Élections législatives macédoniennes de 2020

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Élections législatives macédoniennes de 2020
123 députés de l'Assemblée
(Majorité absolue : 62 sièges)
Hristijan Mickoski EPP Western Balkans Summit, 16 May 2018, Sofia, Bulgaria.jpg VMRO-DPMNE – Hristijan Mickoski (mk)
Sièges sortants 51
Zoran Zaev oct 2017 (cropped).jpg SDSM – Zoran Zaev
Sièges sortants 49
Ali Ahmeti.jpg DUI/BDI – Ali Ahmeti
Sièges sortants 10
Président du gouvernement
Sortant
Oliver Spasovski
SDSM

Les élections législatives macédoniennes[a] de 2020 (en macédonien : Македонски парламентарни избори, 2020) ont lieu en 2020 afin d'élire les 123 députés de l'Assemblée de Macédoine du Nord.

Initialement prévues de manière anticipée pour le , les élections sont reportées à une date indéterminée en raison de la pandémie de COVID-19 qui touche alors le pays.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections ont lieu de manière anticipée suite à l'échec du gouvernement dirigé par le président du gouvernement Zoran Zaev à entamer les négociations d'adhésion à l'Union européenne[1]. Le 17 octobre 2019, en raison du véto exprimé par le président français Emmanuel Macron, le Conseil européen refuse en effet de fixer une date d'ouverture[2]. La décision est considérée comme un coup dur pour Zaev, à la tête d'un gouvernement de coalition composé de l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM), de l'Union démocratique pour l'intégration (DUI) et de l'Alliance pour les Albanais (AA), avec pour principal objectif l'intégration européenne.

Dans ce but, l'exécutif macédonien avait conclu le 12 juin 2018 l'accord de Prespa avec la Grèce, afin de résoudre définitivement le débat les opposant sur l’appellation du pays. Ce désaccord bloquait depuis près de trois décennies l'intégration euro-atlantique et la reconnaissance internationale de la Macédoine, terme que les Grecs revendiquent comme étant de leur patrimoine historique. Zaev et le Premier ministre grec Aléxis Tsípras s'accordent pour que le pays prenne finalement le nom de « république de Macédoine du Nord ». Le , les Macédoniens approuvent à plus de 90 % l'accord lors d'un référendum, bien que la participation ne soit que de 37 %, l'opposition menée par l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'unité nationale macédonienne ayant appelé au boycott. L'accord de Prespa est approuvé le par le Parlement macédonien en l'absence des élus de l'opposition puis le par le Parlement grec, et entre en vigueur le . Il débloque théoriquement les perspectives d'adhésion à l'UE et à l'OTAN. Il est suivi en mai de la victoire du candidat du SDSM Stevo Pendarovski au second tour de la présidentielle de 2019.

Devant le gel des négociations d'adhésion à l'Union européenne, le président du gouvernement décide le 21 octobre de convoquer des élections anticipées huit mois avant la fin naturelle du mandat de l'Assemblée. La date du 12 avril 2020 est choisie pour que le scrutin se tienne après l'adhésion attendue de la Macédoine du Nord à l'Alliance atlantique[3]. Conformément à la loi qui impose qu'un gouvernement distinct soit chargé des affaires courantes, Zoran Zaev et l'opposition s'accordent sur la constitution d'un gouvernement technique assurant l'intérim jusqu'aux élections. Le président du gouvernement se retire ainsi le 3 janvier pour laisser la place à son ministre de l'Intérieur Oliver Spasovski, qui reçoit le même jour l'investiture du parlement[4],[5].

L'accession du pays à l'OTAN intervient le 27 mars, tandis que les membres de l'Union européenne s'accordent dans le même temps sur le démarrage des négociations d'adhésion, les demandes de réforme du processus du président français ayant été prises en compte[6].

Report[modifier | modifier le code]

Initialement prévus pour le 12 avril 2020, le scrutin est repoussé à une date indéterminée en raison de la propagation de la pandémie de coronavirus dans le pays, qui pousse le gouvernement à décréter l'état d'urgence le 18 mars[7].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le batiment de l'assemblée à Skopje.

L'Assemblée de Macédoine du Nord est un parlement unicaméral doté de 123 sièges pourvus pour quatre ans, dont 120 au scrutin proportionnel plurinominal dans six circonscriptions de 20 sièges chacune. Les électeurs votent pour le candidat d'une liste, et ce vote correspond à une voix pour cette dernière tout en jouant le rôle d'un vote préférentiel pour le candidat en question, lui permettant de faire monter sa place dans la liste. Après décompte des suffrages, les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt au quotient simple, sans seuil électoral. Toutes les listes reçoivent par conséquent un siège en proportion de leurs part des suffrages exprimées, avec un siège par tranche de 1/20ème de suffrage dans chacune des six circonscription, qu'elles répartissent ensuite à leurs candidats ayant réuni le plus de voix.

