à la galerie Marya à Copenhague ; elle inclura les œuvres les plus récentes de l'artiste. Restany et Michel Ragon présentent la sculpture de Szapocznikow intitulée Le Cœur de la ville dans "La Nature moderne" au Palais de Glace à Paris, où elle expose également Ça coule en rouge, une œuvre réalisée avec de la lingerie bourrée de coton et rigidifiée par du polyester. Elle entame une période d'expérimentation intense : arrangements de moulages de ventres et autres fragments de corps dans son atelier, ainsi qu'esquisses pour lesquelles elle utilise des moulages et qu'elle documente lors de sessions de photographie. Elle commence à expérimenter l'incorporation de photographies dans du polyester translucide. Dans Souvenirs, elle intègre des photos d'amis, tels que Christian Boltanski et Fernando Arrabal, et des célébrités telles Julie Christie, Sophia Loren et Monica Vitti. Au cours du printemps, Szapocznikow se met à travailler un nouveau matériau, le polyuréthane, pour créer Ventres-coussins. Elle moule des ventres dans une mousse de polyuréthane, lesquels sont destinés à être des objets utilitaires et à servir de coussins.

Fin 1968, Szapocznikow craint un cancer, alors qu'elle se met à produire la série intitulée "Tumeurs" : des piles de journaux, de la gaze et des photos sont incorporées dans du polyester et disposées de façons diverses dans l'espace.

Le 19 janvier 1969, un cancer du sein est diagnostiqué à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Elle est opérée au printemps. En 1970, Restany invite Szapocznikow à participer à "Art Concepts from Europe", galerie Bonito à New York. Son texte, intitulé "My American Dream" introduit l'idée de créer une Rolls-Royce en marbre à l'échelle 2:1. Pour financer son projet, elle envoie alors des lettres de soutien à des sponsors potentiels. Harald Szemann, directeur de la Documenta 5 à Cassel, fait part de son intérêt pour la Rolls Royce de marbre et invite Szapocznikow à condition qu'elle trouve un financement. Le cancer de Szapocznikow connait une phase de rémission. Elle arrête de produire les "Tumeurs" mais continue de créer et de vendre ses lampes et ses bijoux (qui incorporent des moulages de ses lèvres). Elle réalise les premiers "Fétiches" qui intègrent les moulage de fragments de son propre corps et des objets trouvés, et les "Dessert", des coupes de dessert en verre où sont posés des moulages de seins. Cet intérêt pour le fétichisme se reflète également dans l'Enterrement d'Alina, qui inclut des photographies d'elle-même et de ses amis ainsi que quelques-uns de ses vêtements[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jola Gola, "Chronologie de la vie et de l'œuvre d'Alina Szapocznikow" in Alina Szapocznikow, Sculpture Undone 1955-1972, WIELS Centre d'Art Contemporain et Fonds Mercator, 2011

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