Étienne Brûlé

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Étienne Brûlé
Étienne Brûlé - The Old Mill Inn, Toronto.JPG
Une plaque, commémorant le passage d'Étienne Brûlé sur la rivière Humber dans le parc Étienne Brûlé (Etienne Brule Park (en)) à Toronto vers le lac Ontario, situe sa date de naissance en 1595.
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Étienne Brûlé est un aventurier et un truchement français né en 1592, à Champigny-sur-Marne, près de Paris. Il est mort en juin 1633 au Canada[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont deux vignerons, Spire Brûlé et Marguerite Guérin. Étienne est le quatrième enfant de la famille. Parti pour la Nouvelle-France, dès 1608, à bord de La Levrette, dont l'expédition est financée par Pierre Dugua de Mons, il y rencontre Samuel de Champlain dont il deviendra le premier truchement (interprète) en langue huronne.

Il séjourne chez parmi les Hurons à partir de 1611, à qui Champlain avait confié Brûlé pour qu'il apprenne leur langue et fasse l'inventaire de leurs richesses. Il sert plus tard d'intermédiaire entre les Hurons et Champlain pour qu'il participe à leurs guerres contre les Iroquois, ce que Champlain accepte de faire en 1615 lors de l'expédition de Cahiagué.

Travaillant pour le compte de compagnies des fourrures qui le rémunéraient pour persuader les tribus d'amener leurs peaux à la traite, il n'en demeura pas moins très indépendant, et sa vie reste entourée de mystères. Menant une vie de coureur des bois, véritable personnage de romans d'aventures, il partage la vie des Hurons, s'habillant comme eux, prenant femmes autochtones, adoptant leurs mœurs, leur morale et leur mode de vie. Les Jésuites jugent d'ailleurs sévèrement le comportement de Brûlé.

Durant toutes ces années, il visita plusieurs contrées, étant le découvreur Européen de quatre Grands Lacs (lac Supérieur, lac Érié, lac Ontario, lac Huron et peut-être aussi le lac Michigan[2]), se rendant plus au sud vers l'actuel État de Pennsylvanie, poussant également vers le Nord du pays Huron. Étienne Brûlé fut le premier Européen à s'aventurer dans ces contrées : un périple cependant difficile à définir, car, analphabète, il n'a laissé aucune trace écrite, aucune carte de ses pérégrinations. En fait, il voyagea dans des lieux dont la paternité de la découverte fut plus tard attribuée à d'autres.

En 1622, il retourne en France et rencontre Alixon Coiffier qu'il épousera en 1626 et avec qui il aura une fille, Marguerite. De retour en Nouvelle-France, en 1623, ses services de truchement sont largement sollicités et rémunérés. Il revient en France trois ans plus tard, auréolé d'un certain prestige et voulant se faire passer pour un notable important. Il souhaite demeurer un certain temps à Paris avec sa nouvelle épouse, mais il est embauché par la Compagnie des Cent-Associés dont le but est de peupler la colonie. Il repart donc pour Québec, mais le navire de la Compagnie est capturé par David Kirke qui souhaite s'emparer de Québec. Brûlé accepte, avec trois autres compagnons, dont le truchement Nicolas Marsolet, d’abandonner Champlain en se mettant au service des frères Kirke[3].

En 1629, lors de la prise de Québec par les Anglais, Brûlé est accusé de trahison par Champlain. Il repart alors pour le pays des Hurons. Aucun Européen ne devait le revoir vivant. Il est assassiné par un (ou plusieurs) membre(s) de la tribu huronne de l'Ours, et possiblement mangé [3] par ceux-là même dont il avait partagé la vie pendant plus de vingt ans. Les causes de sa mort demeurent inconnues, mais seraient liées à des considérations d'alliances tentées par Brûlé et qui auraient été perçues comme des trahisons par ses anciens alliés. Brûlé ayant été lâché par Champlain, les Hurons ne craignaient plus de représailles des Français et auraient alors décidé de se débarrasser de lui.

Brûlé est souvent considéré comme le premier Européen franco-ontarien. Un parc, un belvédère et une école publique francophone de Toronto portent son nom. Les historiens croient également qu'il est le premier Européen à visiter ce qui est maintenant l'État américain du Michigan (en 1622).

Étienne Brûlé est l'objet d'un film, Étienne Brûlé gibier de potence, réalisé en 1952 par Melburn E. Turner.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olga Jurgens, « Brûlé, Étienne », dans Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval et University of Toronto, 2000, [lire en ligne], consulté le 18 janvier, 2009
  2. Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque, Ils ont couru l'Amérique : De remarquables oubliés, tome 2, Lux Éditeur, , 420 p. (ISBN 978-2-89596-161-1), p.44
  3. a et b « Biographie – BRÛLÉ, ÉTIENNE – Volume I (1000-1700) – Dictionnaire biographique du Canada » (consulté le 1er septembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Bouchard, « Étienne Brûlé », De remarquables oubliés, Radio-Canada (première chaîne), diffusée le 25 septembre 2006
  • Plume aux vent épisodes III et IV (scénario Patrick Cothias, dessins André Julliard), une bande-dessinée fictive de 2001
  • Emile Ducharlet, « Étienne Brûlé, premier interprète de Champlain », dans Autour de Samuel Champlain, 27 février 2006
  • François Dallaire, Le sauvage blanc, Paris : L'Harmattan, 208 p. (ISBN 2-7475-3339-5) [roman historique]
  • Olga Jurgens, « Brûlé, Étienne », dans Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval et University of Toronto, 2000
  • Michel Michaud, Le Roman d'Étienne Brûlé, Montréal : Libre expression, 1998, 532 p. (ISBN 2-89111-785-9)
  • Jean-François Beaudet, Étienne Brûlé, Montréal : Lidec, 1993, 61 p. (ISBN 2-7608-7021-9)
  • (en) James Herbert Cranston. Étienne Brûlé, Immortal Scoundrel Toronto : Ryerson Press, 1947, 144 p.
  • Jules Tremblay, « La sépulture d'Étienne Brulé », dans Mémoires de la Société royale du Canada. 3e série ; Tome IX, Ottawa : Royal Society of Canada, 1915, p. 145-164
  • Benjamin Sulte, « Étienne Brulé - II », dans Mémoires de la Société Royale du Canada. Section I; 3e série; Tome I, Ottawa : Royal Society of Canada, 1908, p. 97-126
  • (en) Consul Willshire Butterfield, History of Brulé's Discoveries and Explorations, 1610-1626, Cleveland, Helman-Taylor, 1898, 184 p., [lire en ligne], [lire en ligne]
  • Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé, Trilogie pour la jeunesse sur Étienne Brûlé.
  • Philippe Valode, Les grands explorateurs français de Jacques Cartier à nos jours, L'Archipel, 2008 (ISBN 978-2-8098-0108-8), p. 43
  • Gilles Havard, L'Amérique fantôme, Flammarion, , 649 p. (ISBN 978-2-89077-881-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]