Adela Carreras Taurà

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Adelita del Campo
Adelita del Campo dans les années 1930.png
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
PerpignanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Adelita del CampoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Libertarian Youths of Catalonia (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Adelita del Campo dans les années 1930 en Espagne

Adelita del Campo (née Adela Carreras Taurà à Barcelone le et morte à Perpignan, le ) est une danseuse, actrice et militante féministe, d'abord anarchiste puis communiste espagnole[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Adelita del Campo est née à Barcelone d'un père cubain, Francisco Carreras Milanta, et d'une mère valencienne, Joaquina Taurà Aparicio. Ses parents forment un duo artistique Zari-Zar, et ils passent des années en tournées en Amérique latine[2].

Adelita est donc élevée par ses grands parents, des républicains. Elle prend des cours de danse classique et de danse espagnole à Barcelone avec El Cartagereno, un ancien danseur de la compagnie de la Argentina. Elle entame dès l'adolescence une carrière de danseuse, chanteuse et actrice en pratiquant tous les répertoires de la culture espagnole.

La IIe République espagnole et la guerre civile[modifier | modifier le code]

Elle adhère aux Jeunesses Libertaires à Alcañiz où elle passe une partie de la Guerre Civile. Membre de l'organisation anarchiste Mujeres libres, elle y exerce des responsabilités au niveau régional[1].

Elle participe au Théâtre du Front, soutenu par l'UGT, qui joue dans différents villages aragonais et catalans où sont stationnés des bataillons de l'armée de l'Èbre.

Elle travaille en 1938 à la réserve générale d'artillerie[3].

Exil et Seconde Guerre mondiale en France[modifier | modifier le code]

Après la défaite des Républicains en Catalogne, elle traverse la frontière française avec ses parents et son frère lors de la Retirada en février 1939.

Elle passe deux ans avec sa mère dans différents camps d’internement dans le sud de la France (Argelès-sur-Mer, Bram). Elle y rencontre Juliàn Antonio Ramirez, de passage à Argelès où il déclame des poèmes de Federico Garcia Lorca pour l’inauguration d’une baraque en bois construite par les internés pour la culture.

À Bram, elle déploie une intense activité humanitaire, pédagogique et culturelle : elle organise avec sa mère la « Gota de Leche » pour les nourrissons espagnols nés dans les camps[3].

Chargée du courrier dans le camp de Bram, elle réussit à retrouver la trace de Juliàn qui s’est engagé dans la 100e compagnie de travailleurs étrangers stationnée à Sainte-Sévère-sur-Indre. Il a réussi à constituer une troupe théâtrale avec des camarades espagnols et il fait venir Adelita pour chanter et danser[4].

En 1942, ils s’installent à Manzat, puis à Combronde dans le Puy-de-Dôme, où ils se marient. En 1942, naît leur fils unique Carlos Ramirez Carreras. La troupe fait de nombreuses tournées dans le Centre et le Massif central[5].

Lorsque la troupe est dissoute en 1942, le couple se réfugie en Provence, où ils poursuivent leurs activités artistiques[5].

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Adelita del Campo et son mari Julian Antonio Ramirez à la sortie de l'ORTF, Paris, années 60

À Toulouse où Adelita a suivi Julián, elle crée avec ses parents et des musiciens un ensemble de music-hall espagnol qui se produit sans discontinuer pendant deux ans, lors des campagnes de soutien aux prisonniers en Espagne, victimes de la dictature franquiste[3].

Une lésion pulmonaire l’oblige à renoncer à la scène. Elle s’installe en famille à Paris en 1946, dans un hôtel meublé du 17e arrondissement, et elle est engagée comme aide-soignante au dispensaire Cervantès de la Croix Rouge républicaine espagnole (rue Monge).

Elle entre à l’ORTF comme actrice du théâtre radiophonique en langue espagnole, où elle travaille notamment avec Maria Casarès. Pour se perfectionner, elle prend des cours de théâtre dramatique au TNP dirigé par Jean Vilar.

Elle devient responsable du courrier des auditeurs dans le programme de l’ORTF en langue espagnole Aquí París (l’ancêtre de RFI) où elle va travailler pendant 30 ans, aux côtés de son mari[6]. Leurs voix sont connues et reconnues de tous les Espagnols en exil et des démocrates qui sont restés en Espagne. Contraints à une certaine neutralité, ils contribuent cependant à faire connaître la culture espagnole dans l’exil et les grands poètes républicains (Lorca, Machado, Miguel Hernandez)[7].

Après 12 ans passés dans le 17e, le couple s’installe dans une maison à Fontenay-sous-Bois. Ils retournent en vacances en Espagne au début des années 1960 et achètent à la fin des années 1960 un appartement à San Juan près d’Alicante.

Retour en Espagne[modifier | modifier le code]

L'âge de la retraite venu, peu après la mort de Franco le couple va s’installer à Muchamiel pendant la transition démocratique en Espagne.

Adelita continue à être très investie dans les activités culturelles. Elle donne notamment des cours de théâtre à des collégiens et crée en 1979 un groupe théâtral pour les jeunes, appelé «Polseguera», un grand succès auprès des lycéens et des étudiants[3].

Elle est aussi engagée dans l’association des amis de Machado à Collioure.

Elle meurt lors d’un voyage à Perpignan en 1999.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francie Cate-Arries, Spanish culture behind barbed wire: memory and representation of the French, Concentration Camps, 1939-1945, Lewisburg, PA : Bucknell UP, 2004, (ISBN 978-0838755464)
  • Martí García-Ripoll ils Durent et Cinto Niqui Espinosa, La ràdio en català à l'estranger, Ed. Radio 4, coll. « Folio/Essais », 2007 (ISBN 978-84-490-2499-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) « Inventaire des archives d'Adelita del Campo etJulián Antonio Ramírez Hernando », sur bv.gva.es (consulté le 19 décembre 2018)
  2. https://www.youtube.com/watch?v=PhgU79TCIic Film tourné en 1913, Unión que Dios bendice
  3. a b c et d (es) José-Ramón López García y Manuel Aznar Soler, Diccionario biobibliográfico de los escritores, editoriales y revistas del exilio republicano de 1939, Séville, Editorial Renacimiento, , 2718 p. (ISBN 9788416981113), Tome 1, pp. 520-522
  4. María del Mar Arregui Oto Bresson, L'art comme résistance. Julián Antonio Ramírez et Adelita del Campo, Université de Montpellier, , 169 p.
  5. a et b (es) Juliàn Antonio Ramirez, Ici Paris. Memorias de una voz de libertad, Madrid, Alianza, , 463 p. (ISBN 978-8420621180)
  6. (es) Gérard Malgat, « Las voces exiliadas de Radio Paris », Historia actual online,‎ , p. 99-112
  7. « LA UA CELEBRA UNA JORNADA DE HOMENAJE A LA MEMORIA DE ADELITA DEL CAMPO », sur www.ua.es (consulté le 24 décembre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]