Les trois sièges restants, réservés à la diaspora, sont pourvus selon le même système, mais leur élection est conditionné à l'obtention d'un minimum de suffrages liés au scrutin précèdent. Un candidat de la diaspora n'est ainsi élu que si la liste sur laquelle il se présente réunit au moins autant de votes en sa faveur que le candidat ayant été élu avec le moins de voix en Macédoine du Nord lors du scrutin précédent. Les second et troisième sièges ne sont attribués que si cette même liste réunit le double et le triple de ce montant. En 2016, le nombre de suffrages à atteindre était de 6 478 votes. Aucune liste n'ayant atteint ce seuil, les trois sièges étaient donc restés vacants[8].

Le système proportionnel permet notamment la représentation de la minorité albanaise. En outre, toute liste doit comprendre au moins 40 % de candidats de chaque sexe, et les candidats du sexe le moins représenté dans chacune des listes être positionnés au minimum tous les dix noms[9].

La question de la suppression des six circonscriptions en faveur d'une circonscription nationale unique, qui permettrait davantage de représentativité, est un thème récurrent de la vie politique macédonienne. Le président Stevo Pendarovski propose un mois après son élection en mai 2019 de mettre en œuvre cette réforme[10]. Cependant, la DUI, partenaire minoritaire de la coalition au pouvoir, et la VMRO-DPMNE, principale force de l'opposition, s'y opposent et pratiquent à son encontre l'obstruction parlementaire. À eux deux, ils déposent plus de 6 000 amendements au projet de loi, rendant peu probable sa mise au vote avant la fin de la session parlementaire, le Parlement devant être dissous au moins deux mois avant les élections[11].

Forces en présences[modifier | modifier le code]

Principales forces politiques
Parti
Nom en macédonien et/ou en albanais
Idéologie Chef de file Résultat en 2016
Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'unité nationale macédonienne
Vnatrešna makedonska revolucionerna organizacija – Demokratska partija za makedonsko nacionalno edinstvo (VMRO-DPMNE)
Centre droit à droite
Nationalisme, conservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme économique
Hristijan Mickoski (mk) 39,4 % des voix
51 députés
Union sociale-démocrate de Macédoine
Socijaldemokratski Sojuz na Makedonija (SDSM)
Centre gauche
Social-démocratie, europhilie
Zoran Zaev 37,9 % des voix
49 députés
Union démocratique pour l'intégration
Demokratska unija za integracija (DUI)
Bashkimi Demokratik për Integrim (BDI)
Centre droit
Défense des intérêts de la minorité albanaise, conservatisme social, europhilie
Ali Ahmeti 7,5 % des voix
10 députés
Mouvement Besa
Lëvizja Besa
Centre droit
Défense des intérêts de la minorité albanaise, conservatisme sociétal
Bilal Kasami 5 % des voix
2 députés

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des législatives macédoniennes de 2020
Parti Voix % +/– Sièges +/–
VMRO-DPMNE
Union sociale-démocrate de Macédoine
Union démocratique pour l'intégration
Mouvement Besa
Alliance pour les Albanais
Parti démocratique des Albanais
VMRO-NP
La Gauche
CCJ–Troisième Bloc
Parti libéral de Macédoine
Parti pour la prospérité démocratique
Autres partis - -
Sièges de la diaspora 3 Increase2.svg 3
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 - 123 Increase2.svg 3
Abstention
Inscrits / participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'accord de Prespa permet explicitement l'utilisation du gentilé « Macédonien » pour évoquer la Macédoine du Nord.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « A Paris, le président de Macédoine du Nord attend un geste de Macron pour rejoindre l’UE », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 5 décembre 2019).
  2. « Balkans: la politique du président Macron suscite un «sentiment anti-français» », sur L'Opinion, (consulté le 5 décembre 2019).
  3. (en) EWB, « North Macedonia to enter NATO by April 2020, Ministers announce - European Western Balkans », sur European Western Balkans, (consulté le 5 décembre 2019).
  4. « Le Premier ministre Zoran Zaev démissionne », sur lematin.ch/ (consulté le 1er février 2020).
  5. « Caretaker gov't takes over in North Macedonia », sur www.xinhuanet.com (consulté le 1er février 2020).
  6. La Libre.be, « La Macédoine du Nord est devenue le 30e membre de l'Otan », sur www.lalibre.be, (consulté le 30 mars 2020).
  7. (en) « North Macedonia Declares State of Emergency Over Coronavirus Outbreak ».
  8. « EARLY PARLIAMENTARY ELECTIONS 11 December 2016 », sur www.osce.org (consulté le 5 décembre 2019).
  9. Inter-Parliamentary Union, « IPU PARLINE database: EX-REPUBLIQUE YOUGOSLAVE DE MACEDOINE (Sobranie), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 5 décembre 2019).
  10. (en) « North Macedonia Mulls Election System Changes to Boost Diversity », sur Balkan Insight, balkaninsight, (consulté le 5 décembre 2019).
  11. (en) « North Macedonia Parties Unite Against Election Law Reform », sur Balkan Insight, balkaninsight, (consulté le 17 décembre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]