Albert Lance

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Albert Lance
Description de cette image, également commentée ci-après
Albert Lance en 1962
Informations générales
Naissance
Adélaïde Drapeau de l'Australie Australie
Décès (à 87 ans)
Bellecombe-en-Bauges Drapeau de la France France
Activité principale Ténor
Instruments Chant

Albert Lance (Lancelot, Albert Ingram), né le à Adélaïde (Australie), et mort à Bellecombe-en-Bauges (en Savoie) le est un ténor lyrique français d'origine australienne, dont la carrière s'est étendue des années 1950 aux années 1970. Il est principalement connu pour ses interprétations de grands rôles d’opéras français. Il est apprécié pour «sa voix chaude à la projection puissante, sa diction claire[1] [et] ses aigus virils»[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Lancelot Albert Ingram nait le à Adélaïde (Australie)[3],[4].

Il est élevé par une nourrice au sein d'une communauté allemande dans le bush australien[5], et commence à chanter comme sopraniste à l'église. À 14 ans il retrouve son père qui l'emmène à Adélaïde. À 16 ans il a une méningite (qui lui fait perdre un œil) et retrouve alors sa mère[6].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il monte des concerts de variété pour récupérer des fonds pour les «prisonners of war»[6]. Il travaille quelque temps dans une usine à Melbourne. Après avoir gagné un radio-crochet organisé par Gladys Moncrieff (en), il commence sa carrière de chanteur en chantant, pendant plusieurs années, des ballades anglaises et irlandaises dans des cabarets. Il participe à des tournées en Australie, Tasmanie et Nouvelle-Zélande, avec notamment la compagnie de vaudeville[7] The Australian Street Singers[2],[6].

Il rencontre Gertrude Johnson (en), fondatrice du National Theatre de Melbourne, qui lui fait prendre des cours de chants pour chanter, en 1950, le rôle de Mario Cavaradossi dans Tosca (en anglais)[2]. Toujours avec l'Opéra de Melbourne, il chante ensuite Rodolfo dans La Bohème et Pinkerton dans Madame Butterfly (tous les deux en anglais), puis en 1953 le rôle-titre des Contes d'Hoffmann[6],[8].

Après avoir retravaillé quelque temps à l'usine, il auditionne auprès de Dominique Modesti, professeur de chant français : il quitte alors l'Australie pour s'installer à Paris. Il est engagé en 1955 à l'Opéra-Comique, puis il entre dans la troupe de l'Opéra de Paris[6].

Il prend alors le pseudonyme d'Albert Lance (dérivé de son nom véritable)[4],[6].

Il est alors un des tout premiers ténors de la troupe de l'Opéra de Paris. Il y chante notamment très régulièrement les rôles-titres de Faust, des Contes d'Hoffmann, de Werther, et Mario Cavaradossi dans Tosca[2],[6]. Il chante notamment un extrait de Tosca avec Maria Callas et Tito Gobbi lors du gala de la Légion d’honneur en décembre 1958[9]. En novembre 1959, il chante Don José lors de la création de Carmen à l'Opéra de Paris, sous la direction de Roberto Benzi dans la mise en scène de Raymond Rouleau, avec Jane Rhodes, Robert Massard et Andréa Guiot[10].

Attaché à la troupe de l'Opéra de Paris, il chante peu à l'étranger (il sera notamment réclamé en vain par la Scala[6],[10]), mais a néanmoins l'occasion de participer à des productions à Londres, Vienne, Moscou, Kiev, Riga, Philadelphie, San Francisco, Los Angeles, Buenos Aires et Rio de Janeiro[2].

Il obtient la nationalité française en 1967, remise par le général de Gaulle en personne[11]. Cette même année 1967, le magazine Life le classe parmi les huit meilleurs ténors mondiaux[2].

Il soutient Georges Pompidou pour l'élection présidentielle de 1969[12].

En 1973, à l'arrivée de Rolf Liebermann, la troupe de l'Opéra de Paris est dissoute[6],[9],[10]. Albert Lance rejoint alors la troupe de l’Opéra du Rhin à Strasbourg[13], jusqu’à sa retraite en 1977.

Il se consacre ensuite exclusivement à l’enseignement, au conservatoire de Nice pendant dix-neuf ans, puis au conservatoire d’Antibes pendant onze ans, en compagnie de son épouse Iris Parel. Il crée alors, à Colomars, village de l'arrière pays niçois où il réside, l’«Albert Lance Lyric Company», une association organisant des spectacles lyriques, qu'il dirige avec Iris Parel jusqu'à la fin de sa vie.

Albert Lance meurt le à Bellecombe-en-Bauges (en Savoie)[14].

Répertoire[modifier | modifier le code]

Albert Lance a notamment interprété :

Discographie[modifier | modifier le code]

Peu d'enregistrements d'Albert Lance ont été réédités sous forme de CD. On trouvera néanmoins :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bien qu'il garde toute sa vie un accent anglophone dans sa voix parlée (voir par exemple l'émission de radio «Mémoires retrouvées» citée plus bas).
  2. a b c d e et f Marie-Aude Roux, « Albert Lance, ténor français d'origine australienne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Fiche du catalogue de la BNF
  4. a et b (en) Clive Paget, « Albert Lance has died », sur Limeligth, (consulté le 16 mai 2013)
  5. Certaines sources (comme (en) AAP, « Australian tenor Lance Igram dies in France aged 86 », The Australian,‎ (lire en ligne), ou (en) mp/ajc/jah, « Australian-French operatic tenor Albert Lance dies », sur Global Post, (consulté en 16 ami 2013) indiquent qu'il est né à Menindee. Il s'agit en fait apparemment de l'endroit où il grandit.
  6. a b c d e f g h et i «Mémoires retrouvées», interview par Gaëlle Le Gallic, émission de radio diffusée sur France Musique le 26 juillet 1995
  7. Vaudeville (homonymie) : forme de chanson populaire urbaine
  8. devant la reine Élisabeth II lors de sa première venue en Australie
  9. a et b Christophe Rizoud, « 16/05 : Décès d'Albert Lance », sur Forum Opéra, (consulté le 16 mai 2013)
  10. a b et c Bruno-Pierre Wauthier, « Carmen au Palais Garnier », sur Carmen au Palais Garnier,
  11. AFP, « Décès du ténor Albert Lance », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  12. Raphaël Proust, « 1974, Giscard peopolise la campagne de la droite », slate.fr, 18 avril 2012.
  13. L’Opéra du Rhin est alors dirigé par Alain Lombard
  14. « Décès du ténor Albert Lance », Nice-Matin,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